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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département de la Vendée (85) / Pays de la Loire

La Bruffière / Chavagnes-en-Pailliers / Cugand / Foussais-Payré / Lairoux / La Rabatelière / Le Girouard  / Mervent / Vouillé-les-Marais / Saint-Aubin-des-Ormeaux / Saint-Gilles-sur-Vie

NB : Le registre de Lairoux de 1762 à 1792 contient en fin d'année, écrite par le curé René Gaubard de Vergès, une chronique assez régulière au contenu très varié. Elle décrit par exemple en 1763 plusieurs recettes de remèdes pour diverses affections ophtalmiques (goutte sereine) ou dermatologiques (comme la gale) et même le cancer naissant; plus loin on trouvera comment traiter les charançons dans le blé, la rage et bien d'autres choses encore ! Je n'ai retranscrit ici que les parties concernant le sujet de cette collecte, mais je vous en conseille vivement la lecture intégrale qui est très intéressante d'un point de vue historique ou socilogique, malgré la remarque quelque peu sarcastique écrite à son sujet en 1833 par un de ses successeurs (le vicaire Vergereau  qui lui, semble-t-il, était prompt à l'ironie mais pas expert en orthographe).

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
Image du document
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Transcription du document
Chavagnes-en-Pailliers

BMS
1694 - 1703 AC065

vue 84 / 161

1698

intempéries

(info Geneawiki)

Le 4eme du mois de may en 1698 nos vignes furent toutes vendangee
par le vandangeur de la colere de Dieu. Onque l'année avoit de si
prime. / De lavauguyon preb(tr)e /
Il ne cest pas amasse
un ve(r)re de vin en toute la paroisse ni un carteron
de pommes

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Saint-Aubin-des-Ormeaux

BMS
1680 - 1720 AC198

vue 97 / 197
folio 1

21/02/1702

inondation

(info http://www.bletteryjp.fr)

Jean fils le[giti]me de René Sorin et de Jeanne morand
de la Boufardiere enclave du Longeron est né le vingt et
un du mois de feuvrier sur les dix heures du soir mil sept
[cent] deux, et a eté baptisé à n[ot]re eglise de St Aubin par moy
Curé soussigné, à raison de l'inondation des Eaux, qui
ont empeché d'aller à leur paroisse; le parain a été
francois merlet, la maraine a été Jeanne Baudry, qui
ne Scait signer, de ce enquis suivant l'ordonnance

f Merlet Brebion Curé de St
aubin

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Le Girouard

BMS
1707 - 1731
EDépôt099/6

vues 29 et 30 / 161

1709

froid

pluie

 

 

 

 

(info https://www.maugesetbocage.com)

Cette année 1709 a été une des plus mauvaises
années qui aye passé depuis plus de trois siècles
ce qui paroit par les arbres qui ont peri par la
rigueur de lhyver qui existoient depuis plus de
trois cent ans comme les piniers*, les chataigniers,
les noyers, les chaines verts, les buys et autres.
La gelée n'a pas seulement attaquez les arbres les
plus forts, et les plus vigoureux, elle a encore
fait perir les blés, et gatez les vignes, il n'y a
presque point eu de métive dans ces pays icy, et
il ne s'est pas recuilly un raisin dans les plaines,
l e peu de blé qui a resté après la gelée n'est venu
a maturité qu'a la fin du mois d'aoust et il y en
a eu dans les champs au mois doctobre, et on n'a
pu le battre qu'au mois de novembre tant lété a
été pluvieux, le prix du froment a été de
quatre cent livres le tonneau, le seigle de trois cent
livres, lavoine de quarante et cinquante écus
mais ce qui passe l'imagination c'est que le blé
noir, méchant grain a valu comme le froment
une pistole le boisseaux ; Le vin de nos plaines
s'est vendu deux cents livres le tonneau. Jamais
la misere et la desolation n'a été si grande parmy
les peuples, létat des pauvres n'a jamais été si
deplorable n'y ayant presque personne en état de
les assister par la rareté et du blé, et de l'argent

Le commerce etant ruiné depuis plus de
dix ans, joignez a tout cecy une guerre cruelle
qui ravage l'etat depuis plus de vingt ans, toute
l'europe armée et réunie contre la france.
Si jamais il arrivoit rien de semblable dans la
suite a ce qu'a Dieu ne plaise, il faudroit ne semer
surtout du seigle, de lavoine, de l'orge, et de la
baillarge aussitôt apres les gelées, ceux qui ont
ressemez ont parfaittement bien reussy, il y en [a]
qui ont labourez tout de nouveau et ensemencé
les terres tout comme ils auroient fait a la St
Michel, et d'autres se sont contentez de gratter les
seillons, et de jetter du grain ou il en manquoit.
les uns et les autres en ont recueilly en abondance
mais peu de gens se sont avisez de resemer en ce
canton aussitôt apres les gelées, ils ont cru se
dédommager par le mil, et le blé noir qu'ils ont
semez au mois de may, ce qui n'a point reussy
en beaucoup d'endroits, ou du moins le tems a
été si mauvais lorsqu'il faloit recuillir
les sortes de grains qu'on a été trompé dans
lesperance qu'on avoit d'en avoir une grande
quantité.
Je prie Dieu que mes chers successeurs ne se
trouvent jamais dans une situation aussi triste
et facheuse que nous nous trouvons apresent.
le 31 decembre
1709

* Le "pin pinier" s'appelle aussi "pin pignon" ou "pin parasol". NDLR

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Vouillé-les-Marais

BMS
170 9- janv. 1710
AC304

vue 2 / 12

1709

froid

(info Geneawiki)

1709

Homme vivant de quelque aage qu'il soit de cent
ans et au dessus a cequ'ils disent comme il y en a
dans la paroisse n'ont poin veû de froit si
aigû que celuy qui a fait cette presente année.
La riviere glacée a porter les chevaux chargés,
les bleds semes gelles, les vignes, les nohiers, et
plusieurs autres especes d'arbres gelles comme s'ils
avoient passez au feu, les bords de la mer
glacez qui ont fait perir les moucles et une
infinité d'autres accidents arrivez par le froit
et en quinzes jours. le vin glacé dans les
bariques d'une epesseur prodigieuse.

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La Rabatelière

BMS
1702 - 1709
AC186

vue 60 / 60

1709

froid

neige

(merci à Jacques Y.)

Il est à remarquer que Cette année
Il y à eu un hyver si rigoureux
que presque tous les arbres ont peri
par la gelée aussi bien que le bled ce
qui à causé un cher temps, le bled
seigle de la mesure de St fulgent
a valu trois livres quinze sols cet
hyver commenca au commencement
de feuvrier 1709 à duré quinze
iours qui à fait porter un deüil a
toute la terre* ce qui na jamais
esté veu. noyers chatiniers poiriers
presque tout à gelé les pommiers Jusque aux
housins tout à gelé, les vignes mesmes le
vin de chavagne** à valu cent vingt Livres
le tonneau

NDLR

* Les termes"porter le deuil" signifient que la terre est couverte de neige. En effet le blanc a été la couleur du deuil jusqu'au XVIe siècle et même si en 1709 il y a longtemps que la mode du noir est de mise, l'expression a perduré.

** "Chavagne-en-Paillers" se situe à 3 km au nord de "La Rabatelière".

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Vouillé-les-Marais

BMS
févr.1711-
févr. 1723
AC304

vues
3 et 4 / 152

1711

inondations

 

(info Geneawiki)

Inondations de marois.[en marge]

inondation

Le vingt trois du mois de Fevrier on commença
a travailler au marois Gareaux ; le vingt six
il falut abandonner le travail les eaux augmentant
incessament ensorte que les eaux passoient
partout au dessus des cintures et entr'autres proches
la Cabane des pompes ou il se fit une coupe
et aprez celle la plusieurs qui eurent ausitost
couvert les marois gareaux, des ablettes, Sauvage,
L'abbé, des roches et générallement tout ce qu'il
y a de marois jusqu'a marans, on avoit jamais
veu les eaux à la hauteur quelles ont esté
cette année prasente, il y a cinquantes et
deux ans que le marois Gareaux inonda mais
il s'en falloit bien qu'elle fusse venue si haute
et si le marois de Taugon la ronde, le marois
de Vix n'eusse pas crevé comme ils on fait
on tien que les eaux fussent venue jusqu'au
bourg, puisque non obstant toutes les coupes
qui sont dans touts les marois par lesquelles
il passe bien de l'eaux et qui devroient faire
diminuer ces mesmes eaux ayant beaucoup plus
de passage pour s'en aller ala mer ; cepandant

elles ont estés plus de huict jours sans qu'on conneust
aucune diminution, et si par un bonheur extreme
ou un grace particuliere de Dieu le vent avoit
tourné haut les eaux n'auroient épargné aucun
marois et elles auroient surpris tout le monde
qui sans doute auroient esté noyez, eux et touts
leurs bestieaux.

