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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département de la Saône-et-Loire (71) / Bourgogne / Bourgogne-Franche-Comté

/ Bourbon-Lancy / Chagny / Chalmoux / Châteaurenaud / Colombier-en-Brionnais / Cortambert / Issy-l'Evêque / Jambles / LaivesLeynes / Saint-Usuge / Saizy / Tancon / Uxeau

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
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Transcription du document
Saint-Usuge

BMS
1592 - 1607
4 E 484/1

vue 39 / 65

octobre 1603

deux comètes

(info Geneawiki)

 

An la p(rése)nte année mille six cent & trois je
s'est veu deux comettes au ciel au moys precedant
L une en grande rougeur ayant apparence de lunes qui s'entrecontbattoyent
l'une et l'autre et dura environ trois heures avec grande
clarte L'aultre en apparence d'une grosse estoille en feu qui couroit
du coste du matin, de vent a vize et en sa course defantoit? plus(ieurs)
autres petits feux qui suyvoyent et estoyent apparentes lesdites
comettes en l'infime region du ciel environ les neufs a dix heures du soir
nous avons beny se temps aussy propice po(ur) lavenir [...] [...] que lon?
le pouvoit souhaitter, en signe dequoy je me suis soub(signé)

     
Châteaurenaud

BMS
1581 - 1613
Collection communale

vue 84 / 102

1611

tremblement de terre

 

 

 

 

 

 

 

 

(info Geneawiki)

L'an 1611

[acte de baptême de Claudine Colin non transcrit]

Lan mille six cents et unse le second
jour de janvier jour de dimanche
environ les cinq heures du matin il
se leva un tres grand vent avec un
tonnerre non trop impetueux et croy
parfaitement en la mesme heure que
la terre trembla ainsy quil me semble
pour estre resveille en disant mes heures
aud(it) temps ces vent impétueux de

tonnerre furent ensuyvis d'une pluye
tres grande qui dura environ une heure
puis appres elle cessa et le temps se
monstra assez beau jusques sur le midy
et la pluye recommenca et dura jusques
a la nuict Appres lesd(ites) pluyes cesse
Il y avoit tres grande quantite de nuees
en tas les unes noires et daultres
Rousses de blanches qui rendoyent le
siel effroyable. Mais encores plus dautant
qu'elles esftoyent poussées de grands vents
qui les faisoyent entrechoquer en telle
sorte que les esclats se suyvoyent l'un
l'aultre si bien que lon heust peu chemin(er)
a la clarte diceux Ce train dura jusques
environ deux heures en nuict auquel
temps il tomba une kuree? fort grosse
de gresle entremeslee de pluye fondue
laquelle dura environ demi heure
mais tout ce que dessus ne fust rien

en comparaison de qui advint puis
appres Cest environ demi heure avant
la minuit que tout le monde estoit
en repos il sesleva un tonnerre si
impetueux et effroyable; quil ny eust
celluy tant fustil dur a la devotion
qui ne commencat a prier Dieu, Ce tonnerre
dura jusquea demi heure appres la
minuit acompagné de tres grands esclats
gresles et pluye en telle sorte quil
pourroit arriver en tres grandes chaleurs
comme quil ne se treuve homme vivant
qui aye jamais veu un tel tonnerre
en mesme temps, et a rendu les
humains tellement espouvantes que
l'on ne scavoit qu'en dire Saufs que
le fon(dement) demeure a la sage providence
et disposit(ion) de ce bon Dieu Lequel je
prie vouloir avoir misericorde de nous
et divertir son ire de dessus ses pauvres
creatures Racheptees au prix de son sang precieux
amen

     

Issy-l'Evêque

BMS
1657 - 1670
E dépôt 1271

vue 89 / 172

13/09/1657

inondation

(merci à Colette B.)

