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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département du Rhône (69) / Rhône-Alpes / Auvergne-Rhône-Alpes

Albigny-sur-Saône / Azolette / Brussieu / Charentay / Denice / Chiroubles / Coise / Collonge au Mont d'Or / Cublize / Lentilly / Pouilly-le-Monial / Saint-Cyr-au-Mont-d'Or / Tarare /

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
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Transcription du document
Cublize

Mariage Sépulture
1616
Collection communale

vue 2 / 3

20/07/1616

foudre

(info Geneawiki)

1616

Claude Girin Tattu dud(it) Cublize
ce jourdhuy jour S(ain)te marguerite
vingtiesme jour du moys
de juillet aud(it) an 1616
accidentalle(men)t sonnant
une clouchette dans le
chastel de Magny a cause
des tonnerres qui faisoient
lors environ les quatre
heures aprres midy le
carraust du sieu seroit
teumbe dans le chastel
de magny et auroit descouvert
la plus grande partie
du pavillon proche la
porte dud(it) chastel du coste
du vent, a lentre duquel
estoit la(dite) clouchette
et le(dit) Gî(ri)n estant sur
la muraille proche lad(ite)
clochette la sonnant
lors se fict ung grant
tonnerre et alinstant
le(dit) Girin seroit tumbe
de la muraille en bas
dens la court dud(it) chastel
au moien de quoy alinstant
auroit rendu lesperit
et alinstant la levee du
corps auroit ete faicte
par Me Jehan Despra vieux
chatellin dud(it) Cublize
qui en auroit dressé pr(ocès)
verbal receu par me
roubert                lors
(com)mis au greffe du dit Cublize
et ordonne quil sevoit
mis en terre

     

Charnay

B
1623
Collection communale
GG1

vue 3 / 6

1623

sécheresse

(info http://geneactinsolites.free.fr)

Ceste p[rese]nte annee Ilafaict une si
grande secheresse en ce pays que
despuys la St Jehan Jusques
a la Toussainct en ce lieu de
charney leau a este plus rare
que le vin en foy de ce
jay signe

L murat

1623

     

Collonge au Mont d'Or

B
1668
Collection communale
66 GG 2

vue 2 / 4

04/06/1668

grêle

(info http://geneactinsolites.free.fr)

En l'année 1668 et le 4 de Juin il a greslé d'une
telle sorte dan colonges quil ne restat que fort peu de
formes dans les vignes et les bleds qui paroissent donnoient
une merveilleuse esperance aussi bien que les vignes et les
chanvres et les legumes furent accla accablés de ce flotst
de dieu irrité avec toutes fois moins de mal que les vignes
le vicaire soubsigné se trouva dans lyon pour des affaires qui
lui avoient appellé qui n'estoient pas de petite importance ce
qui causa ce soir sur les quatre heures que ce mal arrivat
beaucoup de murmures contre labsance dud[it] vicaire lequel
ayant faict son possible pandant que la gresle tomboit qui
estoit d'une heure de se randre dans l'eclise ou la dimerie*
pour presenter a dieu les voeus de tout le peuple en lamentation
pour appaiser son ire, vient pandant une si grosse pluie qu'elle
avoit faict des fossés dans les vignes et couvert en plusieurs
endroits des bleds de terre a la hauteur d'un homme dapres cet
estat et apres ces afflictions receuts il donnat encor
la benediction du St sacrement par moy ce vicaire N. fontaine

* Ici probablement le lieu où est entreposé ce que rapporte la dîme au prêtre. NDLR

     

Denice

BMS
74 GG 3

vue 11 / 11

1740

froid

(relevé Geneadom)

En lhyvert 1740 une partie des ceps des vignes
ont gelées et surtout les cantons tournés en bize
et les quatre saisons de cette année furent si
froides que toutes les denrées nurent aucunes
bonnes qualités et surtout le vin, le bled a
valu jusqu'a quattre livres quinze sols le bichet

     

Denice

BMS
74 GG 3

vue 3 / 13

1741

sécheresse

(relevé Geneadom)

Depuis le 2d juin 1742 jusqu'au 7e septembre il n'a
pas pleut, ce qui a causé une secheresse bien
grande, préjudiciable aux raves, prés et
vignes.

