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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département de la Haute-Garonne (31) / Midi-Pyrénées / Occitanie

Bessières / Bruguières / Miramont-de-Comminges / Saleich / Toulouse

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
Image du document
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Transcription du document

Toulouse

Saint-Étienne


BMS
1609 - 1613
2 E IM 8287
GG 200

vue 175 / 197

14/05/1613

crue

inondation

(info "Aïe Aïe Aïe Mes Ayeux", relevé Geneadom, merci à Jacques B.)

Texte originel

May 1613

Le 14 may 1613 garone ce deborda sy fort quele
apourta un grand doumage A saint ciprien et a toume* et
desmolit plusieurs maisons entre autres un coin de louspital
saint Jacques aiant esbralle un pilier du pount coubert q[ui]
va de
la daurade a la maison dieu et un fustier ce trubant a la
maison dieu pour donner ordre a lesq[uelle]? nefict le doumage
quon ne pouroict esvite feut par force de leau qui demolit
la partie de la maison susdite et depourta ledist fustier tout
vif sur une piece de boise jusques a fe?liet et par le moyen
dud[it] boise ce sauba non sans grand dommage / de / et plaios
aux jambos et cuiscos quil rescebet urtant contre les roches
et cantite de boyses  q[ue] lau a menet et voiant une telle feureur
feut mande par les vicaires generals de saint estiene toutes
les parroisses et couvens des religeux de y aler fet proscesion
q[ui] delistant feust faict et saint estiene feut la premiere proscesion
et sainct Sernin la seconde et firent apourte la capse de
sainct exupere sur le grand pilie neuf et toutos les au[tr]es
paroissiens et couvans y vindret de toute la ville

NDLR

* "toume" mis pour "tumé" synonyme de "tombé".

Texte interprété en français standard

Le 14 may 1613 la Garonne a debordé si fort qu'elle
apporta un grand dommage à Saint-Cyprien et a renversé et
démoli plusieurs maisons, entre autres un coin de l'Hôpital
Saint-Jacques*, ayant ébranlé un pilier du pont couvert qui
va de
la Daurade à la maison Dieu. Et un menuisier, se trouvant à la
maison Dieu pour  vérifier que l'eau ne fit aucun dommage
qu'on aurait pu éviter, fut emporté vivant par la force de l'eau qui démolit
la partie de la maison susdite. Et ledit menuisier, [emporté]
sur une pièce de bois jusqu'à [?], se sauva grâce à
ce morcerau de bois, non sans grands dommages de plaies
aux jambes et aux cuisses qu'il reçut en heurtant contre les rochers
et quantité de bois emmené par l'eau. Et voyant une telle fureur,
les vicaires généraux de Saint-Etienne, de toutes les paroisses et
couvents religieux demandèrent d'aller faire des processions.
Ce fut fait dans l'instant et Saint-Etienne fit la première processsion
et Saint-Sernin la seconde. Ils firent apporter la châsse de
Saint-Exupere sur le grand pilier neuf et tous les autres
paroissiens et couvents y vinrent de toute la ville.

NDLR

* L''Hôpital Saint-Jacques" est situé en aval du "Pont Neuf" juste à l'extrémité du "Pont couvert", aujourd'hui disparu, face à la basilique "Notre-Dame la Daurade", dite aussi "Sainte-Marie la Daurade".

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Bruguières

BMS
1660 - 1668
collection communale
1 E 2 AC

folio 1

21/06/1660

tremblement de terre

(info HAL, Thibaut F.)

Chose fort notable

Soit memoire a ladvenir que le vingtuniesme du
mois de juin de lannee 1660 au lieu de bruguieres
et par toute la province sur les quatre heures du
matin il fit un grand tramblement de terre
qui dura un peu moins de demy cart dheure et
esbralla beaucoup de maisons sans qu'il y eust de par
la grace de dieu aucun autre accidant au moins
quil soit cogneu.

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Bessières

BMS
1656 - 1750
collection communale
1 E 6 AC
2 E IM 2509

vue 426 / 686

1709

grand hiver

froid

(relevé Geneadom)

Nota quen 1709 le froid comenca le 6e
jan(vi)er jusquau 26 et 27 et glaça telle(ment) que la
rivière de tarn étoit entièr(ement) glacée jusqua
castres et au dela, le froid fut si extraord(inai)re
que les gens étoint obligés de couper le pain
avec des haches la plus grande parties des grains
se perdit, le binet, pois, fèves, les arbres memes come
figuiers, pigniers, aubergers, et autres et presque toutes
les souches des vignes, les noyers, chataigniers et beaucoup
de chesnes noirs, et les oliviers dans les païs bas
Et au rapport de Mezeray presque pareille chose arriva en 1608
en jan(vi)er, ayant comencé le 21 Xbre, jour de St Thomas.

