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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département de l'Eure (27) / Haute-Normandie / Normandie

Bérengeville-la-Rivière / Bernienville / Bézu-la-Forêt / Breux-sur-Avre / Conches-en-Ouche / Coudray / Dame-Marie / Ezy-sur-Eure / Léry / Lyons-la-Forêt  / Le Mesnil-Hardray / Vernon

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
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Transcription du document

Vernon

Bizy et Gamilly

B
1647 - 1667
8 Mi 4459

vue 82 / 432

1651

crue

(info http://www.thoiry78.fr, relevé Geneadom)

25 / janvier / nota [en marge]

Ce jour tomba la maistresse des arches du pont
de vernon / avec larche nommee la bidaude / a la perte dun messager de vernon a
toüry / noye / avec quattre chevaux charges de
marchandise / revenant de toüry / et est a remarquer qun jeune
garcon conduisant les chevaux avec le messager
demeura suspendu a un des piliers de
larche, ou il passa une nuict sans pouvoir
estre secouru au grand estonnement de
tout le monde, et fut trouvé le
matin au mesme lieu ou il estoit demeure
suspendu sans avoir esté blessé et na eu
aulcun mal dieu mercy. Ce ravage
estant arrive a cause du debordement
extraordinaire de la riviere de seine
qui est venue jusqua la petite porte
du chappittre dun costé, et jusquaux
degrez du portail de Saint Sauveur, de
leglise de ceand; le vingt cinquiesme
jour de janvier mil six centz
cinquante & un.

     

Le Mesnil-Hardray

BMS
1674 - 1755
8 Mi 2747

vue 79 / 379

1692

tremblement de terre

(merci à Colette B.)

En cette année il est arivé ie croy au mois de
juillet de grands tremblements de terre qui ont este
sensibles a roüen, en flandres etc.

on a perdu une bataille sur mer contre les anglois, Mr
le chevalier de tournillet estoit le commandant

peu apres le roy prit namur a la veüve du prince dorange
qui la vouloit defendre

Cette année commença la charté qui dura 6 mois
le bled valant 8 lt le boisseau, puis dura deux ans
a 4 ou 5 ou 6 lt le boisseau

     

Bézu-la-Forêt

BMS
1697 - 1752
8 Mi 516

vue 85 / 498

1705

vent

(info "Aïe Aïe Aïe Mes Ayeux", relevé Geneadom,
merci à Laurence D.)

Le trente decembre 1705 arriva une tempeste
de vents qui abbatit grande quantité
de clochers, de moulins, & plus d'un tiers des
arbres tant dans les champs q[ue] dans la forest

     

Bézu-la-Forêt

BMS
1697 - 1752
8 Mi 516

vue 119 / 498

1709

froid

(info "Aïe Aïe Aïe Mes Ayeux", relevé Geneadom,
merci à Laurence D.)

[en marge]

Le six[èm]e de janvier 1709 commença le grand hyver qui
dura deux mois & fut si rude quil fit mourir quantité
d'arbres & presque tous les bleds on fut obligez de les labourer
& semer des orges a la place qui vindront en abondance. ceux qui
tente de resemer du bled perdirent tout.

     

Bernienville

BMS
1640 - 1785
8 Mi 447

vue ? / 350

1709

grand froid



(merci à Colette B.)

En l'année 1709 l'hyver fut semblable a celuy de
1660 et encore plus garnd, la plûpart des arbres
furent gelés et plus(ieu)rs personnes trouvées morts
de froid dans les chemins; tous les bleds gelèrent
& si l'on n'avait pas reseme des orges a la place des
bleds auxquelles Dieu donna sa benediction par
l'abondance extraord(inai)re qui parut cette année là
presque tout le monde seroit mort de faim,
le bled ayant monté jusqu'a quatre vingt francs
la somme mesure d'Euvreux.

     

