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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département de la Dordogne (24) / Aquitaine / Nouvelle-Aquitaine

Le Bugue / Bourrou / Douville / Limeuil / Lisle / Marsac-sur-l'Isle / Mauzac-et-Grand-Castang / Pazayac / Saint-André-de-Double / Saint-Perdoux / Villetoureix

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
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Transcription du document
Limeuil

BMS
1686 - 1736 5MI42201_002

vue 97 / 185

janvier 1728

inondation

(info sur genea24.com, relevé Geneadom)

Année remarquable par le de
bordement des rivières de la dordogne
et de la vesere devant limeuil.

au commencement de cette année 1728
c'est a dire vers le 14 de janvier de la susdite
année les deux rivières deborderent furieuse
ment, mais surtout la nuiet du 18 au
dix neuf elles deborderent pour la seconde
fois si vite et si fort que de memoire
d'homme on ne se soi. vient pas de les avoir
vues si grosses, on ne trouve meme aucun
mémoire ni tradition qui disent qu'elles ayent
jamais monté si haut, voici les endrois par
ou lon vera dans la suite combien le debor
dement de ces rivieres a été grand
premierement leau est montee dans les hautes
chambres de m(onsieu)r Souilhat marchant jusquen
viron trois pieds de hauteur. et deux
pieds de hauteur dans les chambres hautes
de m(onsieu)r narbonne de la boissière elle a passe
beaucoup audessus de la porte du port
il ne s'en fallait que de deux marches
quelle ne monta sur les planches den
haut de la maison de la vitrolle moi
meme me suis embarqué dans le sol
de lamargnac pour aller a la vitrolle et
suis entre par une fenetre des aparte
ments hauts ou leau flotoit a un pied
et demi au-dessous jay cru devoir marquer
ceci comme une chose innoüie et nouvelle
jusqua present. 
P. aumassip(re)tre cure
de limeuil

     

Mauzac-et-Grand-Castang

BMS
1673 - 1792
5MI43202_001

vue 500 / 827

21/07/1737

chaleur

(info sur genea24.com, relevé Geneadom)

1737

On met icy comme une chose remarquable et surpe
nante arrivée en lan 1737 le 21 juillet. Il fit
une chaleur a undegresi haut que leau de la rivière de
dordogne devin si chaude que leau dont on fait le pain
et jusque a un tel poin que cet jour la il ceprit dans lameme
rivière un nombre infinit de saumons truittes et bar
baux de 14 lt pesans les saumons et 5 lt a 6 lt les truittes
des barbaux jusqu’a 7 lt à 9 lt. de sorte que les saumons de
12 lt à 13 lt se donerent pour 10 S a 12 S on les prenoit
avec la main sur le bord de la rivière sans filais ny outil
qua coup de perches il y eu des enfans de 12 à 14 ans qui
enprirent baucoup on conte que depuis le port de Baudefol*
jusque mauzat il seprit plus de 400 piesses de ces poissons
il sen trouva beaucoup de mort flotan sur la rivière, il n’y hut
poin de maladies chose surprenante, il est vrai quil y hut
des mors soudaines degens reples, il ny heut aussi de
frequens orages entre autre il en futuin un furieux le
26 juillet jour de ste anne qui dona grandemen sur Drayau
et mauzat** denpestre tous les vins et bles despagnes la
grelle estoit de la grosseur d’un œuf de poule et par my on y remar
qua des piesses de glasses delagrandeur de limite d’une assiette il y
fut quantite de volaille oisons dindons et autres qui furent
ecrases la récolte quit abondante en grain fromens
et bles des pagnes et vins partan a li?
Jossin curé

NDLR

* Actuellement "Badefols-sur-Dordogne"

** "Drayaux" et "Mauzac-et-Grand-Castang" sont proches (environ 2 km).

     

Le Bugue

Saint-Marcel

BMS
1733 -1792
collection communale
MI481013_001

vue 386 / 1347

et

GALLICA BNF
Gazette 1750

vues 336
et 337 / 368

24 et 25/05/1750

11/07/1750*

trembement de terre

 

 

(info sur genea24.com, merci à Jean-Louis F.)

le 10 avril 1750 est malheureusement mort dans son erreur
gaston Simons du sourbier le dernier huguenot de la paroisse de
St marcel en foy de quoy ay signé led[it] an et iour   Durand archip[re]b[t]re

extrait de la gazette de france du 11 juillet 1750.*

[Titre de l'original : De Paris, le 11 juillet 1750]

Le tremblement de terre dont on a parlé, lequel se fit sentir à St macaire
en guyenne, la nuit du 24 au 25 de mai, se fit aussi sentir à bordeaux
le 24 à dix heures du soir ; la secousse fut assez forte mais dura trop peu
pour causer du dommage ; il en fut à peu près de même à différentes
heures, à 12 lieues de bordeaux vers l'ouest, au nord-ouest dans le medoc
a pons en saintonge à 15 lieues de bordeaux ; et beaucoup plus loin
à toulouse, à narbonne, [sur l'original : à Montpellier] et à rhodez ; mais ce phénomène d'autant plus
surprenant qu'il est rare en france n'a nulle part été si redoutable que
vers les pyrénées. voicy ce que l'on en apprend par des lettres de pau du 6 iuin
Le 24 may vers dix heures du soir, on entendit dans la vallée du
lavedan un grand bruit comme d'un tonnerre sourd ; il fut suivi
d'une
secousse violente de la terre qui dura lespace dune minute
    à cette première secousse, il en succéda plusieurs autres jusqu'a [sur l'original : au lendemain]
dix heures du matin. il y en eut encore quelques-unes dans le meme
lieu les iours suivants ce qui donne lieu de croire que le foyer de ces
tremblement de terre estoit entre St Savin et St argeles ou les
ébranlements furent plus forts que partout ailleurs. une piece de
roc ensevelie dans la terre et dont il ne paraissoit quune petite partie
fut deracinee et transportee à quelques pas de la lespace quelle
occupoit feut à linstant rempli par la terre qui seleva de dessous un
hermite, habitant d'une montagne du voisinage a rapporté quil
avoit entendu des froissements de roches, qui s'entrechoquoint avec tant
de bruit, qu'il avait cru que la terre se déboitoit entièrement et que
les montagnes alloient estre englouties.
lalarme feut si grande dans ce canton que les habitants allerent loger
sous des tentes en rase campagne. ce fut surtout aux environs de lourde que lon feut
le plus allarmé. Il y a dans le château de cette ville une tour dont les murs
sont d'une épaisseur immense, et qui fut lezardée d'un bout à l'autre ; la
chapelle du même château s'écroula presque entièrement. Dans le village de
Gonzalès** qui n'est pas loin de là, plusieurs maisons furent renversées, et quelques personnes périrent
sous les ruines. Les voûtes du monastère et de l'église de l'abbaye de Saint-Pé, de l'ordre de St-Benoît
furent entrouvertes. a tarbes, depuis dix heures du soir du 24 jusquau lendemain dix heures
du matin il y eut quatre secousses toujours precedées de mugissements souterrains; et la voute de la
cathédrale se fendit en divers endroits. Le 26, vers une heure après minuit, on sentit dans la même ville une
cinquième secousse qui renversa la moitié du mur d'une ancienne tour placée au coin de la place
de maubourguet ; il y en eut encore deux autres le même jour, entre quatre et cinq heures
du matin