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Vouillé-les-Marais

BMS
févr.1711-
févr. 1723
AC304

vues
7 et 8 / 152

1711

grêle

(info Geneawiki)

orage

Aujourd'huy seizieme d'aoust 1711 il c'est tombé
levé un orage qui a fait tombé pendant un gros
cart d'heure une si grosse grele en si grande quantité
que la terre en a esté couverte pendant long
temps ; elle estoit communement grosse comme des noix
il y en avoit de plus grosse à ce qu'on dit qui a
tombé vers Le Sableaux, les arbres coupes, les fruicts
moulus, les chanvres, poix, mongettes, vingnes hachés
les raisins enfoncés en terres, les prez rouches,
et generallement tout mis en un estat à ne poin

servir, les vitres et tuilles des maisons brisées
en sorte qu'on ne se trouvoit pas mesmes en surté
dans les maisons, jugez posterité de la frayeur de
ceux qui furent surpris en les champs.

Filleau Curé de Voüillé

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Vouillé-les-Marais

BMS
févr.1711-
févr. 1723
AC304

vue 11 / 152

1711

tremblement de terre

grêle

vent

(info http://www.archives.vendee.fr, merci à Céline L-B)

Je ne crois pas qu'il se soit jamais passé une
année si rude que celle de 1711 outre l'innondation
qui arriva au mois de fevrier il en est ancore survenu
une dans ce mois de decembre non pas a la verité pour
nostre marois qui auroit arrivé sans doute si les
autres n'avoient crevé, outre cela il y a eu deux
ou trois tremblement de terre, une grele qui tomba
au mois d'oust qui ravaga tout, des coups de
vent qui ont renversé arbres bâtiments et maiso(ns)
et qui a encore fait plus de fracas a la coste que
sur terre et cela au mois decembre, enfin jamais
on avoit veu tants de vimeres* dans une mesme
année. a voüillé le dernier décembre 1711

* La "vimère" ou "vimaire" est un nom féminin  du latin "vis major" et qui désigne les dégats causés par les intempéries. NDLR

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Vouillé-les-Marais

BMS
févr.1711-
févr. 1723
AC304

vues
3 et 4 / 152

1747

inondations

(info Geneawiki)

en 1747 les eau ont esté
presque aussi haut dans le
meme mois le marois gareau
fut sependant sauvé les bles
ne furent poin endomages aiant
estés couverts pendant huit jours mais
les marois de vix saugont ont estes perdus

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La Bruffière

BMS
1751 - 1760
AC039

vue 10 / 250

14/03/1751

ouragan

(info http://www.archives.vendee.fr, merci à Céline L-B)

houragan [en marge]

La nuit du quatorze au quinze mars de dix heures environ su
soir jusque sur les cinq heures environ du matin, il y a eu un houragan
si violent que de memoire dhomme il ne sen est veu un pareil,
il a decouvert plus de la moitié du coeur de leglise emporté et dissipé
presque touttes les ardoises, ravagé la nef de leglise, renversés les croix
des pignons, decouvert une grande partie des maisons, enfin à
arraché et déraciné, et renversé des arbres chesnes des plus forts et des
plus grands, et n'a presque pas laissé debout des pomiers, pruniers
cerisiers, poiriers et autres a / r / bres fruitiers, il est enfin presque incroyable
le tort qu'a causé cette tempeste, dans cette p[aroi]sse et autres aux environs

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Mervent

BMS
1770 - 1780

vue 13 / 140

1771

inondations

(info Geneawiki)

Le vingt un novembre de la présente année
mil sept cent soixante dix, les eaux sont
venues à une telle hauteur qu'elles ont emporté
tous les moulins de la rivière. L'eau a passé
sur les toits des maison. il ny a que celuy
du portal qui à résisté parce qu'il était noeuf.
La pluie à continué depuis le landemain de la
foire de Saint Venant de Fontenay jusques au
Roy 1771 : tous les jours il y à la de nouveaux crues
d'eau, les loges de Fontenay ont ete les trois carts
culbutés par les eaux tres endommagées. Il y à eu
des maisons emportées tout à fait par les eaux
les autres maisons tombent tous les jours, les autres
enfoncent devant soy tout le pavé de léglise
de Saint jean de fontenay a eté culbuté et renversé
sans toucher aux meurs de leglise ny au cimetière
qui y touche. leau étoit de six pieds de hauteur
dans les rues. on n'avoit jamais vû ny entendu
parler d'un tel déluge. je mets cette accident sous
le miroir. de la postérité afin quon sen souvienne

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Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 36 / 293

1765

froid

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

L'hiver commenca de bonne heure il fus considerable
vers la fin de decembre les bleds tardifs parurent perdus
et on craignit beaucoup pour la recolte de l'année d'après
mais on fut agreablement trompé
il y avoit 40 ans qu'on navoit eut une si
belle recolte

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Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 43 / 293

1766

froid

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

Lhiver fut extrême jusques a la fin d'avril Les gelées de ce
mois et de celuy de mai ruinerent toute la vendeange on en
achetoit la somme prise au pas du fief 12 -13 14 francs
mais aussi la recolte fût magnifique abondante bien
nourrie et de memoire dhomme on ne se souvenoit de lavoir
vue si belle, malgré cette abondance, le bled etoit encore
cher.
Le froid fut si excessif si continuel que les scavans observeron
quil avoit surpasssé de deux degrés en rigueur celuy qu'on
eprouva au commencement de 1709 quand il gela et
quil gela fort dans cette paroisse, on est assuré d'une
heureuse recolte : pandant ces trois mois d'un froid excessif
janvier, fev mars 1766 les terres emblavées paroissont
toute nues, on desesperoit de rien amasser il ny avoit
que les fromens faits de bonne heure qui se soutinsent contre
la rigueur de la saisons.

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Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 50 / 293

17/04/1766

1767

comète

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

1766 [en marge]
Le dix sept avril de l'année 1766 fût apercûe par nous dans la
partie australe une commete* d'ont le mouvement paroissoit parallelle
a l'orbite de la Terre, elle se levoit et se couchoit avec le soleil, son orbite paroissoit
une fois grand que celuy de Venus a son plein, elle coupoit a angles
droits pandant la journée la constellation Dorion, l'œil du taureau** et
le belier, quelquefois suivant quelquefois devançant le soleil, toujours
disparoissant avec luy : sa queüe en forme de lance et d'un brillant serein
jusques a huit heures du soir s'elevoit après le coucher du soleil jusques a
trente six et trente sept degrés de latitude nor-ouest quart de Nord
embrassant les gemeaux et les playades*** le soleil s'approchant du
solstice d'eté la laissa sans doute dans la partie septentrionale je n'ai
point vû s'il en fût parlé dans les nouvelles, et si les astronomes de
paris en firent leurs observations. cette commête fût aperçüe de
toute ma paroisse et comme elle ne se montroit point malfaisante
les esprits n'en fûrent point épouvantés :
(...)
la même commête qui avoit pasée l'année d'auparavant
reparût dans le nort, elle se montroit deux fois en dix sept
heures de temps le matin des deux heures et sur le soir sur
neuf et dix, on eût dit avoir son mouvement tout irregulier
quil etoit, qu'elle, rouloit autour de pole, elle partoit du nord est
quart de nord, jusquau nord ouest quart de nord, nayant a
son zenit que vignt et vingt et un degrés de latitude
embrassant le matin le boëtes ou char de david**** et le
soir la grande ourse, la queüe du dragon***** et quelques
autres constellations septentrionales.

NDLR

 

* D'après " Histoire de l'Académie royale des sciences avec les mémoires de mathématique & de physique tirez des registres de cette Académie" de Bernard de Fontenelle, Jean-Jacques Dortous de Mairan, Jean Paul Grandjean de Fouchy et Jean-Antoine-Nicolas de Caritat Condorcet et, publié par J. Boudot (Paris) en 1773, il y a eu deux comètes observées en 1766 : une du 08 au 15 mars et l'autre du 08 au 13 avril. Elles sont également citées dans le "Traité analytique des mouvemens apparens des corps célestes, Volume 2" d'Achille Pierre Dionis du Séjour, édité chez la veuve Valade à Paris en 1789 aux pages 497 et 498. Celle-ci serait la seconde des deux : une comète qui n'a plus jamais été observée depuis.

** "l'œil du taureau" est une planète au centre de la constellation du même nom, probablement Aldébaran (a Tauri), rouge et brillante, qui est l’une des étoiles de première magnitude située au milieu de cette constellation.

*** "les playades" mis pour " les Pléiades". Dans la constellation du Taureau on aperçoit à l'oeil nu, entre autres, deux amas d’étoiles proches, les Hyades et les Pléiades.

**** Habituellement au XVIIe c'est la "Grande Ourse" que l'on appelait "Char de David", ici il s'agit de la constellation du "Bouvier" (toute proche) avec la planète Arcturus à sa base.

***** La constellation du "Dragon" possède un alignement courbe formant sa queue et qui passe entre la grande et la petite Ourse entourant celle-ci. De toute évidence ce prêtre connaissait bien la voûte céleste et avait des notions d'astronomie.

