Retour rubrique     Retour accueil

TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département du Rhône (69) / Rhône-Alpes / Auvergne-Rhône-Alpes

Albigny-sur-Saône / Ampuis / Azolette / Blacé / Brussieu / Charentay / Charnay / Chassagny / Denice / Chiroubles / Coise / Collonge au Mont d'Or / Cublize / Lacenas / Lentilly / Les Haies / Limonest / Pouilly-le-Monial / Quincié / Saint-Cyr-au-Mont-d'Or / Saint-Jean-la-Bussière / Saint-Sorlin / Souzy / Tarare /

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
Image du document
(cliquez sur la vignette pour l'agrandir)
Transcription du document
Cublize

Mariage Sépulture
1616
collection communale

vue 2 / 3

20/07/1616

foudre

(info Geneawiki)

1616

Claude Girin Tattu dud(it) Cublize
ce jourdhuy jour S(ain)te marguerite
vingtiesme jour du moys
de juillet aud(it) an 1616
accidentalle(men)t sonnant
une clouchette dans le
chastel de Magny a cause
des tonnerres qui faisoient
lors environ les quatre
heures aprres midy le
carraust du sieu seroit
teumbe dans le chastel
de magny et auroit descouvert
la plus grande partie
du pavillon proche la
porte dud(it) chastel du coste
du vent, a lentre duquel
estoit la(dite) clouchette
et le(dit) Gî(ri)n estant sur
la muraille proche lad(ite)
clochette la sonnant
lors se fict ung grant
tonnerre et alinstant
le(dit) Girin seroit tumbe
de la muraille en bas
dens la court dud(it) chastel
au moien de quoy alinstant
auroit rendu lesperit
et alinstant la levee du
corps auroit ete faicte
par Me Jehan Despra vieux
chatellin dud(it) Cublize
qui en auroit dressé pr(ocès)
verbal receu par me
roubert                lors
(com)mis au greffe du dit Cublize
et ordonne quil sevoit
mis en terre

—  —  —

Charnay

B
1623
collection communale
GG1

vue 3 / 6

1623

sécheresse

(info http://geneactinsolites.free.fr)

Ceste p[rese]nte annee Ilafaict une si
grande secheresse en ce pays que
despuys la St Jehan Jusques
a la Toussainct en ce lieu de
charney leau a este plus rare
que le vin en foy de ce
jay signe

L murat

1623

—  —  —

Collonge au Mont d'Or

B
1668
collection communale
66 GG 2

vue 2 / 4

04/06/1668

grêle

(info http://geneactinsolites.free.fr)

En l'année 1668 et le 4 de Juin il a greslé d'une
telle sorte dan colonges quil ne restat que fort peu de
formes dans les vignes et les bleds qui paroissent donnoient
une merveilleuse esperance aussi bien que les vignes et les
chanvres et les legumes furent accla accablés de ce flotst
de dieu irrité avec toutes fois moins de mal que les vignes
le vicaire soubsigné se trouva dans lyon pour des affaires qui
lui avoient appellé qui n'estoient pas de petite importance ce
qui causa ce soir sur les quatre heures que ce mal arrivat
beaucoup de murmures contre labsance dud[it] vicaire lequel
ayant faict son possible pandant que la gresle tomboit qui
estoit d'une heure de se randre dans l'eclise ou la dimerie*
pour presenter a dieu les voeus de tout le peuple en lamentation
pour appaiser son ire, vient pandant une si grosse pluie qu'elle
avoit faict des fossés dans les vignes et couvert en plusieurs
endroits des bleds de terre a la hauteur d'un homme dapres cet
estat et apres ces afflictions receuts il donnat encor
la benediction du St sacrement par moy ce vicaire N. fontaine

* Ici probablement le lieu où est entreposé ce que rapporte la dîme au prêtre. NDLR

—  —  —

Lacenas

BMS
1680
collection communale
105 GG2

vue 6 / 15

22/07/1680

pluie et foudre

 

(info https://www.histoire-genealogie.com)

de-ceds / sur-prenant / et es-tran-ge. [en marge]

Jeanne Nugo / dite Cuty / âgée d’environ 18 ans 4 mois
et 14 jours est decedée le 22e iour du mois de juillet de
l'année 1680 ayant esté trouvée sous un noier dans la terre
de Sr Antoine Chana Bourgeois de Lyon, ou Pierre Nugo
dit Cuty père de lad[ite] deffuncte et vigneron dud[it] Sr Chana
avoit envoié sad[ite] fille pour glaner les espies de bled qui
estoient restées apres la moisson, et l’on croit que voiant
venir la pluie elles se mit à couvert sous led[it] noier ou
Antoinette Dubost mère de lad[ite] deffuncte la trouvat morte
environ une heure apres la pluie / # et le temps qu’elle l’avoit envoiée / pandant lequel temps
de lad[ite] pluie il fit un esclat de tonnerre si extraordinaire

qu’il fit grand peur a tous ceux qui se trouverent au bourg
de Lacenas, led[it] accidant estant arrivé environ à deux ou trois
cents pas dud[it] bourd, lad[ite] deffuncte ayant este trouvée blessée
sur le col, aux / deux / bras, ou il luy avoit emporté la peau environ
la largeur et longueur de deux doits de la peau et sur le
cœur ou il parroissoit une blessure de la mesme largeur que
dessus, qui s’en alloit iusques aux reins faisant comme demi
ceinture, lesquelles blessures estoient toutes rouges, outre
lesquelles on luy trouvat quelque peu de ses cheveux brules
comme d’une flamme de feu et un peu de sa chemise sur
le creux de l’estomat et l’eguillette* d’ont elle serroit son
habit à la mode / du / pais, aussy a demi brullé la largeur et
longueur aussy d’environ deux doits, tout cela ayant este veu
par Pierre Monfrey tixier en toile demeurant aud[it] Lacenas,
Antoine fils de Benoit Alablanche vigneron, / aud[it] lieu / et plusieurs
femmes qui y sont accoururent au bruit qu’en fit led[it] nugo dans
le bourd et par moy curé sous signé, excepté la blessure
d’à lentour du cop corps susd[it] que nous n’avons sceu que
par le raport qu’en à faict Benoite Bernigas vefve
outre lesd[ites] blessures on luy trouva le visage quaqi violet virant
sur le noir le reste du corps n’ayant rien changé de son
naturel, ce qui nous a faict croire qu’elle fust blessée et estouffée
par le foudre**, d’autant que l’on a trouvé l’escorce dud[it] arbre
fendue, et scachants qu’elle se confessoit et communioit tres
souvent et qu’elle vivoit tres sagement et chrestiennement, et
mesme exemplairement a ceux de son âge et a toute la paroisse
elle à esté enterrée le # dans le cimetiere dud[it] Lacenas en
presence de Messire Guillaume Germain Cure de Cogny
et de Mr Botu son vicaire led[it] Sr Germain a signé
et dud[it] Nugo, Claude Noblet tisserant, dud[it] Monfrey et de Jacque
peyneau vigneron tous habitants ou demeurants aud[it] Lacenas qui
n’ont signes pour ne scavoir de ce enquis suivant l’ordonnance
par moy Curé dud[it] lieu     Germain  Deran, curé

# 23e jour desd[its] mois et an

NDLR

* Mis pour "aiguillette" qui était une sorte de lacet ou de cordelette, parfois ferrés aux deux bouts, et servant à attacher les pans d'un vêtement ou à lacer des chausses. NDLR

** Dans la mythologie grecque et romaine, le foudre - qui est nom masculin - désigne le faisceau de dards enflammés en forme de zigzag représentant la foudre. Le foudre est l’attribut de Zeus (ou Jupiter).

—  —  —

Saint-Jean-la-Bussière

BMS
1695
collection communale
214 GG3

vues 1 et 2 / 10

folios 46 et 47

1694

froid

neige

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(info http://voyage-dans-le-temps.over-blog.org)

Lannée 1694 a esté une
des plus funestes et des plus malheureuses
que iamais il se soit ouïr dire
puisque les trois flaux de la colerre
de dieu etoient en campagne on les a
pu voir lun apres lautre mais tous
ensemble ils n'ont iamais esté.
L'hivers a esté extrement gros et grand
la neige estoit en si grande quantité
que l'on a trouvé plusieurs personnes
mortes dans les chemins meme deux
hom / m / es dans cette paroisse. Le blé a valu
quatorze livres le bichet meseure
de thizy et le froment pres de seize
livres le bichet, Lon vendoit la livre
du pain blanc six sols et le gros
pain cinqu[ante] la livre du pain de fougerre
a valu un sol six denier on a meme
essayé den faire de coquille de noix
Les pauvres estoient dans une si grande
famine qu'ils mangeoient par les pré
comme les bestes les racines de mauves
et de la panoye sauvage* estoint leurs
nourritures ordinaires cuitte dans de
leau sans sels ny autre chose que cetoit
ce qui les rendoit boudemples de telle maniere
que l'on avoit horreur de les voir. Le
vingt on a bu vingt deux livre lanée
et dans le cabaret on le vendoit six sols
et il estoit ver et petit car dans le
temps que lon croyoit vendanger il
negeat si cruellement que cela les mit
dans un petit estat n'estant quasi que vergus

presque tous les noyers furent gelé
ce qui causa une si grande rarete de
l'huille qu'elle valut treize livres
la quarte et le quarteron huit sols
il n'y / eut / poin du tout du fruicts. Le
chenvre fut dune si grande rareté
que l'oeuvre a valu onze et douze sols
et comme il estoit tres peu d'ouvrier et
que le negosse n'aloit pas le fils ne valoit
que quinze sols la livre le burre
coutoit huict sols la livre L
e boeufs
trois sols et le veaux quatre sols
la livre huic sols la douzaine des oeufs
six sept sols la livre du fromage
Les tailles et les impos estoient si rudes
qu'il estoit comme impossible de pouvoir
y satisfaire on s'en prenoit meme
iusqu'a leglise, fabrique, pention,
rente, main morte, decime, don gratuit
capitation et semblable qu'il a falut
tout payer

La mortalité estoit si grande qu'a peine
pouvoit on subvenir aux necessités spirituelles
d'un chacun il y en avoit même tres
peu qui receussent tous leurs sacremens
mais pourtant moyenant la grasse de
tous furent confessé excepté quelques un
qui moururent de mort subite. i'en ay
enterré iusqu'a quatre tout a la fois
deux et trois par lordinaire
Il y avoit des maisons ou il ne restoit
personne sur tout au village de la
curmille de vingt deux qu'il y avoit
a pasque il n'en restat que cinq
a la St Jean baptiste Le nombre des

enterrements de cet année sont au
nombre de quatre vingts sans
parler de plusieurs qui sont resté
dans la dombes, la bresse, et d'autre
mort a l'hospital de telle maniere
que la paroisse fut reduite à quatre
cent quarente cinq communiant qui
avoit este autrefois preès de huict cent
dont plusieur son mort de la peste du
pourpre et du mal de ventre ne leur
restant rien dans le corps a cause des
mechantes nourritures qu'ils estoient
obligés de prendre. on a esté contrain
par fois de faire amener les morts
sur des charettes lesquels avoint
quelque fois demeuré trois iours
mors ne trouvant qui les voules apporter
on estoit meme contrain de les mettre
dans la fausse avant que de rien
chanter ny faire aucune ceremonies
par la mechante odeur qu'ils exaloint
Les hommes estoint si rares que cestoint
des bonnes filles qui les apportoint
avec quantité des herbes fortes
pour les preserver de prendre mal.

