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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département de l'Isère (38) / Rhône-Alpes / Auvergne-Rhône-Alpes

Abrets (les)  / Avalon / Brié-et-Angonnes / Domène / Grenoble / Moutaret / Rives / Saint-Clair-du-Rhône / Soleymieu / Vatilieu / Vizille / Vourey

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
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Transcription du document

Grenoble

BMS
1727 - 1746
9NUM3/AC426A/1
collection communale

vue 17 / 55

folio 82 verso

14/09/1219

inondation

(info https://www.geneanet.org/ merci à Monique)

nota [en marge]
a la posterite continuation de la page precedente
on a trouvé aux archives de l'eveché de grenoble qu'en mille -
deux cent dix neuf le 14e septembre meme jour et meme mois
sons Jean de Sassenange eveque du d[it] lieu de grenoble fut
entierement innondé ceux qui se sauverent sur les couverts
/ ne / perirent / point / jugee des autres qui resterent dans les chambres
[rature] il y eut de leau
jusque a la moitie de la cour de leveché
[partie latine sous réserve]

dilutium et destructio / civit grati ano 1219 sub joan epise gratia

(...)

—   —  —

Vizille

BMS
1679 - 1692
collection communale
9NUM/AC562/4

vue 175 / 180

29/07/1692

tempête

grêle

(info http://www.bletteryjp.fr, merci à Irène et Jean-Paul B.)

Le 29 juillet 1692 entre les 4 à 5 heures du soir il tomba à Vizille une tempeste
si extraordinaire qu’il y avoit des pieces de grele comme le point et si dru et menu qu’à
peine les couverts des maisons pouvoient resister Et durant un demy quart d’heure
tous les chanvres furent generalement perdus, les fromens, les jardins et les transailles*
dans les montagnes, ce qui a causé une grande disette

* Oc. Les "transalhas" sont un mélange de graines (paumelle et vesces) qu'on sème généralement en mars sur le chaume pour les comsommer verts. En français : "trémois". NDLR

—   —  —

Domène

BMS
1682 - 1721
collection communale
9NUM/AC150/2

vue 3 / 158

1709

froid

(info http://www.bletteryjp.fr, merci à Irène et Jean-Paul B.)

En l’année mil sept cents neuf le sixième de / janvier / le froid
commença, et continua jusques au vingt unieme dud[it] mois de janv[ie]r,
mais d’une maniere si violente que l’Isere fût gelée dez le troisieme
jour, et si fortement que les chevaux chargés y passoient, et les charrettes
ce qui endommagea si bien la prise que les bléds hyvernaux furent
entierement perdus, en sorte qu’il fallut resemer des transailles*, les
noyers, chataigniers, et une grande partie des souches perirent.
La disette et la famine fût si grande que lon donna permission
de manger de la viande à tout le monde les dimanches lundy
mardis et jeudis du Carême jusques au dimanche des Ramaux,
les herbages et racines des jardins ayant eté entierement peris
par la rigueur du froid, qui alla si avant qu’encore un degré
et demy de plus, le monde entier auroit fini par l’extinction
de toute chaleur : et le quartal du bléd froment mesure de
Grenoble à vallu cette année la jusques à douze livres
fait à Domène par moy soubz[ig]né archiprêtre et Curé dud[it] lieu
le dixhuitieme septembre susd[ite] année mil sept cents neuf

Beaupied

* Voir ci-dessus à Vizille 1692. NDLR

—   —  —

Vatilieu

BMS
1696 - 1730
collection communale
9NUM/4E545/2

vues 72
et 73 / 149

1709

froid

(info "Aïe Aïe Aïe Mes Ayeux", relevé Geneadom,
merci à Jean-Louis M.)