un tremblement de terre se feit sentir a peu pres a la meme [?] à perig[eu]x à sarlat et icy [en marge de l'original]

NDLR

* Chronique d'un tremblement de terre recopiée sur la "Gazette de France" du 11 juillet 1750. Les différentes dates mentionnées sur ce document montrent que le texte de l'article a été recopié plus tard sur la page partiellement vierge entre les années 1749 et 1750. Il en a été de même pour l'acte de décès oublié dans le registre de 1750 car, s'agissant d'un protestant, le curé catholique n'avait certainement pas été informé en temps et en heure. L'archiprêtre Durand a également ajouté à sa copie une mention personnelle en marge de la page.

** Ecrit "Gonçales" dans l'article de la Gazette, il s'agit du village de "Juncalas" à quelques kilomètres au sud de Lourdes.

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vue 181 / 372

1766

hiver froid

(info sur genea24.com, relevé Geneadom)

Remarques sur l’année précédente 1766

Cette année sera fameuse dans les annales par le long et rude hiver que nous avons éprouvé ; un froid
excessif avec une prodigieuse abondance de neige commença le 22 Xbre 1765 et dura pendant trois semaines
de la même force. La rigueur du froid parut cesser le 10 janv(ier) mais le temps était toujours serein, et le vent
du nord la glace et la neige se conserverent jusqu’aux premiers jours de février que le froid redoubla avec la neige et C’était pour nous annoncer un dégel prochain qui en effet arriva quatre jours après et qui fut précédé la veille
par deux coups de tonnerre très sensibles et qui arrivèrent l’après midi pendant qu’il y avait encore un pied
de neige sur la terre, le froid était excessif mais la nuit suivante le temps changea et le lendemain jour de
mardi gras, il ne restait pas du tout de neige à 9 heures du matin. Nous ne fumes pas long temps à ressentir les
tristes effets de ce dégel, car le lendemain, jour des Cendres, il eut gelé si fort, que l’eut avec quelque raison, malgré
la rigueur du froid qui avait précédé, que nous attribuions au froid de cette nuit, la perte de presque toutes les vieilles vignes ; une grande quantité de chataigniers et quelques noyers périrent ; nous perdîmes par l’effet de cette cruelle nuit
touts les arbustes, plantes potageres et autres, comme ajons , fougères, artichaux &c. &c. &c. Le bled avait tellement souffert, qu’à peine en paraissait il quelque peu à pâques et encore n’était ce que sur la partie du sillon qui regardait le
midi, la partie du nord ayant été totalement emportée. Si le printemps avait été sec, la famine aurait été
générale dans plusieurs provinces, mais les pluyes abondantes de cette saison firent si heureusement grandir le
peu de bled qui s’était conservé et fertilisèrent si à propos les sols dont la terre se trouvait imprégnée
par le grand froid qui d’ailleurs l’avait rendu très meuble, que nous eûmes quantité de bled d’espagne, de légumes
et autres menus grains. Le froment même reüssit au-delà de nos espérances, il y eut peu de paille, mais la gerbe rendait
prodigieusement du grain tellement les épis se trouvaient longs et bien fournis. Trait admirable de la providence !
Ce fut à l’occasion de la rigueur de l’hiver que M. Macheco de Prémaux Eveque de périgueux touché
de la disette qu’elle avait procuré, permit pendant le Carême de cette même année l’usage de la viande les dimanches, mardis et jeudi matin de chaque semaine jusqu’au jour des rameaux exclusivement.

(Laborde Curé)

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vue 187 / 372

avril 1767

gelée

(info sur genea24.com, relevé Geneadom)

Le grand hiver de 1766 avoit emporté les vieilles vignes et la gelée arrivée cette année
1767 la nuit du 17 au 18 et celle du 18 au 19 avril jour de paques emporta non seulement
l'espoir de la recolte en vin, mais quantité de jeunes vignes qui avoient resisté au froid de l'année
précédente et qui dans cette occsasion furent gélees jusques dans la racine ; Ce fut une neige tombée le
Samedi Saint et fondue par le soleil qui la nuit suivante causa cette perte qu'on ne sauroit réparer
qu'à grands frais et de long temps.

     

Saint-Perdoux

BMS
1622 - 1793
collection communale

vue 533 / 734

1767

sécheresse

gelée

(relevé Geneadom)

notes

On ne se souvient pas d'avoir vu une année aussi
sèche que celle cy 1767. les puits, les fontaines, les ruisseaux
etoient presque tous à sec. / sans les moulins à vent tous manquaient de / Cependant, ce qui montre combien
/ pain. / la province est endommagée par les pluyes, et combien il
est essentiel de dessecher les terres, la récolte des blés a été des
plus abondantes, malgré le mal que dut causer la gelée qu'il
fit les 16. le 17 et le 18 avril / et le 10 may / dernier. cette gelée emporta generalement
tous le fruit rouge, peches, poires, noix & du côté de Sarlat
les seigles furent ravagés mais les vignes surtout de sorte
que depuis domme en descendant jusqu'à issigeac; il n'y eut
presque point de vin. ici et dans les environs en avancant
vers le midi le mal a été moindre. il y a eu autant de vin
qu'en 1766 et il s'est vendu presque autant. le blé a ete
a douze lt le sac sous le fléau il est a 13 lt le 1janvier 1768.
Les menus grains ont tous manqué par la secheresse ; point
de chanvre et très peu de blé d'espagne. Les cochons sont hors
de prix. Le blé a mal reussi dans les provinces septentrionales
il a manqué en angleterre. Les fievres ardentes, malignes ont été
communes et funestes ; la petite vérole a couru presque partout et
a fait un ravage affreux.
(...)