(...) La suite concerne la guerre et n'a donc pas été transcrite ici. Ce qui explique les "trois fléaus" dont parlait le curé au début de son texte : intempéries, maladie, guerre.

* Le "panais sauvage" est une ombellifère bisannuelle, de 0,50 à 1 m de hauteur, aux petites fleurs jaunes. Sa racine principale, pivotante, moins grosse et plus dure que celle de la variété cultivée est néanmoins comestible. NDLR

—  —  —

Albigny-sur-Saône

BMS
1707
3 GG 2
collection communale

vue 3 / 6

folio 86

16/04/1707

éclipse de lune

(info http://geneactinsolites.free.fr)

la nuict du seize Avril de p[rése]nte anné, au dimanche des
rameaux dixeptie[me] dud[it] la lune au plain parut totalement eclipsé
& le jubilé* accordé par Clement Unzies[me] po[ur] la paix fust gagné en
cette parroisse les deux premieres semaines de caresme.

* Dans l'église catholique, un « jubilé » est - depuis l'année 1300 - une période de pardon, de conversion et d'efforts spirituels ayant lieu, d'abord tous les 50 ans, puis tous les 25 ans à partir de 1400 ; on y octroie des indulgences spéciales associées à la visite de lieux saints, à la pratique du jeûne, de l'aumône et de la prière. On appelle aussi ces jubilés des « années saintes ». NDLR

—  —  —

Denice

BMS
74 GG 3

vue 11 / 11

1740

froid

(relevé Geneadom)

En lhyvert 1740 une partie des ceps des vignes
ont gelées et surtout les cantons tournés en bize
et les quatre saisons de cette année furent si
froides que toutes les denrées nurent aucunes
bonnes qualités et surtout le vin, le bled a
valu jusqu'a quattre livres quinze sols le bichet

—  —  —

Denice

BMS
74 GG 3

vue 3 / 13

1741

sécheresse

(relevé Geneadom)

Depuis le 2d juin 1742 jusqu'au 7e septembre il n'a
pas pleut, ce qui a causé une secheresse bien
grande, préjudiciable aux raves, prés et
vignes.

—  —  —

Coise

BMS
62 GG 6

vue 9 / 9

01/11/1755

tremblement de terre

(relevé Geneadom)

cette année / 1755 / le 1er 9bre sur les dix a onze heures du matin lisbonne
une des plus belles villes de lunivers capitale du portugal a esté
detruite par un tremblement x de terre; cinquante mille ames
y ont perit. le plus Riche Roy de la chrestiennetée a esté
un jour sans vivre et sans officier.

x tremblement terrible sans exemple depuis le deluge*

A Murasson curé de coise

orate pro eo**

Le mesme jour dans lafrique sale fez miquelez** ont ete presque detruites
plusieurs milliers dhommes ensevelis par des tremblements de terre
cadix et autres villes d'espagne sen sont resentis.

NDLR

* Ce séisme a eu lieu à Lisbonne le 1er novembre 1755 à 9 h 40 du matin. Selon les sources, on dénombre entre 50 000 et 70 000 victimes parmi 275 000 habitants. La secousse fut suivie d'un tsunami et d'incendies qui détruisirent la ville dans sa quasi-totalité.

** En latin "orate pro eo" signifie "Priez pour lui".

*** Salé et Fès sont des villes du Maroc distantes de 160 km environ, Meknès est situé entre les deux à 66 km de Fès. Les 1er et 18 novembre 1755, le séisme qui a frappé Lisbonne a détruit la plupart des villes côtières marocaines suite à un tsunami.

—  —  —

haut de page
Quincié-en-Beaujolais

BMS
1762
collection communale
162 GG6

vue 11 / 11

1762

neige

sécheresse

(info http://www.bletteryjp.fr, merci à Irène et Jean-Paul B.)

La présente année [1762] il y eut une secheresse telle quaucun anci[en]
ne se ressouvenoit d'en avoir vû une pareille, il ne pleut pas depuis
les premiers jours de mars qu’il y eut une forte nege jusqu’au
13e aoust qu’il y eut une pluye abondante, la recolte du foin fut
très modiques, après les foins coupés les prés sechèrent et blanchirent de facon
qu’on ne les distinguoit des terres couvertes de chaume, le betail
souffrit beaucoup non seulement il ne trouvoit rien dehors pour manger
mais dans plusieurs lieux on fut obligé de les aller abreuver a une lieue
de distance, touttes les menues graines manquerent totalement
les jardins se trouverent sans herbage, cependant on fut étonné que
les froments et les seigles qui n’avoient etés arrosés de la moindre pluye
et qui par cette raison se trouverent trés clairs, fournissent cependant
une recolte assez abondante pour supléer au defaut des menues grains
et pour en faire baisser le prix au dessous du prix ordinaire.
les vignes craignirent beaucoup plus que les bleds, les raisins secherent sur
plante et il ne resta que peu de raisins, dont les uns etoient
murs, et les autres verts, touts foibles, il en fut de meme de touts
les fruits. pendant cette secheresse, on fut a la veille d’eprouver
une famine au milieu de l’abondance des grains, les moulins cesserent
faute d’eau et l’on eut recours a tous les moyens imaginables pour
se procurer de la farine; les moulins a poivre furent une ressource
et ceux qui sen trouverent fournis s’en servirent utilement.

—  —  —

Chassagny

BMS
1765
collection communale
48 GG 5

vue 9 / 11

folio 11 = 111

23/05/1765

grêle

(info http://www.carnets-voyage.com)

[en marge]

La grêle
tomba dans
cette parroisse
le 23 de
may et
ravagea
tout.

—  —  —

Chassagny

BMS
1765
collection communale
48 GG 5

vues 10 et 11 / 11

folio 11 = 111
(recto et verso)

1765

pluie

crue

froid

(info http://www.carnets-voyage.com)

(...)
Cette même année 1765 fut tres pluvieuse; dabord l'hyvert fut doux et
humide, il ne gela point qu'environ huit jours vers la fin de fevrier. le
printems continua d'etre humide. Les pluyes presque continuelles pendant
l'êté furent tres contraires a la levée de la recolte qui fut assez bonne en
vin quoique verd. le Rhosne et la Saone furent débordé uen partie de l'année.
Ces pluyes abondantes empêcherent de préparer les terres et de les semer, au point

au point qu'une partie demeura sans être ensemencée dans le Lyonnais
la Bourgogne, le forest et surtout la bresse. (de la le bled
commença a devenir plus cher et le fut toute l'année suivante, de sorte que
vers la fin de 1766 la mesure du Bled froment se vendoit 7. lt 10 S)
Le Bled qu'on avoit semé fut surpris par le froid, qui commença
avant la toussaint, et fut interrompu par les pluyes. vers le milieu de  de / novembre
le froid reprit tout acoup et depuis le dix de decembre, il alla toujours
augmentant jusqu'au douze janvier suivant, et se soutint jusqu'au vingt
de fevrier quil commença a degêler.

[en marge]
depuis l'année
1750 la mesure
du bled froment
n'avoit pas
passe audela
de trois livres
dix, quatre francs

—  —  —

Tarare

BMS
1765
collection communale

vues 8, 9
et 18 / 20

22/06/1765

inondation

 

 

 

 

 

(info sur histoire-genealogie.com/)

Ici commence
l’effet de l’inondation
du 20 juin 1765. [mention marginale]

NDLR

Suivent onze actes de décès mentionnant la mort de quatorze personnes. Seuls les trois actes du folio 30 / 8 sont reproduits ci-contre. Voici la liste des victimes : Jean-Baptiste BOUROT et Catherine GOURDIAT son épouse (noyés), Marie-Anne GOURDIAT (noyée) fille de Nicolas et de Jeanne PEILLON, Paule FOREST (noyée) fille d'Etienne et de Louise TRUCHET, Jeanne Marie et Jeanne BESSON (noyées) filles de Claude et Marthe PARIGNY elle-même disparue et pas encore retrouvée, Georges CAVETIER et son épouse Françoise SALE (noyés), Jacques GARNIER (noyé) et son épouse (inhumée à Saint Forgeux où elle a été retrouvée noyée), Barthélémi BARONNAT (noyé), Marthe PARIGNY et Jean BESSON (écrasés sous leur maison), Marthe PARIGNY veuve de Jean BESSON (un temps disparue mais retrouvée plus tard, noyée).