Jay crut messieurs que je ne devois point laisser passer cette deplorable
année sans laisser a la posterite un memoire des funestes malheurs
dont nous avons esté accablées et peut estre depuis la creation même
nen nestil jamais arrivé de pareil et pour ne pas mestandre
a discourir inutilement je vous diray en premier lieu que le lende[main]
des noys il fit un froit si grand dans tous le dauphiné et mesme
jay veu des gens qui mont dit quil fut aussi grand partout lunivers
que nos chataniers aussi bien que nos noyers qui estoint d une grosseur
si extraordinaire que trois a quatres homme avoint eu peine
d anbrasser en moururent ce ne fut pas encore tout nostre malheur
le froit fit mourir tous les bleds froment et seigle en sorte que si nous
navions esté secourus par les bleds de turquies que Louis quatorze
nostre invincible monarque fit venir pour secourir son pauvre peuple
nous aurions este obligers de nous enterrer tous vivants
par ce que le bled estoit si chair qu il valoit dans ce pays

au mois de juin quinze livre le cartail qui ne pese que quarantes
livres Si nos malheurs finissoint que par là nous serions encore consolés
mois une guerre qui dure depuis dix annees qui nous laisse sans
argent foit que le pauvre peuple a esté obliges de paistre
dans les prairies comme des animaux en mangeant de tant
de sortes d herbes qui causerent une si grande corruption dans
ces endroits quont a eu des maladies dont on a jamois enten
du dire de semblable; aux uns il falloit couper le bras aux
autres la jambe aux un il falloit ouvrir le ventre aux
autres il falloit couper bras et jambe et laisser leurs corps tout
tronqués a cause de la grande quantite de vers que lenflure
engendroit dans leurs membres ; nos malheurs finirontils
Messieurs non pas encore il faut que la justice de dieu se
satisface entierement et que le doigt de dieu nous touche de
plus pres lannée derniere nous eumes du vin en si grande
abondance qu on ne scavoit ou le mettre le meilleur et le plus
cher ne se vendoit que trois livres la charges et cet annee il se
vent trente livres parce que le froit du septiesme de janvier à es[té]
si grand quil fit mourrir toutes nos souches en sorte que nous
navons pas eu de raisin cette année, je serois trop long messi[eurs]
si je vous raccontois tous les malheurs qui nous sont arrives
il me suffit de vous dire les plus grands et les plus deplorables
car quand je vous dirois que moy cure qui dicte cette affreuse
histoire jay empechay à un pere de manger son enfents à un
autre degorger le sien et de le vouloir enterré pour ne
le pas voir souffrir si longtemps de faim. nous ne devons
pas douter messieurs que ce ne soit nos peches et cette guerre
cruelle quont les princes chrestiens entreux qui ne soit cause
de ces grandes calamités. lesglise pleure et gemit les prestres
sont prosternes aux pieds des autels on donne des benedictions
on fait des prieres publiques dans toute la france pour
appaiser la colere de dieu justement irrités contre nous
cependant elle nest pas encor satisfaite puisque ces
malheurs subsistent encore nous avons esté semblables aux
iseraelites qui regretoint les oignons degipte nous avons
murmuré contre la manne et les cailles que le seigneur
nous envoioit en abondance cest pourquoy nous beuvons
aujourdhuy les eaux amere du du desert de mara*

* Ceci est une référence biblique (Ancien testament / livre des nombres) à la traversée du désert par le peuple Juif qui dura 40 ans. NDLR

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Avalon

BMS
1727 - 1746
9NUM3/AC426A/1
collection communale

vue 17 / 55

folios 82 verso
et 83

02/1711

inondation

(info https://www.geneanet.org/ merci à Monique)

(...)
nota [en marge]
en mille sept cent onze au mois de fevrier l'isere estoit
si grande quelle se repandit dans la ville. je fut obligé

je montay a cheval pour aller faire mes affaires et apres
diner lorsque je voulus retourner mon cheval nageoit a la
rüe de criqui et devant les jesuites de sorte que je fut
obligé de me retirer a mon cabaret qui estoit aupres du
pont de pierre, les eaux furent cependant arreste le
landemain par la gelee je laisse ce memoire a la posterité
en foy de quoy jay signe le present 23e 8bre 1733