     

Coise

BMS
62 GG 6

vue 9 / 9

01/11/1755

tremblement de terre

(relevé Geneadom)

cette année / 1755 / le 1er 9bre sur les dix a onze heures du matin lisbonne
une des plus belles villes de lunivers capitale du portugal a esté
detruite par un tremblement x de terre; cinquante mille ames
y ont perit. le plus Riche Roy de la chrestiennetée a esté
un jour sans vivre et sans officier.

x tremblement terrible sans exemple depuis le deluge*

A Murasson curé de coise

orate pro eo**

Le mesme jour dans lafrique sale fez miquelez** ont ete presque detruites
plusieurs milliers dhommes ensevelis par des tremblements de terre
cadix et autres villes d'espagne sen sont resentis.

NDLR

* Ce séisme a eu lieu à Lisbonne le 1er novembre 1755 à 9 h 40 du matin. Selon les sources, on dénombre entre 50 000 et 70 000 victimes parmi 275 000 habitants. La secousse fut suivie d'un tsunami et d'incendies qui détruisirent la ville dans sa quasi-totalité.

** En latin "orate pro eo" signifie "Priez pour lui".

*** Salé et Fès sont des villes du Maroc distantes de 160 km environ, Meknès est situé entre les deux à 66 km de Fès. Les 1er et 18 novembre 1755, le séisme qui a frappé Lisbonne a détruit la plupart des villes côtières marocaines suite à un tsunami.

     

haut de page
Tarare

BMS
1765
Collection communale

vues 8, 9
et 18 / 20

22/06/1765

inondation

 

 

 

 

 

(info sur histoire-genealogie.com/)

Ici commence
l’effet de l’inondation
du 20 juin 1765. [mention marginale]

NDLR

Suivent onze actes de décès mentionnant la mort de quatorze personnes. Seuls les trois actes du folio 30 / 8 sont reproduits ci-contre. Voici la liste des victimes : Jean-Baptiste BOUROT et Catherine GOURDIAT son épouse (noyés), Marie-Anne GOURDIAT (noyée) fille de Nicolas et de Jeanne PEILLON, Paule FOREST (noyée) fille d'Etienne et de Louise TRUCHET, Jeanne Marie et Jeanne BESSON (noyées) filles de Claude et Marthe PARIGNY elle-même disparue et pas encore retrouvée, Georges CAVETIER et son épouse Françoise SALE (noyés), Jacques GARNIER (noyé) et son épouse (inhumée à Saint Forgeux où elle a été retrouvée noyée), Barthélémi BARONNAT (noyé), Marthe PARIGNY et Jean BESSON (écrasés sous leur maison), Marthe PARIGNY veuve de Jean BESSON (un temps disparue mais retrouvée plus tard, noyée).

Evénemens

Cette année 1765 la nuit du vingtieme juin sur les dix
heures du soir la pluyequi avoit continuée tout le jour, devint
si forte qu’en peu de tems les deux rivières de tarare quitterent
leur lit et innondêrent toute la ville jusqu’a la hauteur du premier
étage. près de quatre vingt maisons furent renversées au moins
en partie, l’eau qui remplissoit le jardin de Mr Girerd derriere sa maison
de la place, renversa par sa pesanteur plus d’un tiers du mur dud[it]
jardin du coté de midy déclinant orient, treize personnes furent
noyées, une charrette chargée d’une ancre de mer qui étoit a la
grande rue fut renversée, le pont de la montagne ; fut emportée
Les toiles des deux blanchisseries furent entrainées ou fort endommagées
tous les habitants de la ville se trouvèrent sans meubles et sans pain
exceptés ceux du chateau, de la montée des Capucins et de la haute