Evénemens

Cette année 1765 la nuit du vingtieme juin sur les dix
heures du soir la pluyequi avoit continuée tout le jour, devint
si forte qu’en peu de tems les deux rivières de tarare quitterent
leur lit et innondêrent toute la ville jusqu’a la hauteur du premier
étage. près de quatre vingt maisons furent renversées au moins
en partie, l’eau qui remplissoit le jardin de Mr Girerd derriere sa maison
de la place, renversa par sa pesanteur plus d’un tiers du mur dud[it]
jardin du coté de midy déclinant orient, treize personnes furent
noyées, une charrette chargée d’une ancre de mer qui étoit a la
grande rue fut renversée, le pont de la montagne ; fut emportée
Les toiles des deux blanchisseries furent entrainées ou fort endommagées
tous les habitants de la ville se trouvèrent sans meubles et sans pain
exceptés ceux du chateau, de la montée des Capucins et de la haute

Burie, La consternation fut si forte pendant plusieurs jours
qu’on n’auroit pû voir une seule personne avec un visage ordinaire
et riant, les étrangers même qui passoient étoient attendris
et consternés et quelques uns laissèrent des charités considérables.
Mgr l’archeveque m’envoya quarante deux louis de 24 lt.
J’écrivis sur le champt à Mr Delaverdy alors contrôleur général
et il nous envoya quatre mille deux cent livres, jécrivis
ensuitte à Mr Dormesson intendant général des finances
avec quelques uns des principaux habitans et il fit reduire
les impositions pour l’année suivante 1766 presque au tiers.
Mgr Larchevêque fit aussi faire une quête dans trois
archiprêtrés qui nous procura six cents livres, le reste fut
donné aux autres paroisses qui avoient souffert de cette
innondation.
Il est à remarquer qu’on n’avoit jamais vû à Tarare les
rivières se répandre dans les rües, si ce n’est dans celle de la
pécherie, on peut juger de là quelle fut la surprise quand on les
vit sélever jusqu’au premier étage, a la pêcherie, a la place ;
a la Déguirasse et a la grande rüe.       Mignery, Curé

Chassagny

BMS
1765
collection communale
48 GG 5

vue 10 / 11

folio 11 = 111 verso

1766

froid

gelée

neige

08/10/1766

grêle

07/1766

tremblement de terre

(info http://www.carnets-voyage.com)

1766

# celui de 1709
ne dura que 16
jours celui de
1766 dura trois
mois.
dans l'allemagne
le froid fut plus
violent qu'en
1709    [en marge]

il y avoit un siècle qu'on n'avoit pas vû un hyvert si long que celui
de 1776. le froid approcha beaucoup de celui de 1709 # il fut si
violent qu'il y eut beaucoup d'arbres, noyers, chatagniers, et autres qui
se fendirent depuis la terre jusqu'aux branches. les moulins ne
pouvant moudre la farine fut rare ; il y avoit des maisons du coté des
montagnes du lyonnais qui faisoit cuire le bleds dans des marmites pour
se nourrir.
    on craignit pour les bleds ; beaucoup avoient semés dans des terres
trop humides, et une partie du grain avoir été noyé. d'autres avoient
semé a la veille de la gelée, et le bled n'ayant pas eu le temps de germer,
ne sortit de terre qu'au mois de mars, et fut le plus beau. un peu de neige
conserva la recolte et empêcha le mal que l'on craignoit les menus
grains reüssirent a merveille. a l'egard des vignes l'allarme fut
grande dès la fin de feuvrier, la moële etoit noire et paroissoit brulée, on les
crut perduës ; cependant dans le mois d'avril presque toutes pousserent, exceptés
quelques vieux ceps, du moins dans ce cantons ; car pour celles qui etoient auprès
des rivieres ou dans du bas eurent plus de mal, et une partie ne poussa que
par la souche / le pied / . ainsi la recolte du vin fut tres modique. a chassagny elle
fut assez bonne.
    La recolte fut abondante en fourrage, la terre fut humecttée par des pluyes,
jusqu'a la fin de juin. depuis la fin de juin, il ne tomba point de pluye jusqu'a
la fin de septembre, (secheresse). le 8 octobre il tomba de la grêle
a chassagny et aux environ, les vendanges etoient a moitie faites.
Le bled froment se vendoit depuis cinq livres dix sols jusqua sept livres
dix. Le vin qui ne valoit que cinq six, sept francs l'anée depuis
deux années, commenca a monter a 9 lt a 10 lt, et jusqu'a 12 lt.
    il y eut a lyon un leger tremblement de terre au mois de juillet.
Les jesuites ont été chasséz de l'espagne et de toutes ses possessions.
la même année ils sont renvoyés de naple et de sicile.
Le marchepied de l'autel a été racommodé cette année

—  —  —

Saint-Clair-du-Rhône

Condrieu


AD 38
BMS
1765 - 1792
vue 9 / 234

9NUM/AC378/3
vues 7
et 8 / 137

9NUM/5 E79/2
vues 61
et 62 / 197

13 et
14/01/1766

froid

(info sur histoire-genealogie.com/)

Le 13e janv. 1766, j'ay inhumé a cause des glasses du Rhône
dans le cimetière de St Clair Jean Claude Cotte agé de huict
jours, fils de patron Claude Cotte habitant aux roches* presents
damien monot et michel valin illiterés ainsi l’atteste

Aubrun Curé

Le 14e Janv. 1766. a cause des glasses du Rhône, j'ay baptisé
dans l’église de St Clair marianne Charron, fille naturelle et
legitime S[ieu]r denis Charron et a marianne parret ses pere
et mere habitants aux roches, Le parrain a esté S[ieu]r louis favier
et la marraine marianne favier presents louis brunet et
antoine bouleau illiterés ainsy l’atteste

Aubrun Curé

* "Les Roches" est alors en bordure du Rhône en rive droite côté Condrieu (département du Rhône) alors que Saint-Clair et situé en face donc en rive gauche (département de l'Isère). Il s'agit maintenant d'un bras mort depuis les grands travaux de 1976-1977 formant la presqu'île où se situe de nos jours la "Base de Loisirs Condrieu-les-Roches" NDLR

—  —  —

Chassagny

BMS
1765
collection communale
48 GG 5

vue 11 / 11

folio 112 = 12

1766

froid

1767

froid

sécheresse

19/04/1767

neige

21/04/1767

gelée

(info http://www.carnets-voyage.com)

1767

(...)
L'hyvert de cette année fut aussi violent et aussi froid que celui de
l'année precedente. le grand froid qui avoit endommagé les vignes
l'année precedente acheva de dessecher la souche, en sorte qu'elles ne
pousserent que par le pied, # les cornes etant alterées on fut d'abord
# ou / par la / racine [en marge]
incertain s'il y avoit du fruit dans cette nouvelle tige qui sortoit de la
souche et qui venoit de terre, dès que ce nouveau sarment se developa
il parut des formes en abondance, qui consolerent les esprits abattus
tout alloit au mieux, lorsque le 19 avril jour de pasques s'eleva le
nord ouest ou traverse forte et froide il tomba de la neige par intervale
il gela pendant la nuit la même traverse continua le 20 avec neige
qui fondoit presque aussitôt. sur le soir du 20 avril ce nord ouest se
calma, le ciel devint serein pendant la nuit, il gela si fort que l'on
trouva dans les chemins de la glace d'un travers de doigt d'epaisseur le
/ 21 avril / le sarment de la vigne qui etoit d'un demi pied de long et plus ou moins
se trouva noir et grillé dans tout le lyonnois ; il n'y eut que dix anées de
vin au dixme de chassagny. les particuliers qui avoient coutume
de faire cent anées de vin en firent une barille de cent pots. dans
les païs plus froid comme a mornand St maurice, St laurent il y eut
moitie recolte parce que les vignes avoient moins poussées.
le vin qui etoit alors a 12 lt 14 lt l'anée monta a 22 a
24 lt et fut même plus haut le reste de cette année
   Le recolte du bled fut mediocre, et le prix fut de 4 lt 4 lt 10 S 6 lt
dans le mois d'avril
   Le puit de lorme a gelé les trois années susdites cest a dire 1765
1766 1767 ce qui n'etoit pas arrivé depuis 1709.
cette année 1767 les jesuites renvoyé des etats de parme et
et de plaisance ils avoient été chassé de france en 1762 et 1763.

—  —  —

Chassagny

BMS
1765
collection communale
48 GG 5

vue 11 / 11

folio 112 verso
= 12 verso

1768

sécheresse

14/08/1768

grêle

17/08/1768

grêle

(info http://www.carnets-voyage.com)

ce qui s'est passé de plus remarquable en
1768

(...)
L'hyvert fut assez doux et sec. le printems fut tres sec, et il n'y eut
presque point de fourrages, generalement le foin se vendit cinquante sols
3 lt 3 lt 10 S l'eté fut tres humide et les grêles frequentes. le 14
du mois d'aoust a 5 heures du soir une colonne de gresle terrible
sortie de pila, alla jusqu'a lyon et ravagea d'argoire, St jean St
andeol, mornant, St laurent taluy &tc les vignes et les arbres
furent depouilles comme au mois de janvier. heureusement chassagny
fut exempt, excepté le hamau de la charbonnerie qui fut tres mal
traité. le 17 du même mois a une heure apres midi, une colonne
de grêle sortie de la montagne de Riveri et de St andré alla
jusqu'au dela de vaize, et ravagea tout encore.
  le prix du froment se vendoit 5 lt 5 lt 10S et le seigle 4 lt 4 lt 10 S
  le vin a la recolte se vendoit 18 lt 20 lt 22 lt et jusqua 24 lt l'anée
ensuite il diminua insensiblement, a cause de la quantité qu'il en
vint du languedoc. et ne se vendit que 12 lt 14 lt dans le
mois d'aoust 1769

—  —  —

Chassagny

BMS
1765
collection communale
48 GG 5

vue 11 / 11

folio 112 verso
= 12 verso

06/10/1769

neige

07 et 08/10/1769

gelée

(info http://www.carnets-voyage.com)

L’hyvert fut assez doux et humide . Le mois de mars fut froid
avril et may humide, le fourrage fut abondant, mais les bleds se
trouverent clairs et la paille fut rase de sorte que l’hyvert suivant
elle se vendit quarante cinq sols le quintal ; Le prix du froment fut
de 5 lt. 5 lt 10 S et le seigle 3 lt. 5 S 3 lt 10 S et 15 S.
Le froid se fit sentir au commencement d’octobre, et le quatre il gela, il on
faisait vendange a chassagny, il falloit faire du feu aupres des vignes pour
chauffer les vendangeurs. le 6 d’octobre toutes les montagnes furent couvertes
de neige, le 7 il gela plus fort, et le 8 il y eut de la neige jusqu’à
chassagny. dans les lieux ou vendanges n’etoient pas faites, le raisin etoit enterré
dans la neige. Les vins cependant furent bons quoi qu’ils demeurerent 15 jours
dans les caves. Le prix fut depuis 10 lt jusqua 15 lt l’anée

voyez le Regîstre de 1770

—  —  —

Chassagny

BMS
1770
collection communale
48 GG 5

vue 6 / 6

folio 164

20/03/1770

neige

17/05/1770

grêle

23/05/1770

grêle

29/07/1770

tremblement de terre

(info http://www.carnets-voyage.com)