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Soleymieu

BMS
1678 - 1726
collection communale
9NUM2/ AC494/1
doubles

vue 147 / 214

29/08/1718

tempête
grêle

(info http://rn7.net)

Le vingtneuf du mois daoust 1718 Il fit une
tempeste accomp[agne]e de plue de graile qui tomba sur
les vignes de couvalout & mo[n]gaudet sur les bleds
noirs & les chanvres qui fit beaucoup du mal, cela
obligea les habitans de couvalout mongaudet de
vandanger le premier septembre pourq[ue] la chaleur
nacheva de gaster la vandange les raisins etant dans
leur maturité cest ce q[ue] jay voulut coucher par ecrit
co[m]me une maturité netoit arrive ny pareil a ce dautre?
depuis 1675 que je pris possession le dernier de may
en foy dequoy, pour servir de memoire a la paroisse
je me suis signé    Medard curé archip[re]t[r]e
demorestel *

* "Morestel" cest situé à 10 km  à l'est de Soleymieu. NDLR

     

Avalon

BMS
1727 - 1746
9NUM3/AC426A/1
collection communale

vue 16 / 55

folios 81 verso et 82

13 et 14/09/1733

inondation

 

(info https://www.geneanet.org/, merci à Monique, relevé Geneadom)

nota [en marge]

Mémoire pour la postérité.

La posterité scaura que le dimanche et le lundy treize et
quatorze de ce mois de septembre mille sept cent trante trois
les pluyes de ces deux jours on estee su abbondantes que boulat
bredas torrent qui passe a pontcharra et lisere se sont
deborde d'une grosseur si terrible que homme vivant n'a
vu de si grand malheur. bredas passoit sur le pont de poncharra
et se repandoit dans le bourg jusque au ventre des chevaux
il a emporté deux maisons a lentré de poncharra / [d]u bourg / du coté
davalon l'une a un nommé jalabert cordonnier
ou il n'avoit encore habité et une a rubat sans qu'on aye
pu rien sauver pas meme une poutre il a emporté tous
les ponts a lexception de celuy dallevard et de pontcharra.
je ne vous parle pas des ravages et du tort qui la fait a ses
voisins parce que nous devons nous imaginer combien ils
doivent estre grand ; plusieurs gens y ont esté noyee pour
[rature]

quand a lisere elle a innondee toute la pleine elle est
meme jusque au chemin qui tens de villard noir a
goncelin de sorte que les marchands du pais qui estoint allee
a la foire de froge* furent obligé de passer par moretel*
pour se retirer je vous laisse a penser combien grandes sont
les pertes que les habitants on fait dans la pleine qui
estoit cultivé comme un jardin. labbondance de leau estee
si grande quelle a emportee / deux arcades / du pont de bois de grenoble, il y avoit
de leau jusque au premier etage des maisons de notre ville les
batteaux rouloint par grenoble les rues de cette ville, les
carmelites furent obligé de sortir de leurs couvent par des
batteau, les recolets qui sont de hors de cette ville ont demeuré
deux jours sans manger faute de reserve, les habitans de la
pleine  de grenoble / cette ville / estoint obligé de monter sur les arbres
pour se garentir des eaux, je vous laisse a penser combien
grandes sont les pertes que les marchand on fait dans cette
ville il y a / eu / deux maisons qui sont tombé / a st laurent / quoyque
leau se soit ecoule on apprehende encore beaucoup pour
quantite dautres qui ont donné coup. lattention qu'on eu
messeig[neu]rs de caulet evêque de grenoble de tencin archeveque
dembrun qui sy est trouvé par cas fortuit monsieur de
maillebois commandant en la province et monsieur lintendant
a este tres grande pour fournir aux habitans des vivres
ils firent cuire sans cesse du pain autant quils peurent
achetter de la farine et faisoint partir quantité de pain sur
des batteaux pour les assister et y alloint eux meme pour
s'aider a faire la distribution avec toute lequité possible, je
certifie le present estre veritable pour servir de memoire
pour la posterité et qu'on soit assuré que homme vivant
quelque vieux qu'il soit n'a veu un malheur si grand en foy
de quoy je me suis sousigné      Dubeuf Curé

