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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département de la Sarthe (72) / Pays de la Loire

Aillères / Arçonnay / Athenay / Brûlon / Cherré / Connerré / Coulongé / Crosmières / Dangeul / Évaillé / Flée / La Guierche / La Quinte / Malicorne / Le Mans / Louvigny / Marolles-lès-Saint-Calais / NauvayNeuville sur Sarthe / Notre-Dame-des-Champs / Oisseau-le-Petit / Pont de Gennes / René / Saint-Cosme-en-Vairais / Saint-Germain-du-Val / Saint-Jean-des-Échelles / Saint-Mars-de-Cré / Saint-Symphorien / Torcé-en-Vallée / Verneil-le-Chétif / Vouvray-sur-Huisne

1709  /  1725  /  1765  /  1780  /  1785  /

NB : Le registre de Brûlon 1760-1792 contient, écrite par le prêtre Beucher, une chronique annuelle très détaillée des événements sociaux, politiques et naturels de la paroisse mais aussi de l'ensemble du royaume ou du monde. Je n'ai retranscrit ici que les quelques parties concernant le sujet de cette collecte, mais je vous en conseille vivement la lecture intégrale qui est très intéressante d'un point de vue historique. Ces notes commencent en 1774 par la démolition du château de Brûlon et se terminent pendant la Révolution Française en 1790 par son serment civique. Les dernières lignes datées du 29/06/1791 et barrées, racontent d'une écriture tremblante la fin de son ministère, son déménagement de la cure et son entrée à l'hôpital avec son frère. Son successeur, le curé Gillot, ne tiendra pas de chronique.

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
Image du document
(cliquez sur la vignette pour l'agrandir)
Transcription du document
Pont de Gennes

BMS
1571 - 1635
1 MI 1097 R1

vue13 / 328

27/05/1573

grêle

(info http://geneactinsolites.free.fr)

L'an / mil / cinq cens
soixante et treze
Chachung fut en grand esmoy
par champaigné passa la gresle
le vingtseptiesme jour d[udit] moy

Deux jours apres comme je croy
Au marche de montfort le rotrou
Le bled pur / frou[men]t? / tres grand de savoy
fut vendu cinquante et troys soulz

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Cherré

MS
1652 - 1668

vue 25 / 68

1660

froid

gelée

(info http://debretagneensaintonge.eklablog.fr/, merci à Bruno R.)

un grand hyver [en marge]

Cet hyver a esté fort long et rude et à duré trois
mois entier sans desgeler et depuis le 24e
de decembre jusques au vingtquatriesme de feb[vri]er
derniers on n'a peu faire entrer aucung ferre[ment]
dans la terre et l'on a passé trois sepmaines duran
par dessus les rivièrres glacées sans aucun
danger et mesme on y passoit les chevaux
charger et on dics que mesme chartees et
boeufs y passoient icy il n'y a point dhomme
vivant qui ayt veu un hyver si long et si
rude

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Crosmières

BMS
1673 - 1699 1MI 966 R2

vues 258 et 275 / 369

17/08/1691

foudre

(info https://www.perche-gouet.net)

la ruine / du clocher/ par le tonnerre [en marge]

Le dix sept aoust 1691 a cinq heures du soir arriva la
perte notable du beau clocher de nostre pauvre
eglise par un coup de tonnerre qui decouvrit toute
la quille depuis la croupe iusqu'a la plomberye brisant
les ardoises, pulverisant toutes les lattes destacha six
grands chevrons dont un tomba dans en l'eglise ayant persé la
nef à iour ; deux autres brises en pieces volerent ca et la
et les trois autres demeurent suspendus appuies sur le réte
du clocher et sa la couverture de la nef, ce foudre descend
en bas ou on sonne les cloches sort par une des petites
fenestre brisant la vitre et une barre de fer qui estoit
puis frappa a iour la muraille de la Chappelle de st Blaise
vis à vis du petit cimetiere depuis le hault de la vitre iusqu'
a deux pieds pres la terre environ deux toises et plus
tout ce debois se fit a moins de temps quil nen faut pour
dire cinq fois Jesus Maria Joseph, la perte à esté estimée a
la somme de sept cent livres. Dieu veille conserver tout
le reste et de l'eglise et du clocher par sa misericorde
infinie amen                  Beaussier present a ce pitoyable / spectacle

la ruîne du clocher par le tonnerre 17 aoust 1691

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René

BMS
1700 - 1722
1MI 983 R1

vue 23 / 302

02/02/1701

orage et vent

(info histoire-genealogie.com/)

Le 2 fevrier fête de la Purification de la
S[ain]te Vierge en lan 1701. Il fit un si grand orage
de vents surtout le Matin depuis environ huict
heures jusques apres midi, que les vents emporterent
par leurs violences un nombre infini d’arbres
hors de leurs places, en déracinent un plus grand
nombre, et renverserent plusieurs bâtimens, et
firent un desordre tres grand.

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La Quinte

BMS
1674 - 1730
1MI 1210 R1
(suite)

vue 94 / 270

1707

canicule

(info http://www.yvongenealogie.fr)

1707.

En cette année il sest fait au mois de juillet pendant 3 jours
une chaleur si vive que plusieurs personnes en ont été etouffés
des boeufs en sont morts sous le joug

Accende Sancte Spiritus
Perenne Lumen Cordibus
flammisque nos, Jesu bone
tu liberes ab inferis. *

* (lat.) Le Saint-Esprit enflamme les coeurs de lumière éternelle. Bon Jésus, libère-nous des flammes de l’enfer. NDLR

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René

BMS
1700 - 1722
1MI 983 R1

vues 93
et 98 / 302

20/07/1707

canicule

 

 

(info http://viesdautrefois.over-blog.com)

De la chaleur

Lan 1707. le vingtieme juillet
et le jour suivant il fit une chaleur si grande que
non seulement on ne pouvoit pas travailler, mais même
quon ne pouvoit presque pas demeurer dehors. Il mourut
beaucoup de personnes en plusieurs endroits, qui tomboient
morts sans avoir senti aucun mal, ni aucune autre
infirmité que celle de lextreme chaleur; une Infinité
d'autres furent obligés d'abandonner le travail, leurs
animaux même ne pouvoient travailler, ni suporter la
chaleur tant elle etoit grande. Il ne mourut cependant
quun homme dans cette parroisse.

Mort / Pierre Goupil [en marge]
Aujourd'hui vingt et unieme vingtieme jour de juillet
1707 a eté inhumé dans le cimetiere de cette eglise
par nous curé soubsigné le corps de Pierre Goupil
lequel deceda / le Mardi. / jour precedan par l'extreme chaleur quil
soufrit etant a couper du bled dans la plaine et
tomba mort sans avoir senti auparavant aucune atteinte
de maladie, et ce jour la la chaleur fut si grande quil
mourut plusieurs personnes en differens endroits et quun
tres grand nombre se trouverent si mal quils furent obligés
d'abandonner leur travail

Negrier

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La Quinte

BMS
1674 - 1730
1MI 1210 R1
(suite)

vue 100 / 270

1709

froid

(info histoire-genealogie.com/, merci à Jean-Claude P.)

froid -
surprennant

Etonnez vous mortels du froid tres apre qu’on
a ressenty lhyver de l’année 1709, qui a fait périr les noiers
maronniers chesnes houx chataigners. pour la pluspart
n’etant resté icy, que les jeunes arbres.

Adure Sacro Desuper
nos igne sancte Spiritus
absolve peccato reos
pacemque da petentibus

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Connerré

BMS
1700 - 1720
1 MI 1092 R2

vue 174 / 374

janvier 1709

froid

(relevé Geneadom)

Dans cette presente année mil sept cent neuf lhiver
a commencé le jour et feste des roys 5. Janvier a se faire sentir
dune maniere si rigoureuse par le moien de grandes frimmes
barbeux que dans les quinze premiers jours sans aucun relache le froid
a esté si vif quil a fait perir presque tous les noiers chatainers, la
plus grande partie des chesnes et surtout les plus gros, et tous les autres
arbres pour laplus part, les vignes, les froments, les seigles, et touts les
autels ensemences qui estoient sur la terre; de sorte que cet hiverla a causé
une si grande disepte de touttes choses, que le boisseau de froment mesure de
monfort a couté iusuqe a douse francs, et le seigle six et sept francs le boisseau et
ainsi des autres grains a proporition, presque durant la dite année 179..

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Athenay

BMS
1674 - 1724
1 MI 1238 R1

vue 218 / 222

1709

froid

(relevé Geneadom)

La posterité scaura qu'en l'année Mil sept cent (neuf)
il est arrivé une gelée et un froid si viol(ent)
pendant l'hyver qui a gelé toutes les vignes et
les bleds iusquaux arbres mesme principalem(ent)
les Noyers qu en sorte qu'il y a eu disette de
grains de vin et de fruits et que le froment
a vallu Cent sols et six francs* le boissoun et
l'orge cinquante sol et soixante sols mesure du
Mans le pain de douze livres a passé vingt so(ls)
L'année suivante les vignes ont encore gelé (et)
au printemps de l'année mil sept cent dix
en sorte que le vin a vallu iusqu'a cinquante (sols)
la pipe et qu'on la voulu vendre deux cent fra(ncs)

* Cette valeur semble assez singulière car elle juxtapose monnaie de compte (le "Sol" ou sou qui est la vingtième partie de la "Livre" et n'existe pas sous forme de pièces : 100 Sols = 5 Livres Tournois) et le Franc qui lui a été une pièce de monnaie réelle en or créée en 1360. Mais au XVIIe siècle le mot "franc" est synonyme de "livre", les pièces d'or d'un "Franc à cheval" n'ont plus cours depuis deux siècles. Le "Franc germinal" en tant que monnaie officielle ne sera employé qu'à partir du 18 germinal an III (7 avril 1795), il remplacera la "Livre" avec la règle de conversion suivante : 1 Franc = 1 Livre 3 Deniers, soit 4,5 grammes d’argent. En 1709 la livre tournois équivalait alors à 0,38 g d'or ou 5,49 g d'argent, le prix de ce boisseau de froment varie donc de 1,9 g d'or (27,45 g d'argent) à 2,28 g d'or (32,94 g d'argent). NDLR

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René

BMS
1700 - 1722
1MI 983 R1

vue 129 / 302
folio 13

hiver 1709

froid

Relation de lhiver et du froid
lan 1709

Lan 1709. lhiver fut long, et le froid si penetrant
que de temps immemorial on ny a point vû de
pareil . il commença le dimanche 6. jour de janvier
fête de l Epifanie par un vent si grand et si froid qua
peine pouvoit on demeurer dehors, et dura ainsi le
premier jour, apres quoy le froid continua pendant
dixsept jours, si violent qu'un grand nombre de personnes
en furent incommodées, les un ayans une partie des
pieds gelés, dautres les doigts des mains, et beaucoup
ayans senti tant de froid quils en furent longtemps
malades, ayans perdu presque tout sentiment,
particulierement les marchands qui etoient obligés daller
par les chemins, ou lon trouva en beaucoup dendroits
des personnes mortes de froid.
      tous les ouvriers furent obligés de quitter leur
travail pendant plus de huict jours, et surtout depuis
le treize janvier jusques au vingt, pendant lequel temps
le froid fut si grand quil dessendit jusquau premier
degré du thermometre, ensorte quil ne sen faleu qun
degré que le froid ne fut extreme.

     les biens de la terre etoient perdus sans
es perance sans que heureusement il tomba des
neiges des le commencement du froid, qui continuèrent
a plusieurs reprises pendant tout ce temps en si
grande abondance quelles furnet toujours de la
hauteur dun pied ou environ, ce qui conserva les
bleds, si bien que la terre ne fut gelée que environ
l'epaisseur de trois pouces.
      dans les jardins la plus part des arbres en
espalliers et en buissons furent gelés, surtout les
abricotiers, et les peschers dont il ne se sauva que
ceux qui etoient en bon abbry; les arbres verts, les
Muscats, et tous les nolliers furent entièrement gelés,
il fallut les recouper par le pied , dou ils repousserent
d'assés beau bois, mais sans aucun fruit.
      pour les vignes elles furent entièrement gelées,
il ne se sauva que les jeunes seps, il fallut ravaller
les vieux en les coupant au niveau de la terre, dou ils
avoient repoussé du bois qui ne raporta aucun fruit,
et il fut si peu de vin cette année que dans beaucoup
dendroits on ne vandengea point du tout, cequi fit
croire dabord que le vin devoit excessivement cher
mais cela narriva pas a cause de la grande cherté du bled

et de la rareté de largent.
     Les arbres dans les campagnes soufrirent beaucoup
la plus grande partie des chesnes, même les plus gros
se fendirent du haut en bas, et le bruit quils faisoient
et se fendant se faisoit entendre de fort loin
dans les bois, les fentes ou ouvertures qui se font ainsi
par le grand froid sont les geliveures que lon trouve dans
les arbres en les deitant car venant par succession
de temps a se recouvrir d'ecorce, elles demeurent
cachées sans quon sen apercoive, que lorsquon les veut
employer. les souches qui avoient eté coupées depuis
deux ans furent toutes gelées, aussi bien que les sapins
dont il ne resta pas un. il perit plus de la moitié
des arbres fruictiers, surtout les noyers qui perirent tous
a la reserve des jeunes dont il se sauva une partie en
quelques endroits. les chataigniers et maronniers
soufrirent aussi beaucoup, et il en perit la meilleure
partie. Les Ronces, les houx, les genets, et tous les
arbustes de cette nature furent entièrement gelés.
      Il mourut une tres grande quantité d'oyseaux de
toutes les espèces, tant de froid que de faim, et surtout des
petits, de maniere que quand lhiver fut fni on nen voyoit
presque plus, et quon etoit surpris de faire un assés long

chemin sans en apercevoir que tres peu et souvent
point du tout; les grosses bêtes comme les cerfs
les sangliers les loups &tc. ne purent sen guarantir
il en mourut beaucoup.
     Les Puits gelerent presque partout, et on ne
pouvoit en tirer de leau, quapres avoir casé la glace
avec beaucoup de peine. les cidres gelerent dans les
celiers, même le pain y geloit.
      Les suittes de ce grand froid furent encore plus
funestes que le froid même, car au degel, quoiquil arrivat
fort doucement, presque tout le monde se trouva ataqué
dun Rheume qui commencoit par un debord dans la tête
avec de grandes douleurs, et ensuite tomboit sur la poitrine
souvent avec un douleur de côté, dont il mourut beaucoup
de personnes, et cette maladie fut generale.
      Le temps fut asses doux pendant dix a douze jours
apres lesquels le froid recommença par un vent d'est
tres violent et tres froid, qui dura cinq a six jours, et
fut suivi dun froid pendant environ quinze jours qui fut
grand, quoique a la verité moindre que la premiere fois,
et ce froid fit grand tort aux bleds, qui cependant nauroient
pas eté entièrement perdus, sans quapres un second degel

de quelques jours le froid recommença pour la
troiseme fois comme auparavant par un vent d'est de
plusieurs jours avec une gelée qui dura environ quinze jours
moindre a la verité que la seconde fois, mais qui fut la plus
funeste, parceque le soleil etant deja un peu haut, et les
bleds qui commencoient a pousser etant fort tendres, ils furent
presque tous gelés, de maniere que dans les lieux qui etoient
le plus a labbry a peine en restatil la moitié, ce qui obligea
les fermiers et laboureurs de rabatre le haut des sillons
et dy semer de lorge, ny etant resté que peu de bled dans le fond
des Raises(1). Il se trouva quelques cantons dans cette parroisse
ou les bleds furent conservés, comme la plaine de Ruzé et de
Pommeret, et les pieces qui etans entourées de hayes furent
conservées des vents.
     Enfin la semaille des orges etant belle, et le peu de
bleds qui estoit resté profiatnt a merveille, on esperoit encore
quelque chose de la recolte, parce que les bleds avoient repoussé
si vivement du pied que lon trouvoit des tasses(2) de froment et
de seigle ou il y avoit jusqua cinquante epics dune
longueur et dune force a faire plaisir, sans que les pluyes qui
tomberent sans discontinuer depuis le commencement du mois
d'avril jusquau commencement d'aoust, la masne, et la
gasle(3) qui tomberent en abondance les perdirent entierement