     

Saint-Perdoux

BMS
1622 - 1793
collection communale

vue 551 / 734

1768

pluie

(relevé Geneadom)

(...) les pluyes ont eté affreuses vers
les semences, les ravines ont fait beaucoup de mal cependant les
Blés promettent assés.
(...)

     

Saint-Perdoux

BMS
1622 - 1793
collection communale

vue 560 / 734

1769

grêle

(relevé Geneadom)

(...)La grêle a ravagé presque toute la province (...)

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vue 206 / 372

folio 114 verso

1770

perturbations

(relevé Geneadom)

remarques sur l'année précédente qui doivent se rapporter sur l'année
courante 1770 mais qui sont les suittes de la recolte de 1769 autant que et plus que
de la constance du temps mauvais temps pendant / durant / le printemps de 1770. j'ecris les
remarques en 8bre 1770

Cette année doit faire epoque à plus d'un egard. les anciens ne se rappellent pas, et
on n'a trouvé aucun memoire que la disette des grains et leur cherté ayant été portées si haut, ni
que les saisons ayant été si bouleversées que durant le cours de cette miserable année à compter du 1er mars
jusqu'au 29 juillet 1770. vers ce temps, 1er mars, le bled manqua tout à coup dans plusieurs provinces
voisines, mais surtout dans le limouzin. une grande partie du poitou. de l'angoumois, dans toute la bretagne
et les deux périgords haut et bas. Le peuple qui peut etre ne s'en etait pas apperçu plutost, en particulier
encore pour ne pas précipiter l'augmentation du prix des denrées se tût pendant qu'il lui resta quelque
subsistance. mais se voyant dépourvû de tout, il ne mit point de bornes à ses cris. on n'entendait à la ville
et à la campagne que les cris de la misère, les femmes surtout, la partie la plus tumultueuse et la plus bruyante
de l'espece humaine, faisaient entendre dans les villes un vacarme propre à tout bouleversement et à augmenter le mal
plutost qu'à inspirer le desir d'en prévenir les suites par des moyens concertés avec sagesse. tout était en
combustion dans les lieux qui refermaient communément plus de canailles et de gens desoeuvrés que de gens
util vraiment utilles à la société; Cependant la famine faisait des progrès et se répandait des villes dans la
campagne avec une rapidité effrayante et aurait eu des effets bien sinistres si nous n'avions trouvé de promps
secours chez nos voisins. Ces secours, c'est le commerce qui nous les a procures. c'est l'industrie et
l'activité des hollandais et des polonais et principalement celles de deux villes touristiques Danzig et
hambourg qui nous a fourni les moyens de subsister; les prompts et abondants secours qui nous sont
venus du nord de l'europe nous ont sauvé la vie, mais il en a coûté la ruine de plusieurs familles
en perigord, surtout en limousin et dans une partie de l'auvergne ou la disette s'est fait sentir
bien plus vivement. le bled qu'on a pu transporter dans les provinces s'y est vendu jusqu'à 48 livres
le sac mesure de Bergerac. le seigle et bled d'espagne à proportion. tandis qu'en perigord le bled
du pays n'est pas monté à plus de 24 à 26 lt et celui qui nous venait par la voiture d'eau
n'a pas vallu au delà de 20 à 22 lt. Cette disette générale a duré jusqu'au 20 juillet de cette année et
c'est ici le second evenement qui caractérise cette malheureuse année. L'hiver a été si long en gelée
et en pluye alternativement qu'à peine voyait-on une fleur le 20 d'avril, le 8 mai il n'y avait
pas une feuille sur les arbres les plus précoces et le 15 mai on ne voyait pas encore une forme
de raisin dans les vignes. le jour de Ste Croix, 3 mai, il tomba du gîvre en abondance suivi
d'une neige qui epaissit de la hauteur d'un pouce : rien ne souffrit pourtant excepté le fruit
parce que rien encore n'avait poussé sur les arbres à fruits. La pluye, qui n'a pour ainsi dire
pas cessé pendant tout le printemps et jusqu'au 15 juillet, a prodigieusement retardé la recolte
et conséquemment prolongé la cherté des vivres. L'abondance des pluyes a si fort endommagé les vignes
que depuis longtemps on crie à la disette du vin. Il est à propos de remarquer que ce qui a si
fort répendu la disette dans le limousin et le perigord, ce fut une gélée qui arriva sur la fin de
7bre 1769 et dura 4 jours. Elle emporta tout dans cette derniere cette province le bled d'espagne et une
partie des chataignes et dans le limousin généralement tout le bled sarrazin et toute la chataigne.
La récolte en bled cette année 1770 n'a pas eté mauvaise, cependant on ne laisse pas de craindre
pour l'année qui va venir, tellement sans doute on est encore frappé des effets funestes de celle
qui a passé : on se rassure à peine

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vue 220 / 372

folio 121

10/06/1771

orage

pluie

inondation

(relevé Geneadom)

remarques sur le courent de l'année 1771

(...)
Le 10 juin à 6 heures du soir il y eut un orage affreux qui ne donna point
de grêle mais une telle abondance de pluye pendant deux heures consécutives que tout a ete
inondé, personne ne se ressouvient d'avoir vû raviner de cette force, mais dans certains endroits
cette inondation a eté un vrai desastre, elle a entrainé et suffoqué plusieurs bestiaux, des maisons
même ont eté enlevées comme dans le pont St mamet, à monclats et ailleurs. on compte dix lieües de pays que le furieux orage a ravagé, depuis les portes de Bergerac, où il a commencé jusques
vers brantome* où il a cessé de faire sentir ses fureurs.
malgré les chaleurs excessives qui ont endommagé la récolte de toute espece, le bled d'espagne
et la chataigne se sont trouvés d'une qualité excellente; cette circonstace rassure beaucoup nos
campagnards qui mettent toute leur confiance dans cette denrée.

