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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département des Landes (40) / Aquitaine / Nouvelle Aquitaine

Doazit / Saint-Aubin / Labatut / Léon / Souprosse

Commune et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
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Transcription du document
Labatut

1627 1679
E dépôt 132
GG 1

vue 12 / 211

18/05/1636

crue et naufrage

(merci à Dominique B.)

Le 18 du moys de may 1636 sy est perdu au passage
de la Hontang (5) un bateau chargé de pouble (1) Jusqu'au nombre de dix
qui se noyèrent tous entre lesquels y en avoit de la p(resen)te parroisse
cinq scavoir Jean despessailles dit Jean Sceau, domenger gratian
de lucpuyoo mathive delau et jean du Cassoo gezitain (2) de [déchiré]
de hontarrède de favard un de la compaignie de la hontan bataliè(r) (3)
et deux de la bastide de béarn (4) laqu(elle) delau feust trouvée le lendemain
19 du dit moys vis a vis du chasteau de St cricq (5) et inhumée le
mesme jour et le 24 du dit moys ont été trouvés les dit lucpuyoo
et du Cassoo scavoir le dit lucpuyoo vis a vis l'église de cauneille (5)
et leq(uel) du Cassoo à peyrehorade (5) ont été asportés icy et
enterres loffice fait par moy soubsigné

NDLR

1) " Pouble" signifie foule, peuple (beaucoup de monde).

2) Les "Gézitains " sont les "Cagots" ou "Chrestians" ou encore "Gahets" : des groupes exclus, sortes d'intouchables extrêmement discriminés dans les Pyrénées et toute la Gascogne, malgré les édits et les interdits les curés continuaient à les désigner sur les actes car ils n'étaient pas enterrés dans les mêmes coins du cimetière que les autres il ne s'agissait donc pas de faire des enterrements indistincts.

3) Lahontan (la fontaine en gascon) est de l'autre côté du Gave rive gauche. Il y avait sur les Gaves des bateaux d'une compagnie batelière de Peyrehorade (avec gabarres et tilholes, les bateliers étant nommés tilholiers d'où la chanson fameuse sur ces bateliers en gascon) qui descendaient des Pyrénées et allaient jusqu'à Bayonne et de là les marchandises passaient en Angleterre ou aux Amériques ou encore dans tous les ports jusqu'à la Corogne, le trafic était intense.

4) La Bastide de Béarn, actuellement nommée "Hastingues", fut fondée par un seigneur anglais lord Hasting.

5) Toutes les paroisses 'Lahontan, Saint-Cricq-sud-Gave, Cauneille, Peyrehorade) citées sont sur le Gave en aval de Labatut. Les corps ont donc été repéchés sur plus de 10 km de distance.

     

Doazit
et diverses paroisses
de
la Chalosse

« Journal de Henri de Laborde-Péboué de Doazit

Relation véritable
des événements
de la Chalosse

ARMORIAL DES LANDES
LIVRE III-B »

par

le baron de Cauna

Éd. Princi Néguer

Collection
Arremoludas
N° 228


EAN13
9782846184762


ISBN
978-2-84618-476-2

1638-1670

débordement des rivières

grêle

chaleur

pluie

vent

pluie

éclipse de soleil

neiges

tremblement de terre

loup

comète

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous : extraits concernant les événements climatiques et naturels :

 

En ladite année 1639, le temps était si fort et si chaud que les raisins se brûlèrent par les vignes ; la barrique de vin se vendait au mois d'août 24 liv. Il y demeura grande quantité de vin vieux, mais il y en eut fort peu de nouveau en cette année 1639. La barrique de vin se vendait du commencement à 24 liv., et à Noël la barrique de vin valait 30 liv. ; tout le monde criait la rareté du vin. La mesure de froment se vendait 20 s., mesure blé à 15 s.

Le 19 avril 1641 il y eut une grande gelée qui fit un grand dommage aux vins, mais il n'y eut pas autant de mal qu'on le croyait.

En février 1643, il y eut un grand débordement des rivières qui emporta tous les ponts de Bayonne et fit grand domage. En ce temps, un marchand bladier de campagne qui venait du marché de Montaut, fut tué par des gens inconnus qu'on n'a jamais seu trouver. Mesure de blé valait pour lors 38 s.