Il ny demeura que l'ecorce ce qui ne rendoit point de farine
mais pour cela ils ny furent pas moins bons a semer
et de bled qui paraissoit si petit et si mauvais poussa a
merveilles; pour les orges ils ne furent pas si perdus que les
bleds.
      On cuïllit encore dans la parroisse de René des bleds
environ le quart d'une année commune, dix gerbes ne
rendoient que trois quartons(4) de Bled a la Mesure de Sonnois(4)
et souvent moins, pour les orges il en fut raisonablement
mais ils etoient menus et point nouris a cause des
pluyes continuelles.
     on commenca fort tard a couper les bleds cequi
les encherit si fort qua la miaoust le meteil(5) valloit
jusqua dix francs le boisseau et lorge sept francs, pour
le peu d'esperance que lon voyoit a la levée, et quil etoit peu
de bleds de lannée precedante, ou ils avoient peri aussi par
les pluyes continuelles.
      on prit des ce temps la partout, comme de concert,
la resolution de garder le peu de bleds quon avoit pour
semer, et de manger du pain d’orge, de sorte que cette epargne
fit ramander le bled a la semaille contre toute esperance
il baissa jusqua cent sous le boisseau ce qui paroissoit
un prix fort modique par raport au temps.
     tout le monde fut si consterné de voir si peu de

de bleds que dans les commencemens on desespera
de pouvoir semer les terres, ce qui obligea le Roy d’envoyer
des ordres tres precis pour cela, mème denvoyer des commissaires
dans toutes les Villes, ce qui pour l’evenement ne servit de rien
car tout le monde ensemença les terres comme on avoit de
coutume, sans atendre a sy voir contraint.
     Il fut des fruits passablement, mais qui navoient pû
grossir parceque les arbres avoient trop soufert pendant lhiver
et les pommes et poires a cidre se vendoient communament
dix francs la pippe(6).
     Tout le monde étoit dans la consternation de se voir
a la Veille de la plus grande famine quon eust jamais vuë
mais par la providance divine le mal ne fut pas si grand
quon craignoit, ce qui surprit davantage cest que le bled ne
fut pas la moitié si cher que lannée precedante par la grande
epargne que lon fit sur le commencement de l’année 1710.
car on ne donna aucun grain aux Bestiaux comme on avoit
acoutumé de faire auparavant, et on fit du pain de tous les
menus greins comme avoine, pois, feves, jarosses(7), vesses, etc. ce
qui soulagea le peuple de maniere quil se trouva du bled
contre toute esperance, et quil ne valut a la St. Jean que cent
sous le meteil et quatre francs lorge, outre que plusieurs

personnes avoient gardé du bled vieux, et même en avoient
acheté de nouveau dans lesperance quil montroit a un prix
excessif, et quils feroient des profits immenses, dont ils
furent punis, cequi y contribua encore fut la preparation
de la levée qui etoit la plus belle quon eust jamais vûe, et
la rareté de largent a cause des taxes continuelles dont
le peuple etoit accablé pendant la guerre(8) etc.

NDLR

1) Mis pour "raies" c'est à dire des sillons de labour.

2) Une "tasse de" signifie une "grande quantité de" et par extension une "grosse touffe de".

3) La "masne" et la "gasle" sont deux calamités qui détruisent les récoltes; la première se produit quand le soleil brûle les plantes prélablement mouillées par la pluie et la seconde est une sorte de brouillard réputé pour favoriser les pucerons (infos Cercle de Généalogie et d'Histoire de Fosses-Marly).

4) Mis pour "quarteron" appelé parfois en certaines régions la "quarte" qui est une unité de mesure des céréales valant généralement le quart (mais parfois la moitié) de celle qui lui est supérieure, souvent le "sétier" ou le "boisseau", voire le "bichet". Ici il est précisé "mesure de Sonnois" car sous l'ancien régime les unités étaient variables d'une province, voire d'une paroisse à l'autre. Le "Sonnois" mis pour "Saônois" ou "Saosnois" est une région naturelle du nord du département de la Sarthe qui s'étend sur la rive gauche de la Sarthe entre la Normandie et le Perche et ayant comme chef lieu le bourg de Saosne (à 7 km au N-E de René en direction de Mamers).

5) Le "meteil " est un mélange de froment et de seigle, semés ensemble dans un même champ et que l'on moissonne en même temps.

6) La "pipe" est une unité de capacité souvent utilisée pour mesurer les liquides (comme le vin par exemple). Elle peut aussi en désigner le contenant (tonneau, fût).

7) La "jarosse" est une variété de vesce ou de gesse cultivée (lathirus sativa). Elle s'appelle aussi "gesse chiche", "gesse vulgaire", "vesce craque", "pois cornu", "pois gras" ou "pois breton".

8) Il s'agit de la guerre de Succession d'Espagne, dernière des nombreuses guerres du règne de Louis VIV qui a opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1714. Elle coûta fort cher à la France et donna naissance à la dynastie des Bourbons d'Espagne, qui règne toujours aujourd'hui (2017).

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René

BMS
1700 - 1722
1MI 983 R1

vue 130 / 302
folio 14

hiver 1709

froid

René

BMS
1700 - 1722
1MI 983 R1

vue 131 / 302
folio 15

hiver 1709

froid

René

BMS
1700 - 1722
1MI 983 R1

vue 132 / 302
folio 16

hiver 1709

froid

René

BMS
1700 - 1722
1MI 983 R1

vue 134 / 302
folio 16 verso

hiver 1709

froid

(info http://viesdautrefois.over-blog.com)

René

BMS
1700 - 1722
1MI 983 R1

vues 159
et 160 / 302
folio 13 R/V

1711

inondation

 

 

 

 

(info histoire-genealogie.com/)

Relation
du debordement des eaux dans ce canton
dans l’annee 1711

Au mois de feuvrier 1711. les neiges etant hautes
d’environ un pied sur la boue, il survint un degel qui
les fit fondre tout acoup, ce qui fit croitre les eaux
le 17. fevrier jour du Mardi gras si hautes que de
memoire d’homme on ne les avoit point vû pareilles.
Les grandes rivieres firent des desordres infinis, entrainerent
presque tous les moulins, et briserent tout ce qui se
trouva dans leur passage, et dans leurs debordemens
firent des ravages dont on navoit point encor vû
d’exemples.
     Dans ce Païs icy lesang de Guechaussé* crevat
la chaussée entre le Moulin et la grange du Meunier
quil entraina pleine de bleds. La breche etoit large
et profonde, et quand les eaux furent entiérement
retirées, on remarqua qu’il y a avoit dans lestang deux
mines de tourbe qui est une boue grasse foit commerce
en Hollande, dont les pauvres gens font du feu. Jen

apportay pour faire lexperience, et quoiquelle ne fust
pas encore seiche je remarquay quelle ne laissoit pas
de brûler, de se couvrir de cendres, et de conserver
quelque temps le feu, et même d’avoir bonne odeur.
quand l’esté fut venu et que les grosses Mottes que
le courant de l’eau avoit arrachées et entrainées bien
loin au dessous du Moulin furent seiches par lardeur
du soleil le Meunier savisa den prendre pour
bruler, et layant interrogé la dessus il me repondit
qu’elle bruloit bien et faisoit de bon feu, qu’il sen etoit
toujours servi depuis, et sen trouvoit bien.
    Il est tres certain que les Marais des Mees* et de
Bray en sont tous pleins, et si les pauvres gens
avaient lindustrie de sen servir elle leur seroit dun grand
secours dans ce païs ou le bois est si rare et si cher.
      Dans le Bourg de René, la Petite Riviere
d’Orton* se deborda aussi de maniere quelle alla flotter
jusquaux Murailles du cimetiere, ou elle monta de
la hauteur d’un Pied.

* Les orthographes actuelles sont "Gué Chaussée, Les Mées, Orthon". NDLR

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Arçonnay

BMS
1700 - 1741
1MI 987 R1

vue 66 / 213
folio 3 verso

06/10/1711

temblement de terre

(info http://www.sisfrance.net)

[en marge]

Le septieme jour
d'octobre en cette
presente aimée
1711 sur les huict
heures du soir
est arrivé en un
cart d'heure De
tems un double
tremblement de terre
à allençon et en cette
paroisse et plusieurs
autres ne sachant
pour le present sil
s'est fait sentir bien
plus loin*. Le chasteau
d'alençon et les maisons
en eurent de rudes
secousses et celles de
ces paroisses / nen / eurent
pas beaucoup

* L'épicentre de ce tremblement de terre était situé près de Loudun dans la Vienne et il fut ressenti jusqu'à Paris. NDLR

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René

BMS
1700 - 1722
1MI 983 R1

vues 160 / 302
folio 14

06/10/1711

tremblement de terre

(info histoire-genealogie.com/)

Relation
du tremblement de terre arrivé le 6. 8bre. 1711.

Le mardi sixieme octobre mil sept cent unze.
sur les huict heures du soir, le temps etant assés calme,
lon sentit tout dun coup un tremblement de terre*
qui dura environ trois minutes avec un fort grand bruit
dans lair, cequi etant fini la boue recommença un
demi quart dheure apres a trembler, mais dun mouvement
plus fort et qui dura un peu plus longtemps que la premiere
fois, même le bruit que lon entendit dans l’air pendant
cette seconde secousse fut beaucoup plus grand.
      Cet accident ne produisit point d’autre effet que davoir
fait grand peur, et se fit sentir presque dans toute la
province du Maine.

* Ce tremblement de terre se produisit entre 19 et 20 heures, son épicentre se situait au nord de Loudun et il y eut de nombreuses répliques dans les jours qui suivirent. Il causa des dégâts importants à Loudun et fut ressenti dans toute la région. Les intempéries qui suivirent le tremblement de terre aggravèrent encore la situation. NDLR

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Notre-Dame-
des-Champs

BMS
1710 - 1729
1MI 842 R1

vue 12 / 116

06/10/1711

tremblement de terre

(info http://sarthegw.free.fr/, merci à P. G.)

Lannée presente mil sept cent onze le sixie[me] jour d'octob[re] jour
de St Bruno sur les huit heures ..du soir arriva dans ce[tte]
paroisse et dans toute la province du Maine au moins, un

tremblement de terre si vehement par deux
secousses consecutives dont chacune dura un ave maria* et
lintervalle des deux comme un de profondis* que tout le monde
en fut très allarmé par le tremblement des maisons, la tourmente
et le sifflement de lair comme dans une grosse tempete, par
la chutte de quelques pierres des edifices et semblables
circonstances.Dans cette occasion se trouva a Laval un religieux
Jesuite qui dît que les derniers tremblemens de Naples dont il avoit
été temoin et qui sestoient communiques a tout le monde par les
relations netoient point plus grands que ceux de cette province
au moins dans le canton de Laval. Il y eut cependant des
Lieux ou il fut moins sensible qu'en dautres puisqu'on
ne sen appercut presque pas, comme a Ste Suzanne
qui est batie sur un rocher.Cest ce que jay pu voir,
apprendre et savoir touchant cet evenement, en foi
de quoi ay signé le présent.
E Chassevent

* Il faut environ 10 secondes pour réciter un "Je vous salue Marie..." et le double pour un "de profundis" NDLR

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Coulongé

BMS
1696 - 1752
1MI 1026 R2

vues 200 et 201 / 460
folio 7

1715

froid

gelée

chaleur

orage

intempéries

 

(info http://sarthegw.free.fr, relevé Geneadom)

(...) Lhyvert a esté assée beau, il ny a eu que quelques
gelée un peu fortes au mois de janvier, feuvrier et mars fort beaux
trois ou quatre gelée a la fin davril sans effet may beau juin
dune grande chaleur et si excessive sur la fin quil se fit un orage
universel la nuit du dernier de ce mois au premier juillet on n’a point
veu de si fort eclairs ny entendu de si furieux coups de tonnerre
et ce en presque touttes les parties du monde il tomba en force
en plusieurs endrois de quart de lieüe en quart de lieüe ou il a fait
plus de peur que de mal. cela rafrachit si bien lair quil fit

froit tout ce mois il ni eu pas un jour sans brouillards ou petitte
pluie ce qui retarda la moisson et fondra les froment et bons.
blés. il ny en a eu que quatre septiers de dixme a cette cure
et huit boisseaux de meteil mesure du Lude vingt huit septiers
de seigle mesure du chatteau du loir et dix huit dorge a la
mesme mesure le chaux revint au mois d’aoult qui retarda la
vendenge quelques pluie du mois de septembre racommoderent
la vigne deux fortes gelée sur la fin firent tomber touttes
les feuilles On vendanga a la fin doctobre le vin assée bon
il y en a eut soixante pippes aux Eguebelles douze. et bulle
à cette cuve il vaut dix escus la pippe. le bled froment
au lude quinze sols le meteil douze le seigle huit sols l’orge
six le blé noir cinq l’avoine trois le beure cinq sols les
œufs trois le bettail est à non prix les cochons qui valoient
vingt escus et au dessus jusquà trante ne passent point douze et
lon en a de bons depuis quinze francs jusquà trante. largent
est devenu si rare qu’il est impossible de se faire payer il ni à plus
aucun commerce, on n’entand parler que de banqueroutes et ceux
qui ont des marchandises les laissent à soixante et dix pour
cent de perte et c’est un evenement veu l’année derniere
qui paroitra incroyable est cependant la verité. lautomne
a esté belle abondante en fruis l’hyver a commencé au quinze
decembre tres rigoureux et continuant à geler jusqua ce jour
sans quil soit tombé de neiges en ce pays.

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Flée

BMS
1700 - 1730
1MI 1079 R1

vues 158
et 159 / 175

11/01/1693

tremblement de terre

17/03/1716

aurore boréale en Angleterre

12/09/1721

aurore boréale à Bordeaux et Alep

du 19/10/1726
au 21/10/1726
et le
22/12//1726

aurore boréale

 

(info http://sarthegw.free.fr/, merci à V. D.)

Description du phenomene*

Le dix neuf du mois d'octobre 1726. vers les 7 heures du soir on apperceut une lumiere septentrio-
nale a peu près semblable a celle qui fut veuë en angleterre le 17 mars 1716 qui a esté observee plusieurs fois
depuis iusqu'au 21. octobre 1728. on vid dabord deux arcs lumineux, lun plus elevé que l'autre, qui occupoient
une espace de lhorison, compris entre l'endroit ou le soleil s'etoit couché et celui du lever de la Lune.
le plus grand de ces arcs etoit elevé sur lhorison de 25 degrez ou environ, et il en sortoit de tems en tems des
colonnes deliees d'une lumière fort blanche qui ne sélevoient pas au dela de 35 degres, et qui disparoissoient lors que
d'autres leur succedoient sans garder entr'elles aucun ordre sensible dans leur progression. vers les 8 heures la
lumiere augmenta considerablement. et environ un quart dheures apres on remarqua des o[n]dulations de lumiere qui
se portoient en tout sens avec un mouvement fort rapide. divers endroits des deux arcs parurent souvrir, et apres
avoir laissé echapper quelques especes de globes d'un feu fort blanc on vit resortir une quantité prodigieuse de
rayons lumineux qui occuperent dans l'instant tout le ciel excepté la hauteur de 30 degres ou environ vers le Sud.
ils y rependirent des vapeurs blanches tres rares et agitees qui laissoient vers le zenith une place circulaire
ou se formerent diverses apparences dont la variete dependoit du mouvement. d'une espece de nuage qui y reflechissoit
la lumiere et qui disparoissoit frequemment. tout ce phenomene dura iusqu'à 10h et demie dans la plus grande
force, ensuite diminuant insensiblement on cessa de le voir a 2.h apres minuit. on a observé tres souvent
ces lumireres septentrionales en differens tems et en differens lieux, et quelques fois en meme tems dans toute l'Europe

et dans une partie de Lasie comme celle du 12. septembre 1721 qui fut apperçue a
Bourdeaux et a Alep pendant la méme nuit. elles sont tres ordinaires vers les tems des Equinoxes
dans le Rouergue dans lYslande et dans le Spitzberg. et quelques navigateurs raportent qu'elles sont
presque continuelles dans les pais voisins du Pole.
Le 22 decembre vers les huit heures du soir on apperçut un phenomene ou lumiere boreale
a peu pres semblable a celui qui parut le 19 d'octo[bre] dernier.
dans la valee de note** les tremblemens de terre sont fort frequents et y ont causé de tres grands domma
ges en 1691 et 1693. Sur tout le dernier qui dura 3 iours savoir le 9. 10. 11. ianvier et qui escrasa
140 mille personnes sans celles qui moururent de faim a la campagne.