* "Froges" est situé 20 km au sud d'Avalon, près de Crolles. Passer par "Morestel" qui est au nord-ouest fait faire un détour de plus de 100 kilomètres. NDLR

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Moirans

BMS
1724 - 1740
9NUM2/AC239/3
collection communale

vue 161 / 277

14/09/1733

inondation

(relevé Geneadom)

En lannée 1733 il y a Cinquante un baptemes
et soixante sept enterremens
Dans la presente année il y a eu un deluge
dans la ville de Grenoble qui commenca le soir
du 14e au 15e de septembre Lisere inonda aussy
toutes les iles de ce pais ce le long de son lict elle
vint a deux cent pas près de la grange de M. de
Luppé sanblable inondation arriva le meme jour
14e 7bre en 1219 commil se voit a la chambre des
comptes et aux archives de leveche. Jean 1er de sassenage
etant pour lors eveque de grenoble

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Vourey

BMS
1730 - 1749
9NUM3
AC566/2
AD038_5MI1046

vues 35
et 36 / 202

14/09/1219

inondation après
rupture d'un barrage naturel au lac de Bourg d'Oisan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14/09/1733

inondation suite à une crue de l'Isère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(relevé Geneadom)

innondation
de grenoble

Il pleut tellement en savoye pand(an)t trois jours
et une pluye si grosse et si abondante que Lizere
Enflé extraordinairement fallit a submerger grenoble
on s'en aperceut sur le minuit du quatorze
au quinze septembre 1733, ce qui obligea Mr
De malliebois Lieut(enant) g(ener)al et commandant pour
Lors dans la province de faire battre la

generale dans tout grenoble, pour
obliger les habitants a mettre des
chandelles sur touttes les fenetres,
afin que les memes habitants
pussent y voir et guarantir
par la leurs effetcs de cette inondatyion. Les
habitants reveillies au bruit du tambour ne
songerent qua transporter leurs marchandises et
leurs effects les plus considerables de leurs boutiques
Dans les premiers etages mais comme leau grississoit
a veüe doeil les caves, et les magasins de grenoble
furent bien tost remplis, et les sages precautions
n'empecherent pas quils ne fissent des pertes
inestimables, l'eau qui venoit a gros bouillon
par la porte de trois cloittre, et de St Laurant
eust bien tost remplis touttes les boutiques
Jusqu au premier etage sur les
onze heures du matin Lisere augmentant
[illisible] fit tomber trois maisons dans la
rue St Laurant qui causerent la ruine de
la moytie du pont rouge de bois X avec deux
piles, le peuple auroit souffert pand(an)t cette
innondation qui dura trantes heures, sils
n'auroit pas par messire Jean
De Caulet  eveque et prince de grenoble par
Mr De malliebois, Mr De marlieu, et mr
de fontanieu intand(an)t pour lors dans la province
ces trois derniers firent Cuire ie ne scay
combien de quintaux de pain dans la
maison de ville ou logea lintend(an)t pour

X nouvellement / construit qui / avoit couste plus / de 4000 lt

distribuer a ceux qui la manquoient. ils
donnerent egalem(en)t des sommes dargent tres
considerables aux pauvres, ils parroissaient
dans touttes les rues a cheval, et sur des batteaux
pour les secourir. Leau se repandit dans tout
grenoble a lexception de la rue brocherie la
platde aux herbes, et celle de St andré laplus
aprt des eglises furent tres endomagées et
perdirent beaucoup dornements. les Jacobins
Ste Cecile, les Cordeliers les Augustins les
recolets hors de la ville furent les plus
maltraittes. les religieuses Carmélites abandonnerent
Leurs couvents et se sauverent sur les epaules
des soldats chez les pères de la Charites. comme
L'on se croyoit perdus, la plupart gagnoit
la hauteur [grosse rature de 7 lignes] cette
innondation endomageat aussy tres considerablem(en)t
notre plaine Deux habitants de cette parroisse
nommé pierre martin fermier de Mr des?stral
et françois charrou couttelard furent obliges
de quitter leurs maisons, apres avoir perdus
plusieurs effects considerables, on ne scauroit
exprimer