Ezy-sur-Eure

BMS
1668 - 1710
8 Mi 1638

vues 368
à 372 / 384

hiver 1709

froid

Histoire du grand hyver

Il commença le 6e de janvier de l’année 1709 jour des Rois.
La veille il plût et le jour des Rois la gelée fut prodigieuse.
Elle continua de plus en plus jusques au 28 du mois ; ensorte qu’il n’estoit
point d’homme sur terre qui en eut veu une semblable, ny entendu
parler, ny leu dans l’histoire. Il geloit jusques au coin du feu et
le vin aupre ? du feu ne dégeloit qu’apeine. La Rivierre prise de
plus d’un pied d’épaix. On coupoit la glace avec des cognées et autres
instrumens pour faire aller un des deux moulins, et les glaçons qu’on
en tiroit estoient comme des pierres de tailles. Les neiges
estoient aussy prodigieuses que la gelée. Il y en avoit jusques aux genoux
également. Cette gelée fut si forte que les chènes de 40 ans fendoient
par le milieu du tronc en deux ou trois, on les entendoit dans le vieil
parc et dans la forest faire du bruit en s’ouvrant co(mm)e des pétars
et après la gelée tous se refermèrent. Il n’y eut point de cave si
profonde ou la gelée ne penetrast. / La plus part des cidrex furent perdus dans les céliers. /
Les volailles tomboient mortes dans
leurs pouliers, les bestes dans leurs tanierres et les hommes avoient
bien de la peine à s’échaufer surtout la nuit, plusieurs brulèrent
icy leur lin pour les échaufer. On trouvoit les poules d’eau mortes
le long des rives de la rivierre. Les ramiers au pied des arbres,
tout le gibier presque mort sur la terre dans les terriers. Il resta
fort peu de lapins, encore moins de lièvres et très peu de perdrix.
On leur fesoit donner à manger, mais les corneilles le ravissoient.
On prenoit les lièvres a la main, qui n’avoient pas la force
de courir. Tout le gibier estoit si maigre qu’il ne valoit pas
le manger. On ne voyoit plus d’oyseaux et on n’entendit guères
au printêms. Jamais on ne vit tant d’oyseaux étrangers sur la Rivierre
si extraordinaires ny si beaux, entr’autres des Jacobins qui sont blancs
par le corps avec un collier noir et la teste de toutes couleurs.
Mr de Vandôme et tous ses gens tiroient sans cesse sur la Riverre.
Mais son Altesse alloit de têms en têms se chaufer aux cordeliers.
Cette gelé frapa beaucoup la vieillesse des animaux et des arbres, mais
épargna un peu la jeunesse. Il ne resta presque poin de vieils arbres
surtout de ceux, qui sont tendres. Pour dire une messe basse il

falloit deux réchaux : un proche du calice et l’autre des burettes, de
l’eau bien chaude pour faire l’eau bénite.Nous ne disions plus
de hautes messes ; j’ay veu tous mes paroissiens a l’Eglise ayant tous les
cheveux et la barbe toutes blanches de leurs haleines, qui glaçoient
en sortant de leurs bouches.
Le 28 de janvier il commença a degeler. Le degel continua environ tout
doucement jusques au 18 de fevrier. Alors il arriva un meurte
a Evreux, qui remplit tout le pays d'horreur, tout le Royaume
et mème la Cour de Rome. (...)

Suit ici le récit détaillé de l'assassinat de Dame Genevieve Ferand de Montreuil prieure de l'abbaye de Saint Sauveur poignardée pour lui voler 1500 livres par le diacre Claude Le François et sa maîtresse la religieuse Dame Magdeleine de Molent de Limbeuf. Nous ne transcrirons pas cette partie car le thème a bien plus à voir avec les turpitudes humaines qu'avec les calamités naturelles. NDLR

haut de page

(...) Je reviens
a mon histoire que j'ay interompue. au 18 de fevrier 1709
Ce jour là la gelée recommença aussy fort qu’auparavant surtout
depuis le 18 jusques au 23. c'estoit de méme dans toute l'Europe
cette gelée fut accompagnée D’un vent ou et d’un rible qui coupient
le visage. Ce rible découvrit les terres et les vignes sur lesquelles
il y avoit un bon pied de nèges et porta toutes les neiges dans les
fonds et dans les rays. La terre ainsy découverte après la fonte
des premierres nèges, poin la gelée, ensorte que tous les bleds du
Royaume et presque de toute l’Europe furent perdus a la réserve
des rays en certains endroits après le 23. Le vent et le
rible tombèrent mais la gelée continua jusques au 3e de mars
après quoy vint le dégel.
Alors on commença a tailler les arbres. Tous les vieils se trouvèrent
morts et dans les jeunes l’écorce parut verte et le bois noir. Ils
repoussèrent tous a cette sève ; mais a la seve d’Aoust une
partie se fanèrent et au printems suivant il en mourut un tiers
et beaucoup d’autres pendant l’esté et l’automne. La plus part
des vignes furent gelées. Il y en eust un tiers qui ne repoussa point