NDLR

* On remarquera ici que le scribe fait preuve d'une extrême précision est s'est très bien documenté sur ce phénomène. L'aurore boréale de 1726 est probablement la plus célèbre de l'histoire. Elle fut à l'origine de la publication de l'ouvrage intitulé "Traité physique et historique de l'aurore boréale, Suite des Mémoires de l'Académie royale des sciences" et publié en 1731 par M. Jean-Jacques Dortous de Mairan mathématicien, astronome et géophysicien français né à Béziers en 1678.

** Le séisme du 11 janvier 1693 au "Val di Noto" dans le sud-est de la Sicile a été suivi d'un tsunami. Il est l'une des plus grosses catastrophes qu'a connu la Sicile et le plus puissant séisme dans l'histoire italienne. Il a  détruit près de 70 villes et villages et causé la mort d'environ 60 000 personnes.

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La Quinte

BMS
1674 - 1730
1MI 1210 R1
(suite)

vue 154 / 270

07/02/1716

inondation

 

(info http://www.yvongenealogie.fr)

Remarques pour l'an 1716

Débordement / d'eaux [en marge]

Le 7 fevrier les eaux ont debordé au mans, par la f[onte]
des neiges, et ont beaucoup Incommodé la ville du m[ans]
leau est venue jusques a la ruelle des St martin, rue St
Pavin des Champs.

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La Quinte

BMS
1674 - 1730
1MI 1210 R1
(suite)

vue 154 / 270

17/03/1716

aurore boréale

hiver 1716

froid sec

20/05/1716

pluie

 

(info http://www.yvongenealogie.fr)

Signes / celestes / pareil signes / le 19 octobre en 1726 / voyez le registre de / cette année [en marge]

Le 17 mars vers les 10 heures du soir parut a nos yeux une
grande clarté en formes de raions dans le ciel, qui par[toit]
de lorient couloit insensiblement pardessus nos têtes, et
alloit se terminer a l'occident comme de cinq heures a 7 [heures]
du soir, ce qui a duré environ d'une heure. on a veu en m[esme]
tems une clarté fort lumineuse comme d'un soleil pr[et à]
se lever du côté du nort, ce sont des signes celestes qui
nous avertissent sans doute de quelques grandes ?
a venir. Dieu veille, que ce soit pour sa gloire et notre sa[lut]

Secheresse et / Prieres pour la / pluie [en marge]

L'hyver dernier a continué ses rigueurs depuis le 20 decem[bre]
jusques au mois de may qu'on a fait des processions et pri[eres]
publiques pour demander a Dieu une pluie necessaire aux
biens de la terre, qui perissoient par une longue secheres[se]
et froid tres apre pour la saison. le bled rencherit de
marché en marché. il est aujourd'huy 15 mai a 17 l. le boisseau
Il a commencé a pleuvoir le 20e may vigile de l'Ascension.

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La Quinte

BMS
1674 - 1730
1MI 1210 R1
(suite)

vue 154 / 270

été 1716

sécheresse

(info http://www.yvongenealogie.fr)

Secheresse [en marge]

La secheresse de cet été est telles en aoust 1716, que les arbres en m[eurent?]
La vigne et les fruicts sont tellement desechés, que faute de pluie ils ?
anielés? et arides. les bleds noirs perissent les puis tarissent ainsy q[ue]
les fonteines. La grave au milieu de la Riviere du mans paroiss[oit]
et a decouvert en sorte que personne vivant ne la vue aussy basse

on a fait des prieres publiques par ordre de monseigneur en septem[re]
il a tombé de la pluie abondamment, plus de un mois.

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Dangeul

Saint-Georges

B
1700 - 1739 1MI 971 R2

vues 98 et 99 / 161

1723

sécheresse

(info http://geneactinsolites.free.fr, relevé Geneadom)

Observations pour la posterité

Il faut remarquer que cette année 1726 a esté
la plus seiche qu'homme ait jamais vüe

puis qu'il na point plû pendant six mois le ble / melay / vallut
mesure de René six / a 7 / livres.
(...)

La suite concerne les travaux effectués par le prêtre pour l'entretien de sa cure au cours de l'année. NDLR

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Louvigny

BMS
1711 - 1753 1MI 935 R1

vue 12 / 204

folio

1725

pluies

(info http://geneactinsolites.free.fr, relevé Geneadom)

Registre pour
l'année 1725

Lannée mil sept cent vingt cinq a etté
funeste a plusieurs personnes par la chereté
du grain qui a valu jusqua seize livres
le boisseau de Sonnois, & les pluyes ont etté
continuelles depuis la my avril, en
sorte qu'on na presque pas pu faire la
recolte les grains se sont germes debout.
on a etté obligé de travailler les fetes
& les dimanches. les foins ont etté perdus
pour secher les grains on a etté contraint
de les mettre dans les fours chaux. &
encore le pain n'en valoit rien.

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Oisseau-le-Petit

BMS
1700 - 1760 1MI 998 R1

vue 111 / 349

folio 6

1725

pluies

du 17 au 19/12/1725

orage

crue

(info http://geneactinsolites.free.fr, relevé Geneadom)

dans cette presente annee il a
fait un temps tres mauvais
par la continuation des pluies
abondantes en sorte quon
deseperoit pouvoir tirer les
grains des champs il y en à
eu beaucoup de gattes
le grain a valu la livre
iusqua cinq sols et dans
la ville dalencon le public
souffrit beaucoup dans cette
mesme annee le cinquieme
septembre 1725 louis quinse
roy de france epousa marie
de leszczinska fille de stanislas
roy de pologne à fontainebleau
le mariage fut celebre par
monsieur le cardinal de rohan
Soubise
le dix sept decembre et les deux
iours suivant il tomba une
grande abondance deau ce qui
rendit les rivieres tres grosses
et pandant ces trois iours il fit
une tres grande foudre

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La Quinte

BMS
1674 - 1730
1MI 1210 R1
(suite)

vue 228 / 270

19/10/1726

aurore boréale

(info http://www.yvongenealogie.fr)

Remarque [en marge]

Le dixneuf octobre de cette année 1726
depuis sept heures du soir jusqu'au lendemain
vers les 3 a 4 heures, le ciel a paru tout en feu étant rempli de flames qui partants
de tous cotés venoient aboutir a un centre vide peu étendu lesquelles étoient d'un
rouge vif [en marge]
extrèmement agittées, et plus fortes entre le septentrion et l'occident, ce qui a causé
de grandes alarmes dans la ville du Mans et dans la campagne.

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Dangeul

Saint-Georges

B
1700 - 1739 1MI 971 R2
(suite)

vue 36 / 46

octobre 1737

pluie

juillet 1738

canicule

(info http://geneactinsolites.free.fr, relevé Geneadom)

Observations sur cette année 1738

cette année les pluies continuelles ont empeché
plusieurs personnes de semer au mois d'octobre
1737 et des chaleurs excessives qui sont
venües au mois de juillet ont tellement
serré le grain dans l'epy qu'il ni a
presque rien et le blé vaut ce 30 decembre
1738 huit livres mesure de René et vaudroit
beaucoup davantage sans la sage precaution
des habitans du Mans qui ont fait
venir pour cinquante mille ecus de blé
de basse bretagne et d'ecosse toutes les
communeautes ecclesiastiques et seculieres
ayant fait 80000 lt et le roy ayant
preté le surplus le nombre des pauvres
est si grand aujourd'huy qu'il est en
vient a ma porte chaque jour 120
130 et 140 dieu veille que le nombre
ne s'augmente point mais il y a bien
de l'apparance qu'il sera bien plus
grand dans les mois de may et juin
fait ce 30 10bre 1738   Bevault curé

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Torcé-en-Vallée

BMS
1721 - 1740
1 MI 1106 R3

vue 326 / 376

fin 1738

pluie

(info http://geneactinsolites.free.fr, relevé Geneadom)

Lannee 1738 a este chere annee
on na pas pu ensepmencer la terre acause
des pluyes abondantes qui sont tombees
sur la fin de lannee presente 1738

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Neuville sur Sarthe

BMS
1718 - 1752
1MI 918 R1

vue 162 / 236

1740

froid



(info http://sarthegw.free.fr/, merci à P. G.)

Cette annee 1740. lhyver fut tres rude et tres long, et le pain a eté fort cher.
Du coté de Paris, il y a eu peu de bled, cette province du maine na pas ete des
plus steriles car il y a eu beaucoup dorge, qui s'est cependant vendu cher. Le
mois doctobre a ete si froid que tout le raisin a gelé, et tel qui esperoit pipe
ou quartier na pas eu la dixieme partie de pipe, et qui etoit si verd et si
mauvais qu'on ne pouvoit en boire. Le cidre a eté assez commun dans
les environs de la ville ; il valoit environ onze a douze ecus la pipe vendu
au mans. des le commencement de decembre la riviere de sarte fut
tres grande, il ne s'en falut qu'un pied et demi quelle ne fut aussi
grande qu'en 1711. cette inondation dura 6 semaines, ce qui rendoit
le pain tres rare, les moulins, ne pouvoient tourner. Les eaux
causerent de grands desordres, principalement dans la Seine et la
Loire.
mgr Leveque Du mans Charles Louis de Froullay* permit l'usage de
la viande pendant les quatre premieres semaines de careme, les
dimanches, lundy mardy et jeudy une fois le jour seulement.

* "Charles Louis de Froulay de Tessé" a été évêque du Mans de 1724 à 1767. NDLR

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Nauvay

BMS
1681 - 1778
1MI 979 R1

vue 179 / 283

1740 à 1742

froid

pluie

sécheresse

(info http://sarthegw.free.fr/, merci à P. G.)


1740

Il ny a presque point eu de vin en 1740 le peu quil en a resté
n'a rien valu,les raisins ont gelé au mois d'octobre et ils nont point
ete vendangé principalement dans les vaunoises* on n'y est pas seulement
allé voir. il a eté asses de menus mais fort peu de froment il
avoit gelé pendant lhyver. au mois de septembre il a plu pendant
quatre semaine presque continuellement les eaux ont debordé extraordinai-
rement plus qu'on avoit vu depuis plus de trente ans le roy a permis de
livrer le blé d'une province a une autre la récolte a eté tres difficile a
faire a cause des pluies les grains germoient debout il y a eu beaucoup de pois
perdus il y a eu un arrest du parlement pour soulager les pauvres qui n'a
pas ete execute par tout depuis fevrier jusqu'au mois d'aoust 1741
    1741 4 mars Mr de Mondragon conseiller honoraire
au parlement mourut a Mondragon paroisse de la bosse**
il y a eu une grande seicheresse pendant tout le printemps qui a eté fort
froid les fruits ont gelé pesches abricots pomes noix le foin a valu au
mans plus de 20 ecus**** la chartée a bonnetable*** 35 - 40 et 45 lt****
lhyver a commancé fort froid des la toussaint les gelees ont
ete fortes lhyver sec le mois de fevrier / 1742 / fort doux et sec il na
point tombé d'eau depuis le premier mars jusquau quinze davril
.les mois de mars et d'avril ont été forts froids.les arbres nont commencé
a fleurir meme les amandiers que vers la St marc les herbes netoient
pas encore parties au 1 may

NDLR

*  "Vaunoise" est situé à environ 15 km au nord-est de Nauvay dans le département de l'Orne.

** Le château de Mondragon à La Bosse (72400) à 15 km au sud-est de Nauvay est actuellement une propriété privée qui ne se visite pas.

*** À 10 km environ au sud de Nauvay proche de Mondragon.

**** "lt" ou "#" abréviations de "livre tournois", monnaie de compte de l'ancien régime qui valait 20 sous (ou sols). L'"écu" est lui une monnaie de cours (donc une pièce réelle) qui vallait 6 livres.
1 écu de 6 livres contenait à cette époque 27 g d'argent ou la valeur de 1,8 g d'or. La charretée de foin coûtait donc 120 livres soit l'équivalent d'environ 250 € actuels (étalon argent) ou 1000 et 1200 € (étalon or). 250 € c'est aujourd'hui le prix d'une tonne de bon foin bio de la Crau (tarif 2017). Comme au XVIIIe on mettait vingt quintaux de foin par charretée, soit 2 tonnes (données historiques), et que ce prix de 20 écus la charretée était considéré comme exorbitant, on voit que pour cet exemple particulier il vaut mieux se baser sur l'étalon or si on veut avoir une idée du coût actuel de cette denrée.

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haut de page
Malicorne

BMS
1709 - 1742

vues 530
et 531 / 567

1740

intempéries

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(info http://sarthegw.free.fr/, merci à P. G.)


Remarques

Cette année mil sept cent quarante à eté
des plus rudes. les gelées ont commencé des
le 15 octobre 1739 ont continué jusqu'au 7
sept novembre suivant, ont eté suivies de pluyes
abondantes et continuelles qui ont empeche de
semer, et causé trois inondations consecutives
qui ont duré jusqu'au commencement de
janvier 1740 et ensuitte le 6. dud[it mois les gelées
ont recommencé avec une violence extraordin[aire]
et ont continué sans relâche pendant deux
mois entiers qui ont gelés partie des vignes et
les bleds d'hyvert, et ensuitte apres dix ou douze
jours d'interruption elles ont repris vers le 18
mars presque avec la meme violence et ont
continué presque sans moderation jusquau 20.
may et ont encore gelés partie des bourgeons
dela vigne en bourre. ensuitte le beau tems
ou plûtot la divine providence ayant
comme ressuscité les biens de la terre, qui promettoient
moins au mois de may que d'autres années au
mois de janvier, ils ont atteint leur maturité
dans l'espace de deux mois et demy de tems

de sorte que quoyque la recolte ait été retardée
d'un grand mois, l'année promettoit encore assez
en bled, mais le 6. aoust dans le commencement
de la moisson des pluyes sont survenues qui ont
continué plus de trois semaines, et apres une
legere interruption d'environ huit ou dix jours
elles ont recommancé vers le six septembre et
continué jusqu'au vingt et ont fait germer
partie des bleds particulierement ceux qui etoient
coupés et pourry partie des fourages. de sorte que
L'année qui promettoit encor assez à eté sterile;
particulierement dans les fonds froids et humides qui
avoient gelés d'hyvert et dans lesquels on a eu peine
à recuëillir la semence.
Les vignes à moitié gelées d'hyvert et de printems
avoient repoussé des bourgeons en assez grande
quantité, mais bien tardifs qui ne sont point
parvenus à maturité à cause des gelées violentes
qui ont commencé le sept octobre et continué
toujours en augmentant pendant plus de trois
semaines, de sorte qu'on à eu peu de vin et de
tres mauvaise qualité. etant ver jusqu'a agacer

ceux qui en boivent et leur causer des coliques
apres les gelées et environ un mois de beau tems
qui les à suivys il est survenu des pluyes violentes
et abondantes au commencement de decembre
q ui ont causé jusqu'a sept innondations, mais
surtout une qui à monté plus de soixa[nte]
pieds au dessus du lit ordinaire de la Riviere
ce qui à perdu tous les bleds des vallées et causé
des Ravages infinis,
et au dela de tout ce qu'on
avoit vû jusqu'icy. Le prix du bled n'a cependant
pas eté excessif, non plus que celuy du vin nouveau
à cause de sa mauvaise qualité, mais le bon vin
lui valoit 150 lt la pipe.
L'année a eté si dure particulierement dans cette
province que Monseign[eu]r l'eveque du Mans a permis
l'usage dela viande une fois par jour pendant le
Carême les Dimanches jusqu'au jeudy d'auparavant le
Dimanche dela passion inclusivement à condition
neanmoins d'observer la loy du jeune en faisant gras.