            1770

L’hivert de mil sept cent soixante / et dix / a été tres long, quoiqu’il nait pas eté
bien rigoureux ; il avoit commencé des le mois d’octobre, et il a fait froid
jusqu’en mai, puisqu’il a encore gelé le trois dudit mois de
may. il tomba de la neige a differentes reprises. et vers le dix huit ou 20
du mois de mars lorsqu’on se promettoit des beaux jours, il / en / tomba de la neige abondamment (7 ou 8 pouces) qui sejourna pres de trois semaines dans ce
païs cy et beaucoup plus long tems dans les montagnes. comme les Bleds
commençoit a lever lever quand cette neige / survint /, ils en souffrirent
beaucoup dans les montagnes, et une grande partie ce perit. de la
le prix du bled monta a vüe d’œil : 7 lt 8 lt 9 lt et fut jusqua 10 lt
le froment, au mois de juillet. La recolte fut tres retardée, on ne
commença a couper les seigles dans ce païs qu’au 20 de juillet
le prix du bled diminua a la recolte, mais il prit insensiblement une pointe
et alla jusqua 8 lt 10 et 9 lt le froment, et 7 lt 7 lt 10 le seigle . L’avoine
monta de même. et ainsi toutes les danrées. L’huile de noix qui etoit
a 6. 7 sols les années precedentes se vendit 10 sols a la fin de lannée et
celui d'olive qui estoit cy devant a 9. 10 sols se vendoit 17.18 sols
la livre. au cinq du mois de may il n’y avoit encore aucune feuille
sur les arbres. il y eut de la neige sur pilla jusqu’aux vingt cinq du
même mois de may, le dix sept de ce mois, il tomba de la grêle qui ne fit
aucun mal, parcequ’il n’y avoit rien d’avancé. Le vingt trois, il en tomba
encore qui abattit quelque bourgeon des vignes. La recolte fut
modique en bled et en vin, ce dernier çe vendoit vingt et vingt quatre
francs aux vendanges. une partie de la france ne se nourrit que du
bled de barbarie et de Sicile. Le vingt neuf de juillet il y eu un
leger tremblement de terre a Lyon .

(...) La suite parle des affaires du royaume. NDLR

—  —  —

Chassagny

BMS
1771
collection communale
48 GG 5

vue 6 / 6

folio 171 verso

1771

neige

(info http://www.carnets-voyage.com)

 

il n'y a rien eu de remarquable cette année 1771. une princesse de piemont
passa a Lyon au commencement du mois de may allant epouser le comte
de provence second fils de feu M. Le Dauphin et petit fils de
Louis 14. L’ hyvert fut long, il y eut de la neige sur pila
jusqu’au dix ou douze de may. et au commencement dudit mois
rien n’avoit poussé, les chaleurs vinrent tout acoup et se soutin
rent. il y a eu une secheresse considerable depuis la fin de juin,
jusqu’au douze septembre, on ne vit pas tomber une goutte de
pluye dans ce païs ; il y eut des raisins qui se secherent sur le sept
la recolte de vin fut modique, et le prix a la recolte fut de 17 lt a 20 lt
la recolte du bled fut assez bonne et le prix fut de 7 lt a 8 lt froment
6 lt a 8 lt le seigle. environt la toussaint il diminua .

—  —  —

Chassagny

BMS
1772
collection communale
48 GG 5

vue / 6

folio verso

1772

météorologie

(info http://www.carnets-voyage.com)

L’hivert de 1772 ne fut pas violent, cependant le froid continura
par intervale jusqu’au mois d’avril, il tomba encore un peu de neige
vers le vingt dudit mois, il gela même un peu le 20 et 24.
vers le milieu de mois de may une bize forte et froide fit quelque
mal aux seigles qui etoient en fleurs. le temps s’echaufa au
commencement de juin et la chaleur devint bientôt excessive, et se
soutint jusqu'au mois de septembre. depuis le commencement
du mois de may jusqu’au 8 ou 10 septembre il ne tomba presque
point de pluye, la secheresse fut nuisible aux petits grains, chanvres
et legumes et fut si grande que / une partie / feuilles des arbres devint jaunes
et tomba. Il plût en 7bre et apres cette pluye les arbres reverdirent,
pousserent des Bourgeons et quelques uns fleurirent.
     grand nombre de terres n’avoient pu etre versées a cause de la
secheresse, apres la pluye on les versa et on sema en même tems.
la Recolte du grain fut tres médiocre cette année ; Le prix du
froment fut de six livres dix a 7 lt jusqu’au mois de novembre et
décembre, alors le prix fut de 5 lt 10 S a six francs, et le seigle qui
depuis la recolte s’etoit vendu cinq francs et cinq et demi, se
donna a quatre livres cinq.. et 4 lt 15.
   La recolte du vin fut abondante. avant les vendanges le vin
se vendoit 16 lt 18 lt apres les vendanges il se donna a 10 lt même a 8 lt
ce vin etoit de tres petite qualité. il y en eut qui aigrit dans les cuves
il s’en trouva de tourné avant la noel, et quand on le voituroit
un peu loin, il se gatoit.

—  —  —

Chassagny

BMS
1773
collection communale
48 GG 5

vue 7 / 7

folio 197

1773

froid

neige

19/06/1773

grêle

 

(info http://www.carnets-voyage.com)

 

1774 / 3 /.    1773

Il n'est ne s’est rien passé de Remarquable cette
annee 1773 . Le mariage du comte d’artois avec une princesse
de piemont qui passa a lyon le 8 novembre
   Le printems a été tres froid une Bise glaçante a duré jusqu’au
douze de may et en ce tems il y avoit encore deux pieds de neige
sur le pila ; il na La chaleur n’a commencé qu’au mois de juillet.
Le dix neuf de juin il tomba un peu de grêle dans le bas de la
paroisse qui fit peu de mal. La saison a été tres tardive
La Recolte du vin a été honnête, et il s’est vendu de huit a dix
francs. La Recolte du bled a eté de même et le prix de six
ou six livres dix. le froment p[ou]r le seigle est de quatre livres
cinq quatre livres quinze. il y a eu pendant l’eté une sechesse
secheresse qui a brulé toutes les legumes .

—  —  —

Chassagny

BMS
1774
collection communale
48 GG 6

vue 7 / 9

folio 6 verso

1774

météorologie

12/11/1774

froid

 

(relevé Geneadom)

 

(...)
   il n'y a rien eu d'ailleurs de bien remarquable, l'hyvert a été assez
doux, quoiqu'il ait fait des jours tres froids. Le mois de mars a été beau
et chaud. toutes les plantes ont poussées. on a eu des seigles epiez
au 23 mars et des vignes feuillées, la forme paroissant a la fin
dudit mois. mais les jamais la recolte n'eut plus belle apparence ;
mais les mois d'avril, may et partie de juin, ont été nébuleux, froids
et pluvieux, de sorte que la recolte a été reduite presque a rien, l'herbe
a suffoqué les bleds, les froment dans les terres gouteuse ont peri,
la plupart des cultivateurs, n'ont recueilly que la semence, les uns plus
les autres moins. ainsi la recolte du bled a été tres peu de chose, non
seulement a chassagny mais dans une partie du lyonnois, du forest
et du dauphiné. heureusement, la bresse et la Bourgogne ont fourni.
Le prix du froment a été de cinq livres dix, a six livres quinze.
Le prix du seigle de quatre livres, et quatre livres quinze.
    L'eté a été tres sec depuis le milieu de juin jusqu'a la fin du
mois d'aoust point de pluye, par la les legumes et menus grains
ont eté brulés par la chaleur. La recolte du vin a été a peu pres
honnête. Le prix est de dix a douze francs l'anée. un froid
violent a commencé le 12 novembre, mais il na duré que jusqua la
fin dudit mois. L'avoine / prix / de quarante a cinquante sols.

—  —  —

Saint-Clair-du-Rhône

Condrieu


AD 38
BMS
1765 - 1792
collection communale 9NUM/AC378/3

vue 29 / 137

1749 - 1792
collection départementale 9NUM/5E379/2

vue 90 / 197

19/01/1774

froid

 

(info sur histoire-genealogie.com/)


Le 19e j[anv]ier 1774. jay baptisé dans leglise de St Clair dans / un / le temps que
le rhôsne etoit si gros que la barque ne passoit pas et qu'il faisoit un grand
froid antoinette Grangé, née d’hyer fille naturelle et legitime de Louis
grange, et d’antoinette Clamaron x°/ demeurant aux roches / parr[oi]sse de Condrieu Le parrain a ete S[ieu]r estienne vialet et la marraine antoinette brondel x° ses peres et meres
présents Joseph dûtrieux, antoine brondel illiterés, Le parrain a signe le present
ainsy l’atteste   E. Viallet

Le 19e j[anv]ier 1774. jay baptisé dans l'eglise
de St Clair dans un temps que le rhôsne etoit si gros que la barque ne passoit pas et qu'il faisoit un grand froid antoinette grangé née d’hyer fille naturelle et legitime
de Loüis grange et d’antoinette Clamaron ses pere et mere demeûrant aux roches parr(oi)sse de Condrieu Le parrain a êté S(ieur) estienne vialet et la marraine antoinette brondel, presents Joseph dutrieux et antoine brondel illitéres Le parrain a
signe le present ainsy l’atteste

E. Viallet

—  —  —

Chassagny

BMS
1775
collection communale
48 GG 6

vue 7 / 7

folio 18 verso

1775

météorologie

(relevé Geneadom)

observations

il ne s'est rien passé de remarquable en 1775. l'hivert a
été tres sec il n'est [tommbé] presque point de neige ni pluye ; il a eté
aussi tres doux. il fit une petite pluye le seize d'avril sans quoi
les bled ne pouvoit pas lever, de la il n'a pas plu jusqu'au milieu
du mois d'aoust. depuis ce tems les pluyes ont eté frequente
jusquapres noël. la recolte du bled a été abondante dans tous
les païs, le prix du seigle a été de trois dix. trois livres quinze
le prix du froment de cinq francs cinq francs et quinze.
La recolte du vin a été aussi assez abondante, et plus ailleurs
qu'a chassagny. L'anée dans ce païs a eté de 8 lt a 10 lt en general
les vins n'ont pas été bons, acause des pluyes abondantes..