la desolation de ceux de la ville, et de la
campagne qui dans moins de trois heures
se virent enlever par le fleau
de Dieu les fruicts dune
recolte peu abondante, leau
diminues dans grenoble deux milles hommes
de troupes qui sy trouvent furent employes a
baleyer les rues, les caves, et les boutiques des
boües qie Lisere y avoit laisses avec une
infection tres grande qui dura plus(ieu)rs jours.
messieurs les tresoriers De france les consuls
les ingenieurs, les maistres massons et charpantiers
firent la visite dans tout grenoble de
maisons qui avoient donnes coups on en trouva
plus de trante dans la rue St Laurans et
plus de dix dans la ville quil faut refonder
ou rebatir.
Dans ce meme temps on trouva dans la chambre
des comptes de cette province un mandement* de
Jean / de Sasenage / M(onseigneu)r. eveque de grenoble fait en 1219 au
sujet dune innondation arrivé a grenoble le 14
septembre meme annee et causee par la rupture du lac
du bourg doisan**, cette inondation fut si grande
que la perte fut jugée inestimable quantite de
personne de tout age, sexe, de condition y perirent
ainsy que les biens, livres, documents, et droits
seigneuriaux des dauphins

La suite n'est pas transcrite car il s'agit d'un acte de baptême.

NDLR

* Dans ce texte intitulé « Diluvium et destructio civitatis Gratianopolis, ac diversio pontis supra Isarnam, anno MCCXIX, die XIV septembris », il s'adresse à ses paroissiens afin d'implorer leur pitié en faveur des misères causées par l'inondation. Jean de Sassenage évoque « le diable, notre adversaire », et pleure les nombreux morts en exhortant les survivants à relever Grenoble de ses ruines et à reconstruire le pont Saint-Hugues

** Cette inondation de Grenoble est une terrible catastrophe naturelle qui s'est déroulée dans la plaine de Grenoble durant la nuit du 14 au 15 septembre 1219 après un violent orage. Elle a pour origine la rupture d'un barrage naturel formé le 10 août 1191 suite à un glissement de terrain qui créa un barrage naturel au niveau des gorges de l'Infernet à environ 30 km au sud de Grenoble. Un lac, appelé Saint-Laurent (nom d'un prieuré de Grenoble nouvellement installé à Bourg-d'Oisans), se forme alors sur des kilomètres en amont dans la plaine de Bourg-d'Oisans presque jusqu’au village rebaptisé « Saint-Laurent-du-Lac ». Le 14 septembre 1219, l'aflux d'eau provoque la rupture du barrage à 22 heures et la vidange du lac. Cette inondation a lieu en plusieurs temps par trois vagues successives et inversées (flux et reflux). Les portes de la ville étant fermées la nuit, de nombreux habitants se retrouvent pris au piège et périssent emportés par les flots. Les maisons sur les rives de la rivière s'écroulent, le seul pont de la ville est emporté et les cultures des plaines environnates sont ravagées.