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Torcé-en-Vallée

BMS
1741 - 1750
1 MI 1106 R3

vue 59 / 303

1742

sécheresse

(info http://geneactinsolites.free.fr, relevé Geneadom)

Lannee presente fut remarquable par une
grande secheresse et labondance des vins que
elle a produit : le vin a valu dix escus
la pipe et le bled 8 lt la fin de lannee
a fort diminue.
Langlois C[uré] de torce.

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Saint-Germain-du-Val

BMS
1737 - 1760
1MI_270_R17

vue 69 / 296

1742

sécheresse

(info http://geneactinsolites.free.fr, relevé Geneadom)

Observation,      ^ octave de la Pentecoste

Le Jeudy 17e jour de may 1742 ^ la secheresse étant
extraordinaire, universelle, et tres prejudiciable aux biens
de la terre, que l'on regardoit des lors comme hors d'êtat de
pouvoir parvenir a une parfaite maturité, après des prieres
publiques faittes dans touttes les paroisses des environs,
et mesme une procession solemnelle faite d'icy à Ligron par
clermont et le chateau senechal* avec grand nombre de nos
parroissiens, et la secherese continuant on Indiqua le jour
de la pentecoste une procession solennelle pour le jeudy suivant,
à la chapelle tres renommée de Notre dame du chesne** sittuée
dans les landes de Vion; l'assemblée de nos parroissiens fût
indiquée dans l'eglise de l'oëille, elle s'en trouva remplie
des avant quatre heures du matin, les personnes les plus agées
tant hommes que femmes, des enfans fort jeunes de l'un et l'autre
sexe y assisterent avec grand zele et devotion, apres le son des
cloches de l'oëille, et les prieres preliminaïres, on partit en bel
ordre de laditte eglise, croix et banniere qu'on avoit portées d'icy,
etant levées, on chanta tout le chemin jusqu'a laditte chapelle,
les psaumes de la penitence, y etant arrivés nous y trouvames
six ou sept parroisses desja rendües ou prestes à y arriver, nous
y chantames la Messe solennellement et selon notre pieuse intention,
après la Messe nous repartimes sans nous arreter, et retrournâmes
à l'oëille dans le mesme ordre en chantant les litanies et
hymnes de la tres sainte Vierge, etant arrivés dans l'eglise
et les prieres finies, on dejeuna et chacun se rendit chez soy sans
se sentir fatigué**, tant la devotion étoit ardente, et la nuit
et jour suivants le ciel nous donna de la pluye suffisament.

NDLR

* Soit un trajet vers le nord d'environ 10 kilomètres passant par Clermont-Créans.

** Elle se situe 19 km au nord-ouest de près de Sablé-sur-Sarthe, à mi-distance de Vion et Louailles. Une basilique et une communauté religieuse s'y trouvent encore aujourd'hui. Le trajet représente donc près de 40 kilomètres à pied !

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Marolles-lès-Saint-Calais

BMS
1700 - 1749
1 MI 1066 R2

vue 41 / 73

folio 2

11/03/1746

crue

(info http://cocojobo.over-blog.com, relevé Geneadom)

Bapt[ême] / de nicolas / pontoire de St / Martin [en marge]

L'onzième jour de Mars 1746 naquit
nicolas issu du legitime mariage de
pierre pontoire bordager et de Marie hermenault sa
femme d[eumeuran]ts au Gas en la paroisse de St. Martin de Sargé*
sur braye a cause du debordement de la riviere de la braye
(...)

Bapt[ême] / de / prenant de / Savigné sur braye** [en marge]

Le douziême jour de Mars 1746 naquit             issue du
legitime mariage de defunt Pierre Prenant journalier et de Jeanne
Cottereau sa femme d[eumeuran]ts au Genest paroisse de Savigné sur braye
et le même jour fut baptisée par nous curé soussignez a cause du
debordement de la riviere de la braye; (...)

Bapt[ême] / de marie louise / Roudry de la / paroisse de St / Martin de Sargé* [en marge]

Le treziême jour de Mars 1746 naquit Marie Louise issue
du legitime mariage de Sr René haudry M[arch]and et de Renée
huger son epouze, d[eumeuran]ts a lhermeau paroisse de St Martin de Sargé
sur braye, et le lendemain fut baptisée par nous curé soussignez
a cause du debordement de la rivire de la braye. (..)

NDLR

* La paroisse Saint-Martin de Sargé-sur-Braye se trouve dans le département du Loir-et-Cher. Voir ici.

** La paroisse Savigné-sur-Braye se trouve également dans le département du Loir-et-Cher.

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Saint-Cosme-en-Vairais

Saint-Cosme

BMS
1750 - 1759 1MI 948 R4

vue 26 /106

printemps 1751

pluie

(info http://geneactinsolites.free.fr, relevé Geneadom)

Observations.

La recolte de 1750 fut abondante plus encore en paille
qu'en grain de toute espèce, les eaux tombées au tems de la
St Jean ayant fait couler les gros grains en fleur.
Les pluÿes presque continuelles depuis le 24. fevrier 1751
jusqu'au 29e may sans qu'on ait pû ensemancer la sixieme
partie des mars, et depuis cette derniere datte et depuis avec
beaucoup d'interruptions surtout au temps de la St Jean. la
recolte de 1751. outre quelle n'a commencé a ouvrir qu'a
la St Laurent et souvent interrompüe par les pluyes
abondantes na pas eté la moitié de l'année derniere
tant pour les gros grains, qui l'un dans l'autre ne rendent
pas demi boisseau, que pour les menües grains dont la
fin de la recolte n'a fini que le 17 de novembre par la
dificulté de murir, ce qui a augmenter le froment a
Belleme jusqu'a 9lt. 10 S le meteil 8 lt. 10 S la mouture,
7 lt. Les vendanges n'ont produit aucun bon vin en quelque
canton que ce soit, les chanvres n'ont rien vallu et en petite
quantité, le prix de 9. a 10 lt et meme 11 lt a duré jusqu'apres
la recolte suivante pour le froment et a proportion des autres
grains.

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Le Mans

Journal d’un chanoine du Mans | Nepveu de La Manouillère

Texte intégral :
Sylvie Granger, Benoît Hubert et Martine Taroni (éd.)
PUR

1762

ouragan

1764

éclipse

(info https://books.openedition.org)

Ci-dessus une illustration de l'arbre généalogique de l'auteur : René-Pierre Nepveu de La Manouillère.

Le 11 novembre 1762 jour de St Martin, il y a eu pendant toute la journée un vent et un ouragan affreux avec beaucoup d’eau ; il y a eu beaucoup de cheminées renversées. Le vent fit tomber une grosse pierre des croisées du cœur qui pensa tuer un musicien pendant vespres ; dès le lendemain on a abandonné le cœur pour faire les réparations des croisées du cœur ; pendant ce temps là nous avons fait l’office dans la chapelle de Notre Dame du chevet où nous avons resté jusques à Noël.

Le 1er avril 1764 il y a eu ou du moins il devoit y avoir une éclipse de soleil annulaire et presque totale. Comme il devoit faire presque nuit à ne pouvoir pas lire, on a avancé l’office et lon a commencé à 8 heures primes. Comme c’étoit un Dimanche on a remis le sermon à l’après dinée ; l’éclipse a commencé à 9 heures trois quarts, et l’on dit qu’il y eust une erreur, car on ne s’en est presque pas apperçu et le temps étoit couvert et il tomboit de l’eau.

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Aillères Beauvoir
Aillères

BMS
1700 - 1792 collection communale
1 MI 1247 R1

vue 227 / 382
folio 6

04/10/1765

vent

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à René A.)

Dans les mois de Mars et d’Avril de la présente année les
grands sapins au nombre de 15 ou 16, derrière le chateau d’Aillères, ont
été abatus.

Le 4 octobre, il s'eleva un vent impetueux et brulant qui abatit
presque tous les fruits des arbres, même grande quantité d’arbres
surtout en la forêt de perseigne.

Le 20e decembre au matin, mourut / a Fontainebleau / M[onsei]gneur le Dauphin, regretté
generalement. tout paris a pris le deuil. son cœur fut porté a St Denys
et son corps a sens

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Aillères Beauvoir
Aillères

BMS
1700 - 1792 collection communale
1 MI 1247 R1

vue 231 / 382
folio 14

1766 - 1767

froid

épidémies

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à René A.)

Nota / je me suis trompé / pour lannée. / les nouvelles cy / a coté sont de / lannée 1767 [en marge]

Monseigneur levêque du Mans, Charles Louis de
froullay cadet de la maison de Tessé, mourut le 31 j[anvi]er agé de
82 ans, fut 42 ans evêque. son corps fut inhumé a la cathadrale
son cœur fut porté au nouvel hôpital dont il est le fondateur
Mort de M[a]d[am]e la dauphine inhumée a sens auprès de son mary
Le jour de pâques la glace etoit d’un pouce dépaisseur. les mois d’avril
d’avril et de may ont eté si froid que les fleurs de tous les arbres, ainsi que
les vignes, ont eté gelées. les fruits ont eté tres rares. les pommes de reinette
ont été vendues 8 lt* le boisseau. les pommes a cidre ont valu communement
dans les païs ici 18 lt, vers Alençon elles ont valu jusqua 25 lt la pipe**
le vin a valu 120 lt le poinson**.
La dysenterie a fait mourir grand nombre de personnes dans le cours
de cette année, la petite verole y a succedé mais elle nétoit pas dangereuse
et ne marquoit presque pas. les gros rhumes sont venus ensuite sans faire
grand ravage.

Nouvelles pour la presente année 1766

La dysenterie a commencé dans ces païs des octobre et a continué jusqua
la fin de 1767 a faire beaucoup de ravage. Mr vetillard
Medecin du Mans est venu par ordre du Roy remedier a cette
contagion, il a arreté en grande partie le cours du mal, en purgeant
ses malades avec l’ypecacuana*** de la doze d’un gros dans un verre
de vin blanc, ensuite une seconde purgation avec la manne et le
catholicum****, puis force lait pour breuvage

NDLR

* "lt" ou "#" sont les abréviations de "Livre tournois"

** La "pipe" et le "poinçon" sont généralement des unités de capacité pour les liquides (mais aussi les grains ou les fruits) et désignent également le tonneau qui les contient. La pipe vaut un muid et demi et le poinçon deux tiers de muid. Quant au "muid", sa valeur variait suivant les régions et la nature des marchandises à mesurer : il pouvait par exemple varier de 268 (Paris) à 1282 Litres (Reims).

*** L'"ypecacuana" est un arbuste d'Amérique du sud dont la racine, qui contient de l'émétine en grande quantité, est utilisée comme vomitif.

****  On appelait "manne" la sève qui s'écoule naturellement ou après incision de certains arbres (cèdre, frêne, mélèze, casuarinas, eucalyptus...). On l'utilisait comme édulcorant ou comme laxatif.

Le "catholicum simple" ou "catholicum simplex" était un remède de la famille des électuaires (pâteux) purgatif et astreingent. En voici la composition selon le Dictionnaire des drogues de Meuve (1689) :
polypode / semences de fenouil / pulpe de casse / pulpe de tamarin / sené / semences ou fleurs de violette / anis vert / les 4 semences froides (courge, citrouille, melon, concombre) / réglisse / les pénides (préparation à base de sucre) / sucre candy / rhubarbe. Il existait des variantes avec plus ou moins de sucre ou de rhubarbe.

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Évaillé

BMS
1768 - 1792
1 MI 1065 R2

vue 9 / 283

19/04/1767

gelée

1768

pluie

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

la nuit du dimanche au lundi de pacques le 19 avril
1767 il vint un froid si violent que les vignes
pommeirs, poiriers, cormiers et tous autres arbres furent
gelés au point de ne rapporter aucun fruit, il gela dans tous les mois de
l'année, ausi le vin blanc valu jusqu'a trois cent livres la pippe
le cidre quatre vingt livres la pippe, les cormes dix livres le boisseau, la
recolte ne fut pas bonne; l'année suivante 1768 les pluyes commencerent
a la pentecoste et durerent un an, la recolte fut mauvaise et encore plus
difficile a ramasser, les vignes ne produisiernt presque rien et le vin en fut
tres mauvais de sorte que le vieil de 1766 valut jusqu'a six cent #

[verticalement en marge]

# six cent livres la pippe; les fruits furent tres communs mais
nouris par trop d'eau, ils n'eurent point de qualité. le blé valut
toujours a St calais pesant trente six livres le boisseau depuis un ecu
jusqu'a quatre livres deux sols, heureusement toutes sortes de marchandises fut enhaucies**

NDLR

* Le "cormier" est l'autre nom du "sorbier commun", ses fruits rouges sont comestibles.

** Mis pour "enhaussies" soit furent "à la hausse".

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Évaillé

BMS
1768 - 1792
1 MI 1065 R2

vue 27 / 283

24/11/1770

pluie

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...)
le 24 novembre / 1770 / il vint une pluye qui dura trente six
heures et fit grossir notre riviere plus qu'elle n'avoit eté
depuis l'ausage* de St jacques.

* Mis probablement pour "haussage", c'est à dire "montée" (des eaux), donc la dernière crue datant de fin juillet. NDLR

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Le Mans

Journal d’un chanoine du Mans | Nepveu de La Manouillère

Texte intégral :
Sylvie Granger, Benoît Hubert et Martine Taroni (éd.)
PUR

1770 - 1777

intempéries

tremblement de terre

(info https://books.openedition.org)

Ci-dessus une illustration de l'arbre généalogique de l'auteur : René-Pierre Nepveu de La Manouillère.

Dans ce temps-là [1770 NDLR] les eaux sont devenues très hautes, de façon que les voitures ne pouvoient passer à Pontlève.

Le 26 février et jours suivants jusqu’au 29 février 1772 les eaux ont débordé considérablement au point que toutes les voitures publiques et postes ont retardé ; quoiqu’il eust tombé de l’eau plusieurs jours, ce n’est pas cela qui la fait augmenter. Il y avoit eu beaucoup de neiges qui avoient tombé au delà d’Alençon ; ces neiges ont fondu tout de suitte, et l’eau a crû de plus de six pieds dans 24 heures.

Dans la nuit du six au sept septembre 1772 il y a eu un orage très fort. Il a tombé une gresle qui étoit communément grosse comme de bonne et grosse noizettes. Cet orage a porté perte au Chapitre du Mans de plus de 600 lt pour les vitres des Maisons canonialles et pour l’Eglise. La dépense des vittres des maisons sera payée [par] le chapitre, quoique les adjudicataires ou locataires soient obligés à lentretien des vitres, cela est regardé comme vimère. Les vignes de Broussin ont été perdues au quart ; depuis vie d’hommes on n’avoit vu un pareil orage ; au Mans on fait monter la perte des vitres seulement à plus de deux mille écus.

Le 30 décembre 1775 sur les dix heures et demie du matin, on a senty au Mans et aux environs un tremblement de terre. Il est sûr qu’étant dans la chambre de mon frère qui est sous son Belle védaire, nous avons senty un mouvement très sensible, et cela par deux fois à peu de distance. Il faisoit un temps calme et un grand brouillard.