* Ce qui fait une distance d'environ 58 km à vol d'oiseau (dix lieues font 48,28 km). NDLR.

     

Douville

Le-Pont-Saint-Mamet

BMS
1697 - 1791
collection Communale

vue 266 / 350

folio 1 verso

10/06/1771

orage

inondation

(relevé Geneadom)

N.B. / innonda- / -tion extra- / -ordinaire / du 10 / juin 1771  [en marge]

le 10 juin de la pr[esen]te année, après un orâge, et une pluye des
plus extraordinaires dont on eut jamais entendu parler dans
les cantons, les eaux saccrurent au pont St. mammet à la
hauteur des 9. pieds, Comme il le constat par les broussailles
lherbe et le bled acccrochés aux arbres le torrent etoit si
violent qu'il enleva en leur entier 3 maisons dans l'une
desquelles se noyat la femme cy-dessus*, enceinte de 3 à 4.
mois. une autre fut roulée dans les flots avec son enfant
qui eurent le bonheur de s'accrocher à un prunier sur le
quel elles se sauvrerent. toutes les murailles, du jardin, pré
et bassecour, ainsi que les etables, portes portails et contrevans
du prieuré, furent aussi enlevés et transportés en partie
jusques audela de montagnac**, ainsi que toutes les provisions
de bois, vin, huile, sel, linge &c. &c. &c. la servante qui se
trouva seule dans ce moment, se sauva à une poutre du
p[remi]er étage, l'eau jusqu'au menton. depuis environ 7. heures du
soir, jusques au jour. il perit beaucoup de betail. toutes les
maisons furent tres endommagées. l'eau venait tout à la fois comme
                                                 un mur qui auroit traversé la plaine

NDLR

* Il s'agit de Marie MAGNE du village du Noyer, situé 1500 m au sud dans la même paroisse, agée de 35 ans environ et morte noyée et écrasée sous les ruines d'une maison.

** Soit environ à 4 kilomètres en aval sur la Crempse.

     

Saint-Perdoux

BMS
1622 - 1793
collection Communale

vue 592 / 734

folio 65

1773

temps clément

(relevé Geneadom)

(...)
il y a eu cette année beaucoup de vin, mais un peu verd et
faible le thermomêtre n'a pas atteint le 30 au dessus de
zero* pendant tout l'été aussi n'y at'il eu aucun orage, ni
n'a tombé une grelle dans toute la province.
(...)

* Avant la Révolution Française (et depuis 1731) on utilisait des thermomètres gradués en 80 degrés et non centigrades (échelle dite de Réaumur). 30 degrés R équivalent donc à 30 * 5/4 = 37,5 °C NDLR

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vue 246 / 372

folio 128

1774

brouillards

29/04/1774

orage de grêle

(info https://books.google.fr, relevé Geneadom)

observations sur l'année 1774

Les bleds cette année ont eté fort endommagés par des brouillards épais, secs et puants qui parurent dès le mois de juin et durerent jusqu'après la recolte, ils etaient sensibles toute la journée, mais surtout le
matin jusquà 9 heures, et dés les 4 heures du soir. les vignes ont presque toutes coulé* par ces brouillards.
Le 29 avril de cette année, il s'éleva un orage vers les six heures du soir qui ravagea par une grêle
affreuse plusieurs paroisses du voisinage, à commencer depuis villamblard jusqu'à Bourdeilles exclusivement.
Les froments qui furent entierement hachés repoussèrent et conduisirent leurs tiges à la hauteur ordinaire, les epis même paraissaient fournis comme s'ils n'eussent pas été endommagés, mais soit que la chaleur ait empêché
le grain de se nourrir de la substance necessaire pour etre conduit à sa profusion ayant eté trop arrieré par
les effets de la grêle, soit qu'il ait eté plus exposé aux brouillards comme moins avancé que les autres, soit enfin
l'un ou l'autre effet, ce bled a peu rendu, c'est-à-dire beaucoup moins que le bled qui n'avait pas eprouvé
le fléau de la grêle.. quant au seigle il n'en a pas eté question, il fut entierement haché sans espoir
de retour. La recolte a cté géncralement mcdiocre, mais le prix du bled n'est pas excessif.
(...)

* On dit de la vigne qu'elle "coule" lorsque les fleurs tombent avant de donner des grappes. NDLR

     

Saint-Perdoux

BMS
1622 - 1793
collection Communale

vue / 734

folio

1774

pluie

(relevé Geneadom)

Cette année la récolte a eté très mauvaise par le trop de
pluye il a plu depuis le mois d'octobre jusqu'après paques.
je n'ai eu que 17 sacs de blé et un d'arriere van. cependant
le sac de froment n'est encore monté qu'a 16lt il n'y a eu pour
moi que huit barriques de vin.
(...)

     

Saint-André-de-Double

BMS
1654 - 1792 collection Communale

vue 854 / 1087

13/02/1775

ouragan

(info "Aïe Aïe Aïe Mes Ayeux", relevé Geneadom, merci à Marie-Ange T.V..)

Le treize fevrier 1775. il fit un tres grand extraordinairement viollant ouragan et vent
arrachoit les arbres, renverversoit
les cheminées, découvroit les maisons, emportoit et arrachoit
vitres et les barres de fer qui estoient qui enchassée dans le cartelage des églises et des maisons.
Depuis le matin jusqu'a deux heures apres midi. ce qui effrayoit tout le monde.

     

Saint-Perdoux

BMS
1622 - 1793
collection Communale

vue 605 / 734

folio 3 verso

1775

vent du nord

(relevé Geneadom)

L'année 1775. a eté une des plus abondan[tes]
en froment seigle. quoiqu'il n'ait presque pas plu
depuis le careme jusqu'au mois d'octobre. il est vrai qu'il
regnoit toujours un vent de nord, et que le thermometre
de réaumur* n'a jamais passé 30 degrés. aussi le vin
n'a pas eu de qualité, quoique fort abondant. les semences
du printems ont mal reussi.
(...)