—  —  —

Blacé

BMS
1776
23 GG 4
collection communale

vue 18 / 19

folio 20 = 68

19/07/1776

grêle

(relevé Geneadom)

(...) En 1776 le 19 juillet la grele a presque ravagé
toute la paroisse.

—  —  —

Chassagny

BMS
1776
collection communale
48 GG 6

vue 9 / 9

folio 31 verso

1776

météorologie

(relevé Geneadom)

1776

il n'y a rien eu de remarquable cette année 1776. l'hyvert
L'hyvert a été long et violent, surtout les derniers jours de
janvier, ou le froid a été / plus / grand qu'en 1709. d'un degré et
demi, a lyon et a paris ; il y a eu de la neige pendant plus de
trois semaines, sans quoi les bled auroient souffert / et  / encore
plus les vignes, dont une partie des cornes qui etoient hors de la
neige a sechée. depuis la fonte des neiges arrivée au commence
ment de fevrier, il n'est presque point tombé de pluye jusqu'au
mois d'aoust. les bled dans ce païs avoient tres peu de paille
et dans la plus grande partie l'épi n'etoit pas a un pied de
terre, et tres peu grainé, aussi la paille se vend cinquante sols
le quintal, et le foin quatre livres, quatre livres et demi, et
s'est vendu plus de 5 lt francs* a lyon. le froid a duré jusqu'au
commencement de juin pas une bise noire. le 7 et le 8 de may
les montagnes couvertes de neiges jusqua chausan et
echalas. La recolte du bled a été tres petite cependant le bled
a diminué au lieu d'augmenter. le froment / se vend / depuis quatre livres dix sols
jusqu'a cinq livres cinq sols. le seigle se vend depuis trois francs
jusqu'a 3 lt 10 S l'avoine quarante sols. la recolte du vin n'a a été
a peu pres honnête, et se vend de dix a douze livres l'anée.

* Le curé utilise indifféremment l'unité "livre (tournois)" ou l'unité "franc" qui sont équivalentes, mais ici il a mis les deux ! NDLR

—  —  —

Chassagny

BMS
1777
collection communale
48 GG 6

vues 9 et 10 / 10

folio 45

1777

météorologie

25/05/1777

neige

31/10/1777

orage

crue

inondation

(relevé Geneadom)

 

   1777

L'hivert de cette année 1777 ne fut pas des plus rudes quoique
la terre fut couverte de neige presque tout le mois de janvier. le
tems se mit au beau vers la fin de feuvrier, et mars fut plus
chaud que les trois mois suivants, il fallut se chaufer jusquala
fin de juin, et garder les habit d'hivert jusqua la fin de juillet,
acause des pluyes froides et continuelles. tous les arbres avoient
fleuris au mois de mars, les fleurs ayant été brulées par les gelées
du mois d'avril, il n'y a eu aucune espece de fruit. cependant les
vignes ont eu peu de mal dans ce païs. Le 25 de may il tomba
beaucoup de neige sur les montagnes, qui fondoit ici en tombant
et qui habita plusieurs jours sur pila.* on ne croyoit pas que les
raisins pussent murir, mais une chaleur excessive depuis les premiers
jours du mois d'aoust sans aucune pluye, jusqu'au commencement
d'octobre accelera la maturité, et les vins ont été bons. on
n'avoit pas pû préparer les terres pour semer acause de la secheresse,
cependant plusieurs essayerent de semer, et quelquesuns ouvroient le sein
de la terre avec quatre boeufs et une charrüe pour y cacher les grains
et ces bleds sont beaux, / a present # / les autres n'ont semé que bien tard, grand
# janvier
nombre l'ont fait apres la toussaint et quelques uns jusqu'au 25 novem
novembre, ces bleds n'ont point encore sortis de terre, la gelée les y
a renfermer. Le mois de mars nous apprendra s'ils reussiront. la recolte
du bled a été assez modique (avec beaucoup de paille) son prix a été
de quatre francs et cinq jusqu'a cinq francs et le seigle de trois livres cinq
trois livres dix, six livres. Le vin s'est vendu depuis les vendanges
de quatorze a seize francs lanée ; l'avoine quarante sols.
        Le trente un du mois d'octobre apres un vent du midi qui avoit duré
trois jours le ciel se couvrit, des tonnerres affreux commencerent sur
les deux heures apres midy et continuerent toute la nuît suivante
la pluye qui n'etoit pas bien abondante a chassagny fut telle qu'on en a
jamais vû du côté de la montagne sur tout depuis Saint maurice
jusqu'a iseron, et a faît un degat affreux ; le ruisseau de mornantet

s'eleva prodigieusement, il y avoit trente pieds d'eau, et son
lit qui n'etoit ordinairement que de huit ou dix pas en
avoit plus de cinquante ; tous les bords et même le lit du
torrent etoit rempli d'arbres qui ont tous été entrainées, et
toute la terre qui etoit proche. Les cheneviers, les vergers, les
prez qui joignoient le ruisseau ont êté detruit, ravagez, sans
quil en reste ni traces ni vestiges. les eaux trainoient avec elles
une forest de bois, qui ont balayé tout le terrain, il n'y a plus
que le roc.

* Le massif du "Pilat" situé à un trentaine de kilomètres au sud-ouest de Chassagny culmine au "Crêt de la Perdrix" à 1 431 mètres d'altitude. NDLR

—  —  —

Chassagny

BMS
1778
collection communale
48 GG 6

vue 9 / 9

folio 56

1778

météorologie

(relevé Geneadom)

 

1778

il ne s'est rien passé de particulier cette année 1778. l'hivert fut long
quoiqu'il ne fut pas des plus rigoureux, le printemps sec, il pleut a la fin, c'est
a dire a la fin de may. depuis le commencement de juillet, ou commencerent les
chaleurs, point de pluye jusqu'au mois de septembre. les chaleurs ont eté
excessives pendant juillet et aoust, et la secheresse extreme, depuis la fin
d'octobre jusqu'a noël les pluyes ont été continuelles, toutes les rivieres
debordées, une partie des terres a demeuré sans etre ensemencées
non seulement dans ce païs, mais dans le forez dans la Bresse &tc. le
bled froment etoit a cinq francs et le seigle a moins de quatre, il est monté a
cinq apres la toussaint et le froment a sept livres. la recolte du bled a été
modique, aussi bien que celle du vin qui se vandoit 16 a 18 lt l'anée
depuis les vendanges jusqu'au mois de decembre ; depuis ce tems il ne se
vend plus que quatorze a quinze l'anée.

—  —  —

Chassagny

BMS
1779
collection communale
48 GG 6

vue 8 / 8

folio 67 verso

1779

mauvais temps

(relevé Geneadom)

 

1779

L'hyvert de 1779 a été violent et long. un brouillard froid couvrant la surface
/ de la terre / fit beaucoup de mal aux bleds qui avoient tous été semez dans une
automne humide et pluvieuse. aussi la recolte du bled a été tres modique
dans toutes les provinces du midy de la france ; le fourrage n'a eté quau
tiers au quart de l'année precédente ; mais en compensation la recolte du vin
a été plus abondante qu'elle n'avoit été depuis trente ans. le
prix du vin avant la recolte etoit encore de quinze a seize francs, a la
recolte quelque particulier l'ont vendu dix a 12 lt. depuis les vendanges aucun
marchand ne s'est presenté. a present dans la foire des Rois, le prix est
depuis six francs jusqu'a huit l'anée, et encore personne n'en veut ; on ne
croit pas qu'il se garde, il y en a même déjà beaucoup de tourné, ce qu'on
attribüe a la grande chaleur qu'il a fait pendant le mois doctobre
qui a fait travailler le vin longtemps. les vendanges etoient finies au 25 7bre
le bled a été cher toute l'année, le prix du froment est ou eté depuis six
livres cinq jusqua sept livres dix sols et le seigle depuis quatre jusqu'a
cinq livres ; il ne diminuera pas jusqu'a la recolte. les semailles ont été belles
et les bleds qui sont en terre ont le plus belle apparence de  nous procurer
l'abondance.

—  —  —

Chassagny

BMS
1780
collection communale
48 GG 6

vue 10 / 10

folio 82

1780

météorologie

06/11/1780

neige

(relevé Geneadom)

1780

cette année l'hyvert a été long quoiqu'il n'ait pas été bien violent, il fit
beau tems jusqu'a noël et les bleds se fortifierent beaucoup de façon que
dans les bons fonds on y mettoit les moutons au mois de fevrier, le printemps
fut frais. depuis le mois de mars il ne tomba point de pluye a humetter la
terre a deux doigts de profondeur jusqu'au milieu du mois d'aoust quil plut
assez, les meilleurs puits ont manqué d'eau, il y a eu tres peu de fourrage
et point de chanvre qui a seché a un pied d'hauteur ; la recolte du bled
a éé abondante, il y a plus de vingt ans qu'on n'en avoit pas une
semblable ; le prix du bled qui etoit de 7 lt est venu a 5 lt et le seigle
a 3 lt a present en janvier il a un peu monté. la recolte du vin a eté
assez bonne on la vendu de 8 a 10 lt jusqua noël a present, on ne le vend
que six a sept francs. le froid a commencé a la toussaint, le 6 novemb[re]
il est tombé demi pied de neige

—  —  —

Ampuis

BMS
1781
7 GG 21
collection communale

vue 19 / 19

folio 12 = 154

1781

grêle

(relevé Geneadom)

(...) L'année a eté tres abondante en vin quoique
la grele soit tombée en assès grande abondance le jour de la St jean elle n'a pas
nuit à la qualité.
Le bled à eté rare et de bien mauvaise qualité //

—  —  —

Chassagny

BMS
17
collection communale
48 GG 5

vue /

folio

1781-1782

météorologie

 

(info http://www.carnets-voyage.com)

L'hyvert de 1781 a eté long quoiqu'il nait pas été des plus rudes, le printems a été
pluvieux. Les pluyes presque continuelles ont continuées jusqu'au jour et fete de St pierre*
que le tems devint beau ; depuis ce jour jusqu'au mois daoust point de pluye et depuis
le mois d'aoust jusqu'apres la St martin* secheresse, de sorte qu'il n'y a point eu de l'eau dans les petites
rivieres, mornantet, garon, Giers, jusqu'apres noël. l'automne a eté chaude et douce, il
n'a point gelé jusquau quatorze janvier 1782

