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TÉMOIGNAGES INSOLITES dans les ARCHIVES
« Quand nos ancêtres parlaient de catastrophes naturelles »
Département de l'Hérault (34) / Languedoc-Roussillon / Occitanie


/ Balaruc / Bédarieux / Le Bousquet d'Orb / Causse de la Selle / Ganges (et environs) / Hérépian / Montpellier / Mourèze / Octon / Le Poujol sur Orb / Roquebrun / Saint-Clément-de-Rivière / Saint-Geniès-de-Fontedit / Saint-Pons-de-Thomières / Saussan / Siran / Vieussan / Villeneuve les Béziers /

Commune
et/ou paroisse
Cote(s) AD
Date et type
d'événement
Image du document
(cliquez sur la vignette pour l'agrandir)
Transcription du document
Montpellier
Arnaud Georges Répertoire notarial
2 E 95/429

vue 66 / 271
folio 60

07/06/1415

éclipse

(info Pierrevives)

Anno p[rese]nti quadr[ingentesimo] die vene[ris] intitulata
septima mens[is] juni circa se[cun]dam hora[m]
diei fuit eclipsa et duravit quasi
p[er] media[m] hora[m] fuit q[uod] multu[m] obscuru[m] *

Traduction :

La présente année 14[15] le vendredi
septième jour de juin vers la deuxième heure
du jour il y eut une éclipse** et elle dura presque
une demi-heure c'est pourquoi tout fut obscur.

NDLR

* Texte original en latin avec de nombreuses abréviations et notes tironiennes (pre / per).

** Pour voir le trajet de cette éclipse suivre ce lien.

 —     

Villeneuve les Béziers
BMS
1679 - 1687
1 MI EC 336/2
336 EDT 140

vue 47 / 80

09/05/1683

sécheresse

(merci à Michel M.)

nota
comme le neufies[me] du present m(ois)
de may 1683, troysiesme dimanche apr(es)
pasque nous avons fait une procession
generale de villeneuve a St aphrodi(se)
de beziers pour demander a Dieu d(e la)
pluye pour la necessite des fruicts de
ferre qui estoit dans une secheresse e(x)
trahordinaire et la nuict dud(it) troisie(sme)
may et jours suivant dieu par la mise(ri)
corde nous donna une si bonne saison (de)
pluye si abondante quon sespere une
bonne recolte et  laction de grace proce
sionelemant chantant le te deum
laudamus a esté faite le vinct troisie(me)
may mil six cent quatre vints trois
Svellus p(re)btre

 —     

Saint-Pons-
de-Thomières

Délib. Consul.
1681 - 1684
284 EDT 26
(ex BB4)

vue 40 / 48

02/02/1684

froid et inondation

(relevé Geneadom)

Du deuxiesme jour du mois de fevrier16 quatre vingt quatre
pardevant M M antoine gayraud juge de St pons
dans la maison de ville dudit St pons leure de midy
le con(seil) y estant convoque et assemble

Ou sont este presants & oppinans Messieurs Devic
premier consul et estienne Maraval dernier consul et lasalle
et tourbon du brouzet et fleyriers et bonnefons guibber
(etc. Tous les présents sont cités nominativement sur les 7 lignes suivantes NDLR)

Lesdits sieurs Consuls ont propose par la bouche dudit Sieur
Devic premier diceux quil est tres nottoïre a t(ou)s chams[...]
que la presante année a tellement gele et appres tombe
de nege et par une abondante pluye il seroit arrive
une grande innonda(ti)on des eaux quy auroint rampli
toute legli(se) parroi(ssia)lle St Martin laquelle auroit
Renverse touts les paves et tombeaux de ladite eglise
en telle sorte quil est presque Impossible que les pl[...]
Messieur le cure et ses pln[...] y puissent marcher ny
ceux qui y vont pour ouir les messes; Ce quy adieu lieu
a Mr le cure de leur porter plainte asfin de pourvoir

a fere reviser lad(ite) eglise et parer ycelle
ce questant tenu a la Cog(naissan)ce de Monsigneur
Levesque dud(it) St Pons il leur a fait scavoir
dy pourvoir promtement autrement quil y pourvoiroit
par son ordonnace comme aussi il est important de scavoir
de quelle maniere la mai(s)on plesbistralle doit estre faite si est par
Impost ou par capitulaire
De plus ont propose que Mr de Lasalle de terceber leur
a fait t(en)ir acte de requi(siti)on et protesta(ti)on de ce que
linonda(ti)on dun coup quy sont arrivées cest hiver luy zont
subitement emporté son escluze et une partie du bezal de
son molin a bled qui est tout proche dud(it) St pons Ce
quil prestend luy estre arrive a Cause quon a fait
Une ouverture sur le pont d'entre deux Villes ou il feust
fait un passage et mesme plusieurs hab(itant)s y ont
telement jeste de Repiers[...] qui Arrivoint[...] jusque Louverture
et arcades du(dit) pont dont lune dicelles estoit estroite et
fermée prestandant par ce moyen que lad(ite) ville
Soit tenue de reviser[...] son escluse et bezal plus payer
les domages & interests soufferts et a Souffrir demandant
sur tout au desfunt[...] con(seil) et a d[...]

NDLR

[...] indique les mots douteux ou que je n'ai pas réussi à transcrire correctement.

     

Siran

BMS
1655 - 1732
5 MI 21/18
302 EDT 26

vue 213 / 321

12/05/1706

éclipse de soleil

(relevé Geneadom)

Eclipse [en marge]

Ce jourd'huy 12e may veille de l'Ascention de Notre seigneur a
fait un eclipse du soleil depuis 8 heures du matin quil a commencé jus
qu'a onze suivante qu'il a fini. qui est devenu si grand qu'il puisse être et
le soleil a êté entierement couvert et sa lueur ; nous a êté si otée, que le
plus grand jour etoit comme la plus sombre ombre lors que le soleil
luit a son ordinaire; enfin les etoiles ont paru fort clairement
pandant le plein eclipse qui a duré environ un quard d'heure envi
ron les 9 heures. ecrit le meme jour.

     

Siran

BMS
1655 - 1732
5 MI 21/18
302 EDT 26

vues 217 et 218 / 321

09/01/1707

pluie

glissement de terrain

(relevé Geneadom)

catastrophe / etonnante de la / meterie ditte de / las gourgos [en marge]

A la venüe de fournes du coté de lorient a environ trois cents
pas il y avoit une meterie ecartée du ruisseau qui decoule dudit four
nes vers St Germain denviron 100 pas située a 50 pas ou environ de
ce petit mont de rocher blanc et de 3 ou 400 pas de fausan, qui
sapelloit las gourgues*; qui parcy devant avoit appartenu a un cer-
tain Balthasar trelos, ou son frere, lequel baltasar est mort il y a
9 ou 10 apres avoir donné cette meterie avec une de ses filles a
un nommé Barthelemi cros, qui se trouvant veuf en peu de
tems, apres avoir neantmoins je crois deux filles, se maria il
y a plus de 20 ans en secondes noces a une certaine chubernague
de cesseras comme se peut voir cy dessus dans les Registres de
laquelle il a eu plusieurs enfants et filles, dont il a marié
partie et en avoit encore nombre chez luy petits et grands
lorsque dimanche dernier 9e du courant etant dans sa maison
il saperceut quelque ebranlement de la maison, que les murailles
etoient secouées, que le pavé se brisoit sous ses pieds & se se
paroit l'un de l'autre; ce qui luy donna lieu de sortir dehors
pour voir ce que c'etoit et il vid fendre les murailles de sa

maison de haut en bas : ce qui l'ayant rempli depouvante, luy fit apeller
femme & toute sa famille avec precipitation et ensuitte se mettent tous [à]
tirer hors leurs bestiaux, enfin virent bouleverser leur meterie qui etoit
trois corps de maison, & s'enfoncer dans la terre, s'apercevant qu'elle seloi[gnait]
de la petite montagne avec le terrain qui s'ebouloit sous leurs pies a [vue]
d'oeïl, de maniere que les fondements ont êté transportes a trente ou [qua]
rente pas de leur premiere position vers le ruisseau; et le terrain qui [est]
joint a la petite montaigne, et fort elevé, s'est si fort enfoncé qu'il s'est [chan]
gé en êtangs, qui s'ecoulant par dessous tout un terrain de plus de vin[gt]
seterées** mesure de compoix vont former un ruisseau qui est horriblement
boueux; ce qui fait comprendre qu'encore tout ce terrain se cruse par dessous
et pourra bien encore sebouler davantage. Et ce qui est encore a rema[rquer]
est que non seulement tout ce terrain a croulé comme par un tremble[ment]
de terre, mais encore que tout le terrain de lautre coté du ruisseau app[arte]
nant aladite meterie, et qui est de plus grande contenance seboule de meme
et aura le meme sort, si les pluyes continuent; car c'est un effet des pluyes qui
durent depuis le mois d'octobre : sur quoy il y a a chanter les misericodes
de Dieu, qui ne frapa jamais dans toute sa colere, mais il la tempere touj[ours]
de sa clemence; car en ôtant a cet homme sa maison et son bien, il luy a [pré]
servé touts ses enfants, qui lorsque toute la famille paraissoit devoir être en[ve]
lopée dans la ruine de la maison, a êté toute comme miraculeusement
sauvée, et meme touts les bestiaux. Pour memoire a ceux qui che[rche]
ront la meterie de las Gourgos. le 17e Jan[vi]er 1707.