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Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 58 / 293
folios
7 verso et 8

1768

pluie

inondation

orage

grêle

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

Le vulgaire observe depuis longtans que lorsquil
pleut le jour de la st medart les pluyes continuent
pandant quarante jours, et cette année fut
remarquable par l'abondance des eaux au
plus fort de l'eté qui commencerent a tomber la
fête dudit saint medart les prieres qu'on fit
pandant et après le synode de furent poit exaucées
on eût de la peine a ceuillir les foins et a finir la
recolte, le jour de la Nôtre dâme de septembre*
fut singulier par l'inondation generale les
tonnerres, et les glaçons qui tomberent en telle

quantite et en telle grosseur
qu'ils firent perir nombre de betail dans la plaine
et surtout dans le marais; ces pluyes continuelles
empêcherent une partie de l'emblavaison ce qui
augmenta considerablement l'année d'après le
prix du bled car le boisseau de meture en 1769 se
vendit six francs, la pauvreté fût extreme le
pauvre commença a engager le peu qu'il avoit
de meuble et dimmeuble les années qui ont suivi
l'ont totalement ruiné.

* Il s'agit du 08 septembre. NDLR

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Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 66 / 293
folios
7 verso et 8

1769

comète

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

Cette année 1769 dans la partie australe parut
une commette que japercus le 5 d'aout son
ascension etoit d'environ trenteneuf degrés
se levant a dix onze minuit une heure après
ayant un mouvement dascenscion et de
retrogadation ; des les premieres nuits de son
apparition elle coupoit en ligne diagonale
la constellation dorion, les playades, Loeil du
taureau vers la fin du dit mois elle coupoit
par le milieu de le signe de la baleine; jai
toujours pensé que cetoit la meme commète
qui avoit parû en 66 et 67 : son orbite
paressoit beaucoup plus petit, sa traine
ou queüe moins longue, d'une blancheur obscurcie
et moins brillante qu'elle n'avoit parû les années
precedentes, je l'observai tout le restant d'aout
le matin 31 jour de ste rose a quatre heures
trentes du matin, cette commete etant dans la
tête de la baleine qui ce jour la avoit été sa plus
haute ascension, elle retrograda tout dun
coup vers l'est quart de sud coupant la
constellation dorion et s'arrétant au bas des
hyades, sa traine de lumiere qui pointoit
vers lorient se trouva par cette retrogradatopn

subite, tournée vers le sud ouest mais beaucoup moins
etendüe, depuis ce jour je ne l'observai plus, cepandent
elle fût appercüe par quelques observateurs jusques au
huit de septembre, mais elle ne faisoit se levoit que
quelques minutes et tout de suite descendoit sous
l'horison : son volume et son eclat etoint moindres
qu'en soixante six; soit parcequelle etoit plus eloignée
de nous, soit qu'elle ne receût pas du soleil la mème quantité
de lumiere que les années precedentes puisquen soixante
six elle se levoit immediatement avec luy et se couchoit
immediatement après, soit que son volume se fut
diminué par sa course.
cette [17]69 le bled fut encore extremement cher et le
pauvre souffrit considerablement jusques à la recolte
qui ne fut pas abondante.

* Il s'agit de la Comète C/1769 P1 découverte par Charles Messier (1730-1817) le 8 août 1769. C'était une comète très brillante dont la queue a atteint 55°. Elle passa au périhélie le 08 octobre 1769. Messier est un astronome français qui découvrit une vingtaine de comètes et observa également des nébuleuses dont il éditera le premier catalogue en recensant 110. Apparemment notre curé l'avait donc aperçue trois jours avant lui; il devait donc observer le ciel très souvent et avec attention. NDLR

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Cugand

BMS
1770 - 1774
EDépôt076

vue 13 / 62
folios 12 verso et 13

25/11/1770

1710

1680

inondations trentenaires

(info http://www.archives.vendee.fr, relevé Geneadom)

      La nuit du 25 au 26 novembre après une
pluye continuelle qui avoit duré près de deux fois
vingt quatre heures, les eaux de la riviere de Seivre
se deborderent avec une impetuosité qui ruina presque
tous ses riverains, l'eau monta dans cette paroisse
a 27 pieds de hauteur. depuis sa source jusqua Nantes
elle fit des ravages étonnans. chatillon et Mortagne ont
souffert beaucoup de dommages, Le Sr Bureau fabriq[uan]t
de papier à S[aint] hilaire de Mortagne y a perdu environ
seize a dix huit mille livres, ses moulins ayant été
emportés, sa maison renversée et ses effets perdus.
la vallée de Tiffauges fut aussi renversée. il y a eu
dans cette paroisse pour 24490 lt de dommages suivant
le procès verbal qui en fut fait pour envoyer au Conseil
et aux etats de la province de Bretagne. la multitude
de Requetes et de demandes en pareil cas empêcha qu'on
put rien obtenir. l'extrait du procès verbal est a la fin
du registre. toute la vallée de Clisson fut inondée, les
ponts emportés on a evalué la perte de clisson a 300000 lt
les ponts de pont Rousseau a nantes furent emport[és]
cette inondation a fait faire les observations suivant[es]
dans l'année 1740 il y a trente ans l'inondation comme,ca
a la fin de novembre ou au commecement de Xbre

Trente ans auparavant pareille inondation
c'est a dire en 1710. et on assure qu'on a remarqué dans les
archives du chateau de clisson qu'en 1680 ce qui fait environ
trente ans auparavant, il y eut encor une inondation
considerable. enfin et ce qu'il y a de plus singulier c'est que
le pere petau jesuite dans son histoire universelle*
pretend par son calcul que le deluge commença le 25
9bre de l'an 1656 de la creation du monde.

* Cette mention bibliographique fait référence à l'ouvrage écrit en latin intitulé "De doctrina temporum" du jésuite Denis Petau (Dionysius Petavius), qui fut publié en 1627. Un abrégé intitulé "Rationarium temporum" a été traduit en français et publié à Paris en 1709 en 5 volumes in-12. Il fut même traduit en anglais et réimprimé jusqu'en 1849. NDLR

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Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 74 / 293
folio 8

1770

inondations

tremblement de terre

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

cette année 1770 fût triste pour toute la france
mais sur tout pour cette paroisse dans la qu'elle les
inondations considerables et continuelles causerent
plus d'un million de dommage surtout sur les rives
du gai ps? et du lay et dans ce marais il plut
abondament toute l automne le tonnerre tomba dans
ma paroisse en plusieurs endroits, il ecorna la pointe
du clocher de Luçon le jour de la Ste catherine

foire dans cette ville, fût plus remarquable
que tout les autres. la pluye fût si
abondante et si generale en cette province que
tout n'etoit qu'une vaste mer, elle ne cessa que
vers les six heures du soir, les marais qu
dela du pont furent si inondés, qua neuf heures
de la même nuit les eaux emporterent plus de
quarante brasses de la levée du pont laclaye**
et en charrierent les pierres a plus de cinq
cent toises au dela, elles firent encore beaucoup
de dommage vers l'autre bout du pont du côté de
St cyr** penserent engloutir la maison de Mr de la
rochette : les eaux n'ayant plus de frein passerent
le bot groleau, inonderent grue St michel et une
partie de St denis*** au lieu de laisser aux eaux
un libre cours, on crût les faire couler plus
promptement en couppant le bot de garde**
mais tout le contraire arriva. les eaux
sejournerent pandant près de trois mois sur la
paroisse de grue et perdirent toalement les
terres et les bleds. Triaire et lucon qui auroint été
inondés si on avoit laissé le cours ordinaire aux
eaux furent garantis par cette prevoyance qui
fût funeste a ces trois paroisses.
la veille de ce fameux desastre on saperçut a onze
heures quelques minutes du soir d'un tremblement
de terre, il precipita un roc considerable a mareuilh
dans la riviere, etant dans mon lit bien eveillé je
sentis et entendis immediatement sous la cure
un roc ou un amas considerable de terre tomber
dans un abime, toute la maison en trembla tout

(...) Suite à la fin de l'année 1771

NDLR

* Le "Lay", fleuve côtier vendéen, coule à l'ouest de Lairoux en traversant le marais.

** Au nord de Lairoux, au "Port la Claye" un pont enjambe le Lay. La route file ensuite à l'ouest vers "Saint-Cyr-en-Talmondais"

*** "Grues", "Saint-Michel-en-l'Herm" et "Saint-Denis-du-Payré" sont des bourgs situés au sud de Lairoux en allant vers "l'Aiguillon-sur-Mer". Quant au "Bot Grolleau" c'est un achenal  drainant le marais en rive gauche du Lay. Le mot "bot" désigne la levée de terre qui retient l'eau et constitue ainsi une achenal (sorte de canal de drainage). Le "bot de garde" ou "bot de relais" désigne la levée ou digue située en bord de mer. Ici le but était donc d'essayer d'évacuer l'eau de l'inondation vers la mer, cette zone de marais ayant une altitude moyenne inférieure à 5 m sur des milliers d'hectares.

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Lairoux

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1762 - 1792
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et 82 / 293
folios 6, 7, 8.