Le froid et grand froid, a commencé le… Janvier [1776 NDLR] et a continué pendant 18 jours ; on assure qu’il a été aussi fort que dans l’année 1709. Il est sûr que la rivière a porté pendant plusieurs jours, que les arbres ont fendu par le froid, que le cidre a gelé dans les caves et que jamais je n’avois senty un pareil froid. On peut voir la Gazette du Mans, de ce temps. Au dégel, il est survenu une grande crue d’eau qui a emporté le pont de bois et autres.

 

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Saint-Symphorien

BMS
1772 - 1784 1MI 1215 R4

vue 7 / 260

29/02/1772 *

crue

(info https://www.geneanet.org/, merci à Bernard H.)

Bapt[ême] / pierre / françois / Lucet [en marge]

Le vingthuitieme jour de fevrier mil sept cent
soixante et douze est né un garçon du legitime mariage
de Guillaume lucet et de renée charnonneau
demeurants en la paroisse de tannie et le vingt neuf
du mesme mois a esté baptisé en leglise de cette
paroisse a cause du debordement des eaux par nous
curé sousigné et a esté nommé pierre françois par
pierre lego parein et par renée corbin corbin mareine
le / pere / present qui a signé et le parein avec nous

La mareine a declaré ne
scavoir signer de ce requis et
une rature un mot rayé nul

* L'année 1772 était bissextile. NDLR

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Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vue 1 / 472
folio 1

1775

sécheresse

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)

Cette année 1775 a eu le printemps si sec et si aride que de vie
d'homme on ne se souvient pas d'en avoir vu de semblable. les seigles
en juin et juillet paroissoient morts et sans esperance  : on n'esperoit pas
de fruits. on croioit ne pouvoir semer ni chanvre ni orge La providence
nous a si agréablement surpris par les pluyes heureuses et à propos
qu'elle nous a envoyées, que l'année a été la plus fertile qu'on conoiss[oit]
Les fruits surtout ont été en si grande quantité qu'on ne trouvoit pas
de tounaux; le vin bon et assez abondant : Deo gratias
autant du present a été déposé au greffe de la senechaussée du m[aine]
au mans le 22 janvier 1776

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Évaillé

BMS
1768 - 1792
1 MI 1065 R2

vue 81/ 283

10/01/1776

froid

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...) le 10 janvier 1776 il tomba quelque peu de neiges, les douze desd[its] mois
et an il en tomba environ un demi pied de haut, le froid au meme temps vint
si violent que pendant trois semaines il ne ceda que d'un tiers de degré a cel[ui]
du grand hyver en 1709, sans les neiges, tous les blés auroient infailliblement gelés,
mais en revanche plusieurs personnes y ont succombées, on en compte trois de vancé*
et dans toutes les paroisses les pauvres gens ont trouvé leurs enfans le matin gelés
dans leurs lits et heureusement sur le champ ils les faisoient revenir en leurs portants les
secours necessaires, dans les meilleures caves le froid a penetré et porté ses coups, meme
sur les bouteilles du meilleur vin, m le curé de St bié en blin* en a perdu cinq
cent bouteilles, beaucoup de bestiaux de toutes especes ont gelés. dans les chemins la
neiges etant devenüe comme un foureau de glace, aucun cheval, ny voiture ne
pouvoient marcher, aussi il / s'est / trouvé des villes prêtes a perir de froid faute de
provision de bois, celle de rouën a eté reduitte a deux doigts de sa perte, elle ne
doit son salut qu'aux soins rares et distingués de son parlement, qui imagina
un moyen de faire arriver des bois de chaufage. en general toute la nature humaine
en a ete tellement attaquée, pas un n'a ete exempt d'un rhume ou grippe

[verticalement en marge]

incomodés pendant un mois, six semaines et meme pres de deux mois.

NDLR

* La commune de "Vancé" est située à 8 km au sud d'Evaillé.

** La commune de "Saint-Biez-en-Belin" est située environ à 20 km au sud du Mans.

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Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vue 52 / 472
folios 17 et 18

1777

météorologie

 

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)

Autre / Remarque [en marge]

Cette même année / a été / la plus fertile en toutte sorte de grains
qu'on ait peutêtre vû tous les fermiers (ce qui esr rare) se
trouvoient contents le printemps et lété jusqu'à la fin de
Juillet ont été ou froids ou pluvieux (depuis environ
quinze ans tous les printemps sont de même; ce qu'on
attribue à l'axe du monde qu'on dit incliné plus
qu'auparavent* : pour moy javoue que je nen connais
d'autre cause que la volonté du tout puissant) le mois
d'oust a été d'une chaleur et d'une secheresse sans
interruption, l'automne à proportion depuis le
froid du printemps et d'une partie de l'été rapor[té]
cy dessus, les automnes sont charmantes.
quoyque les greniers soient pleins, cependant

le grain comme on le voit de l'autre part
n'est pas à bon marché : ce qui vient tant de
ce que les fermiers ne se pressent point de le vendre, étant
enrichis depuis dix ans que le grain a été très cher
quoy que presque toujours en abondance, que de ce que
l'exportation étant permise, les bleds partent en païs
étranger. les fermes depuis cinq ans ont augmenté
près de deux tiers. il y a un nombre considerable de
personnes qui en cherchent sans en pouvoir trouver : ce qui
empeche qu'on ne se marie. actuellement il y a plus
de cinquante jeunes gens en cette paroisse qui ont
l'age et la volonté de se marier, mais qui en restent
là, ne trouvant pas même de maison où loger.
On n'a presque pas cueilli de vin cette année
aussi est-il tès cher le vin d'anjou vaut 250 lt
la pipe**. il a été des pommes passablement; mais
la normandie est manquée      Beucher.

NDLR

* Actuellement les causes de cet épisode froid (qui durait depuis la fin du Moyen-âge) semblent multiples : éruptions volcaniques, faible activité solaire etc. Il est fort probable qu'il n'était pas terminé quand le réchauffement climatique dû aux gaz à effet de serre a pris le pas sur lui.

** Voir plus haut.

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Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vues 73
et 74 / 472
folio 18

1778

sécheresse

pluies

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)

Remarques  / Sur l'année / 1778 [en marge]

Cette année a été remarquable par les deux
Contraires, savoir la secheresse et la pluye.
Lorsque la moitié des bleds étoit coupée il survint
une pluye chaude sans presque d'interruption pendant
environ huit jours qui / les / endommageait tellement que
si elle eût encore continué trois à quatre jours,
tout le monde convenoit que la recolte (la plus
abondante dont on se souvienne) étoit perdue.
Sans presque aucune resource. alors dans le temps
que la pluye paroissoit plus disposée que jamais a
continuer, la providence se fit connoitre au doigt
et à l'oeil. un temps clair et serain succeda
une chaleur douce et non interrompue fit

renaître l'esperance; et la recolte se fit très bien.
Cette chaleur Continua pendant trois mois, sans un
seul jour de pluye, ce qui rendit les eaux si rares que
l'on ne savoit comment abbreuver les bestiaux; et que
ne pouvant fendre la terre pour faire les guerets*, l'on
nous prioit de faire des neuvaines** pour avoir de la pluye.
alors le temps changea tellement qu'une pluye presque
continuelle pendant environ deux mois et demi empêcha
une grande partie des fermiers de faire leurs bleds et les
porta à nous demander des prieres pour le beau temps.
il a été du vin en quantité et qualité suffisante.

NDLR

* Un "gueret" est un terrain labouré ou en cours de labour et qui n'est pas encore ensemencé.

** Une "neuvaine" est une série de prières répétée pendant neuf jours consécutifs pour obtenir la grâce divine.

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Évaillé

BMS
1768 - 1792
1 MI 1065 R2

vue 106 / 283

1778

pluie

07/10/1778

orage

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...) le quinze septembre la pluie commença et dura jusqu'au
15 novembre décembre, elle fit un tort considerable, de sorte
qu'on ne put ensemencer que partie des blés, ce qui desola plus
cette paroisse ce fut un orage du sept octobre qui entraina les
guerets*, le tonnerre tomba et consomma les tas de gerbes, foins,
fourages, chanvres, grange, etable chambre, et logeard de la jusseaumerie**,
appartenant a jean retif fermier de launay. cet orage fit plus de
tort dans la paroisse que la pluie de trois mois, aussi suivant toute
apparence la recolte prochaine doit etre mauvaise, malgré cela le
blé n'est pas cher parce que l'exportation des blés en est interrompüe
par la guerre que nous avons avec l'angleterre et le commerce de
toute espece de marchandises en souffre beaucoup, les toiles et le
fil perdent beaucoup de leur faveur. (...)***

NDLR

* Un "gueret" est une terre labourée en vue des semailles.

** Les "Jussaumeries" est le nom d'une ferme située à 1 km au sud-est du centre du village.

*** La suite du texte traite de la construction du presbytère commencée en 1776.

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Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vue 100 / 472
folio 4 verso

1779

douceur extraordinaire

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)

Cette année a été très abondante en tout genre : blés,
vins, fruits tout a été à vil prix. le mois de Janvier
se passa sans pluye, celuy de fevrier fut très chaud et
il ne tomba d'eau qu'un jour et demi; le vingt avril nous
mangeâmes des petits pois Cueillis à Brûlon. Cette
même année il est bien mort du monde de la dissanterie,
icy elle n'a pas été si cruelle. Beucher C[uré] de Brûlon

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Évaillé

BMS
1768 - 1792
1 MI 1065 R2

vues 119

et 120 / 283

1779

chaleur

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

cette année est remar/qua/ble par une dyssenterie qui commença
au mois de juillet, ses coups furent terribles, plus de la moitié
des habitans en furent attaqués, quarente personnes en moururent
scavoir quinze adultes, et vingt huit enfans, elle dura pres de huit
mois, m vetillard medecin au mans et lursault chirurgien a saint
calais furent chargés de la part du roi de venir à notre secours, leurs
soins et remedes furent tous gratis et opererent avec un succes
admirable. les sentimens furent partagés sur la cause de cette maladie
plusieurs et le plus grand nombre pretendent qu'elle fut occasionnée par
les chaleurs qui commencerent avec le mois de mars et ne finirent qu'après
la toussaint pendant lesquelles / ce fut / lair fut toujours chargé / couvert / de nües
epaisses parfois de mauvaise odeur; cela ne ma point paru surprenant
les chaleurs aiant eté plus grandes et plus longues que de coutume, elles
ont du penetrer plus avant dans les marias et entrailler de la terre,
en tirer une plus grande quentité de vapeurs melées de parties
etrangreres a la salubrité des corps, tous les fruits furent fort

avencés et ne valurent rien, la récolte fut asse mauvaise, et la qua[lité]
encore moindre, le vin etant trop mur, roussit partout, aussi n'a t-[il]
point de saveur, depuis 24 lt jusqu'a 36 lt est son prix dans tous l[ieux]
près du loir, et suivant toute apparence il va encore diminuer. les to[iles]
etoffes, fils, laine, bestiaux, biens fonds, sont diminués d'un tiers
de leur prix, le ble / froment / vaut a st Calais le boisseau pesant trente
six livres quarente cinq sols, dans toutes les parties du royaume le
commerce na plus de vigueur (...)

* La suite parle des conséquences de la guerre contre l'angleterre. NDLR

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Vouvray-sur-Huisne

BMS
1700 - 1793
1MI 1119 R1

vue 414 / 574

1779

aurores boréales

chaleur

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...)

Cette année il y a eu grand nombre d'aurores
boréales ou feux et lumieres dans le ciel qui
paroissent avoir exercé les scavants. A pâques le
quatre Avril touts les arbres même ormes et chesnes
étoient dejà couverts de feuilles Les chaleurs ont
commencé dès le carême et il faisoit  très doux et très
beau dès avant le carnaval. Toute l'année
a été belle et assez abondante. L'été fort chaud
et dans l'automne il y a eu des dissenteries qui
ont enlevé beaucoup de monde surtout dans
les paroisses voisines

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Le Mans

Journal d’un chanoine du Mans | Nepveu de La Manouillère

Texte intégral :
Sylvie Granger, Benoît Hubert et Martine Taroni (éd.)
PUR

1778 - 1788

intempéries

(info https://books.openedition.org)

Ci-dessus une illustration de l'arbre généalogique de l'auteur : René-Pierre Nepveu de La Manouillère.

Le 19 et le 21 octobre 1778, on a vendangé les petits et les grands Clos aux environs de la Ville ; on a eu gènéralement quart au quartier gènéralement, et le vin sera bon malgré les pluies qui continuent depuis trois semaines. Depuis ce temps le temps continue d’estre si mauvais que l’on a pas encor pu semer dans les campaignes et surtout dans les terres basses et fortes. Comme nous avions été très longtemps sans avoir d’eau ; actuellement nous en avons beaucoup trop.

Mort de Mr du Tiger
Le 8 may 1779 du Tiger du Léard, ancien Avocat du Roy, est mort subite ment à la maison de campaigne de Mrs de Beaulieu. Il vint une pluye d'orage qui tomboit très forte, il voulut haster le pas pour se mettre à couvert; en entrant dans la maison, il tomba sans connoissance. Comme il n'y avoir qu'une femme vieille et sourde, elle ne put luy donner aucun secours; il expira. Il vint des Mrs de Beaulieu pour luy donner du secours; il n'étoit plus temps. On l'emporta dans la Communauté de Beaulieu et il a été enterré le lundi matin dans le cimetière de la Magdeleine, quoiqu'il fut de la paroisse du Crucifix. Il laisse une femme et trois demoiselles, la dernière est encor mineure; il y avoit un garcon qui, heureusement est mort à la Cayenne, car c'étoit un très mauvais sujet. Il y a beaucoup de dettes dans cette maison et peu de revenu ; il étoit âgé d'environ 66 ans.

Le 30 may 1780, il y a eu un orage épouvantable surtout pour un nuage de gresle qui a tombé sur la ville du Mans et a cassé beaucoup de vitres. Les grains étoient communément gros comme des noix. L’orage a fondu sur la ville et n’a pas fait de tort plus loing. La gresle étoit plus forte que celle qui avoit tombé la nuit du six au sept septembre de l’année 1772 ; il est vray qu’elle n’a pas tant fait de mal.

Les vandanges, toutes mauvaises qu’elles soient, ont été faites le 6, le 7, le 8 et le 9 novembre [1782 NDLR] . Il y avoit encore assés de coupe, mais point mûr et il y avoit du raisin gelé.

Le mardy 15 juillet [1783 NDLR], il y a eu un orage affreux au Mans ; le tonnerre a tombé en plusieurs endroits, surtout sur le Clocher des Jacobins qu’il a tout dépouillé d’ardoise, tombé dans le cœur et remonté dans le clocher. Pendant ce temps-là, les Jacobins disoient leur Oraison, prests à montrer le St Ciboire. Il a tombé beaucoup d’eau pendant deux heures, et avec une abondance incroyable. Il n’y a pas eu de gresle ; les jours précédents, il faisoit une grande chaleur.

Le froid a commencé le 9 décembre 1783, et le dégel a commencé le 21 février 1784 ; pendant tout ce temps, il a fait un froid très grand et pendant la plus grande partie de ce temps, il y a eu de la neige sur la terre* ; dans différents endroits, il y avoit jusqu’à deux pieds de hauteur. Aussi tout le gibier a été détruit et il y a eu des loups qui ont dévoré des personnes.

Sur la demande que Mrs de l’Hotel de Ville ont faite à Mr l’Evesque, de manger gras le Caresme, vu la cherté des vivres et le froid qui empesche de pescher les étangs, Mr l’Evesque, par un Mandement que l’on dit bien fait, a permis de faire gras le dimanche, lundy, mardy et le jeudy à diner seulement, jusqu’au 15 mars [1784 NDLR]inclusivement, ce qui fait 11 jours gras. On n’avoit point eu cette permission depuis le 13 mars 1766. Le Prélat a bien eu de la peine à accorder cette permission, mais comme on a eu un hiver très rude et qu’il n’y a point eu de légumes, il l’a enfin accordée pour deux semaines. Le mandement est du 17 février.