NDLR

* Voir carte de situation en cliquant sur les vignettes ci-dessous :

 

** Une sétérée est une unité de surface agraire variable d'une paroisse à l'autre. Dans l'Hérault on trouve par exemple 31 sétérées différentes allant de 358 à 1248 cannes carrées. À Siran la sétérée, divisée en 4 quartes, avait une valeur de 676 cannes carrées soit 26,7 ares (2670 m²). Ce glissement de terrain qui entraîne la ferme s'étend donc sur une surface de plus de 5 hectares !

     

Mourèze

Notre-Dame-de-Mourèze

BMS
1627 - 1755
5 MI 31/17
3E 181/1/BIS

vue 178 / 337

1709

froid

(relevé Geneadom)

[en marge haute]

cette année / 1709 / le froid tua tous les oliviers et tous les bleds
et ce qui causa la famine dans tout le Royaume

     

Saint-Geniès-de-Fontedit

BMS
1622 - 1738
1 MI EC 258/1
GG 1

vue 263 / 460

folio 239

1709

froid

(relevé Geneadom)

nota / année / froide [en marge]

Le septieme Janvier 1709 comença a geler fort
Le mardi 8e plus froid le mercredi augmentation
le ieudi tomba de nege iusques a midi sur les [?]
heures se leva la bise si froide et violente que la [?]
sembloit un nuage le froid continua se montant
toujours iusques au quinze que le vin se gela
les oliviers perirent tous par le froid les am[andiers]
les figuiers, les pruniers, les chenes verts et
les quenouilles et buissons furent tues par le [froid]?
une partie des bleds, les avoines, et les fourai[ges]
de lentour du lieu,

     

Siran

BMS
1655 - 1732
5 MI 21/18
302 EDT 26

vues 229 et 230 / 321

vues 234 et 235 / 321

1709

froid

gelée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(relevé Geneadom)

Hiver [en marge]

Mais l'année courante a commencé par un hiver, dont [les]
Histoires ne nous disent rien de semblable : deja la rude
saison avoit commencé par des gelées vers la Tous-saints et St Martrin
qui nous / ont / beaucoup endommagé les olives ; Mais la nuit de l'Epiphanie
au lendemain fut si terrible par le froid, que la goronne, car je [par]
tois a Thoulouse poursuivre l'Arret contre Sr Juin, ou sa pretention
que je luy portasse l'eau benite a la main, se trouva tout d'un coup
glacée, et ce froid redoubla toujours si fort jusqu'au 20 e de
Janvier, qu'on a pretendu quil etoit venu au plus haut degré possi
ble : c'est peu de chose de dire que les especes se glacoient dans le St cali
ce au milieu de deux rachauds sur l'Autel, que le canal etoit glacé
jusqu'au fonds, et qu'il y eut 14 ou 15 pans depaisseur de glace qur la
garonne, ce qui fit craindre la famine dans Thoulouse les moulins
ne pouvant point moudre, & pareils autres accidents qui accompag
nent ordinairement un grand froid, Mais / on / trouvoit les perdreaux
& levraux morts par la campagne en si grande quantité, qu'on
avoit les perdrix pour 5 S le pair, & meme on ne les pouvoit pas
vendre par la gran-quantité : une compagnie de corbeaux, qui
s'étoit allé percher sur un arbre dans un jardin au tour de Thoulou
se se trouva le ledemain mort par terre, et glacé, on dit qu'il y eut des
hommes voyageant a cheval, si saisis de froid, qu'apres y etre
morts les chevaux les portoient tout glaces comme une piece
de bois, dans les villes ou ils alloint, com[me] on recite qu'arriva a
Lyon : ce froid a été general dans toute l'Europe, c'est pourquoi
on en recite d'evenements tout memorables & touts differents
et je peux dire en particulier que l'humidité de ma respiration
dans le lit pendant la nuit se glaçoit devant & aupres de ma cou
che sur les linceuls. qu'il nous falloit tenir le pain & le vin contri[ne?]
men & meme bien pres du feu : ce grand froid avoit êté precedé d'une
fumée si grande qui sortoit des puits que moy passant un jour

lacroix daragon a Thoulouse, je ne peux pas m'empecher de
regarder dedans pour voir ce qu'on y faisoit bruler, car je croyois
qu'on y eut jetté de paille ou de foin, et qu'on y eut mit le feu, si
grande etoit la fumée qui en sortoit, et l'eau d'un puits de l'environ
ou j'etois logé, c'estoit / chez / M. Cortade mon Avocat, étoit si chaude
pendant ces froids, que je ne la pouvois pas souffrir sur mes
mains pour les laver : Mais les suites de ces froids sont terribles
car il a êté suivi de maladies si nombreuses dans les villes, quon
n'osoit y aller, tant on les regardoit contagieuses;Carcassonne
Thoulouse &tc. étoient toujours tout plenes de morts : Il en a
eté de même du betail sur tout a l'aine, si fort qu'on voit les
chemins, bordez d'ossements de ces animaux, jusques là qu'on a
meme commendé de les enterrer pour eviter l'infection, et
certains insectes, qui sortent de leurs corps, a quatre jambes
qui, semblables aux blandes ou cernailles, seront attachés a ce
qu'ils trouvent le premier; de sorte que preque touts les aig-
neaux & troupeaux sont reduits a fort peu de chose & meme
on n'en ose pas manger : et ce qu'il y a de fort deplorable c'est
qu'entierement toute la recolte de touts les grains a eté em-
portée, tant par ces froids que par les vents glaciaux qui souf-
floient pour lors, et les oliviers sont devenus si secs que s'ils
avoient / eté / brules par les racines, leurs feuilles sont comme des
fagots coupes et enfermes il y a deux ans; la consternation
est a l'heure que j'ecris ceci dans ma paroisse si grande, qu'il
est une merveille de la providence de Dieu, de ce que deja la
moitié n'en a pas êté pliée par la grande disette de toutes cho-
ses. Car il y a deja long tems qu'on ne trouve pas un grain de
bled a vendre en nul endroit. meme avec les ordres de M. le
Duc de Roquelaure lieutenant du roy dans cete province &
de M. l'Intendant, dont on se mocque dans les villes qui en
ont; on apprend de Narbonne, carcassonne & thoulouse
qu'on n'en laisse pas sortir un grain le gardant chaque ville
pour ses habitants dans cete disette si generale, et si meme
quelqu'un en peut avoir quelque setier, on le luy enleve par les

       chemins en luy en rendant son argent, s'il le veut pren
       dre, autrement il perd tout : les emules sont deja frequen
       tes par toutes les villes a cause de cete si grande disette
vous en pourrez juger quelque chose, mes tres chers collegues & ?
seurs par le prix des grains pour ceux qui peuvent en avoir pour
leur argent, qui est a carcassonne & Narbonne 16 lt le millet & le
bled 20 lt, il est vrai qu'a Narbonne, ou est le grenier de toute la
province, on y a mais ordre pour la ville & le diocese : de sorte que
si depuis ces grands froids, qui furent renouvellez vers la fin de
fevr[ier] & qui acheverent emporter ce que les premiers avoient [?]
lez, on ne s'etoit pas avisé de semer de ces millets & legumes, nous
n'aurions rien a esperer pour l'année prochaine : je ne peux [?]
assurer de l'état des oliviers. on assure que la plus gran-partie [sont]
morts. et qu'il les faudra couper a la racine. les autres les e[?]
et les autres ne les touchent pas, qu'ils ne voyent ce qu'ils auront
fait, et porteront leur patience jusqu'au mois de septembre, mais
on convient qu'on n'aura point d'huile de plusieurs années : les
froids n'ont pas causé les memes effets par tout le Royaume, il
nous ont conservé les vignes, et les ont emportées du coté de
basse guienne & bourdeaux, ont emporté les noyers dans le Rouer
gue & querci, & leur ont conservé le bled ; Mais tout ce pays a
êté si fort endommagé que la face de la terre soit guarrigue ou
plene sembloit avoir êté brulée, et n'ont resté que les buïs de
verde, et touts les figuiers ont peri jusqu'a la racine.