     
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Vourey

BMS
1730 - 1749

9NUM3
AC566/2
AD038_5MI1046

vues 106
et 107 / 202

20/12/1740

inondation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(relevé Geneadom)

Inondation de
grenoble en 1740
Le 20. xbre

Qui nauroit pas cru que le deluge arrivé
a grenoble en 1733, neust porté les habitants
de cette ville et des lieux circonvoisins
a sabstenir des pechés qui porterent le Seig(eu)r
a les punir, et a les obliger de venir a recipissence
sur tout apres une mission des plus fameuses
en cette ville, en 1739, mais comme leurs
douleur ne fut que pasagere, le Seigneur
aussy redoubla ses coups, et permit que cette
ville fut innonde pour une 2. fois, et comme
un 2. advertissement pour
faire recentrer les citoyens en eux meme,
et leur faire apercevoir la main qui les
frapoit, cette innondation arrivée le vingt un
decembre 1740, par un vent chaud de plusieurs
iours, fit fondre touttes les neiges des
montagnes extraordinairement chargées;
elle parut sur les dix heures du soir par
une horrible impétuosité, et Lizere sortant
de son canal submergea toutte la plaine
on entendoit de tout costes, que des cris, et
des lamentations des hommes, et des femmes
qui voyoient non seulement leur recolte
perdue, mais encore leurs bestiaux qui
estouffaient dans les eaux sans pouvoir

les retirer a moins que de s'exposer a un
danger de mort inévitable; le meme
malheur vint bientost assallir la ville
car les eaux estant arrivées firent bientost
sentir la force des bras qui les poussoient.
elles entrerent par les portes de la ville
avec une rapiditté si violente, quelles mirent
a bas partie des bastions de cette meme ville
ce fut pour lors que les habitans de cette
capitale, voyant les eaux eleves de cinq
a six pieds, se retracerent avec des
circonstances encore plus deplorables Les
pertes immenses quils avoient soufferts
dans linnondation de 1733* ceux qui sy
trouverent renfermés se virent tout dun
coup comme engloutis par les eaux, ils
devinrent en quelque maniere la proye
des torrents debordes, qui les ont soudainem(en)t
environnes, la fureur de cet element
parraissant a chaque instant acquerir
de nouvelles forces, repandit dans les esprits
la crainte; et la terreur, ils se virent
presque redhuict au moment de manquer
des choses les plus necessaires a la vie
et sans les prompts secours, ils auroient
este a plaindre. Messire Jean de Caulet
eveque et prince de grenoble fit voir
dans cette occasion lamour quil portoit

a ses ouallies, ce digne pasteur distribua
luy seul plus de 4000 lt a ce peuple affligé
sans craindre le peril, on la veu dans tous les
quartiers de cette ville, a pied de leau Jusques
a la cinture, a cheval, et sur des bateaux.
Sa charitte le portat dans la rue du boeuf,
a monter par un eschelle au 1er estage,
baptiser lenfant, dune femme nouvellement
accouchée, et luy donner tous les secours
spirituels, et temporels. Monseig(eur) de piolin
premier presidant, et commandant dans la
province, donna de si bons ordres, qui furent
si bien excuttes par les consuls de cette ville
que le peuple ne souffrit point, comme cet
illustre comandant, rouloit dans tous les
quartiers de la ville, a cheval, et sur des bateaux
son ex[em]ple anima la noblesse de cette ville
malgre les dangers a secourir les miserables
et a repandre des liberalites immenses, Leau
Resta dans grenoble deux jours effectifs
et a laisse une boüe si gluante dans les
rues et dans touttes les caves quon a este
Deux mois entiers sans pouvoir la sortir

Bonnet Curé de Vourey

* Voir acte ci-dessus NDLR

     
Moutaret

BMS
1737 - 1792
9NUM2/AC268/1

vue 75 / 235

folio 3

18/04/1758

gel

(info https://gw.geneanet.org, relevé geneadom, merci à Monique B.)