Lanaspeze curé de bessieres

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Saleich

Saint-Pierre

BMS
1705 - 1767
collection communale
1 E 2 AC
2 E IM 5732

vue 30 / 404

11/06/1711

déluge

(info "Aïe Aïe Aïe Mes Ayeux", Angélique R., relevé Geneadom)


Lan mil Sept Cens onze et le onzieme iour du mois de iuin michel montoriol
et marie ducos sa femme ont esté submergés avec trois de leurs enfans
par les aux dune grand deluge estant agées denviron qu[a]rante ans ou environ
et leurs corps feurent inhumés dans le cimetiere de leglise de St pierre
de Saleich avec les trois enfans en presence de michel roques
augustin basal et Jean segalas requis de signe ont dit ne scavoir
en foy de ce me suis signe.        Dumons curé.

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Saleich

Saint-Pierre

BMS
1705 - 1767
collection communale
1 E 2 AC
2 E IM 5732

vue 60 / 404

15/09/1715

foudre

(info "Aïe Aïe Aïe Mes Ayeux", Angélique R., relevé Geneadom)


lan mil sept cens quinze et le quinzieme iour du mois de septembre a esté trouvée morte
marthe sales sous un arbre ayant esté tuée par la foudre agée de vingt de deux ans ou
environ et le sexieme son corps feut inhumée dans le cimetiere de leglise
de St pierre de saleich en presence de Jean acvin? arnaud lajous et pierre
segalas requis de signé ont dit ne scavoir en foy de ce me suis
signé                  François Valle p[re]tre et vi[cair]e

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Miramont-de-Comminges

BMS
1761 - 1780
collection communale
1 E 3 AC
2 E IM 7432

vue 31 / 197

19/06/1765

inondation

(info "Aïe Aïe Aïe Mes Ayeux", Angélique R., relevé Geneadom)

Epoque [en marge]

La nuit du 19 au vingt de ce mois, il y a eu dans cette contrée un si
Grand debordement / des / eaux, que la Garonne, les rivières et ruisseaux sont so[rtis]
de leur lit, ont inondé la campagne, emporté des maisons, des moulins entiers
tous les ponts, excepté celui de miramont, St martori, et toulouse, on auroit dit q[ue]
les montagnes vomissoient l'eau. on trouve des epoques qu'une semblable inon[dation]
etoit arrivée le siecle precedent a jour.

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Pelleport

BMS
1751 - 1792
2 E IM 535
1 E 4
collection communale

vue 78 / 231

 

 

 

 

Thil

BMS
1710 - 1770
2 E IM 324
1 E 1
collection communale

vues 445 et 446 / 482

22/07/1766

orage

tempête

foudre

 

 

 

 

 

 

 

(info https://histoire-patrimoine-saveetgaronne.blog, relevé Geneadom)

NDLR

Il s'agit de deux actes de sépulture pour le décès de 5 personnes : Jean Baptiste BARON 23 ans, Jean-Bernard DEMOULS 45 ans, Catherine LAGRANGE femme de François BOSC 48 ans, Marie DELEYSSIS femme de Jean TÉSSINIÉ 28 ans et Marie DAGUILHON fille de Joseph DAGUILHON et de Marguerite FAU 18 ans.

Ils ont tous été tués lors d'un violent orage lorsque la foudre s'abbatit sur l'églie et la ravagea, comme en témoigne le vicaire DAUGLA lui-même dans un courrier adressé le 07/08/1766 à M DARGASSIES curé de Thil.

Ce courrier a été annexé par le curé Dargassies au registre BMS de la paroisse de Thil où il se trouve encore (voir ci-contre).

Voici la transcription intégrale de ce courrier :

Pelleport le 7e aout 1766

Relation de la chute de leglise de pelleport
tous les autres desordres causés par ce meme
orages feurent presque communs ici, dans tout ce voisinage,
et bien au dela de montauban et de buset

Monsieur

En arrivant dans ce lieu jay appris que vous nous aviés fait l’honneur d’y
venir pour prendre part a notre affliction. je suis sensible autant quon puisse
l’etre a votre politesse, mon seul regret est davoir manque le plaisir de vous
voir, je l’auray des que mon etat me permettra lusage du cheval. vous avés
seu notre accident, il a eté terrible, permettes moi la satisfaction de vous le
detailler avec ses principales circonstances. le 22e jour de la magdelaine, il parut
dans ce lieu a quatre heures du soir un orage si noir et si obscur qu’on croioit
etre a la fin du jour. cet orage commenca par une tempette horrible, et par
des coups de vent si forts, que les arbres, même le plus gros ont eté arrachés ou
rompûs. la pluie, melée de grelle, feut si abondante que les guerets ont été
emportés, les millets arrachés, les piles de gerbe entrainées, les vignes mutilées,
des maisons entières ecrasées par la chute des arbres qui y sont tombés dessus.
mais ce ne sont que des petits maux en comparaison de ceux qui ont fondû
sur leglise et sur ceux qui sy etoient retirés. nous y étions au nombre de
vingt personnes toutes en prieres et prosternées aux pieds du tabernacle ouvert.
deja les coups de lorage et de la tempette nous avoient saisis de frayeur, lorsqu’un
tourbillon de feu remplit leglise et nous eblouit. dans le même instant l’orage
eclate, le clocher tombe, le couvert de leglise est englouti, la terre tremble, je
suis renversé sur le marche pied de l’autel, accablé des ruines, au milieu des
eclairs, environné de la foudre. par un coup deu a la providence, je marrache
a ces debris, je vole sur l’autel ou a genoux, j’embrasse d’une main le tabernacle,
je prends de l’autre le St Sacrement, et j’enfonce autant que je puis ma tête dans
le tabernacle, seul azile qui m’a sauvé la vie, et mis a labri des briques
qui tomboient a foison au tour de moi sans me toucher. j'ay resté la environ
trois minutes toujours ebloui par le feu, ne sachant pas que leglise etoit