Lettre de M[onsei]gneur l'Eveque de St Pons a M. de la ville Intendant de la province de
Languedoc    a St. chinian le 12e de mars 1709

    Nous nous disposons Mainte[ant] a executer le contenu dans v[ot]re depeche
du 27e du passé sur l'affranchissement du reste de la capita[ti]on. Je ne peux m'empe
cher de vous exposer la desolation ou les gelées ont reduit mon miserable dioceze: il y
a quelques paroisses ou la dime vaut environ 2 ou 3000 lt ou l'on m'assure qu'il n'y
aura pas 2 ou 3 êcus de rente : les oliviers, les grains, et les bestaiux y êtant morts
et par là l'eglise est hors d'etat d'y porter du remede, et peut être meme d'y faire
service : d'ailleurs les peuples deja appauvris ne pourront travaïller & ensemencer les
terres : la plûpart des marchands cessent de faire travailler, & ceux qui se contiennent
donnent si peu de chose a leurs ouvriers, qu'ils ne peuvent vivre, et encore moins entretenir
leurs familles a cause de la cherté des bleds; j'ose croire M. que cela merite v[ot]re attention
appliqué comme vous êtes au service du Roy, dont la puissance est fondée sur la conservation
de ses peuples : vous ne desagrééres pas que je cherche a donner quelque soulagement au ?
leur en cherchant de remedes a de maux si impreveus et si extremes ; les peuples sont si de[?]
gez, que je crois qu'il est necessaire de relever leurs esprits par lesperance de quelque secours extra
ordinaire. Je suis M. avec respects v[ot]re tres humble & tres obeissant serviteur L. I. F. Eveque de St [?]
                ecrit le 3. de may 1709.

Comme je note depuis quelques tems a la fin des registres de chaque
année ce qui s'est passé de plus memorable soit par rapport au public
soit par rapport au particulier, je vous dirai ici mes tres honnores suc
cesseurs que les jours continuent d'etre mauvais, et qu'il semble que nous
soyons menacez de quelques grands & extremes malheurs par la confu-
sion et desordre de toutes choses. Il y amene de gens qui se melent
de nous anoncer la fin du monde, et je me trouvai a Thoulouse
l'année passée en compagnie de plusieurs savants, dont lun la
fixa a lequinoxe / du printems / de l'année 1727. Mais quoy qu'il en doive etre nous
savons que ce jour est un secret de Dieu pour les hommes : On a veu
cete année & experimenté ce qu'on n'avoit osé que commencer de
craindre, qui est la mort absolüe et generale de touts les oliviers
de ce pays, qui en faisoit et toute la gloire & toute la richesse : Mon
Benefice qui est, mes tres illustres confreres, & successeurs, le votre
a perdu en perdant les huyles la moitié de tout son revenu ou
peu s'en faut mais pour le moment on le peut bien metr'a un tiers
sur quoy je vous laisse pour observation, en cas de con?es a
l'avenir, s'il arrivoit que quelques petits rejets, qui naissent des
racines portassent olives, dont on fait de l'huyle, ou qu'on trans-
portat des oliviers d'ailleurs, & qu'on les plantat, que la dime
des olives se payoit ainsi : les h[abit]ants enfermoient leurs olives
chez eux a proportion qu'ils les amassoient, & ils en payoient

la dime a proportion qu'ils les envoyoient au moulin pour en faire
l'huyle. Ils appeloient les dixmiers, & la dixieme comporte etoit
pour la dime; ou la dixieme partie; et toutes les olives se mettoient
en mont commun au dixmaire de St Baudele, et lorsqu'on
vouloit faire les huyles le Re[?]teur, son fermier ou commis avec
le sindic du chap[it]re a faire communs a proportion de ce que
chaquun prennoit, faisoient porter leurs olives au moulin en
faisoient traite les huyles, & les partageoint ensuite le Rec
teur prenant trois cinquiemes parties, & le sindic les deux
autres comme se fait au partage de tout le reste hormis du
vin qui se partage egalement : & au dixmaire de St Michel
la meme chose se faisoit, mais le Re[?]teur n'en prenoit qu'une
quatrieme partie sur les chap[it]res de castres, lesd[its] chap[it]res pre
nant les autres trois quatriemme parties parce que l'Eveque
de St pons ne prend a ce dixmaire que le quard des grains,
& le Re[?]teur le quard de ce qui reste, qui est trois lorsque
l'Eveqe a quatre, & quatre lorsque l'eveque n'a rien : ce
qui pour se faire entendre se met en cete supposition, qu'il
y ait 26 setiers de grains, et 16 mesures au charges d'huyle
ou 16 livres ou quinteaux de laine, ou ce qui est plus vraisem
blable 26. aigneaux : l'Eveque prendra le quarde 16 setiers
de grain, qui fait 4, le Re[?]teur prendra le quard de ce qui
reste qui faira 3. parce que 12 qui restoient partagez en
4 fait 3. pour chaqu'un : mais du reste ou l'eveque ne tou
che rien partagé en 4 fait 4 pour chaqu'un qui est la
portion du Re[?]teur : ainsi le Re[?]teur a de 16 setier de grain
3 & de 16 portion d'huile, vin, aigneaux, foin &tc. 4. ce qui
a donné lieu a ce / quatrain / que je crois avoir mis ailleurs

       Lan oun Moussu l'Abesqu'a quatre,
       A qui Moussu'l Rittou a tres
       Et oun Moussu'l Rittou a quatre
       Moussu l'Abesque na pas res*

Les oliviers n'ont pas été seulement emportez par ces gran
des gelées de lannée passée, mais aussi les grains, de façon qu'aux en
virons de gens qui avoient semé 30. setiers de bled n'en ont pas
recuilli 30 grains, & une dame du couvent de prouille m'a
ecrit que de 100 pairs de labeur elles n'ont pas eu un setier de
bled. J'ay neantmoins eu plus de 200. setiers de grain. y en
ayant environ 40. de bled, parce que de mes parroissiens plusi
eurs en ont semé aprez les gelées qui a fait beaucoup & d'autres

d'autres menus grains : Le Roy a fait un million de remission
a la province des tailles, savoir  500 000 lt pour la perte des oli
viers, & autant pour la perte du reste de la recolte : ses troupes
ont laissé prendre Monts, & Tournai places tres considera
bles en flandres, & s'etant donné bataille il y a peri beau-
coup de monde de part et d'autre, mais plus dit on du coté des
ennemis, (...)

NDLR

* Ce quatrain est en occitan. Il dit à peu près ceci :

Quand Monsieur l'Evêque a quatre
Alors Monsieur le Recteur? a trois
Et quand Monsieur le Recteur? a quatre
Monsieur l'Evêque n'a rien du tout.

** La fin du texte concerne les affaires du royaume et un procès intenté au curé. Elle n'a donc pas été transcrite ici.

     

Vieussan

BMS
1680 - 1749
5 MI 20/17

vue 129 / 301

janvier 1709

froid

(merci à Jeanne G.)

1708. 1709. et 1710.

Lan 1709. vers la fin des rois mortalité g/éné/rale des
oliviers. causée par le froid

     

Causse-de-la-Selle

BMS
1646 - 1675
5 Mi 34/1
60 EDT 2

vue 13 / 77

29/09/1723

déluge

(merci à Louis R. et Josiane F.)