Le 18e avril 1758 il a tellement gelé qu'il n'y a eût ny
vin ny chatagne ny noix ny cerises ny prune en sorte
que je n'ay eû dans les vignes de la cure que quatre pots
du vin ayant fait ramasser les raisins par curiosité le vin
se vendra 36 lt la charge

     

Saint-Clair-du-Rhône

Condrieu


BMS
1765 - 1792
vue 9 / 234

9NUM/AC378/3
vue  / 137

9NUM/5 E79/2
vues 61
et 62 / 197

13 et
14/01/1766

froid

(info sur histoire-genealogie.com/)


Le 13e janv. 1766, j'ay inhumé a cause des glasses du Rhône
dans le cimetière de St Clair Jean Claude Cotte agé de huict
jours, fils de patron Claude Cotte habitant aux roches* presents
damien monot et michel valin illiterés ainsi l’atteste

Aubrun Curé

Le 14e Janv. 1766. a cause des glasses du Rhône, j'ay baptisé
dans l’église de St Clair marianne Charron, fille naturelle et
legitime S[ieu]r denis Charron et a marianne parret ses pere
et mere habitants aux roches, Le parrain a esté S[ieu]r louis favier
et la marraine marianne favier presents louis brunet et
antoine bouleau illiterés ainsy l’atteste

Aubrun Curé

* "Les Roches" est alors en bordure du Rhône en rive droite côté Condrieu (département du Rhône) alors que Saint-Clair et situé en face donc en rive gauche (département de l'Isère). Il s'agit maintenant d'un bras mort depuis les grands travaux de 1976-1977 formant la presqu'île où se situe de nos jours la "Base de Loisirs Condrieu-les-Roches" NDLR

     

Brié-et-Angonnes

Angonnes

BMS
1776 - 1792
9NUM3
AC059/1

vues 9
et 10 / 65

1777

intempéries

(merci à Colette B.)

Cette année 1777 a été des plus contraires a la recolte qui en fut
jamais de memoire d'homme on a point veu une intemperies si grande
dans un tems ou toute espece de recolte demandoit un tems favorable
l'hyver a été tres rude et assez long jusqu'au point que le froid dans
le courant du mois de janvier est monté a une periode considerable
pendant plus d'une seamine a peu près comme en 1709, la campagne
etant chargé de neige. le mois de mars fut tres humain et sembloit
pour permettre une printems agréable, la semaine S(ain)te qui commença au
23 de mars fut tout entiere si belle, si agréable et si riante par la multitude
des arbres qui fleurirent en cette semaine que chacun disoit que cette année
une des plus belles ou tout abonderoit, on se promettoit alors toute espece de
fruits et de recolte les neiges sétoient considerablement velute[...] de dessus les
plus hautes montagnes,les prairies, les bleds paraissoient magnifiques, les
pluyes qui avoient precedé cette belle semaine avoient baucoup enjolivé
toute la nature. le jour de paques 30 du mois le tems changea et se couvrit
une petite pluye commença sur le tard de la journée a se repandre sur la
terre; la deuxieme fete et la 3e le tems fut plus froid, l'air etoit
totalement chargé; au 3 d'avril survint un vent du nord quui se fit
sentir pendant le reste de la semaine il etoit si froid sans pluye et sans
neige que tous les matins avant le soleil levé la terre etoit gelée on
voyoit des glaçons de toute part, et les noyers qui étoient pour l'ors
poussé furent noirci au soleil, toutes les fleurs des autres arbres
fruitiers fuirent alteré; prunier, pecher, cerisier, et poirier ressentirent
la severité du gel de façon qu'il n'y eut point de nois, prunes, peches
fortpeu de poires et cerises; au froid ont succedé des pluyes abondantes
des neiges et froids par intervalle melé de quelques beaux jours. au 12
13 et 14 may il eut encore survenu des froids, et blanches gelée considerables;
presque tous les 8 jours il survenait des tems res froid jusquen