A l'avril 1644. il fit forte grêle qui emporta une partie du vin en Doazit. Au 1er juin 1644, mesure de froment 3 liv. 5 s., mesure de blé 52 s., mesure de millet 45 s. et s'y passait de la grande faim ; mais il s'y trouvait du grain à vendre avec argent.

Le 29 de juillet 1644, fit grandement grêle pour tout Doazit qui emporta casi tout le vin en Doazit et en quelque autres lieux. Alors barrique de vin valait 12 liv. et ne s'en vendit plus de toute cette année.

En septembre 1646, il plut fort toute la vendange, tellement qu'il fit fort mal amasser le vin et le millet ; il n'y eut que peu de millet et était fort mauvais ; il y eut assez de vin. Le bois de barrique valait 4 liv., mesure de froment 24 s., barrique de vin 14 liv.

Le 26 juin 1649, il fit un grand et gros chaud, tellement qu'il y mourut plusieurs personnes et bétail

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Le 17 août 1651, le Gave d’Orthez devint fort grand et si haut qu’il passait par dessus le pont d’Orthez et rompit les murailles du dessus ledit pont et emporta plusieurs personnes et maisons et meubles et fruits, tellement que jamais homme vivant ne l’avait pas jamais vu si grand, ni qui eut fait un si grand dommage; il emporta moulins, terres, arbres, tellement qu’il fit un incroyable dommage. Un homme de Sainte-Suzanne nommé Grassion du Capdan, m’a dit et assuré qu’il était à Orthez pour lors, et qu’il voyait que la Gave emportait 14 barriques de vin l’une après l’autre.
A la fin août 1651, une barrique de vin valait 35 livres et n’en y demeura pas une seule barrique du vieux à vendre.

En juin 1652, le temps était fort humide et pluvieux, qu'à peine fit-on le millet. Le 11 juillet 1652, il fit grèle à Saint-Cricq et la pluie dura vingt-deux jours sans faire un beau jour. Alors le froment était presque coupé par les champs, tellement que ladite pluie le gâta et le fit pourrir. Tellement qu'il n'y eut pas fort de froment, il ne valait pas guères, tellement que tout le monde criait la faim. Nous sommes à la grande faim ce qui ne manqua pas, car le grain haussa tout à coup. Mesure de froment valait 3 liv., mesure de, blé 50 s., barrique de vin 18 liv.

Le 15 dudit juillet 1653, le gabe d’Hourthèz est devenu fort grand, il est passé par desus le pont d’Orthez et a fait de grands dommages au pont d’Orthez et aux maisons de la rue des Augustins; il y avait aygue plus haut que la hauteur d’un homme, et on boyait passer les bros chargés de gerbes de froment capbat le Gabe. Il a rompu le bout du pont d’Orthez; il est allé aussi haut comme il avait fait en l’an 1651, et ce coup a fait plus grand dommage; il est monté jusqu’au pourtal de Baure, cette fois-ci, tellement qu’il a fait fort grand dommage au froment qui estait au long du Gave, il demeura l’espace de vingt heures que aucun ne pouvait passer par dessus le pont d’Orthez.

Mais le 3 mai 1654, il fit grêle à Doazit et à Saint-Cricq et à plusieurs autres endroits qui fit fort grand dommage ; mais pour cela le bin n'enchérit point, et le grain devint à meilleur compte ; car, au 1er juillet 1651, la barrique de vin estant à 24 liv., mesure de froment à 50 s., mesure de blé à 36 s., mesure millet à 32 s. Le temps était fort pluvieux, mais il n'y avait point de guerre en ce pays, ni de maladie. Loué soit Dieu !