Burie, La consternation fut si forte pendant plusieurs jours
qu’on n’auroit pû voir une seule personne avec un visage ordinaire
et riant, les étrangers même qui passoient étoient attendris
et consternés et quelques uns laissèrent des charités considérables.
Mgr l’archeveque m’envoya quarante deux louis de 24 lt.
J’écrivis sur le champt à Mr Delaverdy alors contrôleur général
et il nous envoya quatre mille deux cent livres, jécrivis
ensuitte à Mr Dormesson intendant général des finances
avec quelques uns des principaux habitans et il fit reduire
les impositions pour l’année suivante 1766 presque au tiers.
Mgr Larchevêque fit aussi faire une quête dans trois
archiprêtrés qui nous procura six cents livres, le reste fut
donné aux autres paroisses qui avoient souffert de cette
innondation.
Il est à remarquer qu’on n’avoit jamais vû à Tarare les
rivières se répandre dans les rües, si ce n’est dans celle de la
pécherie, on peut juger de là quelle fut la surprise quand on les
vit sélever jusqu’au premier étage, a la pêcherie, a la place ;
a la Déguirasse et a la grande rüe.       Mignery, Curé

Saint-Clair-du-Rhône

Condrieu


AD 38
BMS
1765 - 1792
vue 9 / 234

9NUM/AC378/3
vues 7
et 8 / 137

9NUM/5 E79/2
vues 61
et 62 / 197

13 et
14/01/1766

froid

(info sur histoire-genealogie.com/)


Le 13e janv. 1766, j'ay inhumé a cause des glasses du Rhône
dans le cimetière de St Clair Jean Claude Cotte agé de huict
jours, fils de patron Claude Cotte habitant aux roches* presents
damien monot et michel valin illiterés ainsi l’atteste

Aubrun Curé

Le 14e Janv. 1766. a cause des glasses du Rhône, j'ay baptisé
dans l’église de St Clair marianne Charron, fille naturelle et
legitime S[ieu]r denis Charron et a marianne parret ses pere
et mere habitants aux roches, Le parrain a esté S[ieu]r louis favier
et la marraine marianne favier presents louis brunet et
antoine bouleau illiterés ainsy l’atteste

Aubrun Curé

* "Les Roches" est alors en bordure du Rhône en rive droite côté Condrieu (département du Rhône) alors que Saint-Clair et situé en face donc en rive gauche (département de l'Isère). Il s'agit maintenant d'un bras mort depuis les grands travaux de 1976-1977 formant la presqu'île où se situe de nos jours la "Base de Loisirs Condrieu-les-Roches" NDLR

     

Chiroubles

BMS
58 GG 4
collectioncommunale

vue  8 / 8

1783

tremblement de terre

éruption volcanique

(info http://pjpmartin.free.fr)

La paix a eté faite cette année avec langleterre après 6 ans de guerre sur mer
conjointement avec nos alliés les americains des 13 provinces unies ; l'espagne, la hollande
nous avons eü aussy cette année des tremblements de terre qui ont engloutis messine
et la calabre ulterieure ; pareil phenomene dans le nord, qui nous a decouvert
une nouvelle isle dans lislande;
le 8 juillet par les dix heures du matin jour de diamanche nous en avons ressenti
une legere secousse dans ce paÿs, la direction etoit du sud au nord.
ou elle a été plus violente.
nous avons eü aussÿ pendant six semaines de lété dernier le 13 juin
jusqu'a la fin de juillet des brouillards secs, tellement qu'ils ne ternissoient
point une glace, et ne liquifioient point le sel; si epois qu'en plusieurs endroits
a peine voÿoit on se conduire et y aiont couvert generalement tout lhorison
et repandus sur toute l'europe.
tels sont les phenomenes inouis* arrivés dans le cours de cette année 1783
poit de commece, l'argent d'un rare extraordianire
jaÿ fait poser aussÿ les vitraux a la nef de léglise du coté du midy [?]

orate pro me successoris dignissimi**

NDLR

* Voir ci-dessous à Azolette

** "Priez pour moi dignes successeurs" (lat.)

     

Azolette

BMS
16 GG 2

vues 8 et 9 / 9
folio 219

1783

tremblement de terre

éruption volcanique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(info http://pjpmartin.free.fr)