meme a la St jean 24 de juin et encore avancé dans le mois de juillet les
pluyes ont rogné depuis le commencement d'avril jusqu'au milieu de
juillet en abondance, on a pas pû faire les chanvres et ceux qu'on a fait
ont peu valu, vers le mileu de juin on en faisoit encore n'ayan pû le faire
plutot, on a réitéré pendant plusieurs fois dans le dioceze
des prieres, des processions et benedictions pour la serenité du tems
les froids ont retardé de beaucoup la maturié des bleds, les prairies
ont eu beaucoup de foin qui a seché que tres difficilement par
des pluyes abondantes abondantes qui survenoient pendant 3 ou 4
jours de suite a peine a t'on eu pendant 4 mois la valeur de 3
semaines de beaux jours mélangé avec les pluyes dans le courant du
mois de juin la contrarieté des orages a occasioné des grêles qui
ont detruit des recolles en bien d'endroit, des foudres d'eau du
coté de la valée de gresivodan qui ont produit des ravines ou
foudroyer terres, vignes, batimens et murailles du 3 au 4 juillet
l'izere considerablement enflé parla fonte des neiges sest repandu
dans la plaine et a fait un tord considerable aux batiments terres
foins, chanvres et bleds, l'eau est entré en plusieurs rües de la ville
de grenoble, et on etoit alors menace d'un deluge general qui
néanmoins s'est dissipé en 24 heures. on apprend de tout coté
de mauvaises nouvelles des degats que la riviere a fait tout le
long de son cours, la neige est tombé depuis la St jean par trois
fois sur les montagnes, et on en a encore veu le 8 juillet y tomber
de nouvelles neiges, les orges que l'on a retiré avec peine ne
valent rien et se ressentent de la rouïlle. les vers a soye ont
manqué en bien d'endroits.

     

Rives

BMS
1765 - 1792
collection communale
r9NUM/AC337/4

vue 164 / 350

1779

froid

gel

(info http://www.bletteryjp.fr, merci à Irène et Jean-Paul B.)

Les particularitéz de cet anné 1779
sont

lhiver a eté sans neige et le froid des
plus rigoureux, de sorte que la terre a
gelée à deux pied profon et on ne pouvoit
ensevelir dans les cemetieres, et touts les
hortolages hivernaux a racines ont peris.
    Le prieuré de cette parroisse a eté reuniez
aux trois chapitres de St pierre de St chef
et de St andre le bas* de vienne, qui ne doivent
composer que celui de St pierre.    
les fabriquants d'acier se sont reposez les
deux mois de juilliet et aoust, ce qui a maintenue
le prix des aciers qui sont a 27 ou 28 lt et le
charbon a 45 sol la douzaine.

* L'abbaye de Saint-André-le-Bas est une abbaye bénédictine située à Vienne. L'union du monastère avec celui de Saint-Chef en 1774, puis avec celui de Saint-Pierre en 1779 fait cesser la vie monastique sur le site à la veille de la Révolution. NDLR

     

Abrets (les)

BMS
1742 - 1792
collection communale
9NUM3/AC001/1

vues 246 et 247 / 283

folio 11

1789

froid

pluie

gel

Cette année a ete sèche a lexception d'une semaine
ou deux qui ont precedé la moisson ce qui a fait
verser les bleds et / a / empeché la grainaison, de sorte
que la recolte n'a pas ete aussi belle / bone / qu'on l'esperait.
L'automne a ete assez belle jusqu'a la mi novembre
que le froid est venu après une pluye du Nord
Le froid a toujours augmenté jusqu'a la fin de
l'année heureusem[en]t il est tombé quelques pouces
de Neige qui ont conservé les bleds car aux fêtes
de la Noël les derniers jours de l'an le froid est
devenu plus violent qu'au grand hiver.* La
liqueur du thermometre est descendüe 3 degrés au
dessous de 1709. Les vins ont gele et les tonaux
se sont brisés.

Il a partout gêle a la cure excepté a la cave qui
etoit bien bouchée au nord.
quand vous voulez degeler quelque chose par
exemple un choux, une pome, un poirau, etc
tirez un verre d'eau et mettez dedans, laissez
une heure ou deux, votre choux, poir[eau] etc
sera frais come sil n'avoit pas gêle.

* Le curé fait ici référence à l'hiver de 1709 surnommé "le grand hiver". NDLR

     

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Mots-clés : crue, froid, gel, grêle, inondation, intempéries, pluie, tempête

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