Ors, bous faut savoir que au mois de juillet 1654, il arriva une nouvelle fort affigeante, disant que le 12 août 1654 il adviendrait une grande obscurité et que le soleil serait éclipsé l'espace de trois heures. L'armanach en parle et nous menace de grands dangers. De Paris et aussi de Bordeaux est venu l'arrêt disant qu'il y a un prophète en la ville de Paoun (ou Laoun ) en Allemagne, lequel a prophétisé depuis vingt-huit ans et que ce qu'il a dit est casi tout arrivé ; il se nomme Andréas. Ces noubelles sont dans tout le pays et je vous assure que tout le monde a grand peur et appréhension. Le prophète (dit) qu'il se craint que Dieu fera jugement ce jour ou qu'il le fera dans deux ans. Le bon Dieu nous veuille nous préserver et nous faire la grâce de mourir dans sa sainte grâce et nous préserver de tout mauvais danger dont nous sommes menacés. Car les uns disent que ce jour fera de grands vents et tonnerre , d'autres disent que tout l'air sera pestiféré, d'autres se craignent qu'il mourra grande quantité de monde et bétail, d'autres disent que nous serons accablés de guerres comme déjà elle est commencée ; d'autres disent que nous serons attaqués de religion contraire ; d'autres disent que nous sentirons ce jour une grande frayeur ; d'autres disent que la terre fera ouverture en quelques endroits à cause du grand benin de ce jour, tout le monde en parle aussi avec grande crainte. J'entends déjà on a fait partout probision d'oint pour ce jour, comme aussi d'herbes et de fruitage, afin d'empêcher le benin de ce jour. Je ne sais ce qu'il en adviendra ; j'en remets tout à la boulounté de Dieu, et lui prie qu'il nous beuille à tous faire pardon et miséricorde et que sa sainte boulounté soit faite ; mettons-nous tous en sa sainte garde et ne perdons pas courage, car le bon Dieu est tout puissant pour remédier à tout danger. A donc étant à la honzième jour d'août, beille dudit jour de l'éclipse, tout le monde redoute cette éclipse, tous font provision pour trois jours d'oint, d'herbes et de fruits, comme nous l'avons dit ; tout le peuple prie Dieu en attendant sa sainte boulounté.
(...) Et environ les neuf heures, une brume s'est mise en l'air et le soleil a commencé à s'esclipser et a esclipsé environ la moitié du cousté du nord, mais dans peu de temps le soleil se remit en son entier et le temps a été aussi beau comme auparavant, grâces à Dieu, sans aucun accident que l'on sache.

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Je vous assure que pour lors le temps était fort chaud, car depuis environ St-Jean n'a point plu, et en tout ce pays le millet est quasi perdu et plusieurs arbres sont déjà mourts. Le paubre peuble ne peut guères trabailler à cause du grand chaud. La barrique de bin baut 24 liv. ; c'est à savoir le bon, car il y en a grande quantité de pourri. La mesure de froment baut 33 s.

Et estant en mars 1655, le bon temps continua, grâces à Dieu, car la barrique de vin est à 20 liv., mesure de froment à 20 s., mesure de blé à 16 s., mesure de millet estait à 16 s. (...) Et estant à la fin de mars, il fit quelques gelées qui firent beaucoup de mal aux lieux bas, en plusieurs endroits, mais pour ce le bin n'enchérit point. Mais le 14 avril 1655, il fit une grande gelée qui fit grand mal aux lieux bas partout le pays, et le bin enchérit un peu, car au 20 d'avril la barrique de bin balait 28 liv., mesure de froment 32 s., mesure blé 20 s., mesure millet 16 s.

au 28 aoust 1655, il a grelé à Poyalé et en Doazit et à Castelnau de Bas, et grand dommage tout a fait.

Et étant au commencement de décembre 1655, il a fait une grande tourrade l'espace de huit jours.

Et estant au 20 may 1657, jour de la Pentecouste, il fit grêle en plusieurs endroits, et entr'autres lieux il en a fait au bourg, de St-Cricq et a emporté casi tout le bin et aussi a fait grand domage au froment. Ces pauvres gens de St-Cricq sont fort affligés à cause de la perte de leurs fruits. Dieu par sa sainte grâce les veuille réparer !

Mais estant au commencement de noubembre, audit an 1657, il se commença une pluie qui continua fort longtemps, et qui fut cause que l'on eut bien de la peine à semer le froment, car la pluie continuait casi toujours, dont le froment se fit fort mal.