l’autre tiers qui repoussa dans la souche. les bourgeons qui se trouvèrent sous
la neige donnèrent du vin, mais il en fut très peu, parce que le vent avoit
tout découvert dans tout le vignoble d’Ezi, il y en eust que trois a 4 pièces.
L’année suivante il n’en fut pas d’avantage a Ezi ; mais
il en fut un peu plus sur la rivierre de Seine. Néanmoins le vin fut
rare pendant trois ans. La 1e année fut gelée le 29 de may ; mais
il en estoit beaucoup de vieil. La 2e fut gelée par le grand hyver
dont je fais l’histoire et la 3e manqua parce que le jeune bois qui avoit
poussé dans la souche n’estoit pas propre à faire du frais, outre que nous
eûmes la gelée au commencement de may qui gela plus des 2 tiers des
bourgeons. Le cidre devint rare aussy. Le vin valut jusques a 300 lt
la queüe et le cidre 140 tt le tonneau. On fut contraint de faire de
la bierre mais on ne s’y accoutumoit guères en ce pays.
Cependant les bleds faisoient toujours grand bruit. Les uns vouloient
qu’ils fussent gelés et les autres soutenoient que non. Il y eust une
défence même de la part de Roy de les relabourer ; il y en eust qui le firent
en cachette pour ressemer du seigle ou du meteil** qu’ils épièrent mais il n’y
eust rien dans l’épy, en un mot les grains ne vinrent point en maturité.
Depuis le commencement de Mars jusques a la fin de la dite année 1709
les grains poussèrent; mais doucement. Le meilleur bled ne payoit pas 30 lt
a paques ; mais sitôt que les bleds ne donnèrent plus d’espérance il haussa
a tous les marchés si fort qu’au mois d’Aoust il valoit 82 lt le septier
jusques a 85 lt le plus beau. L’orge haussa la premiere parcequ'on
ne pensait plus qu'a relabourer et Semer. Le Roy donna plusieurs
Edits pour encourager et favoriser les semences. l'orge monta jusqu'
a 45 lt le septier et même jusques a 50 lt Je donnay toute la mienne; que
j’avois encore pour ensemencer la paroisse a crédit et a 30 lt le septier
ce qui en produisit beaucoup dans la paroi(ss)e car les bleds gelés estoient
a Coutumel* la plus grosse saison. On fit des Rôles pour nourir les
pauvres en conséquence des arrests des Parlemens. On payoit un sol
pour livre des deux tiers de son revenu, l’autre estoit exempt. Les
portions congruës exemptes et les hopitaux. M(onseigneu)r de Vandôme paya
60 lt pour les pauvres d’icy pour les 2 tiers des 1800 lt de rente.
Alors le pain de son fût fort commun, tous les pauvres en vivoient ; on le
fesoit remoudre auparavant et cette remouture estoit encore fort chère.
On faisoit aussy du pain d’avoine. Mr de Vandôme, celuy qu’on appelle
Louïs Joseph, qui avoit fait tant de beaux exploits en Italie, estoit alors retiré
a Anet X par la jalousie de
X pendant qu’on prenoit toutes nos frontières.

* "Coutumel" est actuellement la ZAC d'Ezy-sur-Eure NDLR

** Le "méteil" est un mélange de plusieurs céréales (froment + seigle) semées et récoltées ensemble.

Son Altesse fort touchée de
la misère des pauvres fit faire du pain d’avoine pour en gouter et voir si on
en pouvoit vivre ; celuy la estoit passable, j’en goutay ; mais celuy des pauvres
gens étrangloit tant il estoit rude et amer ; j’en goutay exprez ; a chaque
bouchée il falloit un coup d’eau pour le faire passer. Il estoit impossible
d’en manger sans beurre ou fromage ; pour rendre ce grain un peu bon
il ne falloit tirer qu’une quarte de farine sur un minot de grain
et alors il revenoit a aussy cher que celuy d'orge. La plupart seroient
plustot morts q(ue) d'en manger. On a essaya de toutes manieres. et il ne
S'en trouva point de bon. Le pain de Sarrazin estoit meilleur. Il / estoit d'un bis verd / tiroit
sur le verd; mais on ne le goutoit guère plus que celuy d'avoine
On en fit beaucoup de pois cela estoit co(mm)e de la cire jaune, avoit le goût
de purée et ne trempoit p(oin)t a la soupe. Neammoins il c'emboit meilleurs,
que l’avoine et le Sarrazin. Les pois rendoient beaucoup de farine
c’est pourquoi on s’en servait beaucoup particulièrement
avec l’orge qui sembloit bonne alors. Les grains vers estoient les meilleurs
Ils valurent jusqu a 36 lt le septier, les gris 30 lt Les nentilles 32 lt elles
estoint meilleures au pain que les pois. On se servoit aussy de fèves et
de feuvotes au pain mais on n'en fit pas de par. elles se vandoint
c(omme)e les pain. Au haut pays on se servit de vesse afaire du pain, mais
on n'en fit point icy. ou enfin aussy avec du son par de toutes sortes
de grains et d'herbes semblable au manger des cochons ; mais on n’en
fit pas icy. Cependant il ne mouroit personne. les pauvres estoient
et n’avoient plus que la peau et les os.
Quand l’Aoust fut venu il se trouva une quantité prodigieuse d’orge
dans le haut pays et dans les vallées on en mist bien au four pour les hater
Les plus méchantes terres avoient les meilleures orges. Les bonnes terres
furent versées dans les vallées par une foudre qui vint le premier jour
de juillet lorsqu’elles commençaient à épier. Neanmoins le grain en
fut bon. Les terres les terres avoient 4 a 5 labours parcequ’on avoit resemé sur
sur le bled et il vint des pluyes continuelles jusques a la St jean. Jamais on
n’avoient eu de si belles orges. Les épis estoient 2 ou 3 fois longs co(mm)e a
l’ordinaire. On resema peu d’orge dans le haut pays parcequ’elles estoit trop
cheres et que les terres ny estoient pas propres ; neantmoins elles valurent
mieux que dans les valées. Une bonne acre*** vendoient jusqu'à 600 gerbes
dont il ne falloit que 20 au septier, c’estoit plus de cent minots**** l’acre
un bon arpent rendoit icy 400 gerbes. Les arpens communément vendoient