Deluge
Nota tres remarquable

Déluge du 29 7bre 1723

Sera mémoire à toutte notre postérité que cette présente année vingt neuf(esme)e septembre dans la nuit du mercredi au jeudi il commença une si grosse pluye qui enfin dans
son progrès jusques au vendredi causa un déluge si epouvantable en ce pays que nous
aurions tous crû d’en périr. plusieurs personnes et ou particuliers furent interessés dans
la paroisse et aus Environs. à moustachou Guilh(em) Crouzet eut le malheur de perdre
dans son cellier trois muits* de vin, dans douxès s’étaient entassés l’un sur l’autre
et voltigeaient sur l’eau dans l’enclos de sa maison. Le plancher de

Cette maison fut emporté et son bled répandu dans le cellier, excepté celui que nous-meme
lui avons pû garantir. Sans le secours de son voisin Louis Laurents rentier des maslargues
les Crouzet avec toutte sa familhe, tout son troupeau et ses bœufs, tout étoit perdu. L’eau
montoit dans le fond.
      L’eau de ce déluge monta au moulin de bertrand jusques au plancher de la
chambre de la maison du rentier et emporta touttes les murailles de l’enclos qui
étoint baties a chaus et sable. La tour du moulin de Las figuières fut toutte couverte
d’eau et l’eau monta six escaliers de la maison du rentier.

     A St Jean tous crurent perir avec leurs familhes, leurs vins et leurs cuves
qui furent pour la plupart remplies d’eau et le vin se répandit ; les murailles
des jardins qui sont sur notre venue étoint baties a chaus et sable et cependant
touttes ont été ou renversées ou emportées.
      A la Combe de merle, il s’y est fait un précipice si larges et si
extremement profond quil est du tout impossible que jamais plus on y puisse
passer ; le chemin se fait asteure à Las Moulieires.

      Les chemins et les terres d’ici à St Guilhem sont dans un état qu’on
ne peut exprimer : tous emportés, les emportés, la terre toute emmenée et les
lausasses** et rochers partout nus et découverts.
      Les plus grands fracas et désordres de ces environs sont arrivés au St
Guilhem ; on commence à l’entrée de voir le cimetière (en) partie emporté et les ossem(en)ts
des morts par tout déterrés. à l’entrée on voit un abîme qui tient toutte la place
d’une largeur et profondeur prodigieuses, où il faudrait plusieurs maisons pour
combler cet abime. On y voit à l’entour des maisons emportées par exprés
celle de mons(ieur) de Barri où il y avait de gros biens et très gros effets.
Plusieurs autres maisons, portes, escaliers emportés, tellem(en)t que pendant un
certain (temps) tout le monde était obligé à monter dans leurs maisons par les
fenêtres avec des échelles, faute de portes ou d’escaliers. L’eau y montait jusque
dans l’église de St Laurents et même sur l’autel à ce qu’on dit. Les moines
ni furent pas peu intéressés : ô qu’ils sont à plaindre ! Si un enclos de ce
monastère n’eut pas creusé pour ou écouler les eaux, tout St Guilhem marchoit
à la fois sans ressource ; Leur église était toute pleine,
mais hélas quel bonheur ! il ne périt aucun moine, c’étoint de nouveaux venus.
Les anciens eurent pris le devant. On ne les auroit exprimés ni mettre par
écrit, ni croire sans le voir. Les désordres que ce déluge fit, plus il descendit.
    Montpelier ne se sentit de ce déluge que le dimanche d’après, où il
déchargea si fort à Mon(peli)er que toutte la ville se crioit et croioit perdue ; le déluge
emporta si bien les moulins et les arbres dans ces environs qu’il ni restoit ni racine,
ni marque ni fondem(en)t. Il emporta des villages entiers, mais lors de cecie nous
n’avons pas entendu parler des gens noyés pour en être mieux informé le lecteur
pourra en faire la vérification fait recité en gros ; mais au juste
faut pourtant noter que la pluie vint de Laguiel que de Gangès en haut*** il ni
eut aucun mal, mais gare plus l’eau descendoit.

NDLR

* Le muid de Montpellier et de Gignac valaient 692,41 L mais celui de St-Jean-de-Fos 740,52 L

** Les "lauzasses" ou grosses lauzes sont ici des bans de pierres schisteuses plates.

*** "Laguiel" ou l'aquilon indique la direction du nord, donc de Ganges qui est au nord de Causse-de-la-Selle, "en haut" désignant l'amont de la vallée de l'Hérault.

     

Causse-de-la-Selle

BMS
1646 - 1675
5 Mi 34/1
60 EDT 2

vue 14 / 77
haut de page

novembre 1725

déluge

(merci à Christian P.)

Deluge de Lan 1725 au mois de novembre
sera mémoire derechef à toute la postérité qu'il à fait un second deluge en ce
paÿs l année courante. ce deluge arriva premierement à monp(ellier) du trois au
quatre de novembre qui etoit du samedi au dimanche avec des Eclairs et tonnerre
terribles, on ne dit pourtant rien de facheus ni des tonnerres ni de la pluye
mais ce deluge commença Ici le meme dimanche au soir quatrieme de ce mois
de novembre et il ne discontinua pas un seul moment de pleuvoir encor
environs le lundi cinquieme du courant sur le soir il commença à faire
quelques tonnerres sourds, mais ensuite pendant toute la nuit du
lundi au mardi Il plut à verse et a verse avec des tonnnerres continuels
mais si terribles et si effroyables qu'on na jamais entendu des
semblables, nous ne lesavons Jusqu'a present quils aient
fait aucnun mal, mais Leau a emporté la barque du
moulin de bertrand, elle despassait de deux cannes le
moulin, elle à encor emporté le vin du pauvre
moustachou et fait baucoup d'autres maus par
tout aus charbonniers qui se sont trouvés le
long de lheraults, St guilhem a été encor
fort mal traité, l'eau u a emporté
plusieurs maisons et fait du degat.
Elle a fait un creus a la place
bien plus grand que le premier
et les chemins dest guilhem
Ici sont absolument
Impraticables excepté
les gens à pied et
encor avec peine
jusques a nouvel
ordre ce
dixieme
9bre
1725

Vialard curé

     

Causse-de-la-Selle

BMS
1646 - 1675
5 Mi 34/1
60 EDT 2

vue 14 / 77
bas de page

01/06/1727

grêle

(merci à Josiane F.)

1727
nota
que le
premier juin
1727 Jour de la
pentecoste apres la
sortie des vespres Il tomba
depuis gervais Jusqu'a la
grange et de la à La riviere une
grele si grosse et si epaisse qu'elle eut
emporté dans un moment tout entierement
la recolte ensorte qu'il ne paroissoit ni bled
ni bled ni paille sur la terre. il y eu pourtant
ensuite de la paille et il a paru dans la suite
baucoup des olives. on conte que cette grele a ete
jusques aus portes de nismes et de beziers iusqua Carcassone
meme il y avoit des pierres qui pesoint 4 et 5 quarts.