Remarques sur l'année 1783

L'année 1783. fut remarquable par plusieurs grands événemens, la paix
fut conclue entre la france, l'angleterre et les Etats-unis d'amérique.
   La Sicile et la Calabre furent bouleversées par de fréquens et violens
tremblements de terre. La ville de Messine fut presqu'entièrement abimée ;
on fait monter à environ cent mille ames, le nombre de ceux qui périrent
dans les différentes secousses qui bouleversèrent une grande partie de l'italie
méridionale, nous eumes ici en février de cette même année des vents très
violens, qui se soutinrent depuis le commencement jusqu'à la fin de ce
mois. C'est précisément à cette époque que le fond de l'italie essuya les
plus violentes commotions.
      ces désastres ne pouvoient manquer de faire grand bruit dans toute
l'Europe. dans ce païs-ci le peuple se persuada que nous allions être tous
engloutis ; pleins de cette idée quelques-uns se confesserent comme devant
bientôt mourir. j'en ai trouvé qui m'ont demandé très sérieusement si je
ne savois pas qu'il devoit y avoir un tremblement de terre général qui
devoit nous abîmer. il est aisé de sentir que cette opinion du peuple
avoit son origine dans les calamités qui désoloient l'italie.
     Quoiqu'il en soit, il y eut effectivement dans ces montagnes une très
légere secousse de tremblement de terre, le dimanche 6. juillet, vers les dix
heures du matin, elle fut si peu sensible que je ne m'en apperçus pas.
cependant plusieurs personnes, les bergers sur tout qui étoient dans les champs,
ceux qui gardoient pendant le service divin, à Propiere, à St Germain
et ailleurs, dirent avoir senti une secousse, et avoir entendu un bruit
semblable à peu près à celui que feroit un char roulant. je suspendis
mon jugement à cet égard. je pris une connoissance exacte du jour et de

l'heure ; et je fus convaincu de la vérité du fait, après avoir reçu plusieurs
lettres de Bourgogne, qui toutes convenoient sur l'heure, le jour et le moment
précis où la secousse s'étoit fait sentir ici. la commotion / fut / bien plus sensible
à Beaune, à Châlon, à Senecey, &c que dans nos régions, et la frayeur aussi
par conséquent.
     Cette commotion fust préceddée d'un phénomene singulier, lequel ne
l'annonçoit pourtant pas. dès le quinze juin l'air se couvrit d'une espece de
brouillard très peu dense*, qui n'empêchoit pas que le soleil ne dardât tous ses
feux, mais il étoit d'une rougeur sanguinolente, cela dura / ici / environ quinze jours, et
près de trois semaines en Bourgogne. personne ne se souvenoit d'avoir rien vu
de semblable, en été surtout. quelques physiciens prétendirent que ces vapeurs
qui occasionnoient cette rougeur extraordinaire du soleil, étoient une suite des
tremblemens de terre de Messine et de la Calabre ; mais ce qui paroit détruire
cette opinion, c'est que ces vapeurs et cette couleur écarlatte dans le soleil
furent aussi sensibles à Stokolm et dans tout le nord de l'Europe qu'ici**.
   La récolte de toutes les espèces de grain fut très médiocre, le froment
valut cinq livres, mesure de Chauffaille, et le seigle, trois livres douze sols.
on recueillit pourtant tout sans accident.

NDLR

* Il s'agit de l'éruption du "Lakagígar", ou "Laki", ensemble de plus de cent cratères volcaniques du sud de l'Islande alignés sur une fissure de 27 kilomètres de longueur. Ce sont les poussières de cette éruption gigantesque appelée "Skaftáreldar", (en français « feux de la Skaftá ») débutée en 1783 et considérée comme la plus importante éruption lavique de tous les temps, qui voilent le ciel. Elle eut d'importantes conséquences en Islande (famine de la Móðuharðindin), mais ausssi dans tout le reste de l'Europe. Voir ci-dessous année 1785.