* La Saint Pierre se fête le 29 juin et la Saint Martin le 11 novembre. NDLR

—  —  —

Souzy

BMS
1782
178 GG 3
collection communale

vue 4 / 6

folio 51

04/08/1782

foudre

(info http://voyage-dans-le-temps.over-blog.org, relevé Geneadom)

Ce jourd'hui sixième aoust Mil sept cent quatre vingt
deux jean Antoine Dusurget fils legitime de joseph Dusurget
habitant de la paroisse de Meys et d'Antoinette Mure
agé de vingt ans environ ayant eté tué par la foudre le cinq / quatre

dudit mois dans le choeur de l'eglise de Souzi le Fenoil
pendant les Vespres a été enterré par le soussigné dans le
cimetiere dudit Souzi en presence de Mathieu
antoine et Pierre Bally tous deux habitans du
dit Souzi qui ont declaré ne scavoir signer de ce
enquis.                                      Lambert curé

Ce jourd'hui sixième aoust mil sept cent quatre vingt deux
jean Antoine Dumont habitant de Souzi le Fenoil agé de vingt
huit ans environ fils legitime fils legitime d'antoine dumont aussi habitant
du dit Souzi t de Jeanne Bonnard, ayant eté tué par la foudre
dans le clocher du dit Souzi pendant les Vespres, le cinquieme / quatrieme /
du dit mois a eté enterré dans le cimetiere du dit Souzi par le
soussigné en presence Mathieu antoine et Pierre Bally tous
Deux habitans du dit Souzi qui ont declaré ne scavoir
signer de ce enquis                                      Lambert curé

—  —  —

Chiroubles

BMS
58 GG 4
collectioncommunale

vue  8 / 8

1783

tremblement de terre

éruption volcanique

(info http://pjpmartin.free.fr)

La paix a eté faite cette année avec langleterre après 6 ans de guerre sur mer
conjointement avec nos alliés les americains des 13 provinces unies ; l'espagne, la hollande
nous avons eü aussy cette année des tremblements de terre qui ont engloutis messine
et la calabre ulterieure ; pareil phenomene dans le nord, qui nous a decouvert
une nouvelle isle dans lislande;
le 8 juillet par les dix heures du matin jour de diamanche nous en avons ressenti
une legere secousse dans ce paÿs, la direction etoit du sud au nord.
ou elle a été plus violente.
nous avons eü aussÿ pendant six semaines de lété dernier le 13 juin
jusqu'a la fin de juillet des brouillards secs, tellement qu'ils ne ternissoient
point une glace, et ne liquifioient point le sel; si epois qu'en plusieurs endroits
a peine voÿoit on se conduire et y aiont couvert generalement tout lhorison
et repandus sur toute l'europe.
tels sont les phenomenes inouis* arrivés dans le cours de cette année 1783
poit de commece, l'argent d'un rare extraordianire
jaÿ fait poser aussÿ les vitraux a la nef de léglise du coté du midy [?]

orate pro me successoris dignissimi**

NDLR

* Voir ci-dessous à Azolette

** "Priez pour moi dignes successeurs" (lat.)

—  —  —

Azolette

BMS
16 GG 2

vues 8 et 9 / 9

folio 219

1783

tremblement de terre

éruption volcanique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(info http://pjpmartin.free.fr)

Remarques sur l'année 1783

L'année 1783. fut remarquable par plusieurs grands événemens, la paix
fut conclue entre la france, l'angleterre et les Etats-unis d'amérique.
   La Sicile et la Calabre furent bouleversées par de fréquens et violens
tremblements de terre. La ville de Messine fut presqu'entièrement abimée ;
on fait monter à environ cent mille ames, le nombre de ceux qui périrent
dans les différentes secousses qui bouleversèrent une grande partie de l'italie
méridionale, nous eumes ici en février de cette même année des vents très
violens, qui se soutinrent depuis le commencement jusqu'à la fin de ce
mois. C'est précisément à cette époque que le fond de l'italie essuya les
plus violentes commotions.
      ces désastres ne pouvoient manquer de faire grand bruit dans toute
l'Europe. dans ce païs-ci le peuple se persuada que nous allions être tous
engloutis ; pleins de cette idée quelques-uns se confesserent comme devant
bientôt mourir. j'en ai trouvé qui m'ont demandé très sérieusement si je
ne savois pas qu'il devoit y avoir un tremblement de terre général qui
devoit nous abîmer. il est aisé de sentir que cette opinion du peuple
avoit son origine dans les calamités qui désoloient l'italie.
     Quoiqu'il en soit, il y eut effectivement dans ces montagnes une très
légere secousse de tremblement de terre, le dimanche 6. juillet, vers les dix
heures du matin, elle fut si peu sensible que je ne m'en apperçus pas.
cependant plusieurs personnes, les bergers sur tout qui étoient dans les champs,
ceux qui gardoient pendant le service divin, à Propiere, à St Germain
et ailleurs, dirent avoir senti une secousse, et avoir entendu un bruit
semblable à peu près à celui que feroit un char roulant. je suspendis
mon jugement à cet égard. je pris une connoissance exacte du jour et de

l'heure ; et je fus convaincu de la vérité du fait, après avoir reçu plusieurs
lettres de Bourgogne, qui toutes convenoient sur l'heure, le jour et le moment
précis où la secousse s'étoit fait sentir ici. la commotion / fut / bien plus sensible
à Beaune, à Châlon, à Senecey, &c que dans nos régions, et la frayeur aussi
par conséquent.
     Cette commotion fust préceddée d'un phénomene singulier, lequel ne
l'annonçoit pourtant pas. dès le quinze juin l'air se couvrit d'une espece de
brouillard très peu dense*, qui n'empêchoit pas que le soleil ne dardât tous ses
feux, mais il étoit d'une rougeur sanguinolente, cela dura / ici / environ quinze jours, et
près de trois semaines en Bourgogne. personne ne se souvenoit d'avoir rien vu
de semblable, en été surtout. quelques physiciens prétendirent que ces vapeurs
qui occasionnoient cette rougeur extraordinaire du soleil, étoient une suite des
tremblemens de terre de Messine et de la Calabre ; mais ce qui paroit détruire
cette opinion, c'est que ces vapeurs et cette couleur écarlatte dans le soleil
furent aussi sensibles à Stokolm et dans tout le nord de l'Europe qu'ici**.
   La récolte de toutes les espèces de grain fut très médiocre, le froment
valut cinq livres, mesure de Chauffaille, et le seigle, trois livres douze sols.
on recueillit pourtant tout sans accident.

NDLR

* Il s'agit de l'éruption du "Lakagígar", ou "Laki", ensemble de plus de cent cratères volcaniques du sud de l'Islande alignés sur une fissure de 27 kilomètres de longueur. Ce sont les poussières de cette éruption gigantesque appelée "Skaftáreldar", (en français « feux de la Skaftá ») débutée en 1783 et considérée comme la plus importante éruption lavique de tous les temps, qui voilent le ciel. Elle eut d'importantes conséquences en Islande (famine de la Móðuharðindin), mais ausssi dans tout le reste de l'Europe. Voir ci-dessous année 1785.

** Excellente déduction de ce prêtre qui logiquement situe l'origine de ses brouillards au nord de l'Europe.

—  —  —

haut de page
Azolette

BMS
16 GG 2

vues 6 et 7 /  7

folio 233

1785

froid et neige

sécheresse

 

 

 

 

 

 

 

(info http://pjpmartin.free.fr)

Remarques sur l'année 1785

L'hiver de 1785 sera longtemps mémorable par la grande abondance de ses
neiges. la campagne fut couverte durant six mois, à peu près ; c'est à dire
depuis le mois de Xbre 1784. jusques vers la fin d'avril 1785. comm'il en
étoit beaucoup tombé durant l'hiver de 1784, on n'eut jamais imaginé que
le suivant en donneroit encore une plus grande quantité. On fut trompé.
Il en tomba à deux ou trois reprises jusqu'à 13 ou 14 pouces ; ce qu'il y a
de singulier, c'est que le païs plat, à notre couchant et à notre levant
en eut une plus grande quantité que nous. Il s'en fit partout en rase
campagne, comme dans nos montagnes, des amas très considérables, ces amas
furent surtout occasionnés par une bize violente qui s'éleva le dimanche
de la Passion, 13 mars, à la suite d'une grande chûte de neiges, les
chemins se trouvèrent obstrués partout dans la plaine comme dans les
montagnes, c'est un fait dont je pourrois prendre à témoin toutes les provinces
qui nous environnent. Ces neiges du mois de mars ne furent pas les dernières,
les chûtes du mois d'avril ne furent guère moins abondantes. On m'en croira
si l'on veut, mais je certifie que le 14 avril, étant à Chalon-sur-Saône,
j'ai vu de mes deux yeux, sur la place du Châtelet, un tas de neiges de
la hauteur au moins de 14 pouces. Il y auroit à parier que pareille chose
ne s'étoit vue depuis plus d'un et peut-être de deux siècles.
     Le mois de mars fut ici le plus froid de l'année; et au rapport de plusieurs
personnes, le plus froid qu'elles euserent encore vu.
L'été ne nous donna pas de grandes chaleurs, et ne feut du tout point
orageux. il y eut peu de paille, mais beaucoup de grain. à tout prendre
la récolte de 1785 fut assez bonne. aussi les grains ne haussèrent ils pas
de prix. jamais on ne vit une aussi grande quantité de vin : la Bourgogne

ne savoit que faire des siens. il y eut des partculiers dans cette province
à qui les tonneaux et les frais d'amas coutèrent plus que ne leur
rendirent leurs vins. ils étoient à rien. personne en Bourgogne ne se
souvint d'avoir vu une année aussi abondante. le Beaujollais néquivalut
pas tout à fait pour la quantité des vins à la Bourgogne. cependant il
en fit encore beaucoup plus qu'il n'auroit voulu. il semble que l'abondance
auroit dû produire dans ces provinces la richesse ; le contraire arriva.
la futaille et les frais d'amas ruinèrent le cultivateur. les vins furent à si
bas prix, que le vigneron ne fut que faiblement dédommagé de ses peines.
il ne lui resta presque rien sur sa vente, le prix des tonneaux et les frais
de vendange défalqués. on avoit du vin, et du bon vin tant qu'on en
vouloit, pour quarante livres la botte. on en avoit même à moindre prix.
L'avantage de fut donc que pour les consommateurs. aussi les plus petites
gens et les mendians eux mêmes eurent-ils du vin; et telle fut la principale
source des désordres à leur comble depuis la fin de 1785 jusques vers le
milieu de 1786. et même au delà. le commerce etant devenu florissant
dès l'année 1784. et le vin etant à rien après la vendange de 1785. le
menu peuple fut absolument indisciplinable. (voyés les remarques sur 1784.
et 1786.)
    Les chanvres réussirent très bien en 1785. et passablement les deux années
suivantes.
    L'automne fut singulièrement sèche. la plupart des sources tarirent,
celles-là même qui de mémoire d'homme n'avoient pas été desrechées
ce qui étonnera, c'est que le 25. 9.bre les sources n'étoient point émues,* et
qu'on ne savoit où prendre de l'eau.