Vialard curé

     

haut de page

Roquebrun

Saint-André

BMS
1651 - 1678
5 MI 20/8
232 EDT 30

vues 118
et 119 / 150

 

10/10/1745

orage

inondation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(relevé Geneadom)

mil / [se]pt cent / [qua]rante / [ci]nq [en marge]

Le 10 octobre de lannee 1745, il fit
un orage si extraordinaire dans la montagne
et dans ce pays qu’on ne scauroit exprimer
le domage, que la riviere dorb, et les ruisseaux
ont cause depuis la source de la riviere
dorb jusques a la mer; tout ce que nous
en avons appris est que les pons, qui sont
au dessus de S[ain]t gervais ont eté emportés
aussy bien que tous les moulins, a blé et
les papeteries, a Badarieux, leau fut
jusques dans leglise, il y eut cent vingt
maisons qui furent abbatuës et ou
emportëes a moitié; on ne scauroit exprimer
le domage de la campane presque tous
les arbres qui etoient de plus de 300
pas de la riviere furent emportés; les
petits ruisseaux firent encore un grand
desordre ravage, ont on en peut jeuger par ce qui
arriva a esclax* mazage de la paroisse
de colombieres ou il passe y a un petit
ruisseau qui est comme celuy de
laurenque, lequel ruisseau abbatit
vingt sept maisons du mazage desclax*
ou il y en avoit trente, il ne paroit
pas aujourdy quil y ait jamais eu
de maison a la place ou etoient les maisons
est toute couverte de sable, ou des grosses
pierres; la paroisse de Roquebrun

a eté endomagee autant, et meme plus
que les autres, le moulin de que Moustalon
a, a ceps fut emporté; aussy bien que
la chaussee, et tous les arbres qui
etoient a plus de deux / a trois / cents pas de
la riviere furent emportés; aussy bien
que les champs / et / vignes, les pres; et
les jardains qui sont pres de ceps tout
le long de la riviere furent sablés
ou emportés; de ceps a roquebrun
toutes les terres qui etoient pres
de la riviere furent ou sablées ou
emportées aussy bien que tous les
arbres; qui etoient dans les dittes pi?
et cela a plus de deux / trois / cents pas de
la riviere; le moulin a blé de roque[brun]
aussy bien que la chausseë furent empor[tés]
le pressoir du moulin à huille fut
emporté; leau ayant emporté le
couvert du batiment; le pressoir passa
par dessus le toit, on peut juger
par la si linondation etoit extraord[inaire]
on ne croit pas que depuis le deluge
on est veu pareille chose; tous les
jardains qui sont tout le long de la
/ riviere et du / ruisseau de laurenque furent emportes
ou bien endomagés, et surtout ceux

qui sont depuis le la fontaine de Roquebrun mazage de Laurenque
jusques a la riviere, tous furent sablés
de plus de 5 a 6 pans; les murailles
furent emportées, leau ayant longe
tout son cours dans lesd[its] jardains; c’est
tout dire encore que les murailles du
jardain du s[ieu]r Prieur lune qui est
du costé de laurenque, et lautre du
costé du midy furent empor renversées,
tous les muriers, oliviers, et autres
arbres qui etoient pres de la riviere
furent emportés; aussy bien que
tous les prés qui sont depuis roqu
roquebrun jusques a Magnard;
lestimation du domage fait par un
commissaire, a eté evalué a la somme
de soixante mil livres; presque tous
les moulins qui sont sur la riviere
dorb furent emportés; a beziers il y
en eut trois / moulins / de cinq quil y en a;
/ qui furent emportés / le moulin appellé des caralet qui
est près de lignan; la femme du
nomme clavel / meunier natif / de roquebrun, sa
fille, et un nomme cot aussy de
roquebrun apprenti y perirent;
lad[ite] inondation a emporté a roquebrun
pres de trois deux mille muriers, et presque
de autant des oliviers, leau fut dans
leglise de St andré on peut juger par
tous ces evenemens si jamais on a veu
une paraille inondation.

* Très probablement mis pour "Les Claps" en rive gauche du ruisseau d'Arles. NDLR

     

Le Bousquet d'Orb

Saint-Martin de Clamensan

BMS
1740 - 1792
38 EDT 3
1 MI EC 38/1
5 MI 33/3

vue 25
ou 27 / 186

11/10/1745

inondation

(relevé Geneadom)

Il sera memoire pour les siecles advenir que
Lannée 1745 le onzieme octobre a deux heures
apres midy il arriva sur la Riviere dorb unesy
grande innondation quelle emporta tous les moulins
chaussées, prairies champs et vignes Jusques au roc
les maisons, et beaucoup de caneaux et beaucoup de persones
furent noyées, nayant laissé aucun arbre le long du
Rivage ny gros ny petit lariviere etait etendue depu(is)
la montaigne appellée la Varede Jusuqes au Bousquet de
grajeau ; et le tems était sy courrouzé qui tonna
vignt quatre heures sans discontinuer faisant un pluye
des plus terribles ; avec de la grelle dune grosseur
Epouvantable, le peupe fut sy fort touché quil vint
En larmes prier Dieu a leglise - Cauvy pr(être)

     

Vieussan

BMS
1680 - 1749
5 MI 20/17
334 EDT 11

vue 277 / 301

12/10/1745

orages

inondation

(relevé Geneadom)

nota [en marge]

pour memoire a la posterite que ce jourdhuy onsiesme
octobre mil sept cens quarante cinq il a fait deux orages
le premier arriva dans la nuit et causa une innondation
si forte que lau entra plus de six pas dans le champ du
Chateau. Le second arriva a deux heures apres midy et
causa une innondation de beaucoup plus forte de sorte que
lau couvrit tout le champ du chateau et les ollivetes de
delmas magné et demr abbal dans lesquelles elle laissa
un pied de limon. beaucoup darbres et de bois. arracha et
emporta tous les arbres qui etoient dans les jardins cette meme
innondation emporta les moulins de roussellou tout le touoit* de
celluy de graïs partie d’une muraille comme de celluy de ceps
et entierement celluy de roquebrun. de mainar**. de riols***, de Carrelet****
trois de besiers avec tous les gardefous du pon. et lentier moulin
de roudier, cent maisons a bedarieux, cinq a villemagne, vingt
deux a claps. six a cessenon. le moulin a huile de roquebrun
tous les jardins le long de la riviere depuis bedarieux jusque [à]
besiers tous les muriers quantite dollivettes / et / causa un dommage
                                             innestimable

NDLR

* Dans le nord de l'Hérault, un "touoit" (prononcer -un twat- comme -1 Watt-) est une conduite d'eau enterrée, généralement de section rectangulaire et maçonnée avec des lauzes.

** Le moulin de "Maynard" était situé en aval de Roquebrun, à son emplacement se trouve en 2018 une petite usine hydroélectrique.

*** Il s'agit certainement du moulin de "Réals" situé en aval de Cessenon. Il ne peut pas s'agir de Riols qui n'est pas dans la vallée de 'lOrb mais sur le Jaur

**** Le moulin de "Carlet" était situé à l'emplacement actuel de Tabarka (Ligan-sur-Orb).

     

Bédarieux

Saint Alexandre

BMS
1739 - 1753
1 MI EC 28/2
GG4

vue 95 / 246

14/09/1745

inondation

(relevé Geneadom)

Le 14e 7bre 1745 a ests enseveli dans le cimetiere de la
paroisse Jacques bourrel qui a esté emporté par une
Inondation affreuse qui est arrivée auiourd'hui, a une heure
apres midinuit, et [qu'on n'?] avoit jamais vu de semblable
p[rese]ns les soussignés Martélo Tonnerés Bernard

     

Bédarieux

Saint Alexandre

BMS
1739 - 1753
1 MI EC 28/2
GG4

vue 96 / 246

12/10/1745

inondation

(relevé Geneadom)

Le 12e 8bre 1745 a Esté enterré ... Salvagnac agé
denviron quatre vints ans, trouvé mort sous la ruine de la
maison de son habitation causée par linondation qui arriva
un dimanche au soir a sept heures qui ne fut que le
prelude de linondation du lendemain 11e en forme de
deluge qui emporta presque toutes les maisons du fauxbourg
et toutes celles du vignal et beaucoup de celles de la rue
de fer, beaucoup de la ville et les ebranla presque toutes
ce qui sera pour touiours la desolation de la ville et
sa ruine totale pour Memoire a la posterité p(rese)ns
les soussignés    Lavil curé

     

Hérépian

BMS
1743 - 1752
1 MI EC 119/1

vue 36 / 293

28/10/1745

inondation

(relevé Geneadom)

Lan mille sept cents quarante cinq et le vingthuitieme
ocotbreest née margueritte foissac fille legitime
et naturelle de pierre foissac et margueritte coste de
la presente paroisse à esté baptisée le premier novembre
dud(it) an son parrain jean raimond ricard qui à esté
substitué an lieu et place de Sr. francois miquel
borgeois de la Claparede qui na pas pu venir a cause
du mauvais temps sa marrine Claire farran
epouse de pierre farret qui a été aussi substituée an
lieu et place de d(emois)elle marie ricard epouse dudit Sr Miquel
presents soussignes avec nous
p foyssac    Raymon Riquard   Carriere   Astres curé

     

haut de page
Le Poujol sur Orb

BMS
1743 - 1752
5 MI 25/6
211 EDT 18

vue 53 / 136

12/10/1745

inondation

(relevé Geneadom)

Lan que dessus et le douzieme jour du mois doctobre ont
eu ensevellis dans le cimetiere de redes par moy soubsigné
deux corps noyézs trouvés au dessous le long de la riviere au
dessous de Courillion dont lun estait a ce qui nous fut dit
Esteve de St gervaix et lautre nous Etant inconnu
Ledit esteve etant agé denviron trent et sinq ans et lautre
denviron vingt et six de ce
Roger curé

     

Causse-de-la-Selle

BMS
1745 - 1766
1 Mi EC 60/1

vues 78
et 79 / 100

1764

grêle

(merci à Louis R.)