*** environ 52 ares selon le pays
**** 1 minot = 1/2 mine, 1 mine =1/2 setier soit le minot = ¼ du setier, 1 setier = 152 litres, une mine = 76 litres, le minot = 38 litres

haut de page

depuis 40 jusques a 60 minots. Il y en eut qui allèrent a 80 minots
ou bien prez. Si on eut ensemmencé sous le haut pays on n’auroit pas
pu trouver où engranger les gerbes qui estoient grandes comme du bled
On recueilloit plus dans 6 acres d’orge que dans 20 acres de bled ordinaire
Malgré l’abondance elle fut chere pendant l’aoust et les semences.
Dans l’aoust elle valut 35 lt le septier jusques a 38 lt en octobre 30 lt.
En Xbre 27 à 28 lt et alla toujours en diminuant. a Paques 18 lt
pendant les semences elle diminua toujours d’un peu encore qu’elle
vint jusqu'a 13 et 14 lt la meilleure ; mais en Juillet elle remonta jusques
a 28 lt et ne redescendit qu’aux nouvelles, qui communement avec le
seigle dez le 20 de juillet. Il y eut des seigles dez le 15
Le bled dont on croyait ne plus manger se trouva en abondance
dans les hales, vieil et nouveau. C’estoit le seul commerce alors tous
ceux qui le firent avant aoust devinrent riches. Il en vinoit une si
Grande quantité de Normandie qu’on ne scavoit ou les mettre dans
Les hales. Le Roy fit défense d’en reserver plus de trois marchez ; mais
Il n’en versoit point Il falloit le déclarer on fit ouvrir tous
les greniers mais il ne ramendoit p(oin)t ou s’il ramendoit au marcher, il
réhaussoit du double a l’autre tout le monde en faisoit provision
partout et des greniers en secret plusieurs en feront a Houdan a 82 lt le
Septier, mis dez que l’aoust fut passé le bled remonda tout doucement
en sorte qu’il ne passa plus 75 lt et continua tout doucement a ramender après
les semences le meilleur ne valoit plus que 60 lt et diminua toujours jusques
a l’aoust 1710 ou il ne valoit plus que 30 lt le septier.
Le bled nouveau vint en abondance de Normandie
aussy ou la gelée
n’avoit pas tant fait de mal que dans le reste du Royaume. Le plus
beau a faire de pour la semence valoit d’abord 70 lt et diminua toujours
jusques à l’aoust on s’apperçut que ces bleds estoient presques tous barbus tous les
mois le bled diminuoit en sorte qu’a l’aoust le bled nouveau le plus beau
a valoir que 27 lt 10 s(ols) le plus petit 15 lt, le vieil se tint toujours plus
cher.
On fit beaucoup de Sarrazin après les orges; mais ils ne grainèrent pas
bien icy ny l’année suivante. Ils ne produisoient gueres qu’un septier
l’arpent. Il valut jusques a 30 lt le septier après aoust et diminua
toujours. Les pois de may valurent, 36 tt, les pois vers autant, les pois
gris 30 lt les lentilles 32 lt. Tous les grains furent chers pendant les 3 premiers
mois a cause des Riches qui faisoient grenier ; mais tous ceux qui firent grenier

ou qui gardèrent leurs grains perdirent beaucoup.
Pendant cette cherté on, fit venir des bleds de Barbarie et
du Levant mais a cause de la guerre, ils furent contrains de débarquer a Marseille
Ils servirent dans les Magasins de Daufiné. Il en vint à paris qui estoit gasté
ou mariné neantmoins Mr d’Argençon le faisoit prendre aux parisiens.
Ce Mr d’Argençon lieutenant de police acheptoit et revendoit tous le bled qui
arrivoit a Paris. Ce qui redoubloit la misère des parisiens, c’est que les ventes
de l’hotel de ville ne se payoient plus que de 3 années vue, a cause de la guerre
qui avoit commencé en 1700* (...)

Suit ici le récit détaillé de la première année de la Guerre de Succession d'Espagne (1701-1714 ) terminée par le Traité d’Utrecht en 1713. Nous ne transcrirons pas cette partie car le thème ne concerne pas les calamités naturelles.

Cette année la 1710 il ne fut ni bois (pour ni fruits ce qui incommoda beaucoup.
Il falloit tout prendre sur le pain cependant il mourut fort peu de gens on
souffroit beaucoup mais on souffrit encore davantage dans la cherté de 1693
ou toute la terre estoit couverte de bled parcequ’on les transportait. Les chevaux
et les bestiaux souffrirent le plus.
Ici saisons ne furent pas complete en bled, parcequ’on n’avoit pas labouré en
croyant ne pouvoir pas semer encore que le Roy eut donné des Déclarations pour
y forcer les laboureurs, pour favoriser les prets et pour y contraindre les maîtres.
Mais l’année y fut aussy favorable qu’elle avoit esté aux aorges la précédente
Le bled vint bien partout et en abondance où l’on avoit donné la semence aux

terres, mais il y en eut bien qui n’avoient donné que demi semence. Outre cela il
vint des vents qui egrenèrent beaucoup les bleds en sorte qu’ il en fallait 7 à 8
gerbes au minot quoique les épis fussent forts grands jamais on a veu les bleds
les seigles si haut, dans les serves même qui n’avoient eu que la
moitié de leurs labours. Les bleds ici estoient murs quand les vents
vinrent mais ceux de Normandie ne l’estoient pas et n’eurent point de mal.
On fit le double d’orge de l’année précédente et on en recueilli la
moitié moins. Elles valurent rien au haut pays.
Jamais la Normandie ne fut si riche car elle fournit encore autant de
cidre que de bled, outre cela elle fournit une infinité de petits
chevaux pour le commerce car jamais il ne fut tant de Rimbins ou blatiers.