1771

tremblement de terre (suite)

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

Tout eperdu, je sautai en chemise dans la
place et me sauvai dans le jardin, ce même
tremblement de terre se fit sentir aux dûnes
vers St michel ou il bouleversa un roc enfin
passa a la pointe de la dive du côté du midy
mais il ni fit pas grand dommage.

(...) Dans la suite du texte le prêtre explique pourquoi il pense que sa cure est située sur un "abîme d'eaux". Il y fait de nombreuses hypothèses hydrogéologiques sur l'origine des sources de la Bergerie ("Source des Borgniers") et celle de l'Aubière. Pour lui, un cours d'eau souterrain circule sous le presbytère de Lairoux et s'écoule vers la mer an passant par ces sources. Il y raconte ensuite ses explorations archéologiques et minéralogiques. Plus on avance dans le registre et plus on s'aperçoit qu'il était très curieux et passionné de sciences naturelles.

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1773

inondations

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

Le bled fut jusques a la recolte a un prix excessif, quoy quelle
eût eté abondante, il diminua peu, la quantité de pluye qui
qui fût considerable tout lhiver, empêcha une partie de
l'emblaison, les eaux en cette année cy et lhiver de 1774 furent
aussi hautes quen 1770 cependant elles ne firent point tant
de ravage parcequelles ne tomberent pas si rapidement
et si a coup, il ny eût presque pas de gelée cest pour cela que
la recolte promet peu cette année dans ma paroisse

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vue 131 / 293
folios 8 verso
et 9

30/04/1776

tremblement de terre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1776

sécheresse

grêle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

Le trente avril de la presente année 1776 a
quatre heures quarante deux minutes du matin, le
le ciel serezin, le froid considerable, le vent de nord est quart
de nort soufflant avec vivacité moy etant dans mon lit
j'entendis un tonnerre souterain et un bruit sourd sembl[able]
au roulement d'une voiture trainée a six chevaux
le bruit se fixa sous ma chambre la salle d'en bas et
la maison fût ebranlée, je crus dabord que cetoit une
canonade  qui venoit de la mer, et un peu transi je dema[andai]
a mes dommestiques le sujet de ce tapage, a peine eus je
fait cette interrogation que je sentis une secousse violente
sous mes pieds, tout trembloit dans ma chambre on
eût dit que les murs du presbitere s'élancoint les uns
contre les autres, voyant le danger d'être englouti, je
sautai en place pour me sauver en chemise dans le
jardin, comme j'en oivrais la porte je sentis une secon[de]
secousse plus violente je me crus perdu, je sentis que
ce feu souterrein faisoit les efforts pour deboucher
et qu'il ne le pouvoit pas, dans mon jardin, deux
secondes après vint une troisieme secousse, mon
presbitere etoit balancé tout comme un arbre agité
par les vents, enfin je sentis que ce tremblement
sortit a cette troisieme secousse, de cet abime par
deux soupiraux dont l'un dirigeoit vers St denis et
l'autre vers la tour de moret, en effet il fût en
droiture au moulin de la Brechonere le farinier
qui etoit monté dans les verges fut violament
secoué, et pensa tomber en bas, son moulin tituba
visiblement pandant deux secondes, et le tremblement

y fut aussi violament que dans mon
presbitere comme les soupiraux se
trouvoint sur le penchant d'une coline ils etoint sans
doute engorgés et moins libres, ceux qui etoint dans le
marais, en ce moment, sentitrent bien la terre trembler
sous leurs pieds, mais ils en ignoroint la cause on sentit
ce meme tremblement a morin et en angle, et tout le long
de la côte, par lautre soupirail, il dirigea sa route sur
st denis, st michel, et lile de rhé. il fût general dans
le poitou, il devoit venir de la mer Baltique, ce quil y a
de sur c'est qu'on le sentit dans la haute Bretagne
il fût plus violent que dans ce païs cy. sil avoit été
renfermé dans un seul souterrein, il eût été beaucoup
plus prejudiciable, mais le poitou est rempli de
crevasses, et d'abimes il se partagea en differentes
branches et en consequence perdit de sa force, il fut
assés vif pour jetter l'allarme dans tout le Bas poitou
c'est le troiseme que jai ressenti / icy / depuis que j'y suis
curé mais ce dernier a été le plus violent, ces differentes
circonstances prouvent ce que jai avancé les années
precedentes, qui existe un vaste et rpofond abime
immediatement sous le presbitere, il doit etre a
quarante ou quarante cinq pieds de profondeur
toutes et quantefois que je me couche, je dis mon
in manus* parce que je me vois dans un danger
prochain de perir en vain je dirois
et si fractus illabatur orbis, impavidum
ferient ruinae**

il y avoit longtems que l'on n'avoit vu une année
aussi sêche, il ny eût ni bled ni pacage il se passa
près de neuf mois sans pleuvoir excepté au solstice
d'eté, ce qui fit grand dommage a la vigne qui
etoit en fleurs, la grande secheresse empêcha le
raisin de grossir, la grêle qui tomba vers la fin
de septembre acheva de la perdre, il s'amassa très
peu de vin et il fût mal conditioné
Le bled ne fût pas recherché par l'etranger, il se tint
envirron au même prix que l'année cy devant, la
grossaille*** fût toujours chere parcequ'il s'en etoit très
peu amassé
(...)

NDLR

Le tremblement de terre de 1776 a été relaté dans les journaux de l'époque comme par exemple sur ces extraits trouvés aux AD de la Vienne (info http://cgw79.free.fr/).

* Prière par laquelle on recommande son âme à Dieu. Elle commence par "in manus tuas domine commendo spiritum meum" (En tes mains, Seigneur, je recommande mon âme).

** Citation extraite d'un poème d'Horace (poète latin né à Vénose dans le sud de l'Italie, en 65 av. J.-C. et mort à Rome en 8 av. J.-C) : Odes , III 3, vers 7 & 8. Traduction : "Si le monde détruit s’effondre, Ses ruines l’écraseront sans l’effrayer."

*** La "grossaille" regroupe tous les gros grains autres que le froment : orge, maïs, voire même parfois fèves ou haricots.

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vue 142 / 293

1777

pluie

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

(...) Ce qui précède traite d'un conflit avec son évêque suite à la plainte du curé d'une paroisse voisine, au sujet de la confession de paroissiens "étrangers" (probablement de la paroisse en question). NDLR

Les pluyes continuelles pandant tout le mois de
mai salirent tellement les bleds quelles ruinerent
les belles esperances de la recolte et empecherent
la vigne de pousser et hâter son fruit comme
elles etoint en fleur au vingt et trente de juillet
les pluyes et les tonnerres qui regnerent pandant
ce mois la, la firent  totalement couler, il
ne s'amassa gueres dans toute la paroisse que
vingt barriques de vin mal condisioné, tout
vert, et qui fût d'une cherté étonnate les mar[chands]
l e vendit quinze et dix huit francs, le bled

fût également cher, surtout la grossaille*

(...) La suite de la discussion avec l'évêque est délectable, je vous la recommande vivement (vue 143 / 293) ! NDLR

* Voir remarque ci-dessus.

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et 153 / 293

1778

sécheresse

pluie

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

(...)

cette année 1778 fût extremement sêche, il ne
tomba point de pluye depuis la St pierre jusques a
la St michel la saison de lété fût toujours brulante
et le chaud fut plus vif et plus continuel qu'il ne l'avoit
été de memoire d'homme, il arriva de grands
incendies dans le bas poitou : par la negligence

de quelques proprietaires qui mettoint le feu
dans leurs buailles*, et dans leurs aires pour les
nettoyer, les eaux furent très râres, tous les puits
et les fontaines du bourg tarirent excepté le
puits de la cure, on fût obligé a l'extremité de
faire nettoyer le puys de Labrenon qui donna
abondament, on y fit faire une marzelle toute a neuf
aux depens des bourgadins, on fût obligé encore
de faire rouvrir les sources du gorgeat et du
poyré pour abreuver le betail du marais d'ont
quantité perit faute d'eau.
La recolte fut abondante en blé, cepandant le
froment fut generalement taché et pourri par
les brumes qui regnerent pandant qu'il etoit en
fleur la recolte en vin fût mediocre mais plus
abondante de deux tiers que 1777 où il ny en eût
presque pas; les pluyes commencerent avec
l'automne, elle furent  abondantes et continuerent
tous les jours jusques au quatorze de decembre
si les terres eussent été moins brulées, si les pluyes
eussent été aussi generales qu'en 1771 le deluge
des eaux eût eté aussi grand et aussi ruineux
la coutume du laboureur dans cette paroisse
est d'etre paresseux et tardif a emblaver quand
il a eû une bonne recolte; en consequence
il a été surpris cette année et n'a rien fait
ceux qui ont emblavé malgré la pluye ont
reussi, quand on emblave de bonne heure les
bleds sont chargés dherbe, quand il pleut sur

l'amblaison, les terres battent; on ne scait
comment faire tant les terres sont casuelles.