Et estant au 15 janvier de l'an 1658, il se commença un temps fort terrible, savoir pluie, bens, neige et de grandes tourrades si fortes que le bin glaçait dans le berre, et ce temps continua encore longtemps, car estant au 15 février dudit an 1658, il tomba grande quantité de neige, tellement que on disait que longtemps n'y avait pas eu autant de neige en une fois. Mais à moi me subien comme estant homme en âge, que en l'an 1615, en semblable temps, au mois de février, qu'il y abait une grande neige, plus grande que n'est celle du présent, donc il fait à présent 43 ans, mais elle ne fit pas grand mal ni aux fruits ni aux arbres, grâces à Dieu ; mais du depuis, en l'an 1629, le jour de Noel et environ ces jours dont il y a eu la Noël dernier passé 28 ans. C'est pour lors que je puis vous dire qu'il tomba de grandes neiges et fit de grandes et si fortes tourrades qu'il fit mourir grandes quantités de bignes et d'arbres casi par tout le pays. Les figuiers et lauriers moururent tous autant qu'il en parut sur la terre. Mais du despuis ledit an 1629 il n'y avait pas eu si grandes neiges ni si grandes tourrades qu'il fait à présent. Je ne saurais encore dire si ces effets auront fait mal aux fruits. Au reste le temps est fort bon et les fruits à boun coumpte, mais il y a grandement manque d'argent, et à présent la barrique de bin se vend à 12 liv., mesure de froment 20 s., mesure de blé 12 s., mesure de millet 10 s. grâces à Dieu ; mais il n'y a pas grand mal au bignes, sinon en quelques lieux bas, mais pour les figuiers et lauriers en mourut grande quantité.

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Estant au commencement du mois de décembre 1659, on parla de rabaler l'or et l'argent, ce qui ne fut pas fait, mais cette descride d'argent et le mauvais temps que fit cette saison, fut cause que le grain et le bin haussa un peu, comme nous dirons ci-après, car le 11ème dudit décembre il commença une pluie continuelle qui dura quatre jours sans cesser ; mais le 15 dudit décembre, et quelques jours tout de suite, tomba grande quantité de neige et fesait grand froid et grande tourrade, en telle sorte que depuis ledit 15 décembre jusques durant vingt-quatre jours, il y avait 24 tourrades l'une sur l'autre, et fort grandes et profondes, tellement que longtemps y a on n'avait point eu si grand froid, mais ladite neige dura sur la terre l'espace de 60 jours, et y mourut fort de bétail tant grand que menu, et tous les chevaux moururent. Alors la barrique de bin balait sur le tin 22 liv. mesure de froment à Mugron balait 42 s., et pour lors, fesait fort mal bouyager, tant à pied qu'à cheval. Ce fut au temps de cette grande froidure, que M. de Justes d'Espaunic, archiprestre de Doazit tomba malade et mourut, car le mal le prend le 15 décembre de l'an 1659, et mourut, à ce qu'on m'a dit, le 10 janvier de l'an 1660. Ceste et grande et longue neige causa fort le tardibement des trabails, et comme nous abons dit, il y mourut grande quantité du bétail tant du grand que du menu, surtout à Lannegrand en mourut fort, mais il ne pleut depuis le commencement de ladite neige jusqu'en mars. Mais le froid fit grand mal en quelques endroits, aux bignes basses, et le 5 mars 1660, il tomba à Doazit et en d'autres endroits grande quantité de grêle grosse comme de gros noix, mais il ne fit point de mal à cause que les fruits n'étaient point encore en apparence. Alors la barrique de bin balait 26 liv., mesure de froment 42 s., mesure de blé 30 s., mesure de millet 31 s.

Et estant au 21 juin 1660, il arriba à Doazit, et généralement par toute la Chalosse et embirons, un peu abant le soleil lebé, un grand tremblement de terre, tellement que tout le monde qui estaient dans les maisons avaient une grande peur, car toutes les maisons tremblaient ; mais, grâces à Dieu, en ce pays, je n'ai pas entendu dire que personne eût aucun mal. J'était ce jour-là à Serres et à Hagetmau où j'entendais partout crier le puble qui estait dans les maisons, disant qu'ils avaient eu grande peur que les maisons leur tombassent dessus ; pour moi, je n'en eus aucune connaissance, grâces à Dieu. Mais hélas ! Je me crois que noustre bon Dieu soit irrité contre nous à cause de nos péchés ; mais hélas, fesons la paix avec Dieu, s'il est possible, bibons mieux que nous n'abons pas fait le temps passé. Hélas ! Hélas ! faisons tous pénitence car Dieu est courroucé contre nous. Dieu nous menace, nous approchons de la mort, elle nous arribera à l'heure où nous y penserons le moins. Je me crains que nous serons alors mal disposés. Ah ! Mettons tous la main à l'œuvre, faisons donc pénitence, et bibons comme nous voudrions avoir biscu à l'heure de noustre mourt, et ayons bonne espérance en Dieu.