     

Ezy-sur-Eure

BMS
1668 - 1710
8 Mi 1638

vues 368
à 372 / 384

hiver 1709

froid

Ezy-sur-Eure

BMS
1668 - 1710
8 Mi 1638

vues 368
à 372 / 384

hiver 1709

froid

Ezy-sur-Eure

BMS
1668 - 1710
8 Mi 1638

vues 368
à 372 / 384

hiver 1709

froid


Ezy-sur-Eure

BMS
1668 - 1710
8 Mi 1638

vues 368
à 372 / 384

hiver 1709

froid

(merci à Colette B.)

haut de page
Ezy-sur-Eure

BMS
1668 - 1710
8 Mi 1638

vue 372 / 384

1711

inondation

(merci à Colette B.)

En 1711

Le jour du mardy gras de l'année 1711. 17e de fevrier il vint
au dégel tout a coup qui causa une grosse eau si grande
depuis 4 heures après midy jusques a dix heures du soir que l'on
n'eust pas seullement le tems de tirer la viande du pot pour s'en faïre
/ la pluspart laissèrent les marmites a la crémaillere et ne souperent point
on emporta du son dans des chaudrons ou on l'y conserva /
chacun se retira dans les greniers dans lesquels tous avoint peur
on monta les vaches jusques dans les greniers et les chevaux
aussy dans quelques maisons qu'avec jusques au
pied de la côte et dans les rues des torrents d'eau Si rapides que l'on
ne pouvoit pas y presenter de bateau. dans la rue des champs on
mit un bateau par necessité pour sauver les vaches mais il falloit
bien du Monde pour le conduire. L'eau battoit dans la grande rue
a un demi pied de la barbe des murs. On fut contraint d'ouvrir
toutes les portes pour laisser passer l'eau et d'abattre des murs
pour sauver les maisons. Les Soubassements des maisons furent
emportes partout ou il n'estoient que de terres et l'eau passoit
comme un torrent dans ces maisons pour venir a la rivierre
Cette grosse eau dura quatre jours dans sa forces. après les
quels elle commença a diminuer on alla chercher dans les
greniers ceux qui souffroient. On en trouva qui estoient Sans
pain depuis trois jours et d'autres qui attendoient la mort dans l'eau
qui n'en pouvoient plus. Tous les animaux Souffrirent extrèmement
a l'eau jusques au ventre la quelle estoit froide comme du venin. Ceux
qui estoient a l'air estoient couverts mais ils avoient pour ce
mis des gresleaux et neige fondus d'un coup. Neantmoins il en perit
peu par le bon foin. l'eau venoit jusques entre les cimetieres Il perit
a Cavettes un enfant. tous les parterres d'anet furent ruinés et le ravage
fut grand partout le Royaume

     

Lyons-la-Forêt


BMS
1725 - 1744
8 Mi 2602

vue 27 / 480

03/01/1727

vent

(info http://fr.rodovid.org)

L'an mil sept cents vingt sept le troisième jour
de janvier françoise Lareine femme de Noel
Denise demeurant au hameau de la villenaise de cette
parroisse est décédée en la Communion de leglise ayant
eté tuée subitement d'une branche d'arbre tombée
par la violence du vent sur la teste comme elle etoit dans
la vente du chesnevarin* après que Monsieur de folleville
Lieutenant general en ce bailliage en a eté suffisament
informé etant aagée d'environ quarante ans a eté
inhumée au cimetière de cette parroisse avec les ceremonies
prescriptes et accoutumées par moy soussigné Delaunay
vicaire de cette parroise en présence de ses parents
le quatrieme dudit mois de janvier       marque dudit
                                                                Noel     X   Denise

De Launay
Vic. de Lions

* "Le Chêne-Varin" est un lieu-dit situé entre Lyons-la-Forêt et Rosay sur Lieure. Ces terres faisaient partie du fief du Comte de Valon. NDLR

     

Bérengeville-la-Rivière

BMS
1624 - 1805
8 Mi 171

vue 264 / 654

25/12/1740

mauvais temps

(merci à Colette B.)