* En ancien français "ému" signifie aussi "mis en mouvement, bougé, agité, soulevé". On pourrait également faire le parallèle avec le "trouble" de l'émotion, dans ce cas les sources n'ont pas encore été troublées (par les crues d'automne). NDLR

—  —  —

Azolette

BMS
16 GG 2

vue  7 / 8
folio 242

1786 - 1787

grêle

douceur

(info https://www.histoire-genealogie.com)

(...)
L’année qui s’annonçoit pour devoir être tardive ne le fut pourtant pas.
lLes quinze derniers jours de juin furent très orageux. nous
partageames la frayeur, mais non pas le malheur de bien des païs.
l
a grêle emporta tout le 15 juin, jour de la fête Dieu, depuis
les environs de St. Bonnet de Joux jusqu’à Baudrière de l’autre coté
de la Saôn. douze lieues de terrain en longueur, sur cinq quarts de
lieue en largeur furent écrasés. Severey le grand* en partie Bourgogne
fut haché avec ses environs. les 14. et 16. du même mois furent
encore funestes à Tournus, et à ses alentours, et à d’autres paroisses de la
Bourgogne. l'été ne nous donna pourtant presque point de chaleur.
L’hiver ne nous donna de la neige qu’une seule fois, et celle qui
tomba les 1ers. jours de 9bre / 1786 / fut à peu près la dernière. la
température fut douce en janvier et février 1787.

* Probablement la commune de "Sevrey" en Saône-et-Loire près de Chalon. NDLR

—  —  —

Albigny-sur-Saône

BMS
1788
collection communale
3 GG 4

vue 10 / 10

déc. 1788

froid

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

Dans le mois de decembre 1788 le thermomêtre est
descendu à 17 degres et demi au dessous de la glace. Le froid s'est
soutenu dans ce degré de rigueur pendant tout le
mois. neammoins les arbres n'ont pas eté endommages et la
recolte à été en 1789 mediocre en blé et vin

—  —  —

haut de page
Charentay

BMS
1788
collection communalle
45 GG 5

vue  8 / 8

1788

froid

débâcle

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

L'hiver a eté très rigoureux. Le froid a commencé
le 20 9bre 1788 et a tous les jours augmenté jusqu'au
13 janvier, a l'exception du jour de noel que l'on crut
etre arrivé au degel, et de deux autres jours ou il tomba
de la neige.
Le vent du nord qui domina pendant
tout le tems a la suite des brouillards qui avoient tenu
pendant 15 jours au moins et qui avoient occasionné une
épidemie connue sous le nom de Brienne, ne permettoit
presque aucune communication d'une paroisse a l'autre.
Les chemins remplis de glace etoient impraticables et
causerent plusieurs accidents. La farine devint si rare que
meme dans les villes que le dimanche 4 janvier Mr le
lieutenant général de villefranche et Mr. le procureur
du roi firent perquisition dans les maisons de St george
et firent enlever au profit de leur vill, 14 sacs de farine
qu'ils paierent et qui n'etoient pas absolument nécéssaires aux
propriétaires. Mr rey lieutenant général de police de
Lyon fit des prodiges en procurant du pain a cette ville
et 800 bennes de charbon de terre qui arrivoient
tous les jours. Le rhône et la Saone gelerent

dans le courant de decembre et les glaces
ne partirent que le 17 janvier # Le pont de Sereins
fut entierement emporté ainsi que tous les moulins qui
etoient sur le rhone, a l'exception de deux, et plusieurs
plattes. malgré toutes les précautions, on n'a pas idée
des ravages que le degel occasionna, et cet hiver
a surpassé celui de 1709. il y eut beaucoup de morts
malades et de morts.
# depuis midy et demi jusqu'a 4 heures. ce qui fut repeté
au départ des glaces de macon le 18, 19 et 20.

—  —  —

Chiroubles

BMS
1788
collection communale
58 GG 4

vue 8 / 9

folio 157 verso
et 158

1788

froid

sécheresse

débâcle

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

Nous avons eü cette année l'hyver le plus froid et le plus rigoureux; qu'on aÿe
vü de memoire d'hommes, même les plus agés; au point que les thermomettres
sont desscendus 5 degrés au dessous du froid de 1709..
Il a commencé le 25 9bre de cette année 1788 par des gelées si violentes
que la Saône, le rhône, la loire, toutes les rivieres navigables ont eté arrettées
et toute communication, jusqu'au 25 j[anvi]er. les bords de la mer, memes glacées.

la secheresse commencée au mois d'8bre, et qui a accompagné le froid
a été cause et aussÿ que l'on ne pouvoit moudre; et que le pain a
manqué, même chéz les boulangers, pendant une 15[ain]e de jours; ce qui a
occasionné beaucoup de misères, comme le defaut de bois et de toute provisions
dans les villes surtout et dans les campagnes; tout le monde aÿant eté
surpris par cet hÿver précoce et rigoureux.
Beaucoup de personnes sont peries par le froid;
Le debacle des glaces; qui avoient jusqu'a 18 pouces et 20 dépaisseurs, ont
entrainés des ponts, sur les rivieres de la Saône et de la Loire ; des villages entiers
submergées ;

—  —  —

Lentilly

BMS
1788
collection communale
112 GG 6

vues 13
et 14 / 14

1788

1789

froid

pluie

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

La fin de l'année a été remarquable par un froid
continuel et tres rigoureux depuis le 10e 9bre, la Saone
et le Rhône ont etée gelées, les arbres dans la montagne
ont etés très endommagé par des verglas dont la pesanteur
a cassée des branches qui avoient plus de six pouces de
diametre, le thermometre est descendu le trente un xbre
a 16 degrez 1/3 au dessous de la glace, etant exposé au nord
dans la maison de la chaux de cette paroisse, le bled
vaut sept francs. il est defendu de sortir du bois, du charbon

et de la farine de la ville de Lyon parce que les deux
rivieres qui l’aprovisionnent n'ont pu fournir ni
dans l'automne par deffaut d'eau ni dans l'hyver
par rapports aux glaces. Les moulins d'eau ne
peuvent moudre, de sorte que les pauvres ouvriers
de Lyon auxquels le travail manque encore
sont dans la derniere misere : ce jourdhui 7 janvier
1789 le thermometre est encore a 12 degrez au
dessous de la glace; de mémoire d'homme on ne
se rappelle d'avoir eu un hyver aussi constament
rigoureux. c'est peut être parce que l'hyver precedent
a eté des plus doux et des plus courts. dieu preserve
nos successeurs de voir deux hyvers reunis
dans le même tems : le printems et l'eté ont etés
tres pluvieux, mais depuis le milieu d'aoust le tems
a eté tres sec, nous avons eut peu de bled et beaucoup
de vin

—  —  —

Les Haies

BMS
1788
collection communale
97 GG 4

vue 7 / 8

folios 176 verso et 177

1788

froid

neige

vent

sécheresse

pluie

gelée

débâcle

(info abbé Jean Canard, relevé Geneadom)

L'hyver de 1788 à eté très doux il n'a tombé de la
neige qu'une seule fois, en petite quantité et qui n'a pas
séjournée, il a fait seulement un temps mal plaisant
jusqu'aux environs de pentecoste quelques legeres
pluyes et le beau tems ont remis la recolte qui à eté
cependant très mediocre en grain l'humidité convenable
et la grande bize leur aiant porté domage dans un tems
la secheresse à eté de longue durée faisant craindre
pour les legumes qui ont manqué, il y a plus du vin qu'on
n'esperoit aussi atil eté très bon marché a 7. ou 8. livres l'anée
on craignoit de ne pouvoir semer lorsqu'il est survenu de la pluye
avant la Saint Michel les premieres semences sont de belle
apparence après les grandes pluyes ont retardé les semailles
et causé quelques degats. on à eû ensuitte une belle automne
il pleuvoit du temps des vendanges qui ont eté precoces. La bize
a commencé à se faire sentir aux environ de la St Martin
quelque gelée par intervalle le 24 / N[ovem]bre / bize froide et gelée
toujours en augmentant avec de la neige qui a fait beaucoup des
consaires* Le 14 un peu de pluye qui a gele pendant la nuit, qui a
causé aux arbres un mal inconcevable par la quantité de givre
qui y etoit attaché qui a couché et rompu beaucoup de branches

et meme des arbres entiers il avoit tellement verglacé qu'il
n'etoit guere possible de se tenir le froid encore plus rude
qu'auparavant a augmenté en l un tel point qu'il a surpassé
celui de 1709 de deux degrés, de tems en tems de neige
avec des bizes des plus rudes, On a passé sur le rône pendant
plus de 15 jours mème avec des charettes le plus grand
froid sur la fin du mois la veille du jour de l'an la veille des
rois. ensuite un grand vent qui pouvoit passer pour une
tempete, au milieu du mois de janvier qui ont fait fondre
les neiges les glaces en partant ont emporte deux ponts
les batteaux fabriques et moulins depuis lion jusqu'en
provence ont n'a jamais vû un si grand desastre; la
farine commencoit a manquer presque a tout le monde
le bois les truffes presque toutes gelées on à eté a la
veille d'une famine generale, beaucoup de personnes trouvees
mortes de faim ou de froid, on peut assurer qu'aucun
homme vivant n'a vû tant de miseres réünies, il n'y a plus
des moulins sur le rône qu'a lion ou il reste 3 ou 4. le rône
la sonne et autres rivieres ont tellement cruées qu'elles
ont inondées les campagnes, il seroit trop long de donner
toutes choses en detail. Graces a dieu le beau tems est venu
il faut lui demander la continuation Ce 1er f[evri]er 1789