Anno 1657 die septembris 13a a horâ matutinâ
Octaviâ usque ad mediam noctem sequentem
hac in regione ita pluvia inundarum faciem
terra per id tempus totum, nullâ intermissioné
factâ, ut suâ vi stagnorum quatuor haece
in patria aggeres funditas everterent
cum ingenti piscium dissipatione, nimirun
Bauzot, Bruailles, et 2 a Champcery

Le 13e septembre de l'an 1657 à huit heures
du matin et jusqu'au milieu de la nuit suivante
dans notre région de fortes pluies inondèrent la surface de la terre
pendant tout ce temps sans interruption
de sorte que dans notre pays, quatre digues d'accès
à des retenues d'eau
furent complètement détruites
dispersant beaucoup de poissons, à savoir
à Bauzot, Bruailles, et deux à Champcery.

Alors que les actes sont en français, certaines notes particulières sont rédigées en latin. N'étant pas un latiniste émérite, cette traduction est approximative. NDLR

      

Leynes

BMS
1674 -1713 collection communale

vue 77 / 197

1694

froid

(info Geneawiki)

Nota
Il est surprenan que Mr Bazeaux curé de Leyne n’ait pas instrui
ses successeurs des tristes évenements de l’année 1694. puisque les vielards
de cette année 1763 nous rappellent encore en soupirant l’année 1694 comme
plus mauvaise que l’année 1709. et c’est pour la distinguer de cette dernière
qu’ils appellent la 1ere La grande chiennasse? curieux de tout ce qui
annonce la véritable antiquité j’ay cherché attentivement quelque titre
sincère de cette année 1694 qu’on m’a dépeint si affreuse, et j’ay trouvé
dans les Registres de St jean la bussiere en beaujolais a ½ lieüe de thisy et
a 10 lieuës de Leyne, que la guerre la peste et la famine firent éprouver
tout ce qu’elles ont de plus cruel. l’hyver fut si vigoureux et les naiges si abondantes
que les bleds gelerent tous, et le seigle valut 14 lt la bichée pesant 66 livres,
le froment 15 lt 10 S(ols) la bichée, le pain blanc 6 S(ols) la livre, le pain bis 5 S, le pain
de fougeres 1 S 6 d(eniers).les pauvres vecûrent d’herbes. le crin valut 80 lt la botte, l’huile
30 S le pot & la maladie occasionée par une si mauvaise nouriture fut violente .
de 23 personnes d’un hameau, il n’en Resta que 5. la paroisse en 1693. avait 760.
comuniants, et fut reduite a 445.. je ne peux mieux detailler faute de papier.

      

Bourbon-Lancy

paroisse St Nazaire

BMS
1621-1757

vue 40 / 198

23/07/1695

grêle

(info Geneawiki)

NOTA

Le jour de St appollinaire presche et martin 23 juillet 1695
Il fit une gresle si grosse et prodigieuse qu'il y en avoit de la grosseur
des oeufs doyes et mesme on en a veu de la pesanteur de 5 livres elle
decouvrit les maisons en fraquassant les thuilles. mais le plus
fascheux comme on avoit pas encore achevé de moissonner a la campagne
elle en ravagea bien la moitié qui restoit sans parler du froment
principalement dans les paroisses de garnat*, Lesme, maltat
St martin de bourbon* en partie avec le Bourg et St Loge.

* "Garnat-sur-Engièvre" et "Saint-Martin-des-Lais" situés sur l'autre rive de la Loire sont maintenant dans le département de l'Allier. NDLR

      

haut de page
Chalmoux

BMS
1700 - 1736
4 E 75/1-2

vue 71 / 200

1709

froid

(merci à Jacques M.)

Le nombre des morts depuis le mois d'apvril
jusqu'a present, tant grand que petit, pauvre que
Riche, Etrangers, que ceux du lieu et dont on ne scais
pas les noms de la plus pars est de cents cinquante un
presque tous morts de famine; le blé estant d'un
prix excessif a cause de la rareté de largent, et
estant vandu trois livres dix sols la couppe
qui ne pese que 17 livres + en graïn [en marge]. Le suiet* de cette grande
famine ne venant que de l'hyvers qui fut si fort et
si vigoureux qu'il gela les blés les vignes et les
presque tous les arbres fruitiers surtout les noyers
pruniers, et chatannier; de sorte que on n'a jamais
veu ny leu dans aucun auteurs un semblable hyvers

Michon, curé
de chahomoux

Sit nomen domini benedictum **

NDLR

* Mis pour "le sujet de" avec le sens de "le motif de ", "la cause de".