Ruines / de la grotte de / St Laud par le / mauvais temps / en 1740 / le 27 decemb[re] [en marge]

Nous prêtre Curé et habitans de l'Eglise paroissiale de St Laud de
berengeville la riviere assemblez en etat de commun soussignez, certifions
que le jourd'huy premier janvier de l'année mil sept cents quarante et un
nous nous sommes transportez Issüe de nos vespres a la grotte que nous
tenons de nos peres estre le lieu ou notre S[ain]t patron se retiroit de son viva[nt]
pour faire penitence, et ou nous croïons, comme eux, qu'il s'est sanctifié, et
avons trouvé que les vestiges d'une ancienne cheminée tenans a lad[ite] grotte
sont tombez par le mauvais temps la nuit de la derniere feste de noël, et pl[us]
de quarante banneaux tant de pierre que marne de la carriere y tenante
sans qu'il soit arrivé aucun mal a la grotte; nous avons trouvé de plus un co[rps]
qui etoit inhumé au dessus de cette grotte, vis a vis de la cheminée, dont les pi[eds]
etoient du coté de la grotte et la teste au levant ce qui nous fait croire que ce
pourroit estre un prêtre qui par respect et veneration pour le lieu, aur[oit]
demandé en cet endroit sa sepulture; nous avons ramassé les os du mieux
que nous avons pü et quoique nous naïons trouvé jusqu'a ce jour aucune
inscription, nous les avons mis dans notre cimetiere vis a vis la vitre
de St pierre dans le coïn du pillier donnant a la vitre de la Ste vierge ce que
nous avons tous signé ledit jour et an que dessus. nous avons pour temoins
de notre visite pierre fillieüil meunier du moncel qui nous a declaré ne
sçavoir signer. Antoine Langlois de la paroisse de notre dame de baubray
de ce dioceze, et sabotier de sa profession, Simon Couïeruille vigneron

     

Breux-sur-Avre


BMS
1727 - 1780
8 Mi 841

vue 138 / 472

10/12/1740

crue

(info http://passiongenealogie.hautetfort.com)

les eaux ont été si grandes, du dixième à l’onzième iour du
mois de xbre de l’an présent 1740, qu’elles ont monté
dans l’Eglise et sacristie de ce lieu et dans le presbytère
et / tous / autres bastiments qui en dépendent, a l’exception du
seul cabinet proche la cuisine ou il y a une petite
cheminée à la mode, et cependant il s’en fallut peu,
puisqu’elles étoient à la hauteur du pavé, et que sans la
feüillure du seüil, elles y auroient entré.
le susd[it] onzième jour du mois de xbre 1740 et 3e
dimanche de l’avent, il n’y eut point de messe et de
vespres dites dans la susd[ite] Eglise, a cause des susd[ites] grandes
eaux.

     

Léry

Saont-Ouen

BMS
1738 - 1766
8 Mi 2430

vue 48 / 385
folio 98

25/12/1740

inondation

1741

sécheresse

(info hug.blogspot.com)

(...)
l'inondation qui commença devant noël de l'an
1740. se porta iusqu'au trois arbre du cimetiere
de la rangée le long de la maison de m[onsieu]r
de longt mesnil, fit des ravages affreux. il fallut
rensemencer touttes les terres de la garenne
qui ne rapporterent presque rien parceque
le printems et l'été furent si secs qu'ils
firent perir touttes les semences.
j. mabire curé de lery.

     

Coudray

BMS
1738 - 1792
8 Mi 1235

vue 342 / 447
folio 8 verso

1781

sécheresse

01/09/1781

orage

(info https://www.histoire-genealogie.com)

notes [en marge]
il n'a presque point plu depuis le mois de fevrier
jusqu'à la fin de septembre; aussi n'a-t-il cesse de
pleuvoir depuis. nous n'avons eû que trois ou quatre
jours de gelée. L'année a été assez abondante; excepté
en fruits. il n'y a point eu du tout de cidre.
Les orages ont été très frequens, sans donner beaucoup
d'eau. ils n'ont point fait de mal ici mais celui du premier
septembre a repandu la terreur. le vent violent de l'ouest(?)
à l'est; le tonnerre continuel; l'atmosphere toute en feu
annonçoient une destruction totale; ce qui dura ici environ
un quart d'heure à neuf heure du soir. ce tapage s'étant un peu
eloigné à l'est; j'ouvris la fenêtre de mon cabinte. je considerai
les feux qui brilloient de toute parts. rien de plus beau; mais
aussi rien de plus frappant. le lendemain on n'entendoit parler
que d'incendies et d'accidents causés par le tonnerre...

Halley

     

Coudray

BMS
1738 - 1792
8 Mi 1235

vue 353 / 447
folio 10

1782

vent et pluie

(info https://www.histoire-genealogie.com)

Cette année a été presque toute entière au
vent Nord ouest et à la pluie et par cette raison
froide. fevrier, mars et presque tout avril ont été
si pluvieux que les avoines ont été très tardives et n'ont
rien valu. au reste l'année aurait été abondante
si les pluies continuelles du mois d'aoust n'avoient pas
fait germer le bled, dont partie a été perdue, le
restant n'aiant pas grande qualité; mais le plus grand
mal est venu des vents / froids / qui ont succedé à la pluie vers
la fin d'aoust ce qui a fait perdre un quart du grain.
il n'y a point eu de poires. il y a eu presque pleine
année de pomme; mais les vents et les pluies en on fait
perdre beaucoup. (...)