* Voir note plus haut sur cette page. NDLR

     

Saint-Perdoux

BMS
1622 - 1793
collection Communale

vue 628 / 734

folio 17

1777

pluie

(relevé Geneadom)

L'année mil sept cent 77 la recolte en blé
fut affreuse, en sorte que la province a vecu la
moitié de l'année de blé étranger. ce sont toujours
les pluyes qui gatent les récoltes dans la guyenne.
(...)

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vue 282 / 372

folio 151 verso

1778-1779

chaleur

pluie

grêle

(relevé Geneadom)

Observations sur l'année 1779

L'été de 1778 a été des plus secs, mais la récolte, qui n'est pas fort abondante, est
d'une excellente qualité. Le vin est de la meilleure qualité, mais si nous avons eu trois mois
d'un été brûlant, on peut dire aussi que nous avons eu trois mois d'une pluye presque continuelle,
depuis le 1er 8bre jusqu'au 29 xbre ce qui a beaucoup retardé les semailles, on ne les finit dans
cette paroisse que le 29 janvier 1779. Le printemps s'est très bien comporté et la recolte de
toute espece promettait au delà des esperances. mais la pluye qui est tombé sur la fleur
du raisin et puis des brouillards secs et brulans survenus le 4, 7 et 10 juillet ont fait coûler
beaucoup de raisin. tout paraissait concourrir a enlever le vin dans cette paroisse, les brouillards de
juillet, les chaleurs caniculaires, la grêle qui est tombé en trois reprises differentes, le 12, 22 aout le 7 7bre
Cependant nous avons eu du vin, malgré les desastres et beaucoup plus que nous n'osions l'esperer, mais
il s'est trouvé de qualité mediocre.

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vue 289 / 372

folio 161

 

1780

pluie

froid

givre

01/08/1780

canicule

orage

17/09/1780

grêle

(relevé Geneadom)

Observations sur l'année 1780 à compter depuis la St. martin

jamais année ne fut plus inconstante que celle-cy car indépendament que tout
l'hiver a eté constament partagé entre une pluye continuelle et un froid excessif jusqu'à
l'equinoxe du printemps, on ne vit jamais de printemps plus desagréable que celui de cette
année. Les pluyes commencerent le 1er avril et durerent 5 semaines sans intervalle; ce n'etait
point de ces rosées que le printemps amene quelque fois et qui produisent l'abondance, c'etait une
pluye froide melée de givre et qui resserrant la terre retenait les fruits et les plantes et retardait les
travaux; on ne pût commencer à semer les menus grains, comme bled d'espagne*, mongeons** et chanvre
ni la culture des vignes qu'après le 8 mai, aussi bien, le beau temps venu à cette epoque
les travaux furent si multipliés, que les uns retarderent prodigieusement les autres. jamais les vignes
n'ont si peu promis qu'au commencement de leur pousse, à peine voyoit on vers le 15 mai quelque
forme de raison au bout d'un sarment nouvellement eclos et qui etait de fort mauvaise apparence
mais le beau temps ranima tou et dans l'espace de 15 jours les vignes travaillerent si bien et furent si
avantageusement changées, qu'elles donnerent d'abord les plus belles espérances; mais les brouillards du
mois de juin et les chaleurs de la canicule ruinerent ces esperances, on a fait peu de vin et de
mauvaise qualité à cause des pluyes qui commencerent par un orage violent arrivé dans la nuit
de premier au second d'aoust; ces pluyes en relevant le bled d'espagne qui avait langui jusques
là et dont on n'esperait quasi plus, rendirent la maturité du raisin fort difficle, il se pourrissait
avant d'etre mûr ce qui est toujours de fort mauvais augure
L'equinoxe d'autonne a eté très orageux; il y eut plusieurs orages fameux et notament un dans
ce canton le dimanche soir 17 7bre qui fut furieux et abîma par la grêle et la ravine
cinq à six paroisses du voisinage, la paroisse de mont? a eté du nombre.

NDLR

* Autre nom du "blé noir" ou "sarrazin".

** En occitan "monge" ou "mongette" désigne les haricots blancs.

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vue 294 / 372

folio 165

1781

pluie

brouillards

18/08/1781

orage

grêle

(relevé Geneadom)

Observations sur l'année 1781

Le printemps a eté le plus beau qu'on puisse desirer, la pousse des arbres et des
vignes et généralement toutes les productions qui caractérisent et sont l'effet de cette belle saison
ont eté très précoces; le 15 avril toutes la nature epanoüie annonçait la recolte la plus premiere
et la plus abondante, les rasals? qui vinrent à propos temperer les chaleurs, qui commencent
à se faire sentir dans le mois de mai, en fecondant la terre nous donnaient les plus belles
esperances ; mais il faut qu'il se trouve toujour quelque obstacle, le mois de juin s'est trouvé fort
sec et le comble de malheur fut que juillet commença par des pluyes et des brouillards qui
ont retardé la recolte prète à prendre et l'ont fort endommagée; aussi bien la recolte du bled a
eté fort mediocre; celle d'automne a eté bonne généralement; mais cette paroisse n'en a pas
profité le 18 aout jour de samedi vers les 7 heures du soir, il vint un orage du sud est
qui ecrasa toute cette paroisse par une grêle qui dura tomba pendant de quart d'heure sans
aucun melange d'eau; les plus petits grêlons etaient de la grosseur d'une / noix ordinaire / et il s'en
trouva de beaucoup plus gros que meme que des oeufs de poule; heureusement il n 'y eut point
ou presque pas de vent? sans quoi nos toits n'etaient pas capables de nous garantir. Cette grêle
a emporté le vin, la chataigne et plus de la moitié du bled d'espagne Le meme soir à dix
heures nous eprouvames un second orage furieux par le vent qui echarpa touts les arbres et
et par la ravine qui endommagea beaucoup de terres.