(...)

* Les "buailles" peuvent désigner des terres incultes couvertes de broussailles et de taillis ou des champs de chaume. NDLR

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vue 166 / 293

1779

sécheresse

gel

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

reflexions / abstraites / sur / les / temps [en marge]

La secherese fût extreme cette année, les pacages
furent rares, quantité de betail perit faute d'eau
le puits de la cure et la fontaine de mes prés abreuv[èrent]
le bourg pandant trois mois, les fruits furent tous
echaudés et vermoulus parce que la fleur en avoit eté
piquée par les mouches pandant le printems qui fût
extremement chaud : le bled en suffisante quantité f[ut]
de bon aloy a très bas prix Douze pistoles le
tonneau de froment, quarante cincq et cincquante fr[ancs]
la meture et la baillarge*, la modicité de ce prix
faisoit qu'on ne trouvoit pas de journalier a faire
faire ses ouvrages : la vigne apporta si abondament
partout qu'on ne scavoit ou le loger, les vignes ayant
été gelées a Lucon peault magnils naillers et Ste gemme**
les fûs se vendirent plus cher que la veandange son
prix fût presque toujours a vingt francs la barrique

(...) La suite traite de la politique de l'église du diocèse.

NDLR

* la "meture" ou "mesture" ou encore "méteil" (du latin mixtura, d'où est issu le mot "mixture") est une mélange de plusieurs céréales semées et récoltées ensemble (orge + blé) et la "baillarge" est une orge de printemps à deux rangs.

** Aujourd'hui : Luçon, Péault, Les Magnils-Reigniers, Nalliers et Sainte-Gemme-la-Plaine; tous à l'est de Lairoux.

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vue 199 / 293

folio 10

04/1780

pluie

02/05/1780

tremblement de terre

 

(merci à Claude D.)

fin de 1780

cette année sera memorable par un tremblement de terre qui fut
general dans tout le poitou et le plus violent qu'on y ait jamais
senti, il surpassa infiniment celuy de soixante seize qui fut aussi
un mardi matin mais avers le lever du soleil.
le deux mai vers deux heures du matin, après quil eut plu abondament
tout le mois d'avril sans discontinuer le tems extremement froid par
un vent de nord, le ciel se couvrit en partie, on entendit dans l'air un
fremissement / dont le bruit / etoit semblable a celuy d'une grosse pluye qui tombe
dun nuage dissous et crevé tout a coup et qui distinctement etoit
accompagné de quelques coups de tonnerre, ce bruit etoit l'effet de la
vibration de lair qui se tremoussoit en sens contraire, on sentoit cette
odeur de souffre et de bitume, apres ce fremissement on sentit venir
du nord un ebranlement violent dans les abimes et les cavités de
la terre semblable a un tonerre continuel et a une troupe de chars
rouler avec fracas et avec promptitude, le presbitere violament
agité les murs se battant les uns contre les autres, la terre
paroissant vouloir souvrir et abimer la maison par les mouvements
convulsifs et explosifs qui sortoint des abimes, je me crus mort des
le commencement, je pensois que le tonnerre etoit tombé dans
ma chambre haute, on eut dit quil enfaisoit le tour ne cherchant qu'a
                                                                                s'echapper par

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vue 207 / 293

1781

intempéries

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

(...)

Le tems fut
extremement sec pandant près de cinq mois
ce qui retarda de baucoup les emblaisons*
car on labouroit encore aux environs de noêl
le communal fût avantageux à la paroisse
le marias n'a pas été inondé cepuis el mois
de fevrier de lan dernier jusques a aujourd'huy
six janvier 1782 ce fut cette année 1781 que lon
fit le retable de l'autel a neuf : la maladie
epidemique qui a regné cette année consistoit
dans un mal de gorge dangereux et plusieurs
en sont morts dans ma paroisse, les froids et les
gelées ont été vives dans tout le mois d'octobre
le reste du tems s'est passé en brumes et en
tempetes veritable automne : le fruit fut tres
rare dans une grande partie du poitou
mal conditioné et difficile a conserver
dii meliora nobis tempora concedant

NDLR

* Ou "emblavaisons" : du verbe "emblaver", les semailles des céréales.

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vue 176 / 293

1782

pluie

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

(...)

il plut encore presque tout le
mois de juillet tout le mois d'aoust et une partie
de septembre, tellement que les metives* sacheverent
avec bien de la peine, encore n'en vint pas a
bout dans bien des cabanes, ou il y a encore
quantité de bled a battre de trente janvier que
jecris : le froment a la st michel, et a la toussaints
passa les vingt quatre pistoles le tonneau, la
meture a toujours eté chere et elle est aujourd'huy  a
quatre livres dix sols le boisseau.
comme il avoit plu tout le mois daoust et les
deux tiers de septembre la vendeange ne pût
murir, on ramassa du vin qui n'a eté jusques icy
que du verjus** ma paroisse fut la plus maltraitée
pour l'abondance car je ne pûs en faire que cincq
barriques tandis que les années précedentes j'en
avois ramassé jusques a dixhuit et dixneuf
barriques. comme les fromens furent germés en
partie, on ne s'attand pas a une grande recolte
l'année prochaine car les bleds quoy que semés epais
sont très clairs, ils n'ont pas nés.

NDLR

* La "métive" est la moisson ou le temps de la récolte.

** Le "verjus" n'est pas ici une sauce pour la cuisine, mais le suc acide des raisins qui ne sont pas mûrs.

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1783

sécheresse

gel

tremblement de terre

éruption volcanique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

fin de 1783

cette année la sécheresse fut grande les mois
de mars avril mai et juin, il gela jusques au
huit de juin, la gelée du jour de st georges gela
les vignes, les jeunes plantes surtout n'eurent
rien, le bled fut mal conditioné a la recolte pourrie
en grande partie, la meture, et les baillarge moitié
d'avoine la grossaille fut toujours a un gros
prix, le froment a la noël se vendit dix sept
et dix huit pistoles quoy quil se fut vendu a la saint
michel vingt quatre pour la semaille, il ny avoit
pas de demande pour le bled, parceque cette
année que la paix fût faite, les americains

amenerent quantité de bled et de farine
dans les ports de france : cette année fût
remarquable par le desastre de messine et d'autres
villes et paroisses de la calabre* au nombre de
trois cens quarante qui furent engloutis par un
tremblement de terre : le même malheur etoit
arrivé a la dite ville de messine en mille six
[cent] quatre vingt treize - le tremblement de cette
année arriva le cincq fevrier, il faisoit ce jour
la un tems pitoyable, on eût dit que le globe
de la terre etoit sur le point de sa ruine
Dans le même tems le mont hecla en islande**
vomissoit de son sein par de nouvelles ouvertures
qu'il s'etoit faites une quantité prodigieuse de
flammes de pierres ponces et endrites, un coté de
lîle fût englouti dans la mer, et a quelques pas
de celle cy, il en sortit du sein des flots une nouvelle
ces secousses et ces volcans du globe aux deux
extremités de l'europe enfanterent ou causerent
sans / doute [en marge] / ces brouillards epais qui commencerent la
veille de la pentecôte qui durerent sans interruptions
jusques a l'avant veille de la saint pierre et qui
reparurent même après par intervalles, qui furent
repandus generalement dans toute l'europe
Lislande surtout et Litalie en paroissoint etre le
foyer, lors du desastre de messine et aultres
villes de la sicile en mille six cens quattre vingt
treize on remarqua le même phénomene ainsi
qu'il s'est trouvé dans les annales precedentes

le même evênement, de nôtre connoissance
arriva a leruption du mont gebel en
mille sept cens quarante cincq ou quarante
six, je ne me rappelle point la date mais
ces brouillards / furent / moins universels, et d'urerent
moins : il faut que dans ces grandes revolutions
du globe, il sorte du sein de la terre des
exhalaisons pestiferées, cepandant, contre
l'attante, et la crainte generale, il n'y eût pas cette
année cy de mortalie***, ni de maladie epidemique
car dans le tremblement de mille sept cens
quatre vingt treize, il mourût baucoup de monde
dans toute l'europe : ces brouillards temperent
lardeur du soleil, le tems de la canicule fût
rafraichi par des pluyes douces, et frequantes
durant le tems de ces brouillars, le soleil
ne paroissoit qu'a son lever, et a son coucher
rouge comme de sang, et etoit le reste du jour
tant les brumes etoient epaisses, et condensées, si cela
avoit duré une partie de l'été rien ne seroit
parvenu a maturité ainsi qu'il arriva sous
l'empire de caligula ; les taches qui etoint sur
la surface du soleil empêcherent les chaleurs
et les fruits de la terre ne pûrent murir cette
année la : le pauvre peuble de ma paroisse
ainsi que toute la province etoit effrayé de
voir / le soleil [en marge] / ainsi sanglant et sans lumière, il
sattandoit a quelque funeste catastrophe