Sera memoire que
Lannée 1764 il tomba le
jour de la St Jean une gresle si forte
quelle emporta toute la Recolte
en toute sorte de grains
et que depuis le 15e novembre
de l'année 1766 jusqu'au vingt
deux dud(it) mois il fit des plüyes
si abondantes que la riviere
Dheraut grossit si fort que
Leau alloit dans tout le font
du moulin de Bertrand il y
eut de si grandes inondations
pendant ces huit jours que personne
ne pouvoit sortir. Les semences
feurent presque toutes noyées
Beaucoup de terres emportées et
les chemins si degradés quil fust
impossible dy passer sans les reposer
et quenfin en 1767 le Deux
de juin il tomba une grelle

si considerable que toute la
recolte feut endommagée le vin
Totalement emporté la recolte
en grains feut si mauvaise a cause
de la grelle ou de la secheresse
qu'on ne Recueillit pas las semence
dans le general de la paroisse
La touzelle* Valloit a la recolte
13 lt / le setier / mesure de ganges** et 17 lt a gigniac

NDLR

* La"touzelle" ou "touselle" est une variété de froment (blé) dont l'épi n'a pas de barbes.

** Le "setier mesure de Ganges" contenait alors 55,86 L et était utilisé dans 12 paroisses des environs.

     

Octon

Saint-Etienne

BMS
1760 - 1770
GG4
1 MI EC 186/1

vue 107 / 160

13/10/1766

inondation

(relevé Geneadom)

Inondation des rivieres le 13e 8bre 1766

L'an mil sept cent soixante six et le treizieme jour du
mois d'octobre, l'on vit dans cette paroisse d'octon une inondation
des rivières si grande que de memoire d'homme il ne c'etoit rien
vu desemblable. il tomba le matin dumeme jour une si grande
abondance de pluÿe quesur les sept heures dumatin ou environ
les rivieres firent un ravage horrible; une quantité prodigieuse
d'arbres furent arrachés et emportés; les champs et les vignes qui
voisinent les rivieres furent fort endomagés; un hameau de
cette paroisse qu'on appelle communement le Mas de clergues fut
inondé et faillit etre emporté parla violence des eaux; la riviere
qui se trouve entre l'église et le chateau ou le hameau dela viale
etoit si haute qu'elle alloit flotter les murs dujardin de Mr le
prieur d'octon; toute la plaine jusques ala riviere deSalagou etoit
couverte d'eau; dans la ville de Clermont decediocese trois maisons
furent emportées par la riviere qui traverse cette ville qu'on appelle
Rhonel. depuis le pont des Cartels jusques par dessous Pezenas, la
riviere del'hergue et celle de l'herau firent aussi un ravage horrible
bien des moulins et d'autres batisses sur lesd(ites) rivieres furent
englouties. un meunier qui etoit dans son moulin de Révieux près
de St félix de lodes avec sa femme et quatre enfans se vit tout
a coup environné d'eau sans pouvoir sortir, il porta ala nage
ses quatre enfans et sa femme surle rivage et deux minutes
aprés son moulin fut emporté. enfin, comme onla deja dit, de
memoire d'homme il ne cétoit rien vu deplus lamentable encegenre,
a Clermont encore la riviere de Rhonel remontoit jusques près dela
porte del'eglise des penitans gris; des hommes partirent de cet endroit
ala nage et furent dans une belle hotelerie qui etoit sur la riviere
sauver les personnes dunaufrage qui etoient dans cette hotelerie
et meme les moutons qui étoient dans les ecuries.

Gousty prieur d'octon

     

Balaruc

Notre Dame

BMS
1740 - 1792
5 MI 5/1

vue 15 / 38

15/11/1766

pluie

inondation

(merci à Josiane F.)

Deluge

Lan mille sept cent soixante six et le quinze novembre sur
les huit heures du soir il commença un peu a pleuvoir
laquelle pluye alla toujours en augmentant de sorte que le
lendemain 16 dudit a cinq heures du soir l'eau commença
a entrer dans mon selier attenant a la chapelle de St joseph
a 7 heures il y eut onze pouce d'eau et alors elle commença
a baisser il ny en reste que cinq pouces cequi dura trois
jours la pluye dura trois semaines pendant lesquelles il
ny eu que quelques courtes intervalles qu'il cessa de pleuvoir
le pont de fresqualier, fabregues et celui cy près entre
jalargue* et St jean de bedos** furent emportés demeure que celui
de roquerols, on lava des bissines au chemin de Balaruc pardessus
le de mr plessiere led(it) chemin fut impraticable pendant
deux mois, mon selier de la cure se remplit d'eau, les
creux qui sont pardessus la cure au pied de la montagne
restoint comme une riviere et on y loua des bissines
on prenoit des petits poissons jusques devant la maison
de combe

létang venoit batre contre
la maison du mr Calis par dessus
le champ de mr de rigis [...] contre la muraille du champ de
mr perier par dessus la croix de fer et a dis pas
de la paroisse il y eu peu de terres qui ne fussent endomagée

Morin curé

NDLR

* Actuellement absorbé par Montbazin

** Saint Jean de Védas

     

haut de page

Octon

Saint-Etienne

BMS
1760 - 1770
GG4
1 MI EC 186/1

vue 108 / 160

17/11/1766

18/11/1766

19/11/1766

20/11/1766

inondation


(relevé Geneadom)

autre inondation des Rivieres

Quoyque l'orage du treizieme jour du mois d'octobre passé
fut terrible, il n'était cependant rien, pour ainsi dire, en
comparaison de celuy du dix sept, du dixhuit, du dix neuf et
du vingt du mois de novembre dela meme année mil sept
cens soixante six. depuis Lodève jusques a agde le domage queles
rivieres ont causé est inapretiable. toutes les chaussées et presque
tous les moulins ont été emportés. la famine alloit etre dansle païs
si lapluÿe eut continué encore deux jours. le village de Canet
etoit inondé jusques aupremier etage desmaisons; on fut obligé de
porter dupain au village dans des cornües dont on seservoit
comme desbarques, lepeuple ymourait presque defaim. Lherau etoit
a cinquante pas de Pezenas, la riviere de Peyne inondait toute la
ville. on ne Seauroit dire toutes les maisons qui ont été emportées
dans toute laprovince surtout dans le bas languedoc par cet orage
qui aété general dansce païs. jamais rien deplus lamentable

des champs entiers, des murailles enfoncés enterre aplus de
dix canes, les chemins rompus et abimés partou. on peut
voir les memoires de ce temps la.

     

Ganges

Laroque

Moulès-et-Baucels

Saint-Bauzille-de-Putois

1 MI 350/1
GA 17

Livre de raison Villaret

vue 4 / 60

1766

1780

1783

1789

intempéries

tremblement de terre

(relevé Geneadom, merci à David M.)