On m'a assuré qu'à Bagnères a fait grand dommage, le tremblement de terre, et a duré audit Bagnères l'espace de huit jours au plus ; il y est tombé audit Bagnères quantité de maisons et murailles, et y est mort grand nombre de personnes, et les habitants ont casi tous quitté la ville, de peur de mourir, et les capucins ont aussi quitté leur conban et ont dressé un autel dans leur jardin auprès de leur fontaine ; les montagnes dudit lieu sautaient haut en bas, et se sont enfoncé, lesdites montagnes, de en bas deplus de dix piques à ce qu'on m'a dit, et les fontaines se sont changées en couleur de sang, et plusieurs autres ont perdu leurs sources, en telle fayçon que ceux de Bagnères ont couché plusieurs nuits par les bignes et campagnes. Je prie au bon Dieu qu'il lui plaise nous donner sa sainte bénédiction, et nous préserber de mourt subite ! Ainsi soit. Jésus Maria.

Et estant au 3 juillet 1660, il a grelé en plusieurs endroits savoir à Brassempoy, au Gaujeac, à Castelsarrazin à Bastennes et à Donzacq, et en plusieurs autres paroisses aux environs, et y a tout à fait grand mal, mais à Doazit n'a pas fait grand mal noutable, grâces à Dieu.

Et le 24 aoust, jour de saint Barthélemy, il tomba grêle en plusieurs endroits, et ent'autres lieux, aux environs du bout du bourg de Doazit fit grand mal.

Et estant au 29 dudit noubembre 1660, il tomba grande quantité de neige et fesait grand froid, et le 7 de décembre dudit an 1660 il tomba aussi grande quantité de neige, mais ni l'une ni l'autre ne demeura pas guères sur la terre. Mais ce mauvais temps causa que le froment ne put pas sortir de longtemps comme nous avons dit.

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Et le 16 dudit avril 1662, il tomba grande quantité de grêle en plusieurs endroits, et surtout fit grand mal à Bergoey, à Labasquère, à Joanborde, et passe vers l'ou plan à Gaucharret, à Meylis, et fit aussi grand mal. Faut nouter que outre cela, aux vignes, partout, généralement partout il n'y avait que fort peu de raisin, de façon qu'on commença à crier partout qu'il n'y aurait pas cette année que fort peu de bin. Et estant au 15 mai 1662, la barrique de bin se bendait tout comptant 30 liv. sur le tain et la mesure de froment 45 s., mesure de blé 28 s., mesure de millet 20 s.

Je bous beux à présent parler de loups qui ont fait grands dommages en ce pays depuis le mois de septembre dernier passé, car d'ordinaire. et casi tous les jours, on boet (voit) des loups en les paroisses d'environ du Lous, et ont déjà fait de grands ravages depuis Castelnau jusques à Cerreslous, et ont mangé ou tué des chebals et baches, brebis et chèvres et oies, et entr'autres choses ont tué un cheval qui estait d'Eyliot de Doazit, l'ayant trouvé sur le bout de la lande appelée de la Hourque ; ce fut le cinquième jour de janvier 1663, mais le plus gros de deux loups y est demeuré, car le 8 dudit janvier 1663, un homme de Poyalé, de la maison du Lon, lui lâcha un coup de serpe dont lui fit une grande blessure sur le dos, puis un autre homme dudit Poyalé lui lâcha un coup de fusil, et alors lui donnèrent la chasse et le firent mourir à Malabat ; et audit juillet 1663, les loups ont tué et mangé tout une cabale de M. Justes d'Espaunic, et dans la métairie de Gauchard de nuit.

Et estant au commencement de fébrier 1663, il faisait grandement froid, et estant au 13 du fébrier, il tomba grande quantité de neige, tellement qu'il y en abait jusque à la hauteur d'une grousse coudée et encore plus. Il faisait grandissime froid ; ce fut alors que M. de Banos (*) mourut et s'enterra le jour de la plus grandes neige qui était le jeudi 22 dudit fébrier 1663.
Cette neige dura quinze jours, et enfin elle en sourtit à cause qu'il fit une grosse pluie, et alors il y avait par les chemins si grande abondance d'eau et de neige tout en coup, qu'il n'y avait personne qui pouvait marcher ; car, le 24 dudit fébrier, jour de Saint-Mathias, moi-même et la plus part de nouste famille pensaient à aller à la messe au Mus. Mais estant sur le gros chemin et au-delà de la maison de Coudicanne, nous ne peumes plus marcher à cause du maubais chemin, et fumes contraints de nous en retourner, et cette grande neige et pluie feut cause de grand débordement des ribières qui ont fait grands dommages aux terres des embirons et aux ponts, et même on m'a assuré qu'une galuppe de Came s'est noyée près de Bayonne et noya vingt personnes, et encore on m'a dit qu'il s'y est noyé plusieurs autres bateaux et quantité de personnes.