** (lat.) "Béni soit le nom de Dieu".

      

Colombier-en-Brionnais

BMS
1703 - 1743
E Dépôt 109

vues 13
et 15 / 112

1709

froid

vue 13

(merci à Colette B.)

 

 

 

vue 15

(relevé Geneadom)

[en marge]

Dans l'année 1709. Le fort de l'hyvert se prit La veille des roys par une
vigoureuse bize et par une forte gelée qui dura le reste du mois et davantage.
Le froid fut si terrible et si cruel, que les noyers, les chataigners, les
cerisiers, et quantité d'autres arbres moururent; Mais le plus grand mal,
fut que les froments et les seigles gelerent en terre et se perdirent
entierem[ent]. Ce qui causa une chere année qui na guere euë de semblable
car la famine fut Sj grande que lon fut contraint de manger pendant
long temps du pain de fougere et de gland, et que la cinquieme partie du
peuple mourut de faim, surtout les petits enfants.
Enfin l'on ne peut se ressouvenir d'un si triste temps que les cheveux
n'en herissent, sur tout quand l'on se remet devant les yeux, comme
la faim avoit defiguré le visage des pauvres quj etoient hideux et
epouvantables a voir, quj Jettoaient sans cesse des cris dignes de compassion, et quy
tomboient souvent mort par les chemins.
Dans la parr[oiss]e de collombier qui est de 200. communiants tout au plus, on y fit
depuis paques Jusqu'a la St. martin 72. enterrements, Les deux tiers de petits
enfans.

 

Observation

Dans l'année 1709.
Le fort de l'hyvert se prit la veille des Roys 5. janvier par une vigoureuse et epouvantable bize et par une cruelle
gelée qui dura le reste du mois : le froid fut si rude et si terrible que les noyers, les chataigners, les cerisiers, et quantité
d'autres arbres moururent, mais le plus grand mal fut que les froments et les seigles gelerent en terre et se perdirent entierem[ent]
ce qui causa cette chere année, et cette chereté de grains quj n'a guere euë de semblables, car la famine fut sj grande que l'on fut
contraint de manger pendant long temps du pain de fougere et de gland, et que la cinquieme partie du peuple (et même davantage)
mourut de faim, surtout les petits enfants.
Enfin l'on ne peut se ressouvenir d'un sj triste temps que lon ne tremble, et que
cheveux n'en herissent, sur tout quand l'on se remet devant les yeux, comme la faim avoit defiguré le visage des pauvres
et meme de quantite de personnes commodes et aisées qui par malheur de se trouverent point de grain : ceux quj souffroient
faim etoient noirs, hideux et epouvantables et jettoaient des cris quj faisoient compassion, meme souvent ils tomboient morts
marchants par les chemins : le froment vallu jusqu'a 10. lt le boisseau, le seigle 7. lt 10 S et le vin se trouva encore sj [rare]?
que le meilleur marché etoit 100 lt la botte; les meilleures maisons n'avoient que du cidre p[our] leur boisson, et il y eut des
prestres qui furent contraints de s'abstenir de dire la messe faute de vin.
Dans la parr[oiss]e de collombier qui est de 200. communiants ou environ, on y fit depuis paques Jusqu'a la
St. martin soixante et douze enterrements les deux tiers d'enfants.

      

Mont-lès-Seurre

BMS
1663 - 1726 collection communale

vue 58 / 109

1709

froid

(info http://www.genealogies-bossu-bourgogne.fr)