Le reste concerne les délibérations de la fabrique (instance qui gère la paroisse). NDLR

     

Dame-Marie

BMS
1747 - 1792
8 Mi 1338

vue 266 / 344

1782

tremblement de terre

(relevé Geneadom)

Cette année aeté remarquable par le tremblement de terre
arrivé dans la Calabre / interieure / qui a detruit une quantité prodigieuse de
villes Bourgs et villages. Le Vesuve a causé les plus grandes nuages
par ses iruptions. Messine apresque totatement été detruite
L'année n'apoint été mauvaise a l'exception des
vignobles qui nont produit que de mauvais vins

     

Coudray

BMS
1738 - 1792
8 Mi 1235

vues 363
et 364 / 447
folio 10

1783

éruption volcanique

vent

pluie

sécheresse

froid

(info https://www.histoire-genealogie.com)

remarques. L'hyver n'a point été fort. les pluies
ont continué . le printemps et l'été ont été
fort secs et remplis d'un broüillard très épais; le
soleil ne paroissoit que comme un globe rougeâtre
le peuple croioit être à la fin du monde; les
boulversement de terre arrivés en la Calabre et en
Cicile augmentoit sa crainte. les physiciens et les
astronomes raisonnaient tant qu'ils pouvoient. ils
attribuoient les broüillards aux grandes pluies de
l'année précédente. il n'y a pas eu moitié de
récolte de bled et encore il rend peu. les pluies de
l'automne l'avoient presque déraciné. il a pris
peu de nourriture. la secheresse et la chaleur l'ont
saisi tout d'un coup. l'épi peu garni et le grain maigre
heureusement étoit-il resté du bled vieux malgré
son humidité. au mois de juillet il valoit le sac
(à Andely*) 18 à 20 lt et au mois d'octobre 26 à 28 lt
les mars ont été abondant. il n'y a point eu de pommes
et peu de poire. l'automne a été superbe. le tems
de la semence des bleds magnifiques et les esperances
pour l'année prochaine sont grandes. decembre

a été beau. une gelée de trois semaines agreable et
bienfaisante. est venu un espèce de dégel le 25 et le 26.
Le 27 la gelée à repris. il est tombé beaucoup de neige.
Le froid est devenu extrême. les volailles mourroient; on a
trouvé des personnes tombées par le froid dans les routes.
on a placé au mois de mai six bancs neufs du côté de
la chaire. le 2 fevrier 1784. halley curé du coudray

* "Les Andelys" est situé à 13 km au sud de Coudray. NDLR

     

Dame-Marie

BMS
1747 - 1792
8 Mi 1338

vue 283 / 344

hiver
1783 - 1784

neige et inondations

(relevé Geneadom)

N(ot)a. Cette année est remarquable pour le froid excesif qui a duré
depuis la fin Xbre; jusqu'au 28. f(evri)er. des neiges considerables qui ont tombé
a 2 reprises differentes pendant 48 heures ont causées les plus terribles inondations
par leur force. La terre a été couverte de 3 pieds aumoins pendant 9
semaines. La 1ere chute de neige fut 2 jours avant noël 83. et le degel
commença et finit le même jour 3 semaines après. la 2e. commença avec
plus de force le 11.j[anvi]er .84 et le degel qui dura 3 jours fit un degat affreux

beaucoup de fruits. point de pêches ni dabricots

     

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Coudray

BMS
1738 - 1792
8 Mi 1235

vue 370 / 447

1784

dégel

gelée

neige

(info https://www.histoire-genealogie.com)

Le 1er janvier est venu un degel tout à coup
la neige qui avoit été poussée par un vent violent
avoit couvert le lambris de l'église, a fondu tout
aussitôt. l'eau degoutait de toutes parts. la grande
messe a été dite à la chappelle du S[ain]t esprit étant
voutée aussitôt après ce dégel la gelée a repris
et la neige, qui a couvert la terre de deux pieds. elle
a resté sans fondre jusqu'à la fin de fevrier. on ne
pouvoit sortir dans quelque route que ce fût sans
Danger. les pauvres nécessités d'aller chercher du bois
se faisoient des routes avec des pelles. il mourut
beaucoup de gibiers la faim faisoit venir les lievres
et les perdrix jusques dans les maisons cependant
le froid n'étoit point excessif. le degel survient
qui decouvre la terre pas partout. dès le sept de mars
la gelée reprend avec un peu de neige qui dura
jusqu'à la fin d'avril. les mars ont eté très tardifs.
il y en eut peu. le printemps et l'été fûrent secs. le
bled s'étoit bien gardé sous la neige. cependant
il valloit 28 à 30 lt mesure d'Andely. (...)

     

Coudray

 


BMS
1738 - 1792
8 Mi 1235

vue 382 / 447

1785

pluie

gel

(info http://an-genealogiste.blogspot.fr, merci à Antoine N.)