Le 19 mai 1663, tomba grande quantité de grêle en plusieurs endroits, savoir à Labatut, Habas, Misson, Estibaux, Tilh et Arsague, Castel-Sarrasin, Amou et à Momuy, à Hagetmau et en haut à plusieurs autres endroits, et encore par delà l'Adou on m'a dit qu'il avait fait grand mal surtout au grain, et aussi en quelques endroits à Doazit, et même à noustre bigne de Laboyrie a fait un peu de mal, grâces à Dieu.
Ceste grêle fut cause que le grain haussa un peu, car le 26 mai dudit an 1663, mesure de blé valait 29 s. à Saint-Sever, et alors la barrique de bin balait 25 liv., et pour lors l'argent estait fort rare ; et le 22 mai 1663,à Mugron, mesure de blé valait 39 s., mesure de froment 48 s., mesure de millet 30 s. ; et le 2 abril 1663, à Saint-Sever, mesure de blé balait 33 s. Le monde estait alors fort estonné car il n'y avait point d'argent ni de grain à prester ni autres marchandises.

Et le matin du 1er avril 1664 il y eut une grande nébade qui avait un pan de hauteur ; pour lors les raisins commençaient à paraître aux vignes ; mais Dieu promit qu'il n'y fit point dommage.

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Je vous dirai au plus que durant tout le mois de décembre 1664, il y a une estelle* au ciel du cousté du midi, laquelle mounstre grands signes, car elle a devant elle une longue lance qui est fort luisante, tellement que l'on se craint de quelques grands désordres ; cette estelle se lève environ la minuit et ne va fort haut Et advenant et estant au commencement de l'année 1665 ladite estoile n'a plus paru, mais il a paru une autre estoile qui se lève le soir ; elle ba beaucoup plus que l'autre et quelques-uns l'appellent la comète. Ceste estoile a aussi une longue lance qu'elle mêne au derrière d'elle ; je me crains de quelque grand désordre.

* Cette comète est désignée par le code C/1664 W1 NDLR

Le 27 de juillet 1665, (...) O la grande misère de ce paubre pays de Chalosse ! (...) Hélas ! il n'y a cette année que fort peu de froment à cause d'une grande sécheresse, car il n'y a point plu depuis le mois de février. La barrique de bin se bend à présent 10 liv., mesure de froment 32 s., mesure de blé 21 s., mesure aboine 31 s., le quintal de foin 40 s., le bin ne se bend que 10 liv. pour le faire brûler.

(...) le dernier d'octobre 1666 (...) Je vous assure que pour lors il fait un fort maubais temps de pluie, tempêtes et ribières estaient débourdées.

Je vous dis de plus que en ce temps en environ la Noël 1666, il a fait de et fâcheuses tourrades durant environ dix-huit ou vingt jours ; je vous assure que ce temps a fort incommodé les biux et les mal bestus.

Mais au commencement dudit juillet 1667, il a grelé casi partout Doazit, non pas pour lors grand mal, grâces à Dieu.
Mais dans peu de temps après a grelé par deux fois savoir : le 26 dudit juillet 1667, il a grelé en Doazit et Horsarrieu et en autres paroisses qui a fait grand mal en plusieurs endroits surtout à la Barrère et aux environs. Mais encore le plus grand mal est que le 12 aoust 1667 y tomba tant de grêle à Doazit, Saint-Cricq, Cerres et Horsarieu, à Dumes, à Coudures et en Tursan qui en a empourté en plusieurs lieux casi toute la vendange, et en Doazit plus de la moitié ; et en outre la grêle, le ban et la grande pluye ont fait plus grand mal que la grêle, et jamais homme bibant n'abait jamais bu tomber tant d'eau en si peu de temps, car les ruisseaux sont debenus si grands que personne n'abait jamais bu ; à L'arresenon (*) et à la Guaougue, s'y est noyé grande quantité de bétail et même dans nouste aouga de Péboué s'y nouyèrent deux cabales qui estaient de Chose ; cet orage a tiré des champs et bignes tant de terre, que les hommes bibants ne les répareront jamais. En un mout il est impoussible et incrouyable de dire le grand dommage fait en Chalosse ; et même à noustre pré de Larrieu qui est près du Barrouilhet y avait à l'heure de ce mauvais temps environ de 20 quintals de foin tout sec et accluqué. Cet ourage et débourdement de ruisseaux en empourta tout ledit foin, et n'y laissa pas dans ledit pré ni peu ni fort.