Cest cette année que lon peut appeller avec Droit une année
de malediction Jamais le doigt de dieu n'avoit mieu paru
pour nous donner quelques trais de ses vengences car elle a
eclatee non seulement sur les hommes par le grand nombre
qui sont morts communements en touts lieux par les
maladies populaires, mais meme elle s'est fait resentir
jusque sur les fruicts de la terre par qui furent touts
perdus dans ces contrées par une grande gelée qui
commença le 6e janvier de lan 1709 et qui dura près
de trois mois et qui endommageat les vignes de telle sorte
quelles ne rapporterent presque rien et generallement fit
mourir touts les noyers et generallement toute sorte de bled
en telle sorte que la mesure a vallu jusqua dix livres le
turquet* 8 lt la mesure. lorge autant que le sarazin ou autrement
bled noir 10 lt la mesure. et a proportion des autres grains
jugés combien / par / cette stérilité de grain et de vingt le nombre
des morts a esté grand car lon a regardé cette année comme
une année de peste et de famine, ou la guerre estoit
plus enflammée que jamais dieu nous preserve dans
la suitte de tous ses fleaus.   Bonguelet curé de Mons

* Le "turquet" désigne en langage populaire le maïs. NDLR

      

Saizy

BMS
1673 - 1709
EDEP 6257-6258

vues 277
à 279 / 279

1709

froid

vue 277

Ad posteros*

Ceux qui liront les registres seront sans doutte surpris devoir
une si grande mortalité mais ils le seront encore d'avantage d'en apprendre
les funestes causes ; c'est ce qui m'a fait prendre la resolution den laisser
quelq[ue] chose a la postérité en achevant de remplir le cayer qui seroit
trop petit pour pouvoir conprendre labrege qu'on pourroit faire de tans de
malheurs dont nous avons ete les temoins, on ne peut penser a tant de maux
qu'avec une douleur extreme et le seul souvenir fait horreur on a raison
de dire que les siecles ont des fins et des commencements bien facheux ou
plutost disons que la divine bonté divine lassée des pechés des hommes a voulu
les punir en ces tems.

Il faudroit commencer par dire que Dieu sembloit vouloir avertir les
hommes, depuis plusieurs années, par une sterilité tres grande, les terres ne
produisans presque rien par des revolutions de saison extraordinaires, plus de huict
ans se sont passés sans hyver ou s'il faisoit a* c'estoit d'un mois d'avril et de may ;
on a veu les 29 et 30 may les bleds en fleur, tous perdus par une neige
qui causant le froid fit geler lesdis bleds de sorte qu'on recueilla pas les semences
en des endroits et en dautres rien du tout, on ne prenoit pas mesme la peine de
vouloir moisonner la paille qui resta et pourrit sur la terre; on a vue une autre année
des vens furieux seslevent et soufflent avec tant de vehemence qu'ils renversoient
beaucoup de maisons et dévasterent en cette seule paroisse plus de deux mille pieds
d'arbres, les pluyes ont estés si abondantes, les orages si effroyables qu'il sembloit
que dieu vouloit encore punir le monde par un second deluge. Les maisons
renversées, des villages entiers engloutis dans les eaux, des rivieres pré la Loire
prendre d'autres cours, une infinites de personnes noÿees, les prairies abymées et
couvertes de boüe et quantites d'autres effects funestes qu'il seroit trop long de
Rapporter ont etés les causes de tant de maux que nous n'avons ve[c]u quavec frayeur.
depuis 1692, les temps ont etes si dereglés qu'on auroit peine a remarquer les saisons,
il sembloit que lhyver etoit confondu dans l'esté, on resentoit des
froidures au milieu de l'esté et des chaleurs en hyver. de si grands deregle
mens dans les saisons causoient la sterilité a la terre et
des maladies dangereuses aux hommes, et ce qui est de surprenant cest qu'on
en à trouvé plusieurs qui par des chaleurs soudaines, et par de certains coup de

soleil trop violens, ont estés etoufés dans un instant La nature si derangée a produit chaque
année des maladies axtraordinaires, qui ont souvent estourdis les medecins des fievres pestilensielles
du flux de sang du pourpre, portes par un certain air infecté de villes en villes ont fait
des ravages terribles; on remarqua qu'a paris / en une année / estoit mort plus de cent mille personnes,
plus de trente deux mille a lyon, plus de quatre ou cinq mille a dijon, et autant par rapport
dans les autres villes; on osoit plus sonner les cloches pour les deffuns, de peur d'effraÿer
le reste du peuple, deja ases consterne. Et on a observé que cet air empesté alloit
en volant de villes en villes, les unes apres les autres, et le mal l'ammeneoit toujours du coste
de la saone et surtout a macon et a chalon.