     

Villetoureix

BMS
1768 - 1792
collection Communale

vue
190 / 298

folio 192

1782

inondation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(relevé Geneadom)

Observation sur le debordement affreux de nôtre
riviere de drônne qu'on a eu soin d'inscrire sur
le registre de la maison de ville tant a perigueux qu'a
bergerac arrivé dans la nuit du mercredi des cendres au
jeudi du 5 au 6 mars 1782

Depuis le 4 9bre 1782, il ne cessa de pleuvoir à l'exception
de 11 à 12 jours de beau temps jusques au 6 de mars 1783.
dans cet intervalle la dronne sortit de son lit à deux
reprises comme nous avons coutume de l'éprouver. mais
après une pluie qui recommença de plus fort vers le 26 février
et qui augmenta le 2 mars et les jours suivants jusques à deux
heures après midi / minuit / du six accompagnée de / d'un / vent furieux. la
riviere sorti totalement de son lit et se répandit dans la
plaine et vint mouiller les murs du pressoir à huile de
m[onsieu]r Laplante du bourg Dès la veille sur les 5 heures du soir
toutes les granges et caves depuis chez m[onsieu]r Laplante jusque
chez pierre duranthon dit moutilliou furent pleines d'eau.

Leau atteignit jusquau table de mes barriques et la paillasse du lit
de la ma daidoniere* qui couchait dans la petite chambre près de la cave
qui fit les hauts cris en se reveillant en sursaut en entendant
bouillonner leau sous elle. Leau penetra par toutes les fenetres des moulins
de la Courberie, de la riviere de puyrousse, enteraina les mailleries**
de ce dernier ainsi que les deux petite porte de bois et les transporta tout
dressé sur leurs pieds jusque dans les terres communement appelé
Les boizes où des arbres et des buissons les arreterent. L'on voyait flotter
continuellement sur les vagues toutes sortes de meubles des cheveaux
jusqu'a des chappeaux, Leau monta de deux pieds sur la chaussée
des ponts / de riberac / et entraîna tout entier en son ensemble le plus grand et le
porta jusqu'au encluses*** de chalard. Deux arches du pont de la cité
furent emportées; le pont de l'isle fut endommagé. celui de la
rocheb/eaucour tout neuf, fut entierement ecroulé. Celui de
brantôme en partie abattu Celui de bergerac totalement detruit
dans le voisinage de mareuil deux forges disparurent; et l'on
vit flotter les chaudiers avec tous leurs ustensilles, le moulin
du gué de Lepp/eron de la paroisse de Creyssac emporté en son entier
dans le même temps la cavernière**** de libourne qui revenait de bordeaux
avec quantité de monde disparû pendant cette innondation
Le 4 mars quelques jours avant à St aulaye à 3 lieues d'icy le ruisseau
avait tellement grossi que les boeufs gras que l'on envoyait à l'hopital
de bordeaux ne purent pas passer il s'en noya quelques uns ainsi
qu'un / mulet / estimé 300 lt qui fut trouvé quelques jours après
dans la prairie de la paroisse de faye.
En un mot les plus anciens ne se rappellaient pas d'avoir essuyé
une pluye aussi forte aussi continuelle non plus d'un désbordement
pareil et qui eut fait autant de ravages, en même temps dans tant
de différents endroits. La partie basse de la ville de perigueux près du
pont des recollets ainsi que le faubourg eprouva beaucoup de ravages
plusieurs maisons soit de la ville et du faubourg furent ecroulées
et quelques personnes furent terassés et noyés

NDLR

* Une "dindonnière" est une jeune fille de la campagne chargée de garder les dindons. Par extension il s'agit ici de la bonne du curé.

** Les "mailleries" sont des moulins à battre le chanvre utilisant des maillets. Ce sont eux qui ici ont été arrachés par la crue.

*** Le Chalard est situé en Haute-Vienne limitrophe de la Dordogne, on y trouvait un prieuré, une abbaye et un monastère. C'est ce dernier qui est désigné par le mot "encluse".

**** Une "cavernière" est un petit bateau transportant des passagers et des marchandises en suivant essentiellent les courants.

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vue 302 / 372

folio 169 verso

1782

canicule

pluie

(info sur genea24.com, relevé Geneadom)

Observations sur l'année 1782 [ratures] et pour l'année 1783

La disette que paraissait annoncer / la recolte / derniere ne s'est pas faite sentir à beaucoup
près comme on avait sujet de le craindre, il y a eu des pauvres mais non pas en si grand nombre
que dans plusieurs autres années qui d'abord s'annonçaient mieux; le bled n'a manqué nulle part
et le prix n'en a a pas eté exhorbitant pour une année disettaire puisqu'il n'a pas passé 20 lt le sac
et même qu'il ne s'est vendu sur ce pied que dans certains cantons et sur la fin du printemps.
Le vin, qu'on disait etre de bonne qualité, s'est généralement gâté pendant les chaleurs de la
canicule, il n'y a eu que les personnes qui font du vin de la premiere qualité qui ayent conservé
le leur, par tout ailleurs il s'est cuit.
La recolte du bled d'espagne a eté fort endommagée par les pluyes d'automne et
comme on a eté obligé de le ramasser et de le serrer sans qu'il fut sec, il s'est prodigieusement
gâté et on n'en a conservé une partie qu'en faisant tout egrainer et en séparant le mauvais
d'avec le bon. En le mettant ainsi séparement dans des graniers aussi clair qu'il se pouvait et en
le remuant souvent on l'a empeché de se gâter d'avantage, et celui même qui s'est trouvé bon
avec les précautions dont je viens de parler s'est très bien conservé; c'était donc la panouille qui
gâtait le grain ce qu'il est essentiel d'observer. Les cochons et la volaille mangeaient le
plus mauvais et s'en engraissaient très bien mais ce qui doit paraitre incroyable c'est que
celui qui paraissait fort gâté n'était point immangeable même pour l'homme. j'en
ai mangé moi-même de plus d'une façon de celui qui paraissait le plus gâté sans y trouver
aucun mauvais goût ou que très peu de chose qui ne rendait point cette nourriture desagréable
Cet avantage, joint à la bonté de la chataigne qui s''est trouvée d'une qualité parfaite
préservera le peuple de la disette qu'on paraissait craindre.