Le 24 avril 1785, Mr l’Evesque a ordonné des prières pour la pluye ; il y a une très grande sècheresse surtout pour l’herbe et les bestiaux souffrent beaucoup, n’ayant eu que très peu de fourage l’année dernière. Il y a bien cinq mois qu’il n’a tombé d’eau excepté un peu de neige. Les prières sont une procession dans chaque Église. Nous avons fait un tour autour de notre Église, en chantant les Litannies des Saints ; en entrant dans le cœur on a chanté le psaume Miserere, le verset Domine non secundum et les versets ordinaires avec l’oraison pour la pluye. On continuera jusqu’à ce qu’il tombe de l’eau.

On a vendangé le 6 octobre 1785 les petits Clos, et le 10 du même mois, on a vendangé les grands clos ; il y a une grande abondance de vin, générallement plus que pipe au quartier ; il sera très bon. Le mois de septembre a été beau et chaud.

Le 29 juin 1788, on a commencé des prières pour le beau temps ; nous avons eu des pluyes d’orage pendant trois semaines. C’étoient des nuages qui tomboient avec violence. Il y aura beaucoup de perte sur les bleds froments qui sont couchés, et sur les foins, à cause des grandes eaux. On doit chanter le psaume Miserere et les versets Domine non Secundum, jusqu’au premier Aoust. On a atteint la châsse de Ste Scolastique.

* Il s'agit d'une conséquence de l'éruption du "Laki" considérée comme la plus importante éruption lavique de tous les temps, qui eut d'importantes conséquences en Islande (famine de la Móðuharðindin), mais ausssi dans tout le reste de l'Europe.

—   —  —

Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vue 120 / 472
folio 3 verso

1780

long été

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)

Cette année a été assez fertile en gros blés. (...)
Les lignes suivantes n'ont pas été transcrites. NDLR
(...) l'été a été le plus
long qu'on se souvienne, l'hyver passable

—   —  —

haut de page
Vouvray-sur-Huisne

BMS
1700 - 1793
1MI 1119 R1

vue 429 / 574

1780

froid

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...) Le printamps et l'été
n'ont pas été beaux. Le froid a même duré au
delà des fêtes de St Sacrement* (...)

* La Fête du Saint-Sacrement a lieu le 2e dimanche après la Pentecôte, c'est à dire fin mai ou début juin. NDLR

—   —  —

Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vues 149
et 150 / 472
folio 4 et verso

1781

tempête

sécheresse

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)


Remarques [en marge]

La presente année est remarquable par une
Secheresse dont on n'a point d'exemple. elle commença
le mercredy des cendres (le jour du Cranaval il
avoit fait une pluye et une tempête terrible)
et dura jusque vers les avents. dans cet intervalle

processions, neuvaines, prieres, et tout fut employé par
diferentes fois pour avoir la pluye; et lorsque tout etoit
désespéré, une pluye d'un jour ou deux faisoit tout
renaître enfin l'année a été des plus fertile en
blés, cydres et vins, jusqu'au point qu'en bien des pays
vignobles on a abandonné une partie de la vandange
faute de tonnaux.  Beucher C[uré] de Brullon

—   —  —

Évaillé

BMS
1768 - 1792
1 MI 1065 R2

vue 141 / 283

17/05/1781

orage

grêle

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

 

cette année est remarquable par deux evenements les plus fâcheux, le
dix / sept / mai il vint un orage dans cette paroisse seulement, si violent que
les eaux n'avoient jamais cru si haut, dans tous les cotaux les ter
res nouvellement labourées furent emportees, les prés en bien des endroits furent
couverts de pierres, si / le fossé de / mon pré de l'ecole n'avoit pas crevé toutes les
maisons du bas du bourg auroient eté rasées et emportées, deja les
ecuries devant le cimettiere etoient sur le point de partir lorsque la
butte de mond[it] pré fut rasée, guéjubert et chaluau* furent a deux doigts
de leurs pertes, au commencement de cet orage il vint une grele plate et
carrée qui brisa nos vitres et grande partie des blés et fruits de la
paroisse, en bien des endroits il ne resta pas un epic debout.
(...)**

NDLR

* "Gué Joubert" et le "Moulin de Chaluau" sont situés an aval et en amont d'Èvaillé sur le Tusson.

** La suite traite d'une épidémie de fièvre maligne.

—   —  —

Évaillé

BMS
1768 - 1792
1 MI 1065 R2

vue 142 / 283

03/06/1781

orage

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

 

(...) * le moment du feu fut un deüil general pour tous
les voisins a dix lieües au moins, les paroisses a trois lieües envoierent des secours
en pain et argent des le landemain de l'incendie jour de la pentecôte a tous ces
malheureux plus morts que vifs et errants dans les champs, bois et chemins. au
moment du feu il se declara un orage violent, on dit que le tonnere / tomba / au milieu de ces
infortunés sans blesser personne. (...)

* Le début raconte (entre autres choses) l'incendie de la veille qui débuta chez un boulanger et ravagea quasiment tout le village de Lucé où il y eut 5 morts et 144 maisons détruites. "Lucé-sous-Ballon" est situé à 45 km au nord-ouest d'Evaillé. NDLR

—   —  —

Saint-Jean-des-Échelles

BMS
1772 - 1782 1MI 875 R2

vue 91 / 101

1781

beau temps supposé

(info https://www.perche-gouet.ne, merci à Christiane B.)

En cette année mil sept cent quatre vingt un, la
recolte des menus grains fut des plus abondantes, celle des
gros grains fut aussi tres bonne, mais surtout la recolte
des vignes elle fut si abondante que dans les vignobles
de villiers, beaugency, troo* et austres on recolta plus
de deux pipes au quartier ; le vin de villiers
vendome, ne se vendoit que depuis quinze jusqu'a vingt livres
le vingt de troo, chateau du loir, anjou depuis vingt quatre
jusqu'a trente trois, le prix des voitures etoit de beau
gency, de L'orléannois, blois, à la ferté de vingt livres par
poinçon, de troo, villiers, vendome ; treize livres
les arbres donnerent aussi si abondamment des fruits
que la burse de pomme ne coutoit que vingt à vingt cinq sols
   Le bled froment se vendoit quatre livres cinq à six sols
   le meteil trois livres dix et douze, l'orge quarante, l'avoine
vingt quatre à vingt cinq

(...)

* "Troo" est une commune située dans le département du Loir-et-Cher voisin. Elle est située à environ 40 km au sud de Saint-Jean-des-Échelles. NDLR

—   —  —

Vouvray-sur-Huisne

BMS
1700 - 1793
1MI 1119 R1

vue 436 / 574

1781

sécheresse

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...) cette année a été belle et
abondante et très sèche (...)

—   —  —

Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vues 171
et 172 / 472
folio 20 et verso

1782

pluie

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)


Remar / ques [en marge]

Cette année a été le contraire de la
précédente. autant l'autre avoit été
seiche, autant presque celle-cy a été
mouillée. le plus fâcheux est que lorsque
presque tous les blés étoient en javelle*

La pluye continuoit sans interruption,
jusqu'au point qu'ils étoient à un tiers
germés; et Si elle avoit continué de
même pendant dix jours on n'auroit pas
ramassé un huitiême des blés. nous
mangeons de mauvais pain; mais le bas
maine est encore plus maltraité. le pauvre
peuple mourroit presque de faim à costé
de son pain. aussi on n'a point conois-
sances d'avoir eû universellemnt tant de
malades. depuis pâque j'ai donné tant
pour cette paroisse que pour les voisines
plus de trois cent médecines. le nombre
des morts n'a pas égalé celuy des malades,
excepté nos vieillards. ce registre en contient
plus que cinq autres. nous avons beaucoup
de blé, mais de mauvaise qualité : beaucoup
de vin, verd; mais qu'on espere s'améliorer.
point du tout de Cydre. Beucher C[uré] de
                                                            Brûlon

* Une "javelle" est une brassée de céréales moissonnée à la faux demeurant en petits tas sur le chaume, avant la mise en gerbe. NDLR

—   —  —

Saint-Jean-des-Échelles

BMS
1772 - 1782
1MI 875 R2

vues 100
et 101 / 101

1782

pluie

(info https://www.perche-gouet.ne, merci à Christiane B.)

La recolte des grains cette année fut passable
pour la quantité, mais les pluyes qui continuerent
depuis la fin de juillet jusqu'au mois d'octobre
firent que les gros grains furent trop moulliéz
sur pied, et une grande partie des javelles*, furent
germéz, firent du pain de bien mediocre quallité
; au mois de fevrier de l'annee 1783, le froment
valloit depuis quatre livres jusqu'à quatre livres cinq
et le vieux froment etoit vendu jusqu'a cinq livres
dix sols et davantage
La recolte d'orge et d'avoine fut tres mediocre
tant pour la quantité que pour la quallité, il se vendoit
depuis cinquante cinq sols jusqu'a trois livres deux
et trois sols, l'avoine trente six et quarante sols
; les moutures, trois livres cinq, six et sept
     Le chanvre fut de quallité passable, le prix
commun etoit de quatre livres quelque sols le poids
de treize livres

Le recolte des vins dont les vignes donnoient les
plus belles esperances au mois de may et juin, deper[irent]
considerablement par la continuité de la pluye
on ne vendengea que sur la fin d'octobre les rouges
et les blancs apres la toussaint, dans les grapes il y avoit
des grains pourris, d'autres non murs, et d'autres gesléz
de la le vin fut de tres mauvaise qualité, extraordinaire / ment
verd, ayant un peu le goust de pourry et si plats
qu'il n'y a guerre d'esperance qu'ils acquerent de la force
, le prix malgré cela pour Troo etoit de trente livres
jusqu'a trente trois, les rouges de beaugency
blois orleans se vendoient prix coutant depuis trente
jusqu'à quarante livres le meilleur ; les vins
vieux augmenterent beaucoup, à troo il valloit
j'usqu'a vingt ecus, les bons rouges etoient encore plus
chers parce que la majeure partie de l'annee dernierre
avoient tournés.

(...)

—   —  —

Vouvray-sur-Huisne

BMS
1700 - 1793
1MI 1119 R1

vue 459 / 574

1782

froid humide

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...)
cette année qui a été froide et humide il y a eu grand
nombre de fièves qui ont emporté plusieurs personnes
ici et dans les parrisses voisisnes. (...)

—   —  —

Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vue 197 / 472
folio 22

1783

temblement de terre

éruption volcanique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Sylvain. B.)

Cette année offre plusieurs événements dignes
d'attention.
1° L'eté et l'automne ont été très beaux et très
chauds. il y a eu une recolte assez abondante
en très bons bleds; grande et bonne vendange
des pommes en si grande quantité que les
arbres en cassoient
2° Le cinq fevrier commença le bouleversement
de la Cicile*. La Calabre est presque toutte
changée de face. Messine est ensevelie
sous ses ruines. le tremblement de terre
qui a duré à plusieurs reprises pendant plus
de huit jours a été suivi non seulement
de l’écroulement des édifices, mais encore
de l’affaissement des montagnes. Des
feux souterrains aïant miné et fait
éruption, l’incendie se joignoit aux
autres désastres. des grands chemins, des
rivieres se sont trouvées disparues, et
à peine en pouvoit-on trouver les traces.
on compte qu'il a peri cinquante mille
ames.
3° pendant les mois de juin et de Juillet pend
dans presque toutte l’Europe l’atmosphère
étoit remplie d’une espèce de
brouillard, ou plutost de vapeurs qui

1783

déroboient le soleil, et quand on
l’apercevoit, on le regardoit aussi
fixement que la lune, sans être aucunement
ébloui. tout le peuple en étoit épouvanté
et disoit que nous allions avoir le jugement.
les phisiciens ont attribué ces vapeurs
aux explosions de la Cicile.**
4°Dans le mois d’aoust et le reste de l’automne
les trois quarts du monde / ont / été malades.
on en trouvoit jusqu'à quatre, cinq et
même six malades par châque maison ;
et cela universellement. heureusement
il ne mouroit persone. on attribuoit la
cause de ces maladies ou à la mauvaise
qualité des grains de la derniere recolte,
ou au défaut de froid de l’hyver précédent
qui à la verité ne fut que pluvieux, ou
aux vapeurs exhalées de la Cicile, ou
enfin aux chaleurs qui pendant plusieurs
jours ont été excessives. peut être que
le tout y a contribué.
5° (...)

Là commence une relation de la guerre d'indépendance d'Amérique qui n'est pas transcrite car hors sujet. NDLR

*En 1783 dans le sud de l'Italie (la Calabre et la Sicile faisaient alors partie du Royaume de Naples), une série de cinq forts séismes qui s'étendent sur près de 100 kilomètres et se déroulent sur deux mois accompagnée d'un tsunami, fera entre 30 et 50 000 morts.

** Il s'agit en réalité de l'éruption du "Lakagígar", ou "Laki", ensemble de plus de cent cratères volcaniques du sud de l'Islande alignés sur une fissure de 27 kilomètres de longueur. Ce sont les poussières de cette éruption gigantesque appelée "Skaftáreldar", (en français « feux de la Skaftá ») débutée en 1783 et considérée comme la plus importante éruption lavique de tous les temps, qui voilent le ciel. Elle eut d'importantes conséquences en Islande (famine de la Móðuharðindin), mais ausssi dans tout le reste de l'Europe.

—   —  —

Évaillé

BMS
1768 - 1792
1 MI 1065 R2

vue 158 / 283
folio 8

1783

temblement de terre

éruption volcanique

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...)
cette année a commencé par un desastre aussi terrible que meurtrier dans la Sicile
messine et vingt / huit / autres villes, bourgs ou villages ont eté detruites; plusieurs ont eté
tellement enfoncés et engloutis qu'il n'en reste pas le moindre vestige; le boulver
sement fut si considerable que plu qu'elsques rivieres perdirent leurs
cours ordinaires et se dessecherent. les montagnes disparurent en plusieurs
endroits et des goufres et abymes les remplacerent les relations varient

sur le nombre des morts. on nous les a portés d'abord a quarante mille, ensuite a soixante
mille et jusqu'a cent mille; quelque chose qu'il en soit, grand nombre perirent,
sous les ruines des edifices et dans les flames / qui / ensuivirent. ce fleau commença le
5 fevrier et d a messine ville des plus peuplée, commerçante et riche de l'europe;
et dura plus de trois mois. mais les coups les plus terribles fu porterent dans les premiers
jours.
au commencement du mois de mai parut un brouillard qui dura plus de trois mois, il etoit
fort epais, faisoit voir le soleil rouge, et rependoit une rosée sulfureuse; tout le
monde en craignoit les suites. mais ce fut a tort**; jamais je n'ai vu d'année plus
abondante en fruits de toute espece. les blés neanmoins furent chers, le froment
valu depuis un ecu jusqu'a quatre livres*** mesure de St calais pesant trente six livres.
on cueille du vin en assé bonne quentité et qualité; il valu en blanc du chateau du
loir et aux environs depuis quarante cinq livres jusqu'a vingt ecus***. le chanvre depuis
quatre livres jusqu'a sept livres le poids pesant treize livres. le bestial etoit d'un
prix exorbitant, aussi les biens fonds deviennet toujours plus chers.
(...)
La suite concerne la vie politique et religieuse.

NDLR

* Le nombre des victimes est aujourd'hui estimé par les historiens entre 30 et 50 000.

** Le curé et ses ouailles sont hélas un peu trop optimistes : ce nuage de poussières va modifier le climat de l'Europe durant plusieurs années créant ainsi de nombreuses catastrophes (froid intense, fortes sécheresses suivies de violentes inondations) et une terrible disette qui fut une des causes de la Révolution Française.

*** L'écu vallait 3 livres.

—   —  —

Saint-Jean-des-Échelles

BMS
1783 - 1792
1MI 875 R2

vues 8 et 9 / 95

1783

éruption volcanique

 

(info https://www.perche-gouet.ne, merci à Christiane B.)