** Excellente déduction de ce prêtre qui logiquement situe l'origine de ses brouillards au nord de l'Europe.

     

Azolette

BMS
16 GG 2

vues 6 et 7 /  7
folio 233

1785

froid et neige

sécheresse

 

 

 

 

 

 

 

(info http://pjpmartin.free.fr)

Remarques sur l'année 1785

L'hiver de 1785 sera longtemps mémorable par la grande abondance de ses
neiges. la campagne fut couverte durant six mois, à peu près ; c'est à dire
depuis le mois de Xbre 1784. jusques vers la fin d'avril 1785. comm'il en
étoit beaucoup tombé durant l'hiver de 1784, on n'eut jamais imaginé que
le suivant en donneroit encore une plus grande quantité. On fut trompé.
Il en tomba à deux ou trois reprises jusqu'à 13 ou 14 pouces ; ce qu'il y a
de singulier, c'est que le païs plat, à notre couchant et à notre levant
en eut une plus grande quantité que nous. Il s'en fit partout en rase
campagne, comme dans nos montagnes, des amas très considérables, ces amas
furent surtout occasionnés par une bize violente qui s'éleva le dimanche
de la Passion, 13 mars, à la suite d'une grande chûte de neiges, les
chemins se trouvèrent obstrués partout dans la plaine comme dans les
montagnes, c'est un fait dont je pourrois prendre à témoin toutes les provinces
qui nous environnent. Ces neiges du mois de mars ne furent pas les dernières,
les chûtes du mois d'avril ne furent guère moins abondantes. On m'en croira
si l'on veut, mais je certifie que le 14 avril, étant à Chalon-sur-Saône,
j'ai vu de mes deux yeux, sur la place du Châtelet, un tas de neiges de
la hauteur au moins de 14 pouces. Il y auroit à parier que pareille chose
ne s'étoit vue depuis plus d'un et peut-être de deux siècles.
     Le mois de mars fut ici le plus froid de l'année; et au rapport de plusieurs
personnes, le plus froid qu'elles euserent encore vu.
L'été ne nous donna pas de grandes chaleurs, et ne feut du tout point
orageux. il y eut peu de paille, mais beaucoup de grain. à tout prendre
la récolte de 1785 fut assez bonne. aussi les grains ne haussèrent ils pas
de prix. jamais on ne vit une aussi grande quantité de vin : la Bourgogne

ne savoit que faire des siens. il y eut des partculiers dans cette province
à qui les tonneaux et les frais d'amas coutèrent plus que ne leur
rendirent leurs vins. ils étoient à rien. personne en Bourgogne ne se
souvint d'avoir vu une année aussi abondante. le Beaujollais néquivalut
pas tout à fait pour la quantité des vins à la Bourgogne. cependant il
en fit encore beaucoup plus qu'il n'auroit voulu. il semble que l'abondance
auroit dû produire dans ces provinces la richesse ; le contraire arriva.
la futaille et les frais d'amas ruinèrent le cultivateur. les vins furent à si
bas prix, que le vigneron ne fut que faiblement dédommagé de ses peines.
il ne lui resta presque rien sur sa vente, le prix des tonneaux et les frais
de vendange défalqués. on avoit du vin, et du bon vin tant qu'on en
vouloit, pour quarante livres la botte. on en avoit même à moindre prix.
L'avantage de fut donc que pour les consommateurs. aussi les plus petites
gens et les mendians eux mêmes eurent-ils du vin; et telle fut la principale
source des désordres à leur comble depuis la fin de 1785 jusques vers le
milieu de 1786. et même au delà. le commerce etant devenu florissant
dès l'année 1784. et le vin etant à rien après la vendange de 1785. le
menu peuple fut absolument indisciplinable. (voyés les remarques sur 1784.
et 1786.)
    Les chanvres réussirent très bien en 1785. et passablement les deux années
suivantes.
    L'automne fut singulièrement sèche. la plupart des sources tarirent,
celles-là même qui de mémoire d'homme n'avoient pas été desrechées
ce qui étonnera, c'est que le 25. 9.bre les sources n'étoient point émues,* et
qu'on ne savoit où prendre de l'eau.