le septieme septembre, veille de la nativité de
la vierge; qui etoit un dimanche a une heure
et trente deux minutes après midi, faisant le
catechisme dans mon eglise, il survint une secousse
de tremblement de terre par balancement, elle fut
très legere a lairoux mais elle fût plus considerable
en grue et a St michel ou elle ebranla les vaisseles
des maisons et des toitûres, sa direction paroissoit
etre du midi au nord, et avoit sans doute son foyer
dans les pyrennées, le tems etoit serein et le
le tremblement ne fût ni suivi ni precedé d'aucun
orage, comme il l'avoit été en 1740 - il dût passer
par bordeaux, cepandant je n'ai point vû dans les
Nouvelles que cette ville en ait reçu quleque frayeur et
quelque dommage : l'automne fût temperée, et assés
convenable pour les amblaisons : la maladie la
plus commune et qui regna pandant l'automne
fût le poupre, les meaux de gorge, beaucoup de
fievre quarte, et quelques fievres putrides. nos
asclepiades**** s'attandoint, a lissue de ces brouillards
a des maladies epidermiques, et esperoint faire une
moisson abondante, mais qui conte sans son hôte
conte deux fois*** : la barrique de vin, quoy quil [fut]
tres rare dans le haut pais, ne se vendit pandant
toute l'automne que vingt et vingt et une livre
le raisin qui n'avoit pû grossir pandant les
secheresses, grossit tout a coup vers la mie septembre
il fût pourri avant que detre mûr, cest pourquoy
les vins n'eurent ni force ni vigueur et ils sentoint
plus le pourri que toute autre chose

NDLR

* En 1783 dans le sud de l'Italie (la Calabre et la Sicile faisaient alors partie du Royaume de Naples), une série de cinq forts séismes qui s'étendent sur près de 100 kilomètres et se déroulent sur deux mois accompagnée d'un tsunami, fera entre 30 et 50 000 morts.

** En réalité il ne s'agit pas d'une des nombreuses éruption de l'"Hekla" mais de l'éruption du "Lakagígar", ou "Laki", ensemble de plus de cent cratères volcaniques du sud de l'Islande alignés sur une fissure de 27 kilomètres de longueur. Ce sont les poussières de cette éruption gigantesque appelée "Skaftáreldar", (en français « feux de la Skaftá ») débutée en 1783 et considérée comme la plus importante éruption lavique de tous les temps, qui voilent le ciel. Elle eut d'importantes conséquences en Islande (famine de la Móðuharðindin), mais ausssi dans tout le reste de l'Europe.

*** Le prêtre est ici bien trop optimiste. En réalité de nombreuses affections (pulmonaires entre autres) vont toucher des millions de personnes : 20% de la population islandaise va succomber et une surmortalité très nette est décelable dans une grande partie de l'Europe dont la France (+ 25% à Lyon par exemple).

**** Dans la Grèce antique, "Asclépiades" était le nom de plusieurs familles se consacrant à la médecine et qui disaient descendre du héros guérisseur Asclépios (ou Esculape).

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et 220 / 293

1784

tempête

neige

froid

sécheresse

glissement de terrain

 

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

 

 

(merci à Claude D.)

(...)

cette année fut particuliere et rigoureuse dans
son commencement et dans sa fin : le dixsept
janvier de sa presente année il s'eleva une

une tempête si horrible qu'on n'on avoit jamais
vû de pareille de memoire d homme, elle fût infiniment
plus violente que celle qui arriva l'an dernier le cinq de
fevrier qui bouleversa la calabre : cette tempete fit
des ravages considerables dans tout le royaume
et surtout dans cette paroisse, on peut lassimiler
a ces ralts de marée qui presque tous les ans
bouleversent les isles sous le vent. Dans larmorique
meridionale. jamais je ne me suis trouvé dans un
aussi grand danger, pandant plus de douze heures
je craignis d'etre ecrasé sous les ruines du presbitere
les elemens confondus repandoint partout l horreur
et la crainte, on n'ozoit pas même se tenir dehors
a la chûte de cette tempête commencerent des neiges
considerables qui continuerent longtemps sur la terre
au bout de neuf a dix jours elle commencoit a fondre
mais deux jours après elles reprirent et continuerent
jusques a la fin de fevrier; le matin il pleuvoit, le soir
il geloit, cetoit un ferglas universel les murailles
les toitures, les arbres, la terre ne faisoit qu'une glace
si les bleds n'avoint point été couverts de neige ils
eussent tous gelé, il ny eut que les tardifs qui souffrirent
il y eut des paroises ou il fût totalement perdu
comme dissay, bessay, et autres, les deux tiers du
volatille perirent, les perdrix venoint chercher a
manger dans la bassecour, les corbeaux entroint
dans les maisons et perissoint dinanition
lhiver de 1764 fût bien violent, malgré sa violence et sa [illisible en marge]
il y eut cepandant une magnifique recolte; après ces neiges

survint une secheresse considerable et des chaleurs
si vives dans le printemps, et dans l'eté, que le fourrage
manqua totalement, on n'en amassa pas le tiers
des autres années, il n'y eût que les prés bas qui eurent
de l'herbe. toutes les paroisses du marais furent
encore plus maltraitées et ladisette du fourage est
encore aujourd'huy si grande que des vaches de prix
qui valoint a la toussaint dix pistoles, se donnoint
pour six francs a la noêl de ladite année tellement
que bien des proprietaires de ma paroisse / aimoint mieux [en marge] / tuer et
manger leur betail que de les vendre a si bas prix
== Le froment se vendit au commencement de la semaille
vingt et vingt deux pistoles, a la noel il etoit a dix sept
et dix huit, la grossaille sest toujours survenue a trois
livres quinze et quatre francs, sil avoit été permis
de vendre a l'etranger, cette province, selon toutes
ses apparences auroit eprouvé une famine
generale.
La recolte du vin fut très abondante et la meilleure
qui sest faite depuis que je suis a Lairoux
Les neiges commencerent a tomber abondament
dès le onze de decembre de la presente, et durerent
trois grand semaines, pandant quinze jours il
survint un verglas continuel, ce qui occasiona
quantité de maladies, et surtout des fluxions de
poitrine, le vin gela dans les fûts, et l hiver sur la
fin de l'automne quoy que de peu de durée fut
fort rigoureux...

Le lundi de la pentecote de la même année a une

heure et quelques minuttes apres midi sous la muraille
du côté du puits et du jardin il se fit un éboulement si violent
et si considerable que le presbitere falut a / en / etre renversé. C'est
la source du puis qui tombant dans cet abime la occasionné
en avensant et detachant sans cesse ce qu'il y a de vray cest
qu'on n'entend plus aussi clairement que l'on faisoit avant
cet eboulement, la chute de cette eau dans ce gouffre
il selargit journellement, et je ne doute pas quil ne soit
aujourdhuy sous le puy. a quelle profondeur, je n'en scais rien.
je luy donnerois trente pieds jusques a louverture mais
j'en ignore la profondeur, je crois que tot ou tard labare
du puy croulera : le terrein saffaisse toujours cest pourquoy
les murs du presbitere souvrent et se separent ils n'ont
point de baze solide. on a trés mal fait de batir si proche
du puy. Le curé qui me succedera feroit bien de batir ailleurs
un presbitere car il est a craindre que dés tous les jours il
ne soit englouti dans cet abime mais ou le batir solidement
car tout le bourg depuis le moulin de la mothe jusques au
moulin de labrechouere est rempli de crevasses et d'abimes
moins profonds les uns que les autres mais tous dangereux
pour une batisse surtout pesante et considerable. Si l'on veut
sassurer de ce que javance qu'on fasse venir un sondeur
habile et il dira tout comme moy. le gouffre le plus large
et le plus dangereux est sous la cure et s'etend du côté de
louest jusques a la vacherie de la metairie de la voute
pour moderer la force des tremblements de terre il faudroit
l'ouvrir, et par la on garantiroit l'église et la cure.
j aurois bien des choses a dire sur le local ou lendroit par
les connoissances que jai acquises, mais aux yeux de certains
esprits, si jen faisois le detail, je passerois pour un visionaire
au commencement de ce regitre je donne un avis a mes successeurs

—  —  —

 
Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 230 / 293

1785

froid

sécheresse

 

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

La presente année mille sept cens quatre vingt cinq
sera memorable pour la posterité, il y avoit longues
qu'on n'en avoit / este / une pareille - l'hiver fut très long et
très rigoureux, tout le mois de janvier, de fevrier et mars
la terre fût couverte de neige, et de verglas : lhiver se termina
par une grande gelée qui fit tort aux vignes basses mais
celles des terreins hauts n'en furent pas incommodées