[Le paragaraphe suivant n'est pas transcrit car il concerne les guerres. NDLR]

L'année 1709 le sixieme de janvier, a deux heures apres midy le soleil etant opposé a saturne
il se leva une bize si forte qui apporta un froid si sanglant qu'il estoit en son dernier
degré, et jamais il ne s'est peultre fait une froidure plus rigoureuse qui dura jusqu'au
mois de mars. La terre etoit couverte de neige et les bleds auroient etes conservés si elle eust
toujours tenüe. mais le jour elle fondoit, et janvier le tems s'eclaircissant il geloit plus
fort qu'auparavent, et toujours en augmentant, et cela a trois ou quatre reprises de sorte que
n'y ayant plus de neige sur la terre, qui pû conserver les bleds et la gelée se fortifiant
toujours, de[?] enleva de terre et deracina enfin lesdis bleds. des campagnes auparavent
couvertes de verdure, ne paroissoient plus qune terre sterile, a peine pouvoit on trouver un
poil de bled, et la plus part etonnés de ce spectacle alloient dans les champs creuser et fouir
la terre pour voir sil ne trouveroient pas encor le germe, mais inutilement les pauvres gens
faisoient courir le bruit que les bleds + ressusiteroient a paq[ues] mais leur esperance fut
vaine, et tout a esté perdu, excepté quelq[ues] petis cantons qu'en avoit fait dans les bois, qui
fut conservé par la neige qui ne fond pas setoit dans les endroits couverts et sauvages
le peuple donc tant consterné hors desperance de recolte sans provision, etoit deja en allarmes
et en emotion; on ne pouvoit sortir du bled des villes qu'en danger d'estre deperdre / et le bled / et la vie
a combien cela est il arrivé. le bled monta aussytost a un / prix / excessif et ceux qu mesme qui en
avoient  ne vouloient en vendre, et le cachoient dans des cheminées qu'il faisoient murer, on
vendit ledit grain jusqua quarante francs le froment; douze livres le seigle, six livres l'orge
et quatre francs l'avoine, quelques chers quils fussent personne ne vouloit vendre; dans les
marchés on se l'arrachoit des mains, et chacun en vouloit avoir pour son argent, les plus forts
l'enlevoient, et les faibles estoinet malheureusement foulés aux pieds avec leur argent en main
ils se faisoient des sedi? et des ?tes terribles. les apuvres gens qui navoient ni bleds
nÿ avoyne, avoient deja pris la resolution, de voler et les chemins qui estoient couverts