Il estait au commencement de noubembre 1667 (...) Et en ce temps la pluie a duré et continué si longtemps, que à grande peine on a ensemencé le froment. Et estant à la Noël dudit an 1667, il y en abait encore en plusieurs endroits qui n'estait pas encore sourti (...)

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Je vous assure, en vérité, que au commencement de janvier 1670, il tomba si grande quantité de neige et fit si grande froidure et si grande tourrade que la plus grande partie des vignes se tourrèrent surtout aux lieux bas et du cousté de la pente du nord, comme au lamon de Nerbis, Mugron et Pouyalé et Montaut et au bas de Saint-Aubin, et même dans le Béarn ; et on dit généralement partout qu'il n'y avait jamais eu si grande froidure, et on m'a dit que tout le Tursan est gelé et ailleurs aussi, de sorte qu'en le pays ne se parle autre chose que du grand dommage que cette grande gelée a causé aux bignes et mêmes beaucoup de personnes en sont malades ; grande quantité de figuiers et lauriers sont morts. Cette grande froidure continua encore le mois de febrier et aussi tomba grande quantité de neige, de sorte que tout le monde criait et se plaignait de ceste grande et dommageable froidure, car il n'y avait jamais eu aucune grêle ni même aucune guerre qui eut tant fait tant de dommage que cette gelée a fait, et même à Doazit, il y a trente-neuf ans qu'il avait fait grande tourrade mais non pas comme à présent. Mais je vous dis que pour cela le bin n'enchérit pas guères ; car au 20 dudit février 1670, le bin se vendait sur les lieux à 13 liv. la barrique, mesure de froment 40 s., mesure de blé 26 s., mesure de millet 19 s. Tout cet hyver fut fort froid et beau sans guères pluie ; mais le monde voyant que les fruits des bignes estaient perdus, ils firent grande quantité de millouc.

Pagination de notes concernant les intempéries et autres calamités naturelles :

Titre de l'événement mentionné
page

Débordement des rivières

457

Grêle à Doazit

459

Grande grêle à Doazit

id.

Grand chaud

id.

Longue pluie

460

Le grand et gros vent

id.

Grand chaud

id.

Grand chaud en 1649

id.

Desbordement du Gave le 17 août 1651

462

Pluie et faim en Chalosse

id.

Grêle à Momuy, Hagetmau le 11 mai 1653

480

Débordement du Gave d'Orthez

487

Grêle à Doazit et Saint-Cricq en 1654

494

L'éclipse de soleil du 12 août 1654

496

Grêle à Saint-Cricq

512

Neiges en 1658

514

Neiges en 1658 (suite)

id.

Grande neige

517

Grêles de mars 1660

id.

Tremblement de terre

522

Grêle à Brassempouy, Gaujacq, Castelsarrazin, Donzacq

523

Grêle à Bergouey le 16 avril 1662

527

Le loup

528

Neiges

529

Grêles

530

Neiges du 1er avril 1664

538

La comète

547

Tremblement de terre du 4 février 1665

547

Grand froid à Noël 1666

564

Desbordement de Larresenon, Lagouague, bétail noyé et une jument de Chose s'est noyé au Gua de Péboué

566

Grand froid de janvier 1670

571

     

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Souprosse

Saint-Etienne d'Artiguebaude

BMS
1622 - 1791
E dépôt 309 / ES 521

vue 432 / 801

10/07/1678

foudre

(info https://www.geneanet.org, merci à M., relevé Geneadom)

Laluque [en marge]

Le dixiesme Juillet 1678 à esté ensevelie à St
Estienne Jeanne de laluque fille de famille agée
de vingt ans qui moureüt dun coup
de foudre qui tomba sur elle. presens Arnaud
de laluque son frere, Menjon de Banos, et
Pascal de Banos tous habitans de cette paroisse
qui n'ont signé po[ur] ne scavoir requis par moy
Camicas curé

     

Saint-Aubin

BMS
1758 1766
E dépôt 249
ES 648

vue 64 / 110

13/08/1762

grêle

(merci à Dominique B.)