La recolte dans cette année mil sept cent quatre vingt trois
fut inferieure de quelque chose à la precedente, tant en gros
grains qu'en menus, mais la qualité fut infiniment superieure
, le prix du froment au mois de decembre etoit depuis quatre
livres j'usqu'à quatre livres cinq, la moutarde trois livres cinq, l'orge
depuis cinquante sols j'usqu'a trois livres, l'avoine depuis
trente six j'usqu'à quarante sols -
Les vins se vendoient depuis quarante huit j'usqu'a cinquante
cinq à troo, depuis trentre j'usqu'a quarante à villiers, et depuis
quarante j'usqu'a cinquante a beaugency, la vendange ayant
eté faitte bien mure et des le mois d'octobre, on espere que le
vin sera de bonne qualité, pour la quantité cette année ne
fut qu'annee commune.
   Pendent une bonne partie de l'été depuis le
[...]
Le temps fut chargé depuis le matin j'usqu'au soir
d'epais brouillards, au travers dequels le soleil à peine
pouvait il percer, et soit le soir soit le matin on
fixoit sa lumiere sans en etre eblouis.

Cette meme annee, les gazettes et journaux annoncerent
de frequents tremblements de terre soit au midy soit au
couchant ; quelques provinces meridionalles de la France
comme le quercy, le dauphiné, l'auvergne soufrirent / s'aperçurent / de
ses tremblements, et essuyerent de domages de
debordement des eaus qui y furent considerables.
    mais ce fut l'itallie surtout qui fut le theatre tragique
de ses tremblements, presque la Calabre entiere, et plusieurs
endroits de la Sicille furent engloutie ou submergees
et on comptoit plus de cent mille personnes qui y avoient
peri, pour surcroit de malheur succederent à ce terrible
fleau des maladies epidemiques occasionnées par la stagnation
des eaux qui avoient rempli les abymes que le tremblement
avoit ouvert, et une grande partie qu'avoit epargné le 1er fleau
fut la victime du 2d.

(...)

—   —  —

Vouvray-sur-Huisne

BMS
1700 - 1793
1MI 1119 R1

vue 471 / 574

1783

éruption volcanique

froid

du 17/01/1784
au 11/02/1784

neige

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...) il y a eu
pendant le mois de juin et de juillet et pour ainsi dire
tout l'été des brouillards extraordinaires que quelques
uns ont regardé comme suite des boulversements
de la Calabre et de la Sicile* ces brouillards ont été
secs. A peine laissoient ils appercevoir le soleil

à midi et encore sans rayons et aussi facile a
envisager que la lune. Cependant l'été a toujours ete
très chaud Les biens de la terre ont été dune bonne
qualité et en abondance et il n'y a eu que très peu
de maladies. L'hyver a commencé avec le mois de Decembre
je veux dire le froid et la neige qui est tombée avec
abondance le vingt huit decembre l'a rendu très
rigoureux pendant quatre à cinq jours, jusques là qu'on a
dit on trouvé des hommes morts de froid, à quelques lieües
d'ici. Le dix sept janvier mil sept cent quatre vingt
quatre la neige est encore tombée avec abondance
et depuis à plusieurs reprises et enfin jusqu'à aujourd'hui
onze fevrier elle n'a pas cessé de couvrir la terre
et en quelques endroits à une hauteur considerable
et la couvre encore.

* Voir notes ci-dessus.    NDLR

—   —  —

Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vues 218
à 220 / 472
folios 19 à 21

1784

neige

sécheresse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)

Remarques

1ere ["première", en marge]
Cette année a été remarquable par
les neiges. elles ont tombé à diferenres
reprises en quantité prodigieuses, et
ont duré plus de deux mois. le jour
ou elles tomberent avec plus d'abondance
il fit un grand vent, ce qui les
amoncela en diferents endroits et

sous diferentes formes jusqu'à dix et
quinze pieds de hauteur.* ce qui pendant
longtemps rendit les chemins impraticables
percequ'elles ne fondirent qu'insensiblement
pendant tout ce temps persone ne pouvoit
vaquer ni à ses affaires, ni à son travail
Ce qui occasionna une grande misère. au
Mans les pauvres, y compris la plupart
des artisans, s'attroupoient et alloient
par les maisons metre le monde à
contribution. on craignit les suites de
ces attroupements. les Mrs Curés avec
les Maires de ville firent des questes,
qui furent très abondantes. on dressa
un mémoire du nombre des necessiteux
de châque paroisse, et on leur partagea
chez eux les secours proportionnés à
leur nombre et à leur besoin.
A paris le bois y étoit si rare et
Si cher, parceque la Seine etoit gelée,

que chacun n'avoit que la
quantité de bois qui luy etoit determinée
par la police. il y eut revolte du
peuple. l'on fut obligé de redoubler
la garde etc.
dans nos campagnes châqu'un se
prêta au soulagement des miserables
soit pour le bois soit pour le pain.
Les curés voisins des landes de Rochard**
vouteré se firent avec des gens
charitables percer au travers des
neiges pour tirer des malheureux
qui étoient engloutis sous leurs
loges et qui auroient peri sans
un prompt secours.
à la fonte de ces neiges, on ne
souroit croire les ravages et les
pertes qui s'ensuivirent : ponts
enlevés, villages entrainés, gens
bestiaux noyés & pendant plus
d'un mois les journaux ne contenoient
que catastrophes les plus affligeantes.

2de ["seconde", en marge]
La sécheresse de cette année a été inouie : elle
a été si continuelle, que l'on n'a pû faire ni
orge, ni chanvre. Ceux qui ont voulû forcer
nature, et risquer leur semence, ont perdu,
presque tous, leur travail et leur grain
on a fait, tout l'été, prieres, pélerinages,
pour avoir de la pluye : tout cela inutilement
la providence paroissant oublier les hommes,
s'est fait conoitre d'une maniere qui tient
du Myracle : en ce que malgré que tout
parût mourant et brûlé, cependant sans
pluye ni rosée, tout est venû à maturité
et en suffisante quantité, à l'orge et le
chanvre près.
Ce qu'il y a de singulier c'est que pendant
cette prodigieuse sécheresse qui a duré, on
peut dire toute l'année, les puits, fontaines
et rivières n'ont pas sensiblement
diminué. Ce qu'on attribue aux neiges,
qui, aiant pénétré de longue main la
terre, ont fourni de l'eau

NDLR

* Sous l'ancien régime le pied (dit "de roi") mesure environ 32,5 cm ce qui donne ici des congères d'une hauteur de trois à cinq mètres !

** "Voutré" est situé à 20 km au nord nord-ouest de "Brûlon". "La lande", entre Brûlon et Voutré est une zone plane au nord du relief de "La Grande Charnie" qui culmine à 286 m. Il y coule de "Ruisseau de la Lande" et plusieurs lieux-dits contiennent le vocable "Lande" dans le secteur.

—   —  —

Évaillé

BMS
1768 - 1792
1 MI 1065 R2

vues 172
et 173 / 283

1784

neige

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

cette année est remarquable par les neiges qui tomberent le mois de
janvier dans une si grande quentité et a tant de fois, qu'elles qu'en
bien des androits elles avoient plus de huit pieds de hauteur
dans les pays plats, elles avoient communement depuis deux jusqu'à
quatre pieds de hauteur, cette variation venoit de ce que les vents impetueux
les amonceloient; beaucoup de personnes / y / perirent ; toute espece de
voitures furent arretées; elles durerent environ huit semaines; les
oiseaux de toute espece perirent; surtout les perdris; il n'en resta
que dix en cette paroisse. (...)

La partie intermédiaire concernant les attaques du loup n'a pas été transcrite. NDLR

(...)
les neiges qui avoient tombés pendant trois mois avoient tellement brulés la
terre / et / les ensemencés qu'on ne cueilli que peu de blé, et encore
moins de menus*, peu de foin et de fourrages de toutes especes.
aussi le froment valu constamment depuis trois livres jusqu'a quatre livres
les autres grains à proportion.
(...)

NDLR

La suite traite des prix des diverses denrées.

* Il s'agit de ce qu"on appelait à cette époque les "menus grains", c'est à dire les céréales (ou assimilées) autres que le blé ou le froment (blé noir, orge, avoine etc.) et qui ont une moindre valeur marchande.

—   —  —

Vouvray-sur-Huisne

BMS
1700 - 1793
1MI 1119 R1

vue 477 / 574

1784

neige et froid

chaleur

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...) Cette année il est tombé une
grande quantité de neiges. elles ont vommencé le dix
sept janvier, et tombant ensuite à plusieurs reprises elles ont
sans interruption couvert la terre jusqu'au vingt deux
février qu'elles ont commencé à se fondre. il y a eu pendant
ce temps générallement deux pieds de terre neiges sur la surface
de la terre et en certains endroits comme chemins creux et à
l'appui des fossés et des hayes jusques à quatre et cinq pieds

et au delà. Le froid a été très piquant durant cet
intervalle, et a continué jusques vers la fin d'Avril
Une chaleur excessive a commencé avec le mois de Mai et
fini avec lui et a repris vers la fin d Aoust et continué tout
le mois de Septembre. Le neuf du mois de Decembre les
neiges sont tombées ont couvert la terre et se sont fondües le
trente decembre Le froid a été piquant quelques jours avant
et quelques jours après Noël. il est tombé peu d'eau et il n'y [a]
presque pas eu d'orages pendant le courant de l'année il y
a eu aussi très peu de maladies au moins dans les environs

(...)

—   —  —

Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vue 244 / 472
folios 21 verso et 22

1785

sécheresse

 

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)

Remarques

1ere ["première", en marge]
Cette année a été beaucoup plus sèche
encore que la précédente. presque tous les puits ont
tari. le pauvre laboureur étoit obligé de mener
ses bestiaux jusqu'a demi lieue et même une lieue
pour les abbreuver quand ils étoient de retour
ils avoient aussi grand soif qu'en partant, soit
à cause de la chaleur, soit à cause de la poucière
ce qui a occasionné une mortalité sur les
bestiaux qui ont été abbreuvé de cette façon, au
point qu'en plusieurs endroits  sur la fin de
l'année, les trois quarts ont péri : à l'ouvertre
de leurs corps, on a trouvé leurs intestins comme
enduits de boue et pourris cette secheresse
dont on n'a point d'exemple, a tellement brulé
et desseiche l'herbe, qu'il ny a presque point
eu de foin. à Brullon généralement parlant
on a encore eu a peu près le quart des autres
années; mais ailleurs on a été bien plus mal
traitté : tel qui avoit vingt ou trente
charetées de foin étoit communément reduit
à deux ou trois. icy on l'a vendu jusqu'à
deux cent dix livres la charrettée tout
lété tout le monde du matin au soir étoit
occupé a chercher lierre, guy et à la fin

à depouiller les arbres de leurs feuilles pour
faire languir leurs bestiaux. Cependant plusieurs
ont peri de faim. aussi châqu'un s'est empressé de
vuider ses étables au plus vil prix, et on n'a presque
point nourri de vaux : ce qui rendra les bestiaux très
cher l'an prochain. quant aux chevaux ou on les
donnoit, ou on les abandonnoit dans les landes. il
en a péri plus de la moitié. presque la moitié de
l'été on a fait procession, bénédiction du St Sacrement
et prières publiques pour avoir de la pluye, à la
fin on a tout remis à la providence. on ne faisoit plus
que gemir. La recolte, longtemps desesperée, a cependant
comme miraculeusement, été moins mauvaise qu'on ne
pensoit : en les terrains bas et mouillés on a bien
cueilli; mais dans les sabloneux et élevés souvent
qu'on n'avoit pas sa semence Surtout point
d'orge, ni pois, ni chanvre. les Carabins* dans
le bas maine etoient de toutte beauté. sans quoy
il y auroit eu famine.

(...)

* Le "carabin" est un des très nombreux noms du "sarrasin" ou "blé noir",  "renouée sarrasin", "blé de barbarie", "bucail" ou "froment noir". Ce n'est pas une céréale (graminée) mais une plante du genre Fagopyrum de la famille des Polygonacées. NDLR

—   —  —

Évaillé

BMS
1768 - 1792
1 MI 1065 R2

vues 186
et 187 / 283

1785

froid

sécheresse

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

cette année est remarquable a bien des égards, nous avons eu les neiges pendant plus
de sept mois, les gelées ou froid ont duré jusqu'a la fin d'avril. la fonte des neiges
n'a été suivie d'aucunne pluie, au contraire, la secheresse a eté si grande et longue
et le froid sans gelée si violent que les herbes n'ont pas pu pousser dans

les prés ou prairies, de sorte que personne ni meme les histoires ne font mention d'un[e]
telle disette de fourage, le foin a eté vendu en quelque endroit jusqu'a un[ze]?
ecus la chartée de deux cent milliers pesant. aussi les vaches, moutons et beufs gr[as]
nont point eu de prix a poissy et si la hollande n'en eut pas fourni, on [ne]
peut dire jusqu'a quel prix, les beufs gras auroient eté portés.
il a eté de blé de bonne qualité, generalement le noir les avoit gaté, il na e[té]
ni orge ni avoine. point de chanvre aussi vaut-il jusqu'a dix livres le poids.
il a eté plus que vinée en litre tant en vin balnc qu'en rouge, mais il na pas [eté de]
qualité et vaut depuis 20 lt jusqu'a 30 lt le poincon* sur les cotes du loir.
les laines valent depuis vingt huit jusqu'a trente deux sols. le beure a cause de l[a]
rareté des fourages a toujours valu depuis quinze jusqu'a dix hit sols.

* Le "poinçon" était un baril qui servait d'ancienne mesure pour les liquides. Variable suivant les lieux et les époques, il contenait par exemple à Beaune au XVIIIe siècle 168 pintes de Beaune soit 257,06 Litres. NDLR

—   —  —

La Guierche

BMS
1760 - 1792 1MI 1259 R2

vue 300 / 389

1785

sécheresse

(info http://geneactinsolites.free.fr, relevé Geneadom)

Observation

Depuis [en marge] Le huit fevrier 1785 jusqu'au douze novembre de la même
année la secheresse a été si grande dans cette paroisse et
dans tout le pais voisin que la terre n'a produit que très peu
d'aliments pour les hommes et les animaux.
La récolte de bled a été très ordinaire, mais celle d'orge
a manqué totallement, de maniere que le froment valloit
quatre livres le boisseau mesure du mans pesant trente livres
et l'orge cinquante cinq sols même mesure.
Le chanvre qui est abondant dans cette paroisse, resource très
grande pour les laboureurs et les pauvres a manqué
totallement; ce qui a causé un très grand domage aux
habitants, et une très grande misere parmi les indigents.
Les aliments pour les animaux a été d'un prix excessif
de sorte que la ch qu'une voiture de paille pesant quinze
cent valloit soixante livres, et encore on pouvoirt a epine
en trouver.
une voiture de foin pesant deux mille valloit deux cent
livres. la chaleur continuelle avoit devasté tellement les
Campagnes qu'on ne ceuillit aucuns fruits, et que la terre
ne produit aucunnes herbes pour la nourriture des animaux
de maniere que le beure valloit vingt Sols la livre. une
grande partie des bestiaux perit ce qui occasionna la ruine
d'une infinité de colons, de sorte qu'on n'avoit point vû depuis
très longtemps un aussi grand nombre de malheureux.
Cependant on a eu dans les pais vignobles une grande abondance
de vin d'une qualité ordinaire et d'un prix mediocre
Tout ce que dessus je certifie pour l'avoir vu

Cailleteau
Curé De la Guierche

—   —  —

Saint-Jean-des-Échelles

BMS
1783 - 1792
1MI 875 R2

vues 28 et 29 / 95

folio 10

1785

sécheresse

 

 

 

 

 

(relevé Geneadom)

quantité [en marge]

La recolte de lannee presente 1785
fut passable pour le nombre des douzaine,
par journal, et chaque douzaine vendoit
communement deux boisseaus ; tant le froment
que le seigle et le meteil

qualité [en marge]

Les froments de cette année furent
universellement foudrez, dans quelque peis
on les disoit foudrez* au quart, au 5ieme, et 6ieme
dans cette paroisse, il y avoit au plus un dixieme

prix [en marge]

le prix etoit p[ou]r le froment depuis cent sols
j'usqu'a cent cinq et dix sols
le meteil et seigle etoit vendu depuis 4 lt 10 jusqu'
a cent sols** et la mouture depuis 4 lt j'usqu'a 4 lt 5 S

? [en marge]

L'année fut si fertille en orge qu'on ne peut
guerre la comparer aux autres années que p[ou]r le quart
et cela universellement ce qui s'attirbue aux
a la g[ran]de secheresse du printemps et de l'eté
L'orge valloit communement j'usqu'a 4 lt et 4 lt 5 S
et l'avoine trois livres

Cette grande secheresse prejudiciable tant aux
gros grains qu'au menus, fut si funeste aux foins
qu'on n'en recolta pas le quart des annees communes
le prix etoit depuis cents livres j'usqu'a cent vingt
dans ces cantons, et alla j'usqu'a deux cent livres
aux environs du mans. les nuittées des chevaux
etoint payee dans les auberges depuis trois livres
dix sols j'usqu'a 4 lt
les vignes cette année furent des plus abondantes
l'ors des vendanges les tonneaus valloint j'usqu'a
huit et dix livres, et dans plusieurs vignobles
on emplissoit un poinçon p[ou]r un vuide qu'on donnoit
en echange.
le prix des vins de troo étoit de 24 jusqu'a 26
mais d'une mediocre qualité
celuy des vins de chateau du loir de trente livres
et un peu meilleur que celuy de troo
les rouges de beau jency se vendoint depuis 25 j'usqu'a 30 lt
et aussi d'une mediocre qualite
ceux de villers valoint depuis 18 j'usqu'a 20 lt

NDLR

* Se dit d'une céréale aux tiges cassées et renversée par le vent et la pluie en plusieurs couches qui se recouvrent les unes les autres en sens différents. Le grain peut alors manquer de maturité voire germer au sol avant la moisson. Synonyme de "blé versé".