L'eté le printems furent d'une sécheresse extrordinaire
il fit plus de chaud au mois de mai, et de juin qu'il n'a coutume
d'en faire au mois d'aoust des autres années, comme il ne tomba
pas de pluye qu'au commencement de septembre et que
toutes les matinées de mars, d'avril, et de mai etoient refroidies
par une gelée blanche, il n'y eut pas de fouin, tous les près
manquerent, et comme il y eût très peu de bled, il ny eut presque
pas de buaille*, les betes vinrent a un bas prix, des vaches
qui eussent valû cent francs etoint vendues six francs neuf et
douze pour le plus haut prix - la disette du grain, et du
fourrage reduisirent le peuple a la mendicité, depuis la
St michel jusques a la pentecote de soixante six javois par
jour plus de soixante pauvres a ma porte, le froment se
vendit une grande partie de lannée trente et trente six pistoles
le  pain passoit trois sols la livre, depuis vingt quatre ans
que je suis curé dans cette paroisse je navois jamais vû les
denrées si chères - en revanche la vendange fut une des plus
abondantes qu'on eût vû depuis soixante ans, jamassai trente
quatre barriques de vin, faute de fus, qu'on ne pouvoit
se procurer pour son argent j'en donnai à qui en voulut sept
journaux a vendanger j'en eusse cueilly plus de quarante
barriques - soit quelle fut trop mure ou trop abondante
mon vin se trouva tout gras a la noel, mais en le soutirant
au mois de mars de l'année suivante, il devint sec, mais il
n'avoit pas le meme corps que les années precedentes. il regna
bien des maladies pandant l automne, mais il ny en eût pas
depidemiques - la grossaille se vendoit dix louis et passoit
souvent - sil estoit point venu du bled de l'etranger
la famine eut regné dans le pais, faute des ministres et
surtout de lintendant qui par une mauvaise politique laissent
vendre et charrier les grains hors de la province.

dii meliora donent

* Ici les "buailles" désignent les champs de chaume : il n'y eut donc pas de paille. NDLR

—  —  —

 
Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 240
et 241 / 293

1786

froid

sécheresse

 

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

fin de 1786 - L'année fût fort seche et aride, il les passa
six mois dans le fort du printems et de leté, sans tomber une
goute de pluye - il y eût un peu plus de bled que l'année
precedente, il y eût un tiers de vendeange, encore
ne fût elle pas bien conditionnée lhiver commença longt
tems avant la toussaints et lannée finit par une neige qui
dura dix sept jours - il y eût quantité de maladies et de
morts, fievres malignes, et putrides, ceux qui n'en moururent
pas, trainerent longtems, et l'on ne pouvoit se remettre
le marais ne fut inondé qu'après la Toussaints, le fruitage
manqua presque partout a cause des fortes gelées du mois
de mars = celuy qui avoit predit le desastre de messine
et de la calabre n'a pas vrai dans la ruine presque
entiere quil avoit annoncé pour cette année, car quoy quil
y ait eû de grandes tempetes, il ny eût cepandant pas
de tremblement de terre, dumoins dans ce pais cy.
La tonneau* de froment se tint longtems a vingt deux
et vingt pistoles, le vacial, et la gerraile a un prix

exorbitant - toutes les denrées ont monté d'une moitié une
sus et malgré le commerce et la circulation considerable
de l'or et de largent, on ne peut vivre - la viande de boucherie
cy devant a cinq sous - est a sept sous six deniers
-------------------- dii meliora donent ------------------------------------

(...) La suite est une recette contre la gale.

*  Au-dessus du texte, quelqu'un a noté au crayon (probable annotation contemporaine d'un archiviste ou d'un lecteur) : "tonneau / 15 à 20 hl de blé". NDLR

—  —  —

 
Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 247
et 248 / 293

1787

intempéries

 

 

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

Fin de l'année 1787

il y eut cette année beaucoup de mortalité dans ma paroisse
quantité de fievres putrides et catharreuses, beaucoup de fluxions
de poitrine - on s'exposoit aux chaleurs de soleil surtout les mois
de mars, avril, et mai - le soleil fondoit les humeurs, puis le grand
froid les glaçoit, l hiver, et surout le printems fût rigoureux
il gela fortement jusques a la St jean la fete Dieu et le jour de
lascension il y avoit de la glace - c'est ce qui perdit les fruits en

grande partie et qui les vendit d'une mauvaise qualité. La
vigne souffrit encore plus. Les fiefs de la prevoté, des plantes
du guy, et de lessay furent totalement gelés; celuy du chateigner*
comme plus haut, et plus aisé surtout le Boûil et les gûerches
souffrirent moins - mais ils fleurirent tard a cause des gelées
entre la St pierre et le vingt de juillet - il survint des brumes et
des pluyes sur la fleur et les vignes coulerent*, une grande partie
etoit encore en fleur au quinze d aoust, le raisin en consequence
ne pût mûrir - on vendeangea au commencement d'octobre
elle etoit moitie verte moitie pourrie - cela fit du vin d'une très
mauvaise qualité qui malgré sa rareté ne fus / pas / absolument cher
21 24 et 30 la barrique - les vins qui vinrent de saintonge
le restant des vins vieux - La mauvaise qualité de ceux cy firent
que les vins du païs furent a bas prix - ils avoint si peu de
force que ceux qui tenterent d'en faire de l'eau de vie, ny
pûrent reussir-
La recolte du bled fût assés abondante, mais elle etoit a bas
prix lorsque les pluyes continuelles de l'automne empecherent
Lamblaison - Tout le marais fût inondé jusques a la Noêl
et les amblaisons furent totalement perdues, - La pluye fût
plus abondante qu'en 1771 mais elle ne fût pas generale
le prix du froment le plus beau fut a vingt deux pistoles, mais
il ne passa / point / - il descendit a 16 et a 17 - puis remonta, il n'a
guere depassé 19 depuis la noel, et c'est au 12 de mars de 88
que jecris - a la pleine lune de fevrier de la presente année 88
la marée vint si forte que le long de la mer elle emporta les
digues du chapitre, et celle des moines de St michel, beaucoup
de cabaniers perdirent leur amblaison, et du betail
tant il est vray, comme le disoint les egypthiens, aux scithes
que les inondations etoint plus prejudiciables aux hommes
que les grandes secheresses, et les incendies.
Nec plus ultra les colonnes d hercule

(...) La suite est une recette contre l'hydrophisie.

NDLR

* "Le Guy" est au sud de "Lairoux", "Le Châtaignier" et "L'Essay" sont au nord. "La prévôté de Jaugé" sur la carte de Cassini s'étendait de "Le Gorgeais" à "Jauger".

—  —  —

 
Saint-Gilles-sur-Vie

BMS
1780 - 1792
AC 222

vue 115 / 155

12/02/1787

foudre

(info http://debretagneensaintonge.eklablog.fr/, merci à Bruno R.)

nota [en marge]
Le clocher [en marge]

Le même jour douze fevrier 1787. à neuf heures
et demie du matin pendent que Mr Chauviteau
vicaire de cette paroisse célébrait au grand
autel dans cette eglise le St Sacrifice de la messe,
le tonnerre est tombé sur l'eglise, à degradé
cet autel, à renversé ce prêtre, au pied de l'autel
mais dieu la conservé, et il n'a pas eû de mal.
quelques personnes dans l'eglise en petit
nombre alors ont été renversées; une seule
femme agenoux sur le marchepied de
l'autel de St Sebastien à été un peu blessée
à la jambe : Cet autel à été aussi un peu
endommagé la foudre à fait dans l'eglise
plusieurs degradations, aux murs, aux
figures de Saints et ornements interieurs.
au dehors elle à depouillé prèsque en entiers
deses ardoises, et découverts l'eglise en
plusieurs endroits; elle à renversé en
partie un pillier près la porte de la sacristie
degradé en plusieurs endroits la maçonné
ainsi que la charpente, surtout celle
du clocher et produit differents effets singuliers
dont le detail serait trop long; le tonnerre
est tombé dans le même moment dans
diffrents lieux dans la ville, mais sans
faire de domage, celuy fait à l'eglise
est considérable.

—  —  —

Saint-Gilles-sur-Vie

BMS
1780 - 1792
AC 222

vue 116 / 155

12/02/1787

tempête

orage

 

(info http://debretagneensaintonge.eklablog.fr/, merci à Bruno R.)

nota [en marge]