Le treize aoust de la p(rese)nte année 1762 et environ les sept heures
du soir est survenue une grelle qui a emporté tout le vin et une
grande partie du millocq, cette grelle c'est répendue extremem(en)t
L oin, et plusieurs parroisses en ont été abimées, de meme que
celle cy.

     

Saint-Aubin

BMS
1767 1776
E dépôt 249
ES 649

vue 51 / 96

01/09/1771

grêle

(merci à Dominique B.)

il sera memoire que le premier septembre 1771 il tomba dans la
parroisse une grele extraordinaire qui emporta tout le vin et une
grande partie du millocq*.

* À  cette époque, le "milhocq" désigne le maïs dans le sud-ouest (occitan toulousain, dic. Alibert IEO) NDLR

     

Saint-Aubin

BMS
1767 1776
E dépôt 249
ES 649

vue 74 / 96

1774

épizootie

(merci à Dominique B.)

Il sera en mémoire qu'en l'année 1774 et au commencement du mois d'aoust
il est survenu icy une maladie* qui a fait perir presque toutes les bettes a
corne en sorte qu'il n'y a resté presque pas de boeufs ny de vaches quelque
remedes qu'on leur oit fait prendre, cette maladie épisotique est répendue presque
partout dans le royaume, on n'a pas trouvé de remede plus assuré que de leur
faire changer d'air en les envoyant dans d'autres parroisses un peu éloignées on en a
conservé plusieurs par ce moyen quoyque la maladie y fut et que les bestiaux
qui y étoint perirent, le changement donc d'air a été utile a ceux qu'on y a
amené.

* En 1774-1775 a sévi une très grave épidémie de peste bovine. La maladie venant de Hongrie se serait répandue à travers les pays voisins, l’Italie et le Nord de l’Europe. Un envoi de cuirs, effectué de la Hollande vers le port de Bayonne semble être à l’origine de son apparition en Pays basque puis en Béarn. Le mouvement des animaux (maquignons, transhumances, foires), répandit la maladie dans tout le sud-ouest, à une vitesse foudroyante. C'est une maladie virale infectieuse des bovins causée par le "Rinderpest virus". Elle est caractérisée par de la fièvre, des lésions de la bouche, de la diarrhée, des nécroses lymphoïdes et une forte mortalité. Elle est extrêmement dangereuse : deux cents millions de bœufs en ont été victimes entre 1740 et 1760. Elle fut à l'origine de la fondation des premières écoles vétérinaires. Actuellement une vaccination peut protéger le bétail. NDLR

     

Léon

BMS
1786 1789
E dépôt 150
GG 21

vue 3 / 78

1786

hiver
long et froid

(relevé Geneawiki)

L'hiver de la presente année 1786 a été aussi long que celui
de l'année derniere et il a été plus froid; car la nuit
Du premier au Second de lan et six heures avant
lejour, ce temps fut si froid quil glaça le Lorier
jusques aux racines exclusivement, le bout des branches
des Legiers, le pampre de la Vigne et la Souche,
laplus grande partie tira vie au pied. de laveu

de tout le monde si ce froid eut duré 24 heures
seulement aucun arbre ni plante ni auroit resisté
dans le sable les vignes neurent pas / autant / de mal
parce quelles sont basses & la neige en avait
conservé lepied. elles neurent pas nonplus de
mal sur les grandes elevations en chalosses* mais
partout ailleurs.
Dieu nous fait voir sa puissance : toutes choses
existent par elle, et toutes se detruisent par
elle. heureux l'homme qui a la crainte Du
Seigneur & Sçait tout rapporter à Lui

La suite n'est pas transcrcite car elle ne concerne pas les intempéries de cet hiver 1786 mais un point juridique sur les accusations de crime.

* Terroir au sud du département des Landes NDLR

     

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Mots-clés : chaleur, comète, crue, débordement des rivières, éclipse de soleil, épizootie, foudre, froid, grêle, loup, neiges, pluie, pluie, tremblement de terre, vent

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