** 100 sols font 5 livres tournois car 1 lt = 20 S

—   —  —

Vouvray-sur-Huisne

BMS
1700 - 1793
1MI 1119 R1

vue 487 / 574

1785

douceur

froid

sécheresse

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...) Le mois de janvier a été doux. Les mois de février
et de Mars ont été très froids. Le printemps et l'Eté ont
éte d'une sécheresse extraordinaire, et presque toute l'année.
il y a eu grande disette de fourages, grande abondance
de vins, assez de froment et de seigle, peu de menus
grains et de fruits. Le froid n'a commencé qu'à Noël et
d'une maniere très piquante. (...)

—   —  —

Vouvray-sur-Huisne

BMS
1700 - 1793
1MI 1119 R1

vue 494 / 574

1786

douceur

froid

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...) Le mois de janvier a été doux, les mois de
Mars et de février très froids. La livre de foin pendant ces mois
aussi chère que la livre de pain, L'été beau, L'année abondante,
grand nombre de sauterelles dans les prés, le froid piquant au
commencement de Novembre, très piquant aux fêtes de Noël

—   —  —

Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vue 293 / 472
folio 21

1787

pluie

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)

Remarques

[en marge]
Cette année est remarquable par
les pluyes qui ont commencé à
l'automne, et qui ont continué
habituellement. de sorte que les
chanvres qui étoinet en abondance
ont été à plus de moitié gâtés:
Les Carabins dans le bas Maine
aussi très abondants ont été presque
tous dans les champs jusqu'après
la toussaint les uns sciés, les autres
encore en terre et tous si gâtés
qu'ils ont été comme de nulle valeur,
pas même bons pour les bestiaux;
enfin la vandange a pourri
sans mûrir et a été détestable.
Le vin de l'année précédente qui
se vendoit le long de l'été, pour
douze ou quinze francs la buce*
monta à la toussaint jusqu'à

deux et trois louis. ajoutez à cela qu'il
n'y a point eu de pomme. en recompense
le blé aïant été en abondance, et restant
encore beaucoup de vieux, dont on n'a pû
se procurer l'exportation quoyqu'autorisée
par le roy, le peuple a vêcu à peu
de frais : le pain de métail** ne
coûte pas un soû la livre.

(...)

NDLR

* Mis pour une "busse" qui est un des neuf tonneaux à vin dont on se servait en Anjou et Poitou. Dans la région de Mayenne il contenait généralement entre 230 à 240 litres, soit à peu près la même valeur que le "poinçon" utilisé dans d'autres régions.

** Mis pour le "méteil" qui est un mélange de plusieurs céréales (froment + seigle) semées et récoltées ensemble.

—   —  —

Vouvray-sur-Huisne

BMS
1700 - 1793
1MI 1119 R1

vue 502 / 574

1787

chaleur

inondations

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

(...) Année abondante en tout exceptez en
vins et en fruits. Chaleur excessive au commencement d'Aoust
crüe d'eau considérable au commencement de Décembre

—   —  —

Aillères Beauvoir
Aillères

BMS
1700 - 1792 collection communale
1 MI 1247 R1

vue 359 / 382
folio 45

1788

froid

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à René A.)

Les grandes gelées ont commencé à la fin
de Novembre, et ont duré jusqu’après les Rois
en suivant
Le termometre a descendu une ligne moins qu’en
1776 ou il descendit jusqu’en la bouteille
La plûpart des cidres ont été faits après les Rois,
de pommes presque toutes gelées et pourries, et
communement le cidre a été bon

—   —  —

Saint-Mars-de-Cré

BMS
1740 - 1792
1MI 958 R1

vues 202 et 203 / 226

1788

grêle

froid

 

(relevé Geneadom)

cette année sera memorable 1° par un gresle dont plusieurs
grains en forme de carreaux de glace pesoient jusqua 9 livre
et / ont / ravagé 22 paroisse aux environs de paris dans le mois
de juillet . plusieurs personnes ont été tuées sur toutes

le roy louis 16 étoit à la promenade, son coché fut tué . Les
/ chevaux / blessés, les portieres du carosse brizées sa majesté eut beaucoup
de peinne a se sauver. plusieurs bestiaux furent écrasés
par la foudre, la moisson fust brisée, la cour a pourvu
aux besoins urgents des malheureux de toutes les paroisses.
2° par l'arivée des princes indiens venus en embassades
à versailles, on leur a fait tous les honeurs possibles ; sur
le recit qu'on leur fit des desastres causés par la gresle, touchés
de compassion, ils firent d'abondantes aumonsnes Mr de Suffrin.
arivé a toulon avec eux fut leur introducteur et leur interprette
3° cette / annee et 12 jours de celle de 1789 /
y sera encorre remarquable par un froit excessif de plus de
2 mois et demi, il a surpassé celui de 1789. suivant les memoires
de l'académie il y avoit 130 ans que le froit fust aussi terrible
la glace avoit 2 pieds depaisseur dans notre rivierre. Le
thermometre monta a certains jours jusqu'au 16 et 17 degre
les neiges sans estre extraordinaires furent plus de 6 semaines sur
la terre. les oyes sauvages quittant leurs pays de glace vinrent
fondre dans nos climats a milliers et firent grand tort
à nos bles. toutes les provisions restées dans les jardins furent
gelées. Les fruits dans les maisons tout glacés pain vin &c
tout fut exposé a / la / gelée.. / et endomagé /.les maladies de fluxions de poitrine
de gros rhusme enleverent nombre de personnes. à mansigné
plus de 36, au chateau du loir plus de 70, &c, a paris, angers
digitus dei hic est     cuncta  providentia gubernal*
Le pain fut vendu 6 s la livre** à paris, on ne pouvoit faire de
farine. Le bois étoit bien cher, les seigneurs du lude , Md
la marquise de la vieuville*** dona 50 chartées de bois et 5000
livre de pain aux pauvres du lude.

NDLR

* Cette ligne est en latin : "Ceci est le doigt de Dieu       chaque chose est dirigée par la providence"

** Le prix moyen du pain à l'époque tournait autour de 2 sous la livre. C'est donc trois fois plus cher !

**** Françoise Joséphine BUTLER, Dame du Lude, Marquise de la Vieuville (1741-1798), épouse de Etienne BAUDE de la Vieuville (1713-1794) était l'héritière du Château du Lude. Elle fut dépossédée de ses bien au cours de la Révolution Française suite à l'émigration en 1790 de son fils Henry BAUDE de la Vieuville qui fut tué en 1796 au cours des guerres de Vendée.

—   —  —

Vouvray-sur-Huisne

BMS
1700 - 1793
1MI 1119 R1

vue 511 / 574

folio 7

1788

orage

grêle

crue

1789

froid

(info http://www.yvongenealogie.fr, relevé Geneadom)

Année mil sept cent quatre vingt huit abondante en fruits et
en foins. recoltes précoces assez abondantes pour les menus grains
et mediocres pour les gros grains, petite vinée, orages et gresles en
differents endroits et considérables. Crües d'eau presqu'en tous les mois
exceptes les mois d'octobre Novembre et Decembre qui ont été
secs et très froids le froid depuis la moitié de Novembre a continué
jusqu'au douze janvier mil sept cent quatre vingt neuf d'une maniere
très rigoureuse et s'est fait sentir plus durement qu'en mil sept cent neuf
et en soixante seize. Les Assemblées municipales mises en exercice

—   —  —

Brûlon

BMS
1760 - 1792
(suite)
1MI 1146 R4

vues 324
et 325 / 472
folios 22 et verso

1789

sécheresse

froid

(info https://www.histoire-genealogie.com, merci à Catherine)

Remarques

1° Cette année est remarquable 1° par la secheresse de
L'automne jusqu'après la mi janvier de l'année suivante
2° par le froid excessif qui commença le 22 novembre
et qui augmentant toujours, dura jusqu'au 14 Janvier
de l'année 1789. Seulement le jour de noël, S.Etienne et le
1er de l'an, un faux dégel : ce faux dégel nous donna un
verglas par une demi fonte des neiges, qui pendant plus de
12 jours incommoda extrêmement gens et bêtes. on n'entendoit
parler que de gens et bêtes extrainées, et mêmes tuées.

voicy un précis du journal de Bouillon "le 31 xbre à 7 [heures]
3/4 du matin (à paris) le Ciel clair, le vent E.S.E. le Baromethre
à 28 pouces 3 l[ignes] 1/2 les thermomètres marquoient 18 degrés
3/4 audessous de la glace. il n'y a pas d'exemple d'un aussi grand
froid à paris. en 1776 (dit toujours le journal) le plus
grand froid aux mêmes thermometres ne fut qu'à 16 degrés et 1/2
La gelée constante en 76 fut depuis le 9 7bre jusqu'au 2 fev[rier]
Le froid de 1740 ne fut que 10 degrés et 1/2 au dessous de la
glace. L hyver de 1709 qui fut Si désastreux, fut moins
long que celui-cy. le thermometre ne fut qu'à 15 degrés"
pour comble de malheur les moulins ne pouvoient marcher
le peu d'eau qui nous restoit de la secheresse, étant gelé. on dit qu'à
Torsé en charnie** et paroisses voisines on moudoit le blé avec
des moulins à tabac, qu'on le faisoit bouillir pour l'escraser
et en faire de la bouillie &. pendant tout ce temps les ouvriers
Journaliers ne pouvant rien faire, il falloit leur fournir
pain et bois. grace à Dieu ! les miens ont eu l'un et l'autre
beaucoup surtout en des villes sont morts de froid ou de
faim, malgré les charités que l'on redoubloit.

(...) La suite parle de la Révolution Française.

NDLR

*  L'imprimerie du "Journal encyclopédique" (1768 - 1798) a été fondée le 24 novembre 1768 par le français Pierre Rousseau (1716-1785), elle était établie à Bouillon avant de s'installer en 1790 à Mézières dans les Ardennes. Bouillon est une ville située dans le sud de la Belgique, près de la frontière française. C'est de celle-ci qu'est originaire le célèbre chevalier croisé Godefroid de Bouillon.

** "Torcé-Viviers-en-Charnie" est une commune située dans le département de la Mayenne à 15 km au nord de Brûlon.

—   —  —

Verneil-le-Chétif

BMS
1MI 1031 R3 Tables B 1600- An VI, M 1600-An IV, S 1640-An IV

vue 418 / 420

1789

froid

(info http://sarthegw.free.fr/, merci à V. D.)

Le froid extraordinaire qui s'est fait sentir d'une
maniere allarmante : il a commence le 24 9bre 1788
les neiges ont commencé le 5 xbre 1788 et le dégel
n'est venu que le 13 janvier 1789 le thermometre
a descendu jusqu'au 19eme degre au dessous
de zero ce qui ne s'est pas vu dans ce pays
depuis plus de 200 ans. le vin a gelé dans les busses*.

* Voir plus haut. NDLR

—   —  —

Le Mans

Journal d’un chanoine du Mans | Nepveu de La Manouillère

Texte intégral :
Sylvie Granger, Benoît Hubert et Martine Taroni (éd.)
PUR

1789 - 1799

intempéries

(info https://books.openedition.org)

Ci-dessus une illustration de l'arbre généalogique de l'auteur : René-Pierre Nepveu de La Manouillère.

Le dégel, après plus de deux mois de froid, a commencé le mardy 13 janvier ; la neige a été sur la terre depuis le 5 décembre 1788. Le froid a été on ne peut pas plus fort et il y a eu une grande misère ; mais les pauvres ont été bien soulagés par le bureau de charité. Malgré cela, les pauvres et les ouvriers pauvres ont été piller et rompre les bois des environs de la Ville, surtout les sapins.

Depuis le 18 janvier 1789, jusqu’au 30 suivant, le débordement de la Loire a fait des ravages incroyables, depuis Orléans jusqu’à Tours. Le beau pont de Tours est rompu ; il y a 5 arches qu’il faudra refaire et probablement tout le pont. On a été obligé de couper la levée dans plusieurs endroits ; il y a sept lieues de pays, et d’un excellent terrain qui sont perdu sans ressource. C’est une perte immense pour tout ce pays-là.

Le lundy, mardy et mercredy 9, 10 et 11 juillet 1792, il a tombé beaucoup d’eau, et cela partout, car les eaux sont devenues si grandes, qu’on ne les avoit jamais vu si hautes dans ce temps cy. Elles ont emporté le pont d’Ivré, qui étoit en bois, mais bien fort et bon. Le messager de la Ferté-Bernard, qui a voulu [passer] par-dessus, le vendredy 13, a été noyé, ainsi que deux personnes qui étoient dans sa charrette. Ce pont a manqué, parce que tout le foin qui étoit coupé et en veille, a été emporté par l’eau, et il y en avoit beaucoup ; tout celuy de la prée des planches a été emporté, et celuy d’Ivré et autres. Celuy qui n’est pas coupé ne vaudra rien ; il y a eu aussi beaucoup de perte sur les bleds et sur la chennevière. Les bleds sont couchés, le fardeau va les couvrir et ils ne pouront plus se relever. Mr de la Boussinière, Evesque Constitutionnel, a fait une procession générale où le clergé des quatre paroisses a assisté ; il n’y avoit pas beaucoup de monde.

Le 12 janvier 1793, Les eaux ont été aussi grandes qu’au mois de juillet dernier, mais elles n’ont point causé de perte comme dans ce temps là.

Depuis la Toussaint, jusqu’au 26 février suivant [1796 NDLR], il n’y avoit pas eu de froid, mais depuis le 26 et jours suivants, le vent a tourné au nord, et il a fait grand froid. Il a tombé de la neige le 1er mars, dans l’après diné, et le mercredy tout le jour, le vend a toujours resté au Nord jusqu’au 4 et 5 suivant. Le dégel est venu sans pluye.

Le grand froid a commencé la veille de Noël et il a tombé de la neige qui a resté sur la terre, jusqu’au 22 janvier 1799.

Dans la nuit du 24 au 25 janvier [1799 NDLR], à 4 heures du matin, il y a eu un tremblement de terre assés fort.

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