Le même jour 12 fevrier 1787
jour desastreux et à jamais memorable dans
cette paroisse, environ les onze heures du matin
apeine revenus de la frayeur générale
occasionnée par le malheur du matin, il
s'est produit un autre événement encorre
plus funeste.
     Le navire nommé La ville du Cap commendé
par le Sr digand de Cherbourg du port de 350 à 400
tonneaux environ, parti du Cap français le
24 xbre dernier chargé de sucre, caffé, cacao,
indigot, sris, bois de Campeche, tâbac, peaux
de boeufs & ayant environ 36 à 40000 lt en
argent de l'amerique, monnoie de france
et despagne la dite cargaison estimee au
moins 500000 lt, se rendant à Bordeaux à l'adresse
du Sr arnond négociant au quel il âppartenoit
après avoir essuié pendent sa traversée
beaucoup de meauvais tems et âvoir perdu
un homme tombé à la mer; se trouva
dimânche dernier onze du mois sur les huit
heures du matin à deux lieües de la tour de
Cordouan, mais il ne pût donner dans la
rivière de Bordeaux à cause de la tempeste
qui augmenta alors; ce qui le contreignit
de virer de bord; il luta tout le jour et la
nuit suivante contre les vents et la mer
ainsi que l'orage qui luy emporta plusieurs
voilles. Le lundy matin il parrut à l'entrée
du port de St gilles sur - vie près le rocher
de pilours, il y mouilla; ses ancres châsserent

ses cables couppés par le frotement des roches,
et coupa ses deux mâts de service, celuy de
mizaine tomba ensuitte, alors il donna sur
le fatal rocher, de vingt neuf hommes alors à
bas cinq se noyerent les vingt quatre autres
parvinrent au rocher. la mer continuant
d'être la plus furieuse que l'on vit jamais,
on ne pût dans le soir sauver que quatre de
ces malheureux qui se jetterent à la mer
à l'âpproche d'un canot q'on avoit envoié
et qui ne pût aborder le rocher; les vingt
autres passerent la nuit du 12 au 13 sur ce
rocher, lutant contre le vent, la mer, la
faim et la soif; se voyant à châque instant
à la veille d'etre detachés du rocher auquel
ils se tenoient cramponés, couverts par les
vagues. la mer le couvrant à le reserve de
dix huit pouces du sommet audessus de la mer
dans cette fatalle nuit il en mourut treize
et dans la j[ourn]ée du mardy trois. Le mardy matin
grand nombre d'hâbitans de Croix de vie
et de St gilles, hommes et femmes qui
n'âvoient quittés la coste qua l'entrée de
la nuit précédente se porterent sur le
même lieu pour encourager et sauver
le reste de ces malheureux echappés à
la mort. avec beaucoup de travail, à force
de bras et de boeufs, on parvint à tendre
dans l'ance de la pelle à porteau* la
châloupe de M nogont negocian. La mer
ne se calmant point, on ne pût âller
au rocher que le soir à la basse mer, ou
l'on prit les quatre malheureux restants
presque mourants, du nombre desquels

etait le Capitaine un pilotin et deux mâtelots.
son frere second du âgé de vingt
sept ans qui par amitié n'avait pas voulu
se sauver le veille mourut dans la nuit
sur le rocher le mercredy la mer
devenue calme on alla chercher les
treize cadâvres sur le rocher, on les âpporta
entassés dans une charette et je donnai en
l'absence de Mr tenèbre curé de Croix de vie.
j'ay joui pendent 36 heures de cet affreux et
attendrissant spectacle, la cargaison de
ce vaisseau est presque perdüe en entier : on a
trouvé sur le rocher environ 5000 lt il vient
a la coste des peaux, le sucre et le caffé en entier
est perdu, dans le nombre de l'equipage il y
avait six passagers, un seul nommé Bodin de
Lisle de Ré a été sauvé**.

Bouchier de la darière prieur de St gilles.

NDLR

* Une carte postale représentant l'Anse de la Pelle à Porteau dans les années 60 : VOIR.

** Il existe un livre relatant ce naufrage de façon romancée : "Voyage au bout de Pilours" écrit par Daniel Garnier et illustré par Jean Braud aux Éditions de la Découvrance, La Rochelle.

—  —  —

Foussais-Payré

BMS
1781 - 1792 AC094

vue 105 / 169

folio 16

1788

froid

neige

gel

sécheresse

(info http://www.vendeensetchouans.com, relevé Geneadom)

en 1788 et le cinq decembre un froid tel qu'on
n'en avoit pas eprouvé de memoire d'homme, a comm
commencé le dit jour et n'a fini que le treize janvier
suivant. la neige a couvert la terre pendant tout cet
espace de tems. les glaces ont été si fortes que le poisson
est peri dans presque tous les etangs. chose extraordinaire
la plupart des puits ont été a sec jusqu'au degel les
fontaines ne / n'ont / donné que faiblement les rivieres du
voisinage etoient couppées comme dans le profond de
lété. il est vrai que nous n'avons pas eû de pluye depuis
la St michel. quantité d'arbres ont eté fendus par la
gelée

—  —  —

Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 257 / 293

1788

pluie

sécheresse

froid

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

L'automne precedente de
1787 ayant été remplie de pluyes abondantes les
amblaisons ne purent se faire - Le marais fut totalement
noyé - ma paroisse de pût faire ses guerets* , il falut
emblaver sur les retoubles** - les mois de janvier
fevrier et mars ayant été fort pluvieux on ne pût
preparer le terre pour faire des baillargeaux***

après une pluye si abondante - il survint
les mois de mars avril mai et jusques a la mie
juin une sécheresse si grande que les bleds et legumes
tardifs ne purent reussir - après la mie juin et tout
juillet sur le coup des fenaisons il y eut des pluyes abondantes
qui gaterent les foins - on amassa defut mauvais
la recolte fut modique - les fromens furent bien nourris
mais les gros bleds furent echaudés. La veandange
fut assez abondante et assés conditionnée - sur le
point des emblaisons le beau froment se vendit
jusques a vint huit et vingt neuf pistoles - il
se soutint jusques a la fin de l'année a vingt cinq
pistoles - La grossaille fut au prix de
de seize et dix sept pistoles - Le temps des
emblaisons fut magnifique excepté la fin d'octobre
mais le mois de novembre fut beau et magnifique
je froid commencea rudement avec le mois de
decembre dès le trois il fit un verglas considerable
la neige commencea le quatre et continua plusieurs
jours - il vint a pleuvoir le soir de la conception
il se fit un verglas considerable qui couta la
vie a bien du monde. Les neiges continuerent
tout le mois de decembre; mais le dernier du
mois fut le plus rigoureux, et de memoire
dhomme on n'a vu un tems si pytoyable
Le belinage**** ne trouvoit pas a paitre - il
faloit abreuver les bestes au toit, et les eaux
manquoint dans les puits - cela renouvelloit
lhiver de mille sept cent neuf

NDLR

* Un "gueret" est une terre labourée en vue des semailles.

** Un(e) "retouble" est une terre nouvellement moissonnée et que l'on sème une seconde fois , par la force des choses, sans même avoir enlevé le chaume.

*** Les "baillargeaux" sont les champs ensemencés en "baillarge" (espèce d'orge à deux rangs).

**** Le "belinage" est l'accouplement du bélier et de la brebis, ici ce mot désigne donc les agneaux.

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Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 267 / 293

1789

froid

pluie

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

~fin de 1788 - et 1789 ~

L'automne de 1788 fut magnifique presque iusques
a la fin de novembre. La neige commencea a tomber
abondament le jour de la st xavier trois decembre
il neigea, et gela fortement pandant cinquante
neuf jours, le soleil qui paroissoit quelquefois
faisoit degeler la terre pandant deux ou trois

heures, sur ce deg[el], il geloit de nouveau et
telllement que les bleds qui etoint exposés du coté du
midi furent tous gelés, ainsi que les bleds tardifs; on negligea
de semer de la baillarge, en consequence on recueillit très peu
de beld dans la paroisse, le froment fut a moitié perdu
les pluyes de la fin du printems de mai et de juin firent naitre
et croitre lherbe en quantité et les bleds calerent presque
tous - il y eut eû quantité de foin et dautre pacage, mais a
cause de labond[anc]e des pluyes, il s'amassa de très mauvais
foin la buaille* qui etoit excellente et qui valoit mieux que
le foin perit dans les champs faute d'avoir pû secher, et d'avoir
eté coupées de bonne heure, ce qui arriva par la grande
disette des faulcheurs et leur grande cherté, car ils demandoint
jusques a trente et quarante sols par boisselée - Les grandes
gelées endommagerent le bois de vignes, quantité de seps
en perirent, la gelée de la st marc emporta tous les fruits.

NDLR

* Voir ci-dessus à 1785.

—  —  —

Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 277 / 293

1790

intempéries
(conséquences
d')

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

La presente année fût extrement
disetteuse tant pour le bled que pour la
vendeange, le froment fût porté jusques a trente
cinq, trente six et quarante pistoles le tonneau
le gros a proportion, la vandeange fût rare et
ne parvint pas a maturité, le vin ne fût point
potable (...)

La suite traite d'événements liés à la période révolutionnaire NDLR

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Lairoux

BMS
1762 - 1792
E Dépôt117/90

vue 285 / 293

1792

froid

(info "Dictionnaire historique des vendéens", AD 85, relevé Geneadom)

La présente année a été encore malheureuse
par la disette du bled, et de la vandeange, le bled fût
d'un prix exorbitant jusques a la recolte, le vin fut
bien conditioné, mais en petite quantité la somme se
vendoit jusuqes a 15' cepandant la barrique ne se [vendit]
dabord que dix ecus, les acapareurs de luçon
lenleverent bien vite dans ma paroisse pour le
revendre a la rochelle ou la vandeange avoit
totalement manqué ou la barrique fût vendue
quarante ecus - Lile de rhé et launis* avoit
gelé -

La suite traite de la dévaluation des assignats.

* L’Aunis était la plus petite province de France ayant pour capitale La Rochelle, son territoire correspond au quart nord-ouest de l'actuel département de la Charente-Maritime. NDLR

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