donnoient une si gr[ran]de epouvante que personne n'osoit semettre en campagne pour faire voÿage
on insultoit et on ataquoit partout meme jusquaux maisons de la campagne; bien qu'[elles]
n'avoient point de provisions, comme les seigneurs ne pouvoient en chercher, ny le mettre sur les
chemins, qu'en assemblant de grosses trouppes d'hommes armés, et souvent risquoient on encor car
plusieurs villages assemblés et bien armés de touttes pieces mesme jusquaux femmes qui faisoient
plus de peine en ont souvent ameutés et le partagoient lad[dite] graine entre eux inpunement
tous croioient perir de faim; les pauvres n'ayant ny grain ny argent defendoient leurs malheur
euse vies de toutte maniere, les riches avec leur argent n'avoient pas plus d'esperance; puisque
personne ne vouloit vendre. en ces tristes et facheuses circonstances, tout le monde, pour defendre
cette malheuresue vie se faisoit la guerre, il n'y avoit que les faibles ?és par la faim et
qui couroient partout, pour echapper la mort, qui enfin etoient arresttés par cette cruelle qui les
touffoit et en faisoit de tristes exemples, on en a trouvé dans les bois, proche des Buissons
dans les campagnes et sur les chemins, les uns demy morts, d'autres deja expirés, et quelques[uns]
si languissans et si pressés de la faim, qu'ils ne pouvoient faire un pas; nous en avons
trouvés quantité, en cette paroisse, et un g[ran]d nombre de nos paroissiens, ayant quitté le
lieu, pour aller chercher sa vie dans un paÿs plus abondant et moins sterile, ont fini
leurs malheureuse de la mesme maniere que les autres, dans un pays ou ils s'ymaginoient la
prolonger, et nous en contons pres de deux cent en cette seule paroisse, que la famine a
enlevé de cette vie tant en ce lieu qu'ailleurs. plusieurs ont estes trouvés du costé de Chalon
et de Beaune deja expirés sur les gr[an]ds chemins c'estoit une chose pytoyable de voir toutte
sorte de personnes, dans les prairies, cherchant des bubes, et paturant comme les bestes leurs
visages décharnés, pales, livides, rois, abbatus, leurs corps chancelans, semblables a des
squelettes faisoient peur au plus resoluds tandis que les malheureux combattoient leurs
vie d'une si facheuse maniere, les bourgeaois et habitans des villes avec la force et mains
armées, sortoient des villes en bataillons et alloient assieger les maisons de campagne ou ils
savoient du grain. ils firent des greniers d'abondance, qu'ils remplirent de bled qu"ils venoient
enlever par force dans les villages, ils etoient souvent plus de deux ou trois cent hommes armés
on faisoit des especes de siege dans les maisons qui etoient capables de resister, et il y eut meme
du costé d'autun deux ou trois hommes tués. le grenier de cette ville fut bientot rempli
de 14 a 15 mil mesures de bled, touttes les villes de la province en firent demesme. mais
dieu les punit car le grain qu'on voÿoit monter jusqua la somme de vingt livres devint
en cinq ou six mois a cinq ou six livres, il ny eut que pour la semence du mois de septembre
et octobre que le froment / nouveau / se vendoit encor dix livres et le seigle / nouveau / huict. Cependant la
on faisoit des processions de tous les endrois du diocese qui venoient a St lasare pour inplorer
la misericorde de dieu sur son peuple il y arrivoit tous les jours un peuple infiny et il en
venoit de 20 a 25 lieües de la ville episcopale on ne pouvoit voir les processions sans
etre vivement touchés; tout etoit dans une consternation etrange le pain qui etoit tres cher
etoit si rare qu'on n'en pouvoit avoir, le boulanger ne vouloit pas en faire. le pain d'avoine
sest rendu jusqua cinq sols la livre et dans le charollois et le morvand la pluspart ne vivoient
que de pain de fougere. Dieu enfin touché de tant de maux qui demanderoient des livres
entiers, et qui ne peuvent etre exprimes dans un si petit abbrege Dieu dy[saisj]e appaisa sa colere et
on sema tant de tremois*** quil y en eut suffisamment pour l'année lannée ensuitte le bon grain
ne se vendit plus que trois livres les habitans des villes furent punis de leurs violence par une
abondance impreveue et les [?] de [?] tout revenant a bon prix dieu nous preserve

X Tournées 17 pages et vous verrez la fin de la sterilité.

NDLR
 

* "Pour les générations [futures]" (lat.).

** En moyen français, "faire a" signifie "en faire".

*** Le "tremois" sont des céréales semées en mars et qui arrivent à maturité au bout de trois mois : généralement cela désigne l'avoine et l'orge.

     
Saizy

BMS
1673 - 1709
EDEP 6257-6258

vues 277
à 279 / 279

1709

froid

vue 278

Saizy

BMS
1673 - 1709
EDEP 6257-6258

vues 277
à 279 / 279

1709

froid

vue 279

(relevé Geneadom)

Uxeau

BMS
1705 - 1720
collection communale

vue 37 / 108

1708 à 1710

grêle

froid

(merci à Jacques M.)