L'hyver a été fort pluvieux et quantité de cidres
ne sont point clarifiés soit par rapport aux pluies
de l'automne derniere et de l'hiver ; soit par rapport à
la quantité de fruits ; soit enfin parce que l'on n'y
avoit point mis d'eau. ils ont toujours été sans
couleur et très durs.
les pluies et les gelées ont retardé les mais le tems est
devenu beau, mais très sec, ce qui / en / a empêché la pousse
aussi bien que celle de l'herbe. La vie des animaux et
devenüe tres chere. le cent de gerbe de vesce a été vendu
cent francs. Le Roi a donné la permission de mettre
les bestiaux dans la forêt. le beure a valu à gournay
quarante et cinquante sols la livre. il a diminué
de prix, mais il a toujours été fort cher. la seicheresse a continué
jusqu'en automne. Le cent de pois a valu depuis trois loüis
jusqu'a 70 lt.
La récolte du bled / n' / a / pas / été fort en gerbe, mais abondante en grain
trois gerbes au boisseau. il y a eu beaucoup de noir. ce qui a fait tort.
je l'ai degraissé en faisant jetter de l'argile pulverisée sur la
gerbe en le battant ; en le purgeant bien au crible à Moulin ;
et en y répandant ensuite de la terre dombe jeaune. il y a eu
une abondance de vin sans qualité. il n'y a eû ni pommes ni poire
nulle part. mon pressoir n'a point servi. halley curé du coudray

     

Ezy-sur-Eure

BMS
1771 - 1791
8 Mi 1640

vue 221 / 287

1787

inondation



(merci à Colette B.)
 

anecdote : Il tomba dans le pays et dans les environs une quantité
prodigieuse d’eau pendant le mois d’octobre et la moitié de celui de
novembre de cette année, le dix huit du mois de novembre, nous eusmes
Une gelée très forte qui dura jusqu’au trois de décembre qui fut terminée

par un dégel accompagné de pluie. Et la nuit du cinq au six de ce mois
il tomba une pluie si abondante accompagnée d’éclair et de
tonnerre qui dura depuis une heure jusqu’a cinq heures du matin
que le six au soir nous fumes assaillis par une inondation telle
que depuis longtemps on en avait vu une semblable. Elle dura jusqu’au
douze au soir ; on ne pouvait aborder à l’église qu’a l’aide d’un bateau
qui se promenait par les ruës; personne ne pouvait sortir le seuïl de
sa porte ou partir avec le bateaux, du pain a ceux qui n’en avaient
point. plusieurs personnes firent des pertes considérables. l’année ayant
été abondante en tous grains, plusieurs propriétaires avaient été obligés
de mettre beaucoup de grain dans leur cour qui fut, en partie, perdu
par l’inondation. Ce pays cy ne faisoit qu’une seule pièce d’eau qui
setendoit jusqu’aux parcs d’anet*; en sorte qu’on ne pouvoit quitter l’une
pour aller à l’autre que par le secours d’un batteau que l’on ne faisait
aborder qu’avec beaucoup de difficultées, a cause de la trop grande
rapidité de l’eau. Les petits ponts du parc d’anet furent entraînés par
les eaux. plusieurs villages ou l’on manque très souvent d’eau dans
l’été, étoient egalement inondés, Beaucoup de murs furent renversés. ne
vaudrait-il pas mieux qu’ils ayent dans l’été cette trop grande quantité
d’eau qui les gesne tant dans cette saison, Si la repartition étoit égale
ils seroient heureux dans les deux saisons, loins d’etre malheureux, mais
n’oublions pas que l’homme propose et que Dieu dispose, et qu’il faut
souffrir ce que l’on ne peut empescher.
(..)

Nugues, Curé d’Ezy.

* Anet est situé à 1,5 km d'Ézy-sur-Eure NDLR

     

Conches-en-Ouche

BMS
1751 - 1791
(8 Mi 1149

vues 347 et 348 / 371

folio 28

1788

froid

gelée

(info http://histoireduvaldepitres.blogspot.com, merci à Liliane E.)

Lhistoire ne fournit point d’exemple d’un hÿver
aussi long, aussi froid et aussi constant que celui de cette
année 1788. Le 24 novembre, la gelée commenca a se
manifester par un vent d’est nord dest. depuis ce jour
le froid est allé en augmentant, gelant a toutes les
heures du jour et de la nuit.
Le 31 decembre, le barometre a 28 pouces trois lignes et demies
Les thermometres marquoient 18 degrés et trois quart au dessous
de la glace.
Le grand froid de 1776 fut observé aux mêmes thermometres a
16 degrés et un quart, celui de 1740 a dix degrés et demi
au dessous de la glace; Celui de 1709 a 15 degrés au dessous de

la congelation*. Le froid du 31 decembre na donc pas
d exemple ni dans sa rigueur ni dans sa durée.

* En 1788 on utilise le thermomètre dit "de Réaumur". René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757), physicien et naturaliste, a mis au point en 1731 une échelle de températures avec un thermomètre à alcool en calibrant 80 intervalles entre le point de congélation et le point d’ébullition de l’eau. L'équivalence est donc 1°R = 1,25°C. Par conséquent à Conches il faisait presque -23.5°C le 31 décembre 1788 et quasiment - 19°C en 1709 ! NDLR

     

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Mots-clés : crue, dégel, froid, gel, gelée, grand froid, inondation, mauvais temps, neige, orage, pluie, sécheresse, tremblement de terre, vent

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