VERSION ORIGINALE

Debordemant daux arives a la Roque
villaret fis avoir veu

grases a Dieu jey veu en mille sept can souasante
six, les haux de segon degré de la porte de la plasse
de la Roque - le 26 aoust 1780 un autre de bordemant des
haux qui etant venu jusque au milieu de la plasse
ce que ayant fait dans un heure de tant, de onhozures à
midi, ce qui ocazione de grandes maladies le 3 7bre des
Eclers et des grans tonnaires qui faisit tranbler dantandre
de si grands bruits, le 18 7bre un autre de bordemant
dhaux qui entra dans le glige Ste magdelaine dux pans
le 15 juin 1783 une grande fumée que tout le monde
etoit etone de voir que de plus le van etoit for de
plus la fumée etoit grande, ce que ayan dure de puis
le 13 juin jusque a 6 juilliet le 6 juilliet un grand orage
Des eclers et de tonnaires qui disipairent de peu apeu la
la grande fumée, on Regardoit le soleil comme la lune san
faire aucune crainte le soleil sembalit la lune quand
elle est plaine-
les suites de sette fumée feurent des grandes maladies
a ce quon antan dire que partout des tonnaires tombe
la terre tranbloit dan le Secille on sartifie qun quart
de la ville de messine set engloutie dans le tans de
la grande fumée, la recolte aete passable mant bonne
le 7 jeanvier 1789 et y tombe Des Naiges quil ni en a
quatre pans egale partout sette naige set gelée par
quinse jours on ne voyet que le ciel eglasse les riveres
settet prisses en plusieurs en droits surtout ou elles ne coure
poin, les ensiens dissent quil na vet yamais veu un
sanblable a celui si le ble a valu 4 lt 5 sols la carte*
on mantant parler que des maleurs qui arivent par
le royaume que dun coute et dautre le peuble setuent

ORTHOGRAPHE STANDARD

Débordements d'eaux arrivés à Laroque
Villaret fils avoir vu

Grâce à Dieu j'ai vu en mille sept cent soixante
six, les eaux au second degré de la porte de la place
de Laroque. Le 26 août un autre débordement des
eaux qui étant venu jusqu'au milieu de la place
ce qu'ayant fait dans une heure de temps, de onze heures à
midi, ce qui occasionne de graves maladies. Le 3 septembre
des éclairs et des grands tonnerres qui firent trembler d'entendre
de si grands bruits. Le 18 septembre un autre débordement
d'eaux qui entra dans l'église Sainte Madeleine deux pans
le 15 juin 1783 une grande fumée que tout le monde
était étonné de voir, que de plus le vent était fort. De
plus la fumée était grande, ce qui ayant duré depuis
le 13 juin jusqu'au 6 juillet, le 6 juillet un grand orage
des éclairs et des tonnerres qui dissipèrent peu à peu la
grande fumée. On regardait le soleil comme la lune sans
faire aucune crainte. Le soleil (res)semblait (à) la lune quand
elle est pleine.
Les suites de cette fumée furent des grandes maladies.
À ce qu'on entend dire que partout des tonnerres tombent.
La terre tremblait dans la Sicile on certifie qu'un quart
de la ville de Messine s'est engloutie dans le temps de
la grande fumée. La récolte a été passablement bonne.
Le 7 janvier 1789 il est tombé des neiges qu'il y en a
quatre pans égale partout. Cette neige s'est gelée par (= pendant)
quinze jours on ne voyait que ciel et glace. Les rivières
s'étaient prises en plusieurs endroits, surtout où elles ne courent
point. Les anciens disent qu'ils n'avaient jamais vu un (hiver)
semblable à celui-ci. Le blé a valu 4 livres 5 sols la quarte*.
On (ne) m'entend parler que de malheurs qui arrivent par
le royaume que (= car) d'un côté et d'autre le peuple se tue (meurt).

* À Ganges et les 12 paroisses proches, une "quarte" est une unité de mesure de capacité de grains équivalant à 1/4 de "setier", elle se divise en 4 "boisseaux". 100 litres valent alors 1 setier 3 quartes et 0,64 boisseau. Une "quarte" de Ganges contient donc 13,09 litres.

      

Saussan

famille BONNIER

livre de raison
collection privée

bas de page

25/08/1775

froid et neige

(merci à Paul A.)

le 25 aoust fette de St Louis de lanée 1775 set perdu plus
de cens personnes deans le tau de Bouzigues*
au Bevant [...] de la fette de Cette Set fait
un orage quil les aprécipité et a fait bea
beaucoup de ravages a la campagnie
arraché beaucoup d'arbres.

* Etang de Thau NDLR

     

Saussan

famille BONNIER

livre de raison
collection privée

28/12/1795

orage

(merci à Paul A.)

Lan mil sept cent quatre vingt quinze
liver alté tres rigoarux
il a tomvé de neges an deus fois
quil a reste plus de deux mois
san que personne ne puisse travaillier
Il a tué les oliviers et figuiers
et quantité de vignes la nege a tombé le 28 Xbre *

* décembre NDLR

     

haut de page

Ganges

Laroque

Moulès-et-Baucels

Saint-Bauzille-de-Putois

1 MI 350/1
GA 17

Livre de raison Villaret

vue 17 / 60

1794 -1795

froid

(relevé Geneadom, merci à David M.)

VERSION ORIGINALE

(...) la gran naige qui
la tombe le 27 decembre 1794 set gelée ce qui a ocazione de grans peris
le 1.2.3.4. jour de jeanvier 1795 est tombe de la naige 4 jours de suite san
discontinuer elle a reste par les montagnes jeusque au 15 dudit qui a tom
be deautre naige un pan egalle partout a Resté yusque au 20 sanc
diminuer de la moindre seze le 20 dudit en a tombe de naige tout le
jour sanc discontinuer dun moman sette naige a reste jusque au 24
le 24 dudit et tombe dautre naige de mipan sur la premiere sette
naige set gelée con ne pouvet pas marser detout de bestieau ne pouvet
pas sortir des ecuries le 29 dudit et venu un brouliar avec des petites
pluies qui nous a anlever cette naige le 1. fevrier a tombe de naige
le 16.20. et 21. dudit a tombe de naige mais grasses au seigneur elle
Reste coeun jour saque fois quelle et tombée sette naige a oca
zione de grand frois et de grandes gelées qui oient ocazione de grand[es]
pertes la plus grande partie des ollivers sont morts la plus grande
partie des figuiers une grande partide des chouses sont morts le ble
eu mal dans des endrois mais se pandan nous esperons que se ci ce
reparera au printint qui tarde beaucoup a venir Le 8. et 9. de mars
que ye cris seci a fait les deus plus movais jours de tout livert
il a gele si for quau tam des naiges Dieu aye pitie de
peuble

.

ORTHOGRAPHE STANDARD

(...) La grande neige qui
est tombée le 27 décembre 1794 s'est gelée ce qui a occasionné de grands périls.
Les 1.2.3.4. jours de janvier 1795 de la neige est tombée 4 jours de suite sans
discontinuer. Elle est restée par les montagnes jusqu'au 15 dudit [où il est] tom-
-bé d'autre neige [d'une hauteur d'] un pan, égale partout [et elle] est restée jusqu'au 20 sans
diminuer de la moindre seze?. Le 20 dudit [il] en a tombé de neige tout le
jour sans discontinuer d'un moment. Cette neige est restée jusqu'au 24
le 24 dudit demi pan d'autre neige est tombé sur la premiere. Cette
neige s'est [tellement] gelée qu'on ne pouvait pas marcher du tout. Les bestiaux ne pouvaient
pas sortir des écuries le 29 dudit est venu un brouillard avec des petites
pluies qui nous a enlevé cette neige. Le 1er février [il est] tombé de la neige
Les 16. 20. et 21. dudit [il est] tombé de la neige, mais grâce au seigneur elle
[n'est] restée qu'un jour chaque fois qu'elle est tombé. Cette neige a occa-
-sionné de grands froids et de grandes gelées qui ont occasionné de grand[es]
pertes : la plus grande partie des olivers sont morts, la plus grande
partie des figuiers, une grande partie des choses sont mortes. Le blé
eut mal dans des endroits mais cependant nous espérons que ceci se
réparera au printemps qui tarde beaucoup à venir Les 8. et 9. mars
que j'écris ceci, [il] a fait les deux plus mauvais jours de tout l'hiver :
il a gelé si fort qu'au temps des neiges. Dieu ait pitié de [?]
peuple.

     

Laroque

1 MI 350/1
GA 17

Livre de raison Villaret

vue 22 / 60

03/10/1795

inondation

(relevé Geneadom, merci à David M.)