* En ancien français "ému" signifie aussi "mis en mouvement, bougé, agité, soulevé". On pourrait également faire le parallèle avec le "trouble" de l'émotion, dans ce cas les sources n'ont pas encore été troublées (par les crues d'automne). NDLR

     

Azolette

BMS
16 GG 2

vue  7 / 8
folio 242

1786 - 1787

grêle

douceur

(info https://www.histoire-genealogie.com)

(...)
L’année qui s’annonçoit pour devoir être tardive ne le fut pourtant pas.
lLes quinze derniers jours de juin furent très orageux. nous
partageames la frayeur, mais non pas le malheur de bien des païs.
l
a grêle emporta tout le 15 juin, jour de la fête Dieu, depuis
les environs de St. Bonnet de Joux jusqu’à Baudrière de l’autre coté
de la Saôn. douze lieues de terrain en longueur, sur cinq quarts de
lieue en largeur furent écrasés. Severey le grand* en partie Bourgogne
fut haché avec ses environs. les 14. et 16. du même mois furent
encore funestes à Tournus, et à ses alentours, et à d’autres paroisses de la
Bourgogne. l'été ne nous donna pourtant presque point de chaleur.
L’hiver ne nous donna de la neige qu’une seule fois, et celle qui
tomba les 1ers. jours de 9bre / 1786 / fut à peu près la dernière. la
température fut douce en janvier et février 1787.

* Probablement la commune de "Sevrey" en Saône-et-Loire près de Chalon. NDLR

     

Albigny-sur-Saône

BMS
1788
Collection communale
3 GG 4

vue 10 / 10

déc. 1788

froid

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

Dans le mois de decembre 1788 le thermomêtre est
descendu à 17 degres et demi au dessous de la glace. Le froid s'est
soutenu dans ce degré de rigueur pendant tout le
mois. neammoins les arbres n'ont pas eté endommages et la
recolte à été en 1789 mediocre en blé et vin

     

haut de page
Charentay

BMS
1788
Collection communalle
45 GG 5

vue  8 / 8

1788

froid

débâcle

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

L'hiver a eté très rigoureux. Le froid a commencé
le 20 9bre 1788 et a tous les jours augmenté jusqu'au
13 janvier, a l'exception du jour de noel que l'on crut
etre arrivé au degel, et de deux autres jours ou il tomba
de la neige.
Le vent du nord qui domina pendant
tout le tems a la suite des brouillards qui avoient tenu
pendant 15 jours au moins et qui avoient occasionné une
épidemie connue sous le nom de Brienne, ne permettoit
presque aucune communication d'une paroisse a l'autre.
Les chemins remplis de glace etoient impraticables et
causerent plusieurs accidents. La farine devint si rare que
meme dans les villes que le dimanche 4 janvier Mr le
lieutenant général de villefranche et Mr. le procureur
du roi firent perquisition dans les maisons de St george
et firent enlever au profit de leur vill, 14 sacs de farine
qu'ils paierent et qui n'etoient pas absolument nécéssaires aux
propriétaires. Mr rey lieutenant général de police de
Lyon fit des prodiges en procurant du pain a cette ville
et 800 bennes de charbon de terre qui arrivoient
tous les jours. Le rhône et la Saone gelerent

dans le courant de decembre et les glaces
ne partirent que le 17 janvier # Le pont de Sereins
fut entierement emporté ainsi que tous les moulins qui
etoient sur le rhone, a l'exception de deux, et plusieurs
plattes. malgré toutes les précautions, on n'a pas idée
des ravages que le degel occasionna, et cet hiver
a surpassé celui de 1709. il y eut beaucoup de morts
malades et de morts.
# depuis midy et demi jusqu'a 4 heures. ce qui fut repeté
au départ des glaces de macon le 18, 19 et 20.

     

Chiroubles

BMS
1788
Collection communale
58 GG 4

vue 8 / 9
folio 157 verso
et 158

1788

froid

sécheresse

débâcle

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

Nous avons eü cette année l'hyver le plus froid et le plus rigoureux; qu'on aÿe
vü de memoire d'hommes, même les plus agés; au point que les thermomettres
sont desscendus 5 degrés au dessous du froid de 1709..
Il a commencé le 25 9bre de cette année 1788 par des gelées si violentes
que la Saône, le rhône, la loire, toutes les rivieres navigables ont eté arrettées
et toute communication, jusqu'au 25 j[anvi]er. les bords de la mer, memes glacées.