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vues 304 et 305 / 372

folio 170

27/02/1783

neige

 

01/03/1783

orage

foudre

 

04/03/1783

inondation

 

16/06/1783

brouillard sec

éruption volcanique

tremblement de terre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(info sur genea24.com, relevé Geneadom)

Observations sur l'année 1783

il y a eu cette année au commencement du carême une inondation telle qu'on n'en trouve point
d'exemples dans l'histoire, elle s'annonça par une fonte de neige tombée la nuit du jeudi gras
27 fevr[ier], le samedi suivant il y avait encore un demi pied de neige à 9 heures du matin, mais elle fut
bientot fondüe et l'après par un soleil vif qui occasionna un des plus violents orages qui survint
l'après midi vers les deux heures la foudre tomba en plusieurs endroits et endommagea considerablement
le chateau de montancei sur l'isle; cet orage fut suivi d'une pluye assès douce mais qui dura constament
les trois jours gras, ce qui joint à la fonte de la neige enfla beaucoup les ruisseaux et rivieres; mais le
mercredi des cendres (4 mars) a onze heures du matin la pluye devint plus forte et dura sans relache
jusqu'au l'endemain à 8 heures du matin de sorte que tout paraissait inondé, le pré qui est sous mes fenetres,
quoiqu'il ait un peu de pente paraissait une nappe d'eau. les effets de cette espece de deluge on eté
terribles dans toute la france, à ce que nous apprennent les papiers publics; mais ce que nous voyons
sous nos yeux doit nous faire juger ce de qui s'est passé ailleurs. Le pont de la cité

de perigueux a eté emporté, plus de trente maisons, dans la même ville rüe
neuve ou dans les baris* bordants la riviere ont eté entrainées; plusieurs personnes ont peri
dans de desastre et plusieurs autres n'ont echappé à un danger si imminent (puisque c'est
au coeur de la nuit que la violence du debordement se fit sentir) que par une espece de miracle
quelques citoyens de perigueux ont eté assès genereux pour s'exposer à la fureur des flots
dans la nuit la plus obscure affin de proter du secours à une foule de miserables qui perchés
sur les toits criaient misericorde et n'attendaient que la mort. Les dignes citoyens allaient les
prendre dans leur barque et les mettaient à couvert à travers mille points avec un courage digne
de touts les eloges et des plus grandes récompenses et si on en savait apprécier le merite, ce qu'il y a de
sûr, c'est que touts ceux qu'on tenta de sauver par des moyens si hasardeux furent sauvés et qu'aucun
n'a péri. C'est à ceux qui aiment l'humanité et qui savent apprécier la vie des hommes à decerner
la recompense qui est düe au courage des personnes qui se montrent capables d'une telle entreprise.
Les deux ponts de Bergerac ont eté entierement detruits; j'ai vû ce desordre qui subsiste
encore et qui probablement subsistera long temps pour le grand pont; au premier coup d'oeil il
inspire le respect et l'horreur; rien n'est plus capable de porter à faire les plus serieuses
reflexions. je ne finirais pas si j'enterprenais de rapporter touts les détails que nous apprenons
des differntes provinces de notre france.
   Les nouvelles publiques nous apprennent que dans le même temps les royaumes
de naples et de Cicile ont eprouvé les plus terribles révolutions causées, soit par l'inondation
qui a eté générale, soit par des tremblements de terre et l'eruption des differents volcans qui
sont répendus dans ces deux royaumes : la province de Calabre dépendante de naples a eté presque
entierement bouleversé. depuis plus de trois deux mille ans il n'y avait eu que trois villes englouties
par l'ethna et le vesuve, et cette année dans la seule calabre il y a eu cent trente villes,
bourgs ou villages detruits ou abîmés. telles sont les relations de ces malheureuses contrées dont
le detail fait frémir.

phénomène [en marge]

Le 16 juin après quelques jours d'une chaleur assès vive, l'horizon parut entierement
obscurci par un brouillard fort epais et parfaitement semblable aux brouillards qu'on voit si souvent
durant l'avent, avec cette difference seulement que ceux-ci sont ordinairement humides et que ceux là
etaient fort secs. Ce brouillard a regné un mois sans interruption ce qui allarmait fort le
peuple superstitieux à l'excès et ce qui faisait craindre à ceux qui n'étaient ne sont pas du peuple
que la recolte n'en fut endommagée. il etait sensible tout le jour malgré la grande chaleur des premiers
jours de juillet, mais, comme c'est l'ordinaire, ils l'etaient beaucoup plus durant la nuit, et le matin
et le soir Le soleil paraissait au milieu de ce fluide de la couleur d'une piece de fer
enflammé, on pouvait le fixer jusqu'à 8 heures du matin et après les 4 heures du soir sans
que la vüe fut fatiguée. Ces brouillards ne causaient aucune humidité et ne paraissaient
qu'une humid fumée fort attenuée qui ne rendait aucune odeur, comme je l'ai observé plusieurs fois
au couer de la nuit et le matin avant le lever du soleil. Comme on s'apperçut que les

brouillards ne causaient aucun dommage, les gens sensés se tranquilliserent et
s'appliquerent à decouvrir la cause d'un phénomène dont on n'avait point d'exemple
et dont les effets ne fesaient plus rien craindre pour les fruits de la terre on n'etait pas egalement
rassuré sur la santé des hommes et des bestiaux; ce qui n'est pas ordinaire présage toujours quelque nouveau
malheur dans l'idée du peuple sans qu'il se mette en peine de devenir meilleur pour se préparer aux
evenements qu'il craint. quoiqu'il en soit, ces fumées qu'on s'accorde maintenant à nommer telles venaient
du n ord-est et n'ont produit auncune espece de desastre après mille conjectures** pour en deviner la cause
Comme je l'ai dit, voici à quoi l'on s'est arreté et ce qui me parait le plus vraisembleble. La quantité
extraodinaire de pluye qui est tombée pendant l'hiver et une grande partie du printemps de cette année avait
abreuvé la terre à une profondeur extrordinaire aussi les premières chaleurs ont facilement evaporé l'humidité
jusqu'à une certaine profondeur, mais les ardeurs du soleil n'ont pû penétrer si avant dans la terre pour la
dessecher entierement et enlever toute les vapeurs sensibles, elles n'ont pû qu'echauffer les dernieres couches
imbibées de l'eau des pluyes en y produisant une fermentation considérable qui a exhalé ces fumées qui
ont paru si sensibles; elles n'etaient point humides comme nous l'avons observé plus haut, et selon toutes les
apparences elles l'auraient été si le foyer de la fermentation avait eté plus près de la surface; mais se
trouvant à une / profondeur / considerable en s'elevant et se filtrant au travers des pores d'une terre dessechée,
ces fumées se sont dépouillées de toutes les parties humides et grossieres et n'ont conservé que la
consistance nécessaire pour se rendre sensibles. telle est la fumée ordinaire produite par toute espece de
fermentation, qui, humide d'abord, s'evapore dans l'air et reste sensible à la vüe long temps même
après avoir perdu toutes ses parties aqueuses, celles au moins qui peuvent tomber sous le sens.