Jusquau mois de Juin de la presante année 1710 Il s'est
encore fait un tres grand nombre d'enterrement qui n'ont
pas ete mis sur le présent registre. Il ne restoit presq[ue]
personne Dans les parroisses tant la famine etoit grande
On trouvoit les hommes morts de tout Côté sans autre
mal que celuy de la faim. La gresle avoit batu cette
parroisse le 12 Juin 1708 d'une maniere horrible. Il falut
achepter du bled pour semer qui fut so absolument
perdu par une gelé arrivée au mois de Janvier 1709
qu'on ne ramassa peut estre pas trente bichet de bled
dans toute la paroisse. au sentiment des connoisseurs le
froit fu a son plus haut point, les bleds etant
donc si absolument perdu on eu recours a l'avoine pour
semer qui valu au mois de mars 1709 jusqu'a trente cinq sols
le boisseaux. On achepta l'orge et le sarasin pour semer
dix livres le boisseau et moy meme envoyé querir au
dongon dix mesures de sarasin qui me couterent cent
livres : le seigle pour semer au mois de sept[embre] 1709 coutoit
communement neuf a dix livres. pour celuy qui se
mangoit coutoit ordinairemeny sept a huict livres. Le
vin etoit cher a proportion le plus bas prix etoit de
dix sols la pinte Dieu nous preserve de jamais voir un
si facheux tems.

     

Cortambert

BMS
1715 - 1746
E Dépôt 3126

vue 8 / 162

18/08/1715

foudre

(merci à Éric L.S.)

Guichon curé
de Cortambert

Le dimanche dixhuitieme jour
du mois d'aoust mil sept cent quinze
est decedé* de nuit en leglise
de cortambert de mort subite
pour avoir esté estouffé par le
feu du ciel environ une heure
devant jour, et a fait une
berche sur la pointe du clocher
et a / passe / par la fenestre du coeur
de ladite eglise du coste de
midy et a brise une vitre au
meme endroit et esté

Inhumé au cimetiere de ladite
eglise, nayant pas reseu
ses sacrements ordinaires et a cause
dune mort si subite, et inpreveue
en foy de quoy je me suis soubsigne
les an et jour que dessus  Guichon

* L'événement semble avoir tant troublé le curé qu'il en a oublié de mentionner les nom et prénom de la personne foudroyée en pleine nuit dans son église. Peut-être son sacristain à une heure si matinale ?

     

Jambles

BMS
1717 - 1733

vue 61 / 147

1725

pluie et inondations

(merci à Colette B.)

1725

Cette année qui promettoit dans le comencem[ent]
une abondance de toutes choses a eté une
des plus malheureuse. depuis le premier
jour d'avril, jour de paques les pluyes
ont comencés et n'ont finis quaprès la
vendanges il est vrai quil y a eu
quelque petit intervale mais de peu de
durée.
La 1ère inondation a eté en avril ce qui a
empeché les tremois de bien pousser
a cause que les pluyes etoient froides
les arbres ont presque tous coulés* les
bleds et le peu de tremois ont coulés
par les pluyes froides et frequentes du mois
de may.
La 2.e inondation a eté au mois de juillet,
les eaux comenceant a se repandre le 23
juin on a tenu la foire de la St Jean en
gloriette vers la citadele. Le 1 juillet, les
eaux etoient presque retirée il survient
des pluyes qui causa une nouvelle inondat[ion]
tres grande les foins ont eté perdus

* En arboriculture, on dit qu'un arbre fruitier "coule" lorsqu'il perd ses fleurs à cause du vent ou de la pluie, ne donnant ainsi que peu ou pas de fruits. NDLR

     

Tancon

BMS
1751 - 1770 Edep 4806

vue 34 / 139

décembre 1755

tremblement de terre

inondations

(info http://docplayer.fr, GHGCC St-Igny-de-Roche)

le premier novembre jour de la toussaint il est arrivé un tremblement de terre qui a
détruit une partie de la ville de lisbonne* capitale du royaume de portugal, le feu
et les autres tremblemens de terre qui ont succédé et continué jusqu'a la fin dedecembre
avec les eaux qui ont montés a une hauteur si grande, que le reste de la ville a eté
engloutit, l'on croit qu'il est peri dans cette ville plus de cinquante mille ames, et que la
perte des richesses, marchandises et bijoux se monte à dix huit cent millions.
quantité de villes et villages ont etez fort maltraites par les tremblemens de terre et les
inondations qui ont fait des dégâts inestimables, l'on croit qu'il y a sept isles qui ont
etez englouties. avignon, les villes et villages voisins ont fait des pertes considerables
par le debordement du rhône qui a renversé quantités de maisons, et fait des ravages
si grands dans les villes et campagnes que l'on a peut-etre jamais rien vû de semblable ;
en un mot les pluyes continuelles et les tremblements de terre se sont fait ressentir
presque partout. dans le bugay une ville appelée sechelle* a vû détruire son pont
et renversé la maison des religieuses de la visitation par le tremblement de terre.
dieu veuille nous preserver de semblable malheur
il y a eu cette année beaucoup de maladies en cette parr[oisse] et aux environs, quantité en sont
morts et j'ay enterré jusqu'a trois grands corps a la fois