la secheresse commencée au mois d'8bre, et qui a accompagné le froid
a été cause et aussÿ que l'on ne pouvoit moudre; et que le pain a
manqué, même chéz les boulangers, pendant une 15[ain]e de jours; ce qui a
occasionné beaucoup de misères, comme le defaut de bois et de toute provisions
dans les villes surtout et dans les campagnes; tout le monde aÿant eté
surpris par cet hÿver précoce et rigoureux.
Beaucoup de personnes sont peries par le froid;
Le debacle des glaces; qui avoient jusqu'a 18 pouces et 20 dépaisseurs, ont
entrainés des ponts, sur les rivieres de la Saône et de la Loire ; des villages entiers
submergées ;

     

Lentilly

BMS
1788
Collection communale
112 GG 6

vues 13
et 14 / 14

1788

1789

froid

pluie

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

La fin de l'année a été remarquable par un froid
continuel et tres rigoureux depuis le 10e 9bre, la Saone
et le Rhône ont etée gelées, les arbres dans la montagne
ont etés très endommagé par des verglas dont la pesanteur
a cassée des branches qui avoient plus de six pouces de
diametre, le thermometre est descendu le trente un xbre
a 16 degrez 1/3 au dessous de la glace, etant exposé au nord
dans la maison de la chaux de cette paroisse, le bled
vaut sept francs. il est defendu de sortir du bois, du charbon

et de la farine de la ville de Lyon parce que les deux
rivieres qui l’aprovisionnent n'ont pu fournir ni
dans l'automne par deffaut d'eau ni dans l'hyver
par rapports aux glaces. Les moulins d'eau ne
peuvent moudre, de sorte que les pauvres ouvriers
de Lyon auxquels le travail manque encore
sont dans la derniere misere : ce jourdhui 7 janvier
1789 le thermometre est encore a 12 degrez au
dessous de la glace; de mémoire d'homme on ne
se rappelle d'avoir eu un hyver aussi constament
rigoureux. c'est peut être parce que l'hyver precedent
a eté des plus doux et des plus courts. dieu preserve
nos successeurs de voir deux hyvers reunis
dans le même tems : le printems et l'eté ont etés
tres pluvieux, mais depuis le milieu d'aoust le tems
a eté tres sec, nous avons eut peu de bled et beaucoup
de vin

     

Pouilly-le-Monial

BMS
1788
Collection communale
159 GG 3

vue 7 / 9

folios
220 verso et  221
ou
6 verso et 7

1788

grêle

froid

débâcle

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

Nota. nous avons eu cette année la grêle le 13e
juillet qui jointe avec un petit animal que lon
peut appeller petit anneton parcequil en a la
forme et qui a rongé nos vignes nous a emporté
un bon tiers de la récolte du vin. cette meme
année il a fait un froid des plus longs puisquil a
duré depuis le millieu de novembre jusqu'au douse
janvier 1789. il a été aussi des plus rigoureux, la
Sonne et le Rhône ont été passés sur la glace qui
a été sur la Sonne de quatorse pouces depaisseur.
le degelel du Rhone arrivé le 14 janvier 1789 a

causé les ravages les plus affreux, yous les moulins et autres des
bataux ou artifices qui etoient sur le d[i]t Rhone ont été
ou emportés ou coulés a fond ou considerablement endo-
magés, ainsi que le pont appellé morand qui eprouvée
quelques echeques dans ses eperons. le degele sur la
Sonne arrivé le 17e janvier a cause les mêmes ravages
le pont appelé de Serin a été emporté, et le pont
d[i]t de St Vincent a seulement eprouvé quelque dommage

     

Brussieu

BMS
1789
31 GG 6

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1789

froid

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

L'hivers a été si long et le froid si vif qu'aucun homme ne se rapelloit
davoir vu un tel hivers, le froid commenca le 249bre 1788, fut si excessif
le 31 Xbre 1788, 5 et 7 janvier 1789 qu'il surpassa les hivers de 1709.
de 1728. 1740. et 1766. - le dégel arriva subitement le 13 et 14 janvier
1789; les rivieres deborderent, et plusieurs personnes furent noyés ;
on avoit traversé le Rhône sur la glace ce qui netoit pas arrivé
depuis 1697.