NDLR

* En occitan un "barri" est un quartier des faubourgs (anciennement près des remparts).

** Malheureusement le curé de Bourrou est excessivement optimiste et ses paroissiens craintifs bien plus clairvoyants. En réalité les effets de cette gigantesque nuée de cendres toxiques provenant de l'explosion d'un énorme volcan islandais (le Lakagígar ou Laki) se feront sentir sur toute l'Europe. Elles ont fortement perturbé le climat pendant presque une décennie, affamé le peuple islandais, occasionné au cours de l'année suivante des maladies respiratoires et dermatologiques, augmenté sensiblement la mortalité, tué du bétail... Les disettes successives qui ont suivi ce phénomène hors du commun ont d'ailleurs été une des causes de la Révolution Française.

     

Pazayac

BMS
1612 - 1792
5MI55504_001

vue
1621 / 1660

06/03/1783

inondation

tremblement de terre

(info sur genea24.com, relevé Geneadom)

Le 6 mars landemain du jour des Cendres les rivières ont commencé à
deborder dans tout le royaume, au point qu'on ne les avoit jamais vües,
Le debordement etoit dans son fort le sept au matin, après une pluie d'environ
quarante deux heures de durée, mais non pas bien forte, Du moins dans ce
païs-ci : quantité de ponts ont été emportés en differents endroits, a perigueux
le pont de la Cité emporté, et le vieux port endommagé, le bas de la ville
tout inondé et quantité de maisons ecroulées, partie de montignac inonde
Beaucoup plus qu'il n'ait jamais été et quelques maisons renversées :
quantités de bestiaux sur vezre noyés ou entrainés des étables ; le pont de
Daglan fini depuis trois ans et bâti solidement, entrainé au point qu'a peine
y connoaissoit on des traces.    Dans l'auvergne des tremblements de terre
en certains endroits qui ont renversé des montagnes et interrompu le cours
de certaines rivieres. on attribue ces accidents au tremblement de terre de
la Calabre. on ne parle pas de pareils accidents arrivés dans les autres
parties du monde.
Cette année a fini la fameuse guerre d'amerique contre les anglais, qui après
huit années de guerre ont reconnu les états unis alliés de la france pour
libres et independants.

     

Marsac-sur-l'Isle

BMS
1600 - 1790 collection communale

vue 889 / 915

17/01/1784

orage

vent

(info sur genea24.com, relevé Geneadom)

ad perpetuam rei memoriam

[La] nuit du 17 au 18 janvier de cette année 1784, il a fait un tems
[des] plus cruels que j'aye jamais entendu, il a fait des ecclairs il a tonné
[avec] un tonnerre continuel et terrible comme dans le plus fort de
[l'ét]é mais ce qui rendoit ce tems si affreux c'etoit le vent le plus horrible
[qu'on] puisse imaginer, qui a soufflé avec une impétuosité avec une
[?] meme sans egale depuis les 5 a 6 heures de soir jusque a 3 ou 4 heures
[du] lendemain 18 : non jamais je n'en ai entendu un si fort, si continuel et
[qui] ait soufflé si longtems, il me faisoit danser dans mon lit, je n'ai
[jamais] eu tant de peur d'etre eccrasé sous les ruines dune maison qu'a
[ces mo]ments longts et cruels de la nuit ou je n'ai pas ferme l'ouil et ou cette
[maison] quoique neuve alloit et venoit je crois, sur ses fondements; on m'a dit
[que le] vent avait arraché beaucoup d'arbres, je nen suis pas surpris, il etoit
[affr]eux?, il faisoit frémir; sans doute que l'outre qui le renfermoit s'etoit
[?] déchirée et que n'ayant pu se promener depuis longtems, il vouloit
[?]ner et faire sauter et danser toutes les creatures au son de ses vilains
[?], mais enfin celui qui commande a toute la nature lui a ordonné
[?]te, il la fait à mon grand contentement de facon que cette heure 8e
[?] on n'entend qu'un petit zephir qui badine fraichement dans
[?]

     

Bourrou

BMS
1745 - 1792
collection communale

vue 322 / 372

folio 180

1785

fortes chaleurs

(info sur genea24.com, relevé Geneadom)

 

Observations sur l'année 1785

La récolte en grain, cette année a été fort médiocre à cause des longues et grandes
Chaleurs qui ont empeché le froment de germer, le bled d'espagne a très mal reüssi et généralement
tous les memes grains ont péri. Mais les bois et la vigne ont reüssi au dela de toute expression jamais
on n'avoit vû une si grande abondance de vin et de fort bonne qualité, Cette abondance passait le
double des bonnes années; il s'est fait à la disme dans cette paroisse au delà de trente
barriques de vin tandis que dans les bonnes années on n'en avait jamais fait au delà de 15
et que dans les années ordinaire on n'en fait pas au delà de dix barriques ; aussi bien bien fut on
très en peine pour le loger, on fut obliger de foncer les cuves et le vin s'y conserva forts bien
du moins chez les personnes qui prirent la précaution de bien sabler le dessus de la cuve et de
n'y toucher que lorsqu'on voulu le tirer. le vin de ceux qui n'ont pas pris ces précautions a
pris du feu.

(Laborde Curé)

     

Lisle

BMS
1783 - 1792
collection communale

vue 63 / 192
folio 172

28/06/1787

inondation

(relevé Geneadom)

Le 28 juin a péri par le déluge du dit jour et
trouvé mort le lendemain dans un pré ou l'eau l'avoit
entrainé, pierre Emeric Rouchaud fils de Jean Rouchaud
notaire Royal, agé de six ans et enterré en présence de
Jean Bourdeillette et de pierre farge qui n'ont seu signer
de ce requis. Brossard curé de L'Isle.

     

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27 documents collectés

Mots-clés : brouillards, canicule, chaleur, fortes chaleurs, froid, givre, grêle, inondation, orage, ouragan, perturbations, pluie, temps clément, tremblement de terre, vent, vent du nord

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