Bernard cure des hayes

* Probablement mis pour "congères". NDLR

—  —  —

Pouilly-le-Monial

BMS
1788
collection communale
159 GG 3

vue 7 / 9

folios
220 verso et  221
ou
6 verso et 7

1788

grêle

froid

débâcle

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

Nota. nous avons eu cette année la grêle le 13e
juillet qui jointe avec un petit animal que lon
peut appeller petit anneton parcequil en a la
forme et qui a rongé nos vignes nous a emporté
un bon tiers de la récolte du vin. cette meme
année il a fait un froid des plus longs puisquil a
duré depuis le millieu de novembre jusqu'au douse
janvier 1789. il a été aussi des plus rigoureux, la
Sonne et le Rhône ont été passés sur la glace qui
a été sur la Sonne de quatorse pouces depaisseur.
le degelel du Rhone arrivé le 14 janvier 1789 a

causé les ravages les plus affreux, yous les moulins et autres des
bataux ou artifices qui etoient sur le d[i]t Rhone ont été
ou emportés ou coulés a fond ou considerablement endo-
magés, ainsi que le pont appellé morand qui eprouvée
quelques echeques dans ses eperons. le degele sur la
Sonne arrivé le 17e janvier a cause les mêmes ravages
le pont appelé de Serin a été emporté, et le pont
d[i]t de St Vincent a seulement eprouvé quelque dommage

—  —  —

Brussieu

BMS
1789
31 GG 6

vue 8 /11

1788 1789

froid

(info http://glaciers-climat.fr/, relevé Geneadom)

L'hivers a été si long et le froid si vif qu'aucun homme ne se rapelloit
davoir vu un tel hivers, le froid commenca le 249bre 1788, fut si excessif
le 31 Xbre 1788, 5 et 7 janvier 1789 qu'il surpassa les hivers de 1709.
de 1728. 1740. et 1766. - le dégel arriva subitement le 13 et 14 janvier
1789; les rivieres deborderent, et plusieurs personnes furent noyés ;
on avoit traversé le Rhône sur la glace ce qui netoit pas arrivé
depuis 1697.

—  —  —

Saint-Cyr-au-Mont-d'Or

BMS
1789
191 GG 11

vue 21 / 22

10/01/1789

froid

(info Geneawiki)

1789. 10 janv(ier), j'observe que les vins
ne se vendent que 12 l l'anée, que les bleds
valent 8 l 10 S(ols), que le froid rigoureux qui
subsiste depuis le 8 Xbre 1788 est cause que toutes les
denrées sont hors de prix. il n'est aucun ouvrier qui aye
travaillié depuis lesd(its) jours 8 de(cem)bre jusqu'a ce jour 13 jan(vier)
1789. Le Rhosne et la Saone sont gelez tellement qu'on passe avec
des charrettes sur l'un et l'autre fleuve depuis un mois;
Le Sr curé avoit environ 600 beaus charbons de terre, qu'il
a venus sans benefice a ses parroissiens, et qui l'ont
grandement remerciés : le commerce a lyon est totalement
negligé; on a fait fait des quêtes en 1788 et 1789 pour le
soulagement des ouvriers; malgré ces grands secours les
campagnes abbondent en pauvres qui sortent de lyon.

(Ranchon, curé)

—  —  —

Saint-Cyr-au-Mont-d'Or

BMS
1789
191 GG 11

vue 21 / 22

janvier 1789

débâcle

pont perdu

(info Geneawiki)

Le dégel est arrivé le 13 jan(vier) par un vent impétueux, les
glaces du rhosne ne sont parties que le 16 jan(vier), elles ont cassez
et entrainez sept moulins à farine, cassez les autres; entrainé
une frize, une fabrique de chocolat et une autre fabrique
de tinture en cotton aux ouvrages perache; le pont a été
cassé, et n'est point parti. le 17e jan(vier) jour de S(ain)t Antoîne

j'étais à lyon, lorsque les glaces de la saone partirent;
la desolation etoit repandue partout; a midi et demi les
glaces arriverent en si grande abondance, qu'elles
s'arrêtèrent au pont de Serin, pont construit par la charité
de lyon prez les 1eres portes de veize, elles s'accumulerent
tellement, qu'elles renversèrent totalement ledi pont de bois,
très forts, sur le quel les plus grosses voitures passoient,
et ce pont fut ensevelis sous les glaces, qui asa chute, éleva
les eaux et les glaces de façon que tous les batteaux, plattes
furent fracassez et entrainez, passerent sous le pont St
Vincent, et sous celui de Pierre et tout a été perdus; le 20
dud(it) mois le vent tient toujours tres fort, la saone est débordée
les farines et les bleds sont tres rares et tres chers; l'anée de bled
se vend en veize 8 l(ivres) 15 S(ols) le bichet. les vins cette foire
des rois ne valent que 10 a 12 l l'anée, et peu de demandeurs.

--- nota que ledi pont de S(ain)t vincent n'a été qu'endomagé,
ainsi celui S(ain)t Ainan; on a commencé l'an 1788 a
construire un pont en pierres, et sera appellé le pont de
S(ain)t jean; mais quand sera t il finis ? le pont volant
construit sur des batteau pres dedi pont S(ain)t jean, a été
antrainé par les glaces.

(Ranchon, curé)

—  —  —

Saint-Cyr-au-Mont-d'Or

BMS
1789
191 GG 11

vue 22 / 22

25/02/1789
mars 1789

pluie et neige

(info Geneawiki)

le 25e fev(rier) 1789 j'observe que les habitants n'ont pas
travailler leurs vignes depuis le depart desdites glaces,
parcequ'il pleut ou neige tous les jours.
les vins sont portez a 15 l l'anée a la fin de la foire des
Rois, vû qu'on craint que les vignes n'ayent souffert
par les grandes gelées et verglas. le 31 mars j'observe que
tout le mois de mars a été pluvieux, qu'on a pas taillié le quart
des vignes, dans ce moment il tomba de la neige; on ecrira
cy apres ce que la recolte deviendra; le bled vaut 9 l le bichet
et les vins (...)

(Ranchon, curé)

—  —  —

Saint-Sorlin

BMS
1789
237 GG 2

vues 5 et 6 / 6

folio 5

1788 1789

froid

gelée

(info https://forums.infoclimat.fr)

observation sur ladite année 1789

Lhivers a été des plus rigoureux qu'on ait jamais vu. il a
commencé a se faire sentir le quinze novembre. la rigueur du froid
a surpassé la rigueur des hivers 1709 de1765 et 1766
qui furent extrement froids. beaucoup darbres fendus, la
moitié des chatagniers a peris, et prèsque tous les marroniers
les vignes ont été grandement endomagés en plusieurs endroit. Si les
blés n'avoit pas été couverts de nege ils auroit été en grand danger
il a souflé un vent de bize des plus vehements et des plus froids qui
a tellement entroduit le froid dans les batiments qu'il a gelé partout
même dans les caves. les burettes gelent a leglise pendant la messe
on a aussi vu le vin gelér dans les calices. on a vu tomber des
pluyes de glaces, plusieurs oiseaux ont peris on a trouvé des gelés
dautres ayant les pates gelées. les rivieres sont toutes gelées, le
Rhône qu'on avoit jamais vu gelé l'est d'un bout al'autre.
on passe sur la glace et on le traverse : tous les moulins sont arretés
et la farine manque de tout coté. Si mo[n]sieur Rey lieutenant
de police de lyon navoit pas eu la sage precaution de faire
venir de la farine de chalon, de faire a grands fraix casser la glace
des moulins et de faire conduire par charettes du charbon de pierre
de Rivedegier a lyon, la moitié des citoyens de ladite ville
seroit perie de faim et de froids. les habitants de campagnes
etoient a la derniere misere si le degele netoit pas arrivé au
tems où il est venu faute de farine
les glaces ont fait beaucoup du mal dans leur debacle, des
ponts emportés, des bateaux, des moulins, des bains, des
plates, etc on evalue a plusieurs millions le mal fait
en france par les glaces         tounés*

Cette année à jamais memorable soit par
son hivers, soit par la cherté des choses
le froment vaut et a valu toute lannée 9 lt
le seigle 7 lt le vin 20 lt lanée le beurre 12 S le fromage 8 S
soit enfin par la Revolution occasionnée par lasamblé
nationale convoquée et tenue laditte année
(...)

* Mis pour "Tournez" (la page), la suite au verso traite de la Révolution Française. NDLR

—  —  —

Limonest

BMS
1791
116 GG 6
collection communale

vue 8 / 8

1791

sécheresse

(info http://geneactinsolites.free.fr, relevé Geneadom)

Du 21 juin de l'an que dessus, il y a eu une secheresse qui
a duré près de trois mois et demy, il n'y a point eu de petit
foin dans la plus grande partie de la paroisse, ny raves
ny autres légumes, Le vin en petite quantité dans les
endroits sabloneux, mais fort cher, il s'en est vendu a 34
35 l'anée* et le vieux a 40, 45 lt l'anée suivant sa
qualité; les autres d'anrées qui ont été médiocres, a peine
peut on trouver des trufes rouges** pour 5 a 6 lt le bichet***
etc

NDLR

* L'anée est généralement une mesure de grains qui correspondait à ce que pouvait porter un âne (par exemple 6 ou 7 bichets de grain). Ici c'est une capacité de liquide : à Lyon une ânée de vin vallait 93 Litres.

** Les "truffes rouges" sont des pommmes de terre.

*** Ancienne mesure de grains, de capacité variable suivant les provinces. À Lyon le bichet valait entre 34,27 et 34,99 Litres mais seulement 25,73 L à Villefranche.

—  —  —

haut de page

50 documents ou événements collectés

Mots-clés : crue, douceur, débâcle, éclipse de lune, éruption volcanique, foudre, froid, gelée, grêle, inondation, mauvais temps, météorologie, neige, orage, pluie, sécheresse, tremblement de terre, vent

Retour rubrique     Retour accueil