NDLR

* Ce séisme a eu lieu à Lisbonne le 1er novembre 1755 à 9 h 40 du matin. Selon les sources, on dénombre entre 50 000 et 70 000 victimes parmi 275 000 habitants. La secousse fut suivie d'un tsunami et d'incendies qui détruisirent la ville dans sa quasi-totalité.

** Probablement la commune de "Seyssel" en Haute-Savoie qui a donné son nom à une appellation de vin AOC vignobles de Savoie et du Bugey.

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Chagny

1781 - 1785
collection communale

vue 82 / 190

06/07/1783

tremblement de terre (et arrivée d'un régiment)

(info Geneawiki)

Le Six du mois de juillet mil sept cent quatre vingt trois sur
les neuf heures cinquante minutes du matin l’on a éprouvé deux
Secousses de tremblement de terre suivies d’un bruit fort considérable,
la terre étoit couverte d’une espèce de brouilliard appellé
par le vulguaire Chale brun. Ces brouillards regnaient depuis
près de vingt cinq jours, il ne mouilloient point, et a peine
appercevoit-on le soleil sur tout à son coucher, il étoit rouge
et comme un corps opâque.
Le même jour six juillet environ trois cents quatre vingt hommes
du régiment de monsieur frère du roi sont arrivés à Chagny
pour y travailler au Canal du Charollais.

     

Laives

BMS
1778 - 1792
collection communale

vue 108 / 211

1786

grêle

(merci à Colette B.)

Le quinze juin mil sept cent quatre vingt six une Grèle lancée par un
orage violent et pandant près d'une demie heure ayant détruit / presque / toute esperance
de recolte dans la paroisse de Laive au point que suivant les procès verbaux
deposés au gref de la justice il n'y avait pas une seule feillette de vin e recolter
sur toute l'étendue de la paroisse que la totalité de la récolte des
grains etaient aneantie à Viel moulin et les deux tiers tant a Laive qu'a Sermaize
le Sieur Curé ayant mit, par un memoire, sous les yeux du controlleur les ravages
de cette grèlle et sous ceux de nos seigneurs les elus généraux de la province par
une requête il a été accordé pour secourir cette paroisse quinze cent livres
de la part du gouvernement et dix neuf cent livres de la part de nos seigneurs les
elus généraux Les deux sommes formant celle de trois mil quatre cents livres ont
été distribuées les 9 et 10 Xbre de laditte année par ledit sieur curé
dans le même tems eu egard a la même Grèle Mr maréchal duc de Biron
seigneur de Rufé* a quitté tout les sens* et rentes le prix de sa ferme à condition
que le fermier quitterait les s[?] amodiateurs a fait distribuer pour quinze cent
livres de bled de semence aux pauvres cultivateurs et a ses pauvres Vassaux
pour leurs subsistance du grain Mêlé pour la somme de six mil livres

Gabriot chirugien de Laive, L Etienne vic. de Laives Charles curé
Bataillard

NDLR

* "sens" mis pour "cens" : redevance payée au seigneur en argent ou en nature; "quitter" signifiant ici "renoncer" à".

** Le nom "amodiateur" désigne quelqu'un qui cède une terre en fermage généralement contre le paiement de biens en nature. Ici il semble être employé comme un adjectif qualifiant le mot précédent, mais c'est une utilisation qui n'est pas attestée... À moins que ce ne soit l'inverse (adj + nom).

*** "Rufé" mis pour "Ruffey" : le château Ruffey est situé à 2 km au sud de Laives.

     

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