     

Saint-Cyr-au-Mont-d'Or

BMS
1789
191 GG 11

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10/01/1789

froid

(info Geneawiki)

1789. 10 janv(ier), j'observe que les vins
ne se vendent que 12 l l'anée, que les bleds
valent 8 l 10 S(ols), que le froid rigoureux qui
subsiste depuis le 8 Xbre 1788 est cause que toutes les
denrées sont hors de prix. il n'est aucun ouvrier qui aye
travaillié depuis lesd(its) jours 8 de(cem)bre jusqu'a ce jour 13 jan(vier)
1789. Le Rhosne et la Saone sont gelez tellement qu'on passe avec
des charrettes sur l'un et l'autre fleuve depuis un mois;
Le Sr curé avoit environ 600 beaus charbons de terre, qu'il
a venus sans benefice a ses parroissiens, et qui l'ont
grandement remerciés : le commerce a lyon est totalement
negligé; on a fait fait des quêtes en 1788 et 1789 pour le
soulagement des ouvriers; malgré ces grands secours les
campagnes abbondent en pauvres qui sortent de lyon.

(Ranchon, curé)

     

Saint-Cyr-au-Mont-d'Or

BMS
1789
191 GG 11

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janvier 1789

débâcle
pont perdu

(info Geneawiki)

Le dégel est arrivé le 13 jan(vier) par un vent impétueux, les
glaces du rhosne ne sont parties que le 16 jan(vier), elles ont cassez
et entrainez sept moulins à farine, cassez les autres; entrainé
une frize, une fabrique de chocolat et une autre fabrique
de tinture en cotton aux ouvrages perache; le pont a été
cassé, et n'est point parti. le 17e jan(vier) jour de S(ain)t Antoîne

j'étais à lyon, lorsque les glaces de la saone partirent;
la desolation etoit repandue partout; a midi et demi les
glaces arriverent en si grande abondance, qu'elles
s'arrêtèrent au pont de Serin, pont construit par la charité
de lyon prez les 1eres portes de veize, elles s'accumulerent
tellement, qu'elles renversèrent totalement ledi pont de bois,
très forts, sur le quel les plus grosses voitures passoient,
et ce pont fut ensevelis sous les glaces, qui asa chute, éleva
les eaux et les glaces de façon que tous les batteaux, plattes
furent fracassez et entrainez, passerent sous le pont St
Vincent, et sous celui de Pierre et tout a été perdus; le 20
dud(it) mois le vent tient toujours tres fort, la saone est débordée
les farines et les bleds sont tres rares et tres chers; l'anée de bled
se vend en veize 8 l(ivres) 15 S(ols) le bichet. les vins cette foire
des rois ne valent que 10 a 12 l l'anée, et peu de demandeurs.

--- nota que ledi pont de S(ain)t vincent n'a été qu'endomagé,
ainsi celui S(ain)t Ainan; on a commencé l'an 1788 a
construire un pont en pierres, et sera appellé le pont de
S(ain)t jean; mais quand sera t il finis ? le pont volant
construit sur des batteau pres dedi pont S(ain)t jean, a été
antrainé par les glaces.

(Ranchon, curé)

     

Saint-Cyr-au-Mont-d'Or

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1789
191 GG 11

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25/02/1789
mars 1789

pluie et neige

(info Geneawiki)

le 25e fev(rier) 1789 j'observe que les habitants n'ont pas
travailler leurs vignes depuis le depart desdites glaces,
parcequ'il pleut ou neige tous les jours.
les vins sont portez a 15 l l'anée a la fin de la foire des
Rois, vû qu'on craint que les vignes n'ayent souffert
par les grandes gelées et verglas. le 31 mars j'observe que
tout le mois de mars a été pluvieux, qu'on a pas taillié le quart
des vignes, dans ce moment il tomba de la neige; on ecrira
cy apres ce que la recolte deviendra; le bled vaut 9 l le bichet
et les vins (...)

(Ranchon, curé)

     

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