 

VERSION ORIGINALE

Degrademant daux (en marge)

(...) le 3 octobre un de bordemant deaux qui est entre
par la porte de la plasse a la Roque ce que tout le peuble
etet effraye de voir que la reviere est veneue de six
pans plus forte quelle nettet pas encore venue depuis
que les hommes ount la connessance Elle à anporte la moitie
De la Sapelle des penitens de la Roque Elle a ausi en
porté le chemin depuis le coin de leglige en bas ver
le moulin environ 100 pas dhome elle a fait un trou au
plan de leglige que les bettes ne pouvet pas passer elle a
anporte une partie du chemin par dessus la baraque
de la Roque; il nest pas possible de croire le grands
Ravages qui ount fait les revieres il ont enporte de
de pïesses entieres les ornemans des penitents de la Roque
qui avet tan donne de paine pour sauve des flaux dont nous
avons epruve il se sont malerusemant truvet du coute
de la mur que l'hau a anporte etoutt si est perdeu
le de grademan des haux a ete la cose que les charettes ne pou
vet pas passer la Roque le peuble ete efrayé il venet en
foule cher les peyzens serçeu de ble (...)

ORTHOGRAPHE STANDARD

Dégradement d'eaux (en marge)

(...) Le 3 octobre un débordement d'eaux qui est entré
par la porte de la place à Laroque, ce que tout le peuple
était effrayé de voir que la rivière est venue de six
pans plus forte qu'elle n'était pas encore venue depuis
que les hommes ont la connaissance. Elle a emporté la moitié
de la chapelle des Pénitents de Laroque. Elle a ausi em-
-porté le chemin depuis le coin de l'église en bas vers
le moulin (sur) environ 100 pas d'homme. Elle a fait un trou au
plan de l'église que les bêtes ne pouvaient pas passer. Elle a
emporté une partie du chemin par dessus la baraque
de Laroque. Il n'est pas possible de croire les grands
ravages qu'ont fait les rivières. Ils (Elles) ont emporté des
deux pièces entières les ornements des Pénitents de Laroque
qu'ils avaient tant donné de peine pour sauver des fléaux dont (que) nous
avons éprouvé : ils se sont malheureusement trouvés du côté
de la mur(aille) que l'eau a emporté et tout s'y est perdu.
Le dégradement des eaux a été la cause que les charettes ne pou-
-vaient pas passer Laroque. Le peuple était effrayé, il venait en
foule chez les paysans chercher du blé (...)

NDLR

L'encart rouge avec la date provient d'une des pages précédentes du livre de raison et a été ajouté par nos soins, l'auteur ne mentionnait pas l'année sur chaque feuillet.

     

Saint-Clément-de-Rivière

NMD
1793 - 1835
5MI 8/6
3E 255/1

vues 47
et 48 / 237
folio second recto verso

24 Germinal an XII

14/04/1804

orage et pluie

 

 

 

 

 

 

(merci à Christiane C.)

Extrait du procès verbal tenu par le Juge de paix du Canton des Matelles

// Ce jourdhui vingt quatre germinal l'an douze de la république française
nous Jean Plagniol Juge de paix du Canton des Matelles instruit par le citoyen
Sauvant maire de la commune de St. Clement de rivière que ce matin sur les sept heures
et demy; le citoyen François Reynard propriétaire Foncier habitant de laditte commune
passant à cheval le fossé dit d'ambarre près la fontaine de laditte commune qui donne l'eau
à montpellier lequel avoit augmenté extraordinairement à cause des pluyes du jour précédent
et de l'orage qui faisoit dans ce même moment, s'étoit noyé que desuitte presque tous les
habitants de laditte commune se sont empressés à courir à son secours, et à faire des
recherches dans ledit fossé mais inutillement l'eau étant trouble il leur a été impossible
de pouvoir le voir. une fois seulement ils ont vû son manteau accroché à un arbre, et
la têtte dudit Reynard que le manteau soutenoit étant agraphé mais avant de pouvoir
le prendre les eaux ayant un peu diminué le mantau lui à disparu ainsÿ que ledit
individu sans qu'on ait pû plus le voir ayant coulé à fond dudit fossé, observant
qu'il est extrêmement profond, qu'a force de recherches réïtétérées, avec des bâtons, ou
des crochêts en fer ils l'ont trouvé et retiré de l'eau à environ cent cinquante pas de
l'endroit ou il étoit tombé et ce environ trois heures après qu'il s'etoit noyé lequel ne
donnoit aucun signe de vie; nous sommes desuitte transportés dans laditte commune de
St. Clément et sur les les lieux ou le cadavre avoit été retiré de l'eau et déposé, confié à la
garde de deux individus de laditte commune, comis à cet effet par le Maire, ou étant arrivé
accompagné du citoyen maumejean jeune notre Greffier sur les trois heures après midy, avons
vû ledit Reynaud enveloppé dans son manteau qui étoit agraphé au cou et tellement
serré qu'on a été obligé d'ouvrir l'agraphe pour le lui oter, nous avons desuitte fait appeller
le citoyen loubier officier de santé domicilié à Prades; à l'effet de procéder à la visite du
cadavre. lequel s'etant desuitte rendu auprès de nous, avons exigé de lui le serment en
tel cas requis lequel la main levée à Dieu à promis de proceder en homme de conscience
à l'examen du cadavre, ce qu'ayant desuitte fait, il nous à déclaré avoir d'abord
reconnu que le cadavre du citoyen Reynard, etoit expiré depuis environ sept à huit
heures, qu'il lui paroissoit d'après ses connoissances que le citoyen Reynard sétoit
noyé vivant, ayant dû être etouffé par l'eau faute de secours, il nous à en même
temps fait appercevoir sur ledit cadavre trois playes l'une à l'angle externe de l'oeil
droit, l'autre sur le temporal du même côté et la troisième à la partie supérieure

du coronal, comme aussy tout le long de la joüe droite, y ayant une égratignure
et nous à déclaré que ses playes sont trop simples pour avoir influé sur sa mort et
qu'elles n'ont été produites ainsy que l'égratignure par l'entrainement des eaux, les
le cadavre à hurté contre des corps durs, et des ronces; ayant la certitude de la mo[rt]
dudit Reynard, nous avons ordonné que son cadavre seroit desuitte enlevé et transp[orté]
dans sa maison audit St. Clément et ensuitte inhumé dans les vingt quatre heu[res]
avant l'enlèvement dudit cadavre nous l'avons fait fouiller, y avons trouvé [une]
montre en or
avec un cordon en soye, dix Francs cinq centimes, un anneau d'or [et]
deux petites clefs, que nous avons gardé à notre pouvoir.
De tout ce dessus nous avons drêssé le présent procès verbal, que les dits Sauvant et
Loubier officier de santé ont signé avec nous et notre Greffier, Sauvant maire, Lou[bier]
Plagniol juge de paix; Maumejean Greffier, Seÿnès à la minutte.
Pour expédition à envoyer au maire de la Commune de St. Clément et être joint [au]
registre d'etat civil, Maumejean Greffier, signé ./.

Decés

     

Brissac

1 MI 350/1
GA 17

Livre de raison Villaret

vue 39 / 60

02/12/1806

orage et vent

(relevé Geneadom, merci à David M.)

 

VERSION ORIGINALE

orage dun vand (en marge)

(...) Le 2 Xbre 1806 environ midi il set leve
un vand efroible quil a fait beaucoup de ravage il a tombe
grand quantite de toix Des maisons il a arrasse g. cantite
Dalbres il aranverse une charette chargée de trois tounaux
de vin Dans la commune de Brissac on pretent quil afait
De ravage pour 10 mille francs il anporté des gens il lui
a couppe le bras au charetier quil averse la charette il lui
a couppe le bras et cinq cottes (...)

ORTHOGRAPHE STANDARD

Orage d'un vent (en marge)

(...) Le 2 décembre 1806 (à) environ midi il s'est levé
un vent effroyable qui a fait beaucoup de ravage. Il a tombé
grande quantité de toits de maisons. Il a arraché grande quantité
d'arbres. Il a renversé une charrette chargée de trois tonneaux
de vin dans la commune de Brissac. On prétend qu'il a fait
des ravages pour dix-mille francs. Il (a) emporté des gens. Il lui
a coupé le bras au charretier (à) qui il a (ren)versé la charrette, il lui
a coupé le bras et cinq côtes (...)

NDLR

Comme le montre bien la note qui précède en date du 23/09/1806 : "On a tombé toutes les barrières qu'on avait placées à l'entrée des villes le 29 juin 1789. Elles ont existé 8 ans 2 mois et 25 jours", la période révolutionnaire est bien terminée. Nous sommes maintenant sous l'empire.

     

 

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