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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département de la Meurthe-et-Moselle (54) / Lorraine / Grand Est

Dommartemont / Martincourt / Morfontaine

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
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Transcription du document
Martincourt

BMS
disparus

Bulletin mensuel de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain
1927

page 25

Gallica
vues 25
et 26 / 128

1709

froid

(info http://www.auburtin.fr, merci à Anne A.)

« En cette année de 1709 les gelées ont commencé le
6 janvier et ont duré quinze jours d'une telle rigueur de
froidure que l'on ne pouvait sortir du logis qu'en danger
de mort. Des soldats étant.en marche depuis Nancy
jusqu'à Toul, d'un bataillon il ne restait que deux tiers,
le reste était mort avec ses femmes et enfants par les
chemins, d'autres avaient les pieds et les mains gelés. Le
s bestiaux mouraient dans les écuries, les mouches à miel
ont été presque toutes perdues ; les arbres dans les forêts
ont été fendus en deux, les arbres fruitiers presque tous
perdus et il n'y en a pas resté un seul des gros. Tous les
blés ont été gelés d'une telle sorte qu'il n'y en a point
resté la dixme, presque dans tous les pays notamment en
France, en Lorraine et en Bourgogne ce qui a porté famine
pendant les mois de juin et juillet, qui (a obligé) la plus
grande partie (des gens) à ne manger que du pain d'avoine,
encore la moitié de leur suffisance. Les ecclésiastiques et
la noblesse mangent un pain de blé avec orge et avoine ;
il y a des pauvres qui ont été obligés de manger du pain

-26-

de chenevis. Le printemps et l'été ont été pluvieux, ce qui
a empêché de pouvoir voyager ni cultiver les terres et les
vignes. Il n'y a point eu de vin l'an dernier 1708 ni encore
rien en 1709. Mais il y a bien eu du marsage de la moisson
dernière, notamment dans la Haye. Pendant l'année 1710,
le blé après la semaille a valu 8 écus le rézal, la quarte du
Pont à Mousson 6 écus 1/2; l'orge, 50 sols le bichet et
l'avoine 2 francs le bichet. Les pois et les lentilles, un écu
le bichet, le vin 5 ou 6 écus la hotte, en détail 20 sols et
24 sols le pot ce qui a duré jusqu'au mois de mars 1710.
Depuis le mois d'avril 1710, le blé s'a vendu 3 écus et le
plus beau 25 francs, l'orge 20 et le plus beau 25, l'avoine
15 sols et le vin 4 écus la hotte. Depuis la moisson, le blé
s'a vendu 15 f. à 16 f. la quarte du Pont à Mousson, le
bichet 15 sols et l'avoine 10 sols. »

« GAILLÉ,
Curé de Saint-Jean et de Martincourt. »

(Extrait des registres paroissiaux de Martincourt dis-
parus pendant la guerre de 1914-1918)

     

Dommartemont

BMS
1642 - 1792
5 Mi 164/R 1
GG2

vue 180 / 348

1772

pluie

(info http://chroniquesdutemps.com)

Cette année mil sept cent soixante douze a été abondante en bled, et
plus encore en vin. De quatorze livres qu’il se vendoit l’année precedente,
il est venu celle cy à quatre livres, 4 lt 10 S 5 lt. Chacun a été dans
l’admiration de la beauté suprême de l’êté. Personne ne l’avoit encore
vû aussi constamment beau. il vint sur la fin de septembre huit ou dix
jours de pluye fort froids qui frustrèrent les hommes d’avoir le vin
d’aussi bonne qualité qu’ils avoient lieu de l’esperer. Ces pluïes causèrent
beaucoup de pourriture dans le raizin, ce qui / en / altérant sa qualité
rendit la conservation / du vin / suspecte, et le fit mettre à si bas prix. il se
vendoit très cher depuis 1766; les vignes depuis l’année suivante aiant
donné tres mincement.

(...) La suite traite d'une disette en pain causée par des problèmes d'exportation du blé. NDLR

     

Dommartemont

BMS
1642 - 1792
5 Mi 164/R 1
GG2

vue 182 / 348

1773

intempéries

(info http://chroniquesdutemps.com)

Cette année mil sept cent soixante-treize a été des plus heureuses pour
la fenaison et la moisson. Ce qui n’a pas empêché que le bled ne fut fort
cher (18,19 et 20 lt). Les vignes produisirent une quantité prodigieuse de
reizins. Mais dans le tems de la fleur, trois semaines de pluie causèrent le
plus grand préjudice, et la vendange fut des plus chétives. L’Eté fut de toute
beauté et le tems continua à être beau et chaud jusqu’au dernier jour d’octobre
auquel l’hyver commença par du tonnere et un orâge. il a été constament
pluvieux et favorable aux pauvres et aux frileux n’y aiant eu que dix
à douze jours de gelée très moderée, au mois de janvier suivant.

(...) La suite traite des événements de la vie ecclésiastique de l'année 1773. NDLR

     

Morfontaine

BMS
1690 - 1785
5 Mi 384/R 1

vue 475 / 488
folio 90

31/12/1783

éruption volcanique

(info https://www.herodote.net, merci à Henri M.)

Nos successeurs ne trouveront pas icy, sans
interes les desastres et les phenomenes de
cette année 1783. Dont les annalles du
monde n’offrent rien de s'emblable pour leur
etendue et leur singularité; l'europe depuis
son midy jusqu’au nord austral, c’est a dire
depuis la Sicile jusqu’a l’islande a eprouvée
d’horibles tremblemens de terre dont les foyers
ont ete les monts etna et héclat, le premier
a detruit toutes les villes Bourgs et villages
vignobles et plantations quelconques des
deux Calabres et d’une grande partie de
la Sicile, dont messine l’une de ses capitalles
ne montre; en ce moment, que des ruines;
dans l’autre point, il s’est elevée une isle
brulante au millieu de ces mers presque
toujours glacées; les calamitées de ces
mouvemens convulsifs sont au dessus de
toutes expressions, dans les Calabres et la
Sicile.
L’Europe entière a vû successivement et
avec un egal etonnement un brouillard
sec qui, pendant une grande partie des
mois de juin et juillet interceptoit les rayons
du soleil et de la lune et donnoit a ces
deux flambeaux une couleur de sang ; &
beaucoup d’epidemies affligeantes, grandes secheresses,
cependant bonne recolte, mais peu abondante. in
futuram rei memoriam. hae 31a X.bris

Mathieu
curé de Morfontaine

     

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Mots-clés : éruption volcanique, froid, intempéries, pluie

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