etoit tombée et croiant que cetoit la foudre qui mavoit meurtri et blessé.
alors j’ay entendu une voix mourante qui implorait mon secours, j’ay levé la
tête et j’ay vu que leglise n’étoit plus. jay fermé le tabernacle suis descendu
de l’autel au bas duquel etoit une femme en pleurs, sans coiffe, presque
nûe; sortie de dessous les ruines estropiée je l’ay conduitte a la sacristie
dans laquelle j’ay trouvé huit blessés ou mutilés qui s’y etoient refugiés
qui levoient au ciel leurs mains ensanglantées, et qui poussoient les
cris les plus pressants et les plus douloureux. a mon aspect ils se sont
levés, jettés sur moi et m’ont arrosé de larmes et de sang. l’un me
demanda l’absolution, l’autre crie qu’il se meurt, celui cy reclame son pere
l’autre sa mere tous se fondent en sang, la sacristie en est toute inondée.
j'ay été pendant un quart d’heure avec ces malheureux sans aucun secours
des gens du village, qui quoique tres voisins de leglise n’avoient pas
entendu sa chute, tant le vent etoit impetueux. ce ne feut que dans
le calme qu’on vit le malheur, et qu’on sempressa de venir soulager les malheureux.
chacun alors me demanda les siens, ne les trouvant pas tous avec moi, on
va les chercher dans les ruines; je vis le pere qui crie sa fille unique, et
qui la trouve sous ses pieds, morte ; la mere mutilée elle même qui
cherche son fils et qui le voit sans crane ecrasé sous la cloche qu’il
sonoit et qui lavoit entrainé ; le mari qui arrache et enleve sa femme
dont la tête reste entre deux poutres ; la femme qui cherche et qui fait
chercher nuit et jour son mari qui na / été / trouvé que le douzieme jour d’après ;
et tant dautres horreurs dont le detail fait fremir, et que j’ay été obligé
de supporter toutes les unes après les autres, malgre le triste etat ou jetois
moi meme qui ne scaurois jamais dire ou exprimer ce que jay souffert
dans ces affreux moments. il y a cinq morts du coup, dix blessés ou mutilés,
cinq sains et saufs qui setoient retirés de bonne heure a la sacristie, seul endroit
peu endomagé ; les chapelles quoique dans des enfoncements, ont été desolées

leur autels brises ou renversés.toutes les murailles de cette grande eglise
ebranlées, inclinées, crevassées, et tombant en ruines. bientot il ny restera
pas pierre sur pierre. elle est dans la desolation. vous lavez vue. je
suis persuadé que son deplorable etat vous a arraché des larmes. il nous
reste le soin des pauvres malades estropiés, et mutilés, ils sont dans une
situation bien triste, ils perdent l'eté leur resource de toute l'année, ils sont
aux bouillons, ont besoin de remedes et de gens pour les soigner. jimplore
votre charité et celle de votre peuple pour eux ; vous fais une grande
œuvre de misericorde de les recommander a vos paroissiens et de mettre une
personne a la porte de votre eglise qui recueillera leurs aumones a lissue
de la messe et de vepres. je suis oblige d’importuner bien des curés et bien
des paroisses pour ces miserables que je croiois bientot gueris, mais au contraire
leur mal empire et chaque jour leur découvre des nouvelles douleurs. cella
ne me surprend pas, apres cequils ont eu de mal et d’effroy, il faut
dans le cours ordinaire qu’ils soient malades long temps. pardon, monsieur de
la liberte que je prends je suis persuadé que vous vous preterez a cette œuvre
et par zele et par bonté.
   j'ay lhonneur detre avec un profond respect
                                     
                                        Monsieur
                                                            votre tres humble
                                                            et tres ob[éissan]t serviteur
                                                           
                                                           Daugla, vic[aire]

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Miramont-de-Comminges

BMS
1761 - 1780
collection communale
1 E 3 AC
2 E IM 7432

vue 112 / 197

17/09/1772

inondation

(info "Aïe Aïe Aïe Mes Ayeux", Angélique R., relevé Geneadom)

Epoque [en marge]

Le 17 du courant nous avons essuié dans cette contrée une
inondation plus forte, et qui a fait plus de ravages, que celle
qui arriva le 19 de lannée 1765; notre pont, et presque tous
les autres ont eté emportés ; on n'en avoit pas vû une
semblable de memoire d'homme.

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Mots-clés : crue, déluge, foudre, froid, inondation, orage, tempête